Bernard-Henri Levy
Bernard-Henri Levy
CAPITAINE CONRAD HARRIS : DÉCÉDÉ Le voilà, le moment que je déteste. Me réveiller, c'est toujours pire que mourir. Et notre homme sait de quoi il parle ; il en a connu des missions suicides, incarné dans un « simulant », un clone aux capacités neurophysiologiques exceptionnelles. Ce n'est pas pour rien qu'on l'a surnommé Lazare, cet éternel ressuscité. Son équipe de SimOps et lui sont les soldats d'élite de l'Alliance, engagés dans la guerre impitoyable de l'humanité contre les Krells. À qui d'autre confier la mission « Clef-de-voûte » ? Elle les entraînera en territoire ennemi, vers une station de recherche secrète chargée d'étudier un mystérieux artefact qui n'est ni krell ni humain. Mais les meilleurs guerriers ne sont pas toujours préparés à ce qui les attend. Et Harris lui-même poursuit une autre quête qui le tourmente...
A la fin de la guerre, un convoi transportant des fonds allemands est attaqué par la Résistance, près de Digne. Puis, à leur tour, les résistants tombent dans une embuscade et l'or disparaît. Cet or va peser des années durant sur le destin d'un village des Hautes-Alpes, où s'affronteront "ceux qui en savent trop" et ceux qui se sont servis de ces fonds pour asseoir leur pouvoir et leur fortune. C'est à cause de l'or que les parents de Jean sont tués, alors qu'il n'est encore qu'un enfant. C'est à cause de l'or que Jean s'isole et refuse toute aide et tout amour. Trois femmes, autour de lui, cherchent à percer le secret du village et à protéger l'enfant perdu du remord des villageois et de sa propre violence.
Le 21 novembre 1895, un train venant de Londres s'arrête à Clapham. Menottes aux mains, un homme attend la correspondance pour Reading sous la pluie. Des gens s'attroupent. Soudain, ils injurient l'homme. Un badaud lui crache au visage. C'est qu'un voyageur a dit : Wilde, c'est Oscar Wilde. L'Oscar Wilde de ce qui est en Angleterre l'affaire du siècle. Le 25 mai précédent, Wilde avait été condamné, par la cour criminelle de Londres, à deux ans de travaux forcés pour outrage aux moeurs, le maximum prévu par la loi. Il accomplira sa peine, sans avoir bénéficié d'un jour de remise. Et sa prison ne prit pas fin le jour de sa sortie, ainsi qu'il l'avait prédit : Je sais, qu'au jour de ma libération, je ne ferai que passer d'une prison à une autre. Les trois années et demie qui séparent sa libération de sa mort, à Paris le 30 novembre 1900, furent vécues en exil. L'ostracisme de la société anglaise prolongea en effet la prison, en lui fermant toutes les portes, le jour où s'étaient ouvertes pour lui celles de Reading. Ses procès, ses prisons et ses exils ont détruit l'homme et l'oeuvre. Ce que révèle le compte-rendu, mot à mot, des trois procès qui se sont déroulés du 3 avril, au 25 mai 1895, et dont il fut la vedette, le premier pour en avoir pris la funeste initiative (il avait attaqué en diffamation le marquis de Queensberry qui l'accusait de dépraver son fils), les autres pour en avoir été, en retour, la victime, c'est qu'il fut enivré par le châtiment corollaire du péché, qu'il y chercha une libération du fardeau de sa culpabilité. Alors qu'il aurait pu, à la veille de ses procès, rejoindre Paris, il marcha vers la catastrophe, du même pas qu'OEdipe aveugle et clairvoyant, écrira de lui Hugo von Hofmannsthal. Jean-Marc Varaut, tout en faisant le récit dramatique des procès et de l'incarcération de ce prince de la jeunesse, montre que la prison d'Oscar Wilde, à laquelle nous devons l'une des plus belles lettres d'amour jamais écrites, le De profundis, et l'oeuvre ultime, La ballade de la geôle de Reading, n'est pas un accident, mais le terme tragique d'une mise à mort, conduite par Oscar Wilde lui-même.
Ce livre est une plongée dans la vie ordinaire des Françaises au moment où le pays, sous le règne de Louis XII, bascule du Moyen Âge à la Renaissance. Grâce aux milliers d'archives enregistrées par le tribunal ecclésiastique de Troyes, Jacques Solé a pu reconstituer non seulement leur vie quotidienne, mais aussi les événements majeurs - naissance, mariage, mort - et les aléas le plus souvent dramatiques de ces femmes qui ont laissé la trace de leur parole. Elles sont de toutes conditions, paysannes, nobles, bourgeoises ou domestiques ; elles partagent aussi souvent les mêmes espoirs et les mêmes craintes. On lit l'histoire de la conquête des maris ou du refus de ceux qu'on veut leur imposer ; on mesure la sacralisation que confère la maternité, les contraintes que crée l'éducation des enfants en ces temps de nourriture rare, et les dangers qui pèsent sur les veuves, les concubines, les sorcières ou les prostituées. On saisit la violence des rapports conjugaux, la force de certaines femmes qui imposent leur personnalité, qui prennent leur liberté, qui osent rompre une union et qui savent utiliser les faiblesses des hommes. Grâce à ce travail d'exploration méthodique et savoureuse, Jacques Solé montre la complexité de la société française au tournant du XVIe siècle et la place essentielle qu'y tiennent les femmes.
23 avril 1838. À quelques heures d'intervalle et après une course haletante, deux navires entrent en mugissant dans le port de New York. Ils sont les premiers à avoir traversé l'Atlantique mus par la seule force de la vapeur. Au milieu de la foule en plein délire qui assiste à ce prodigieux spectacle, il y a Marie, une jeune fille romanesque et passionnée, qui va donner sa vie à la mer. Fille d'armateur, femme de capitaine et, par-dessus tout, amoureuse des grands voiliers blancs, elle va connaître les furies du cap Horn, les orages de l'amour, les naufrages, la lutte sans merci des vapeurs et des voiliers, l'enfer des navires d'émigrants entre l'Irlande et l'Amérique, le monde féroce des grands armateurs au sein duquel - bien que femme - elle parviendra à s'imposer. Pour triompher des vapeurs, ces hideux tournebroches, elle va jouer d'audace et lancer des clippers de plus en plus rapides et de plus en plus racés. Jusqu'au jour où l'amour, le goût du jeu et de l'aventure, l'entraîneront vers la Californie, dans le grand tourbillon de la ruée vers l'or.
Plongez dans les débats économiques les plus marquants de 2023 à 2025 avec Thomas Porcher et Dominique Seux. Ce livre, né de leur émission à succès sur France Inter, décrypte avec pédagogie et rigueur les grands enjeux de notre époque.
La grande biographie de Louis XV.A cinq ans, en 1715, Louis XV succède à son arrière-grand-père Louis XIV dans une France affaiblie. Après la Régence et le ministère du vieux cardinal de Fleury, ce n'est qu'en 1743 qu'il commence à gouverner. Le " Bien-Aimé " devient assez vite le Mal-Aimé. Il le resta longtemps aux yeux des historiens qui lui ont reproché sa faiblesse devant ses ministres et favorites, ses frasques du Parc-aux-Cerfs, la perte du Canada et de l'Inde... Aujourd'hui on commence à mieux comprendre ce souverain timide, secret, ayant sans doute du mal à assumer son métier de roi, mais profondément bon, sensible, cultivé, passionné par les sciences et ne manquant parfois pas d'autorité. En ce siècle des Lumières, où l'esprit public évolue fortement, où les idées nouvelles foisonnent, Louis XV, dans Versailles rayonnant d'un éclat incomparable, demeure le monarque le plus prestigieux d'Europe jusqu'à sa mort en 1774.
« On se souvient de la légende de la gravure de Goya, « le sommeil de la raison engendre des monstres ». Bienvenue chez les monstres ! Au fil de cinq chapitres entrecoupés eux-mêmes de fragments, comme autant d'éclats d'un temps suspendu, circulaire, où se perd la notion même du temps, voici le bestiaire de la nuit d'un insomniaque qui laisse s'écouler, à ciel ouvert, le flux de conscience de ses pensées, rêveries, souvenirs, portraits, cauchemars éveillés, associations d'idées cocasses, poétiques ou graves. L'homme ne parvient plus à dormir : parce qu'il « en a trop vu » ? Parce qu'il hait le sommeil ou le redoute comme la mort ? Parce qu'il ne supporte pas de ne plus être en contrôle ? Parce que ce temps perdu pourrait mieux être mis à profit pour d'autres « recherches » ? Parce qu'il est devenu l'esclave d'un cocktail de somnifères qui tue en lui la faculté du rêve ? Ceux qui croient connaitre la caricature publique du personnage « BHL » seront surpris par cet autoportrait d'une vie intérieure en ébullition où se consigne méticuleusement le jaillissement d'un inconscient qui ne tarit jamais. L'humour succède à l'intensité, la gravité à la dérision, le sens du tragique à la légèreté et la rage à l'auto-ironie. Jamais l'auteur n'avait fait preuve d'un tel « lâcher-prise », matière et manière confondues, ni n'avait livré autant de détails intimes sur ce qui a fait de lui ce qu'il est devenu. Enfance, amis, amours, présence des morts, obsession du Livre et des livres, échos du passé qui ne passe pas dans le présent le plus brûlant, tels sont les thèmes qui traversent ce récit. Qui n'a rêvé de se retrouver « dans la tête » d'un autre - qui plus est écrivain, philosophe ? Entrez dans Nuit blanche : vous y êtes ! » O.N.
Que s'est-il passé le 7 octobre 2023 ? Un choc dans l'âme juive ? un pogrom sans précédent depuis la Shoah ? un ébranlement de la conscience universelle ? une étape dans la guerre mondiale menée contre les démocraties ? Quel lien avec l'invasion de l'Ukraine ? Quel sens donner à l'alliance, autour des terroristes du Hamas, de l'Iran, de la Turquie, de la Russie impérialiste, de la Chine, de l'islamisme sunnite ? La riposte de Tsahal fut-elle « proportionnée »? Que voulait dire Emmanuel Levinas quand il parlait de l'« exception juive » ? Et Romain Gary et Albert Cohen quand ils annonçaient à l'auteur le retour de « la plus vieille des haines » ? La solitude d'Israël est-elle irrémédiable ? Telles sont quelques-unes des questions posées dans cet essai de colère et de combat que nourrit un demi-siècle d'amour pour l'Etat des Juifs et de méditation sur son destin.
Ce recueil de la série des Questions de principe réunit des textes et chroniques publiés par Bernard-Henri Lévy, dans la presse française et internationale, entre 2017 et 2024. Ainsi que des conférences et discours prononcés à la même période. De l'exception kurde au centenaire du génocide arménien, de la guerre en Ukraine au pogrom du 7 octobre, de la pandémie à l'avenir de l'Europe, le philosophe déploie ici sa pensée en actes, donne à lire le temps présent et livre sa réflexion sur l'état du monde. Portraits, dialogues et interviews accompagnent ce tableau d'une époque en plein avis de tempête. L'intellectuel engagé tient son cap.
L'homme qui monte dans le taxi de Mostafa Salhane vient de tuer cinq personnes et d'en blesser onze autres sur le marché de Noël de Strasbourg. Ce n'est pas une course ordinaire qui commence, ce 11 décembre 2018, mais une prise d'otage. Le terroriste braque sur lui une arme à feu. L'habitacle du véhicule devient le théâtre d'un huis clos où la mort peut surgir à tout instant. Ceinture noire de karaté, Mostafa Salhane a l'habitude des combats, mais celui-ci pourrait bien être le dernier. L'homme qui le tient en joug depuis la banquette arrière n'a plus rien à perdre. Lui se concentre sur un seul objectif : sortir vivant de ce face-à‑face qui va durer 15 minutes. Une éternité. Comment survivre face à ce terroriste déterminé à tuer au nom d'Allah ? Mostafa Salhane maudit ces fous de Dieu. Il n'en fait pas moins ses prières, sentant la mort plus proche que jamais. Son sang-froid lui sauvera la vie. Voici son récit, celui d'un voyage au bout de la terreur.
L'armée française en guerre.La bataille de Valmy, en 1792, marque l'irruption d'un type d'armée comme le monde n'en avait jamais connu : une armée massive et nationale de citoyens-soldats qui, conjuguée au génie de Napoléon, va conquérir l'Europe. Deux cent vingt ans plus tard, les opérations au Mali, de 2013 à 2022, voient intervenir une force française qui semble ne plus avoir de points communs avec la précédente : de petite taille, professionnelle, experte en opérations extérieures, en contre-insurrection comme en contre-terrorisme. Comment est-on passé de l'une à l'autre, à travers deux guerres mondiales, les grands conflits européens du xixe siècle et une multitude de guerres coloniales, tel est le sujet central de cet ouvrage important. En 61 articles richement illustrés de photos, dessins, cartes et infographies, il permet au lecteur de parcourir deux siècles d'histoire militaire, à travers non seulement l'histoire des batailles mais aussi celle des troupes, des armes et des doctrines. Comme les deux ouvrages précédents nés de la collaboration de Perrin et de Guerres & Histoire - La Wehrmacht puis La Guerre antique -, L'Armée française, de Valmy au Mali est une somme due aux meilleurs historiens racontée avec clarté et justesse, propre à séduire tous les publics. Ce livre tombe au moment exact où, du fait de la guerre en Ukraine, la France se doit de repenser à nouveau son armée. Elle aborde ce nouveau chapitre forte d'une tradition qui est probablement la plus riche du monde de par la variété de ses expériences qui l'ont conduite, plus d'une fois, comme l'écrivait de Gaulle, à " des succès achevés aux malheurs exemplaires ".
vous n'êtes plus seul... et ça va changer avec nous ! Je suis parti d'un constat simple basé sur ma propre expérience : je suis beaucoup plus heureux depuis que j'agis en accord avec mes convictions. Alors soyons fiers de nos valeurs écocitoyennes car chacun peut participer à la construction d'une société plus durable et plus solidaire. Vous avez en main le kit complet pour : ↘ comprendre pourquoi il est urgent d'agir, ↘ répondre à ceux qui ne croient pas à l'urgence climatique et à notre capacité d'action, ↘ savoir par où commencer, ↘ donner envie aux autres de vous rejoindre dans votre aventure !
La terre a tremblé au Kurdistan. Assiste-t-on à l'éclipse de l'Empire américain et au ressac de l'Occident ? Où l'on voit les cinq Rois des empires déchus - perse, turc, chinois, russe, arabe - partir à la reconquête de leur gloire passée. Comment Trump enterre, non l'Amérique d'Obama, mais celle de Virgile. A quoi pensaient les Iraniens quand ils rebaptisèrent l'ancienne Perse, en 1935, pour lui donner un nom nazi ? Pourquoi le vrai piège est celui, non de Thucydide, mais d'Hérodote. L'Empire est-il, comme le pensait Dante, la forme aboutie de la Cité ? Géopolitique ou géophilosophie. Jeremy Bentham, mort en 1832, serait-il le véritable maître à penser de Mark Zuckerberg ? Une rencontre avec l'idéologue de Poutine. Ce qui manque à la Chine pour devenir la première puissance mondiale. Spengler, Vico, Hegel - ou aucun des trois. Qu'il y a un temps pour Josué, et un temps pour Abraham. Le Messie se cache-t-il, vraiment, parmi les mendiants de Rome ? Que la terre américaine est, comme l'avait compris Melville, un océan. Que le désordre du monde a plus de sens qu'il n'y paraît quand on le voit avec les yeux des penseurs et des poètes. Quarante ans après La Barbarie à visage humain, Bernard-Henri Lévy, philosophe et écrivain, propose ici sa lecture des barbaries contemporaines.
Le témoignage précieux d'un étranger aux dons de mémorialistes remarquables, admis au coeur de la jeune cour de Louis XIV.Galant, spirituel, perspicace, Jean-Baptiste Primi Visconti, Piémontais arrivé à Paris en 1673, est en somme devin. Il lit dans les cartes, tire les horoscopes, prédit la victoire des armées du roi ou le terme d'une grossesse de la reine. Il est aussi un observateur à nul autre pareil de la cour du Grand Roi. De Paris à Saint-Germain et à Versailles en pleins travaux, il y a beaucoup à voir et autant à raconter : le roi, sa famille et ses maîtresses, Colbert et Louvois, Turenne et Condé, l'affaire des Poisons dont Primi Visconti est le premier à relever l'aspect politique. C'est toute une époque qui passe sous son regard toujours incisif, souvent amusé. Moeurs, institutions, mentalités, campagnes militaires, intrigues mondaines, rien n'est oublié. Aussi, riches d'anecdotes, les Mémoires de cet étranger sont-elles un témoignage essentiel sur la première partie du règne de Louis XIV. Introduction et notes de Jean-François Solnon.
Depuis la deuxième guerre d'Irak - et même bien avant... - les Etats-Unis occupent, dans l'imaginaire mondial, une place symbolique qui dépasse largement les notions de puissance, de politique, de géographie. L'Amérique, en vérité, est devenue un concept, une « région de l'âme », une matrice de passions et de phobies dont le déploiement contradictoire n'en finit pas d'infuser nos propres débats. C'est, précisément, cette réalité ontologiquement diverse que Bernard-Henri Lévy a voulu cerner, observer, penser, dans ce livre où le reportage se mêle à la réflexion, et où le pittoresque emprunte à la philosophie de l'histoire. A l'origine, ce livre est né d'une « commande » de l'influent magazine « Atlantic Monthly » : demander à un célèbre intellectuel français de visiter l'Amérique et de donner sens à ce pays-continent en refaisant - en plus vaste - le fameux voyage qu'Alexis Tocqueville avait entrepris au début du XIXème siècle, à partir duquel il avait écrit son désormais classique « De la démocratie en Amérique ». Pendant une année, B.-H. Lévy a ainsi sillonné les Etats-Unis. Plus de vingt mille kilomètres d'est en ouest et du nord au sud, la plupart du temps par la route : de Rikers Island à Chicago, des communautés islamiques de Detroit à une enclave Amish de l'Iowa, l'auteur interroge la nature du patriotisme américain, la coexistence de la liberté comme de la religion, le système pénitenciaire, la « tyrannie de la majorité », le retour en force de l'idéologie... B.-H.L. a rencontré tous les visages de l'Amérique : les illustres, les anonymes, ceux du désert ou des mégapoles. De Sharon Stone à une veuve de mineur du Wisconsin, d'un milliardaire philantrope à Norman Mailer, de Woody Allen à un « homeless » de Californie, d'Hillary Clinton à un contestataire turbulent, de Barack Ohama, la star montante de la politique, à la pensionnaire d'un bordel du Nevada, il écrit la comédie humaine de ce pays-continent. D'où la vitalité prodigieuse de ce « reportage philosophique » qu'on dévore, page après page, avec un enthousiasme qui ne se dément jamais. Un oeil de romancier, et une profondeur de penseur. Les conclusions de ce voyage ? B.-H.L. les tire en chemin, et elles sont souvent contradictoires. A l'heure où la « démocratie en Amérique » est de plus en plus contestée, ce livre atteste, au contraire, de sa prodigieuse vitalité. A cet égard, l'épilogue substantiel de ce livre (une centaine de pages) permet au « philosophe » de reprendre le pas sur le « journaliste » et le final de cet ouvrage conduit son lecteur au coeur des grands débats - des thèses de Fukuyama ou Huntington aux arrières-pensées des « Néo-conservateurs » - dont la complexité, bien souvent, gouverne le destin du monde.
Au début de l'année dernière, janvier 2020, Paris-Match, associé à d'autres grands journaux étrangers, a commandé à Bernard-Henri Lévy une série de 8 reportages dans la tradition de Joseph Kessel, Graham Greene, Ernest Hemingway ou Romain Gary. Ce livre rassemble ces reportages qui conduisent le lecteur dans le Nigeria de Boko-Haram, aux Kurdistan d'Irak et de Syrie, sur la ligne de front où s'affrontent Russes et Ukrainiens, dans la Somalie livrée à l'illégalisme et aux bandes islamistes, au coeur du Bangladesh martyr, dans les camps de la misère de Lesbos, dans l'Afghanistan en train de retomber sous la coupe des Talibans et, encore, en Libye. Mais le livre s'ouvre sur un autre texte, de longueur équivalente, intitulé « Ce que je crois » et où il explique ce qui conduit un philosophe à aller, au bout du monde, témoigner pour des guerres oubliées ou ignorées ; ce qui, des rêves internationalistes de ses aînés, lui semble encore valable et digne d'être prolongé ; et comment le goût de l'aventure, dans la tradition - pêle-mêle - de Cendrars, Byron à Missolonghi ou, bien sûr, Malraux, l'anime depuis sa jeunesse. Qu'est-ce que le genre humain ? Son unité est-elle menacée par la montée des souverainismes et des égoïsmes ? Qu'en est-il de l'idéal de fraternité ? Pourquoi aller si loin pour illustrer cet idéal quand il y a de la misère au coin de votre rue ? La guerre est-elle aimable ? Pourquoi Don Quichotte est-il ridicule ? Que dit Achille ? Hector ? Qu'est-ce que la grandeur ? L'héroïsme ? Et pourquoi prend-on, quand on est un écrivain nanti, le risque de mort ? Telles sont quelques-unes des autres questions que pose ce nouvel essai.
Une épidémie est, toujours, un phénomène social en même temps qu'un désastre sanitaire. Que nous dit, donc, cette épidémie-ci de la société qui est la nôtre? Que nous révèle-t-elle de son rapport au mal, au tragique et à la mort ? Un virus est-il un message ? Un agent de la providence et de l'histoire ? Est-il l'envoyé d'une Nature épuisée, et qui demanderait grâce ? D'une humanité exsangue, et qui voulait un carême planétaire ? A-t-on bien fait de mettre la planète à l'arrêt ? A-t-on raison d'espérer que, de ce coma où on l'a plongé, notre monde sorte régénéré ? Qu'est-ce que l'hygiénisme ? Que veut dire le Talmud quand il affirme que le meilleur médecin ira en enfer ? Que penser de ce « pouvoir médical » qui semble, partout, se mettre en place et prendre le relais du Politique tel qu'il s'est défini de Platon à Jacques Lacan ? Et qu'est-ce qui a changé, en nous, depuis l'époque où Paul Claudel, dans L'Annonce faite à Marie, magnifiait le baiser au lépreux ? Ce sont quelques-unes des questions posées dans ce livre de colère et de savoir. L'hommage aux soignants n'y interdit pas la lucidité. Les droits d'auteur seront reversés à l'ADELC (Association pour le Développement de la Librairie de Création).
Bernard-Henri Lévy poursuit, ici, la série de ses Questions de principe. Cette fois, c'est le recueil des années 2012-2018 du « Bloc-notes » qu'il donne à lire. Ces textes sont parus, chaque semaine, dans l'hebdomadaire Le Point - et ont été repris, du Corriere della Sera au País, du Wall Street Journal au Guardian ou au Spiegel et à beaucoup d'autres, dans toutes les langues et sur tous les continents. Des massacres en Syrie à la guerre d'Ukraine, de l'élection de Trump à celle de Macron, de la montée de l'antisémitisme à la guerre des deux islams, du réveil de l'Iran à la guerre de Libye, ce sont les événements majeurs de notre temps qui se trouvent passés au crible. On y lira aussi des chroniques de livres, des voyages dans l'oeuvre d'écrivains célèbres ou méconnus, des reportages, des portraits pris sur le vif, des réflexions philosophiques. Dans ce tableau d'une époque dans tous ses états, à la façon de l'oeil du cyclone qui reste immobile dans les turbulences du monde, la plume de l'écrivain, à travers ces péripéties, s'enfièvre mais ne tremble pas.
Précisément à cause de ses curiosités multiples, Bernard-Henri Lévy est, il le sait, fortement contesté sur le terrain de son métier d'origine. Les uns lui reprochent de préférer les média à la méditation. Les autres de n'avoir, depuis la Barbarie à visage humain, jamais produit de concept véritable. Les autres encore de s'être laissé happer par ce qu'un grand poète français appelait « l'universel reportage ». C'est à ces critiques qu'il répond dans ce livre, en livrant ses « secrets de fabrication » comme on retourne ses cartes. Il le fait, selon les cas, de manière indirecte ou frontale. Mais il le fait, toujours, avec franchise et probité. Quel rapport aux textes de la tradition ? Relations avec les contemporains ? Usage de la citation ? Nostalgie, ou non, du Système et de la Totalité ? La notion d'engagement a-t-elle un sens pour un philosophe ? Et faut-il se résigner, vraiment, à ce que la chouette de Minerve ne se lève jamais qu'à la nuit tombée ? C'est à ces questions, et à d'autres du même type, que répond ce livre court, concis, mais qui n'esquive aucune difficulté. Issu d'une Conférence prononcée à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm au printemps 2009, De la guerre en philosophie rassurera les détracteurs de l'auteur du Siècle de Sartre (Grasset, 2000, 55.000 exemplaires en édition courante) : Bernard-Henri Lévy n'est pas près de déserter le terrain de la pure philosophie.
Le point de départ de ce livre est, en janvier dernier, une conversation de Bernard-Henri Lévy avec celui qui ne va pas tarder à être élu Président de la République et qui, pour l'heure, sollicite son soutien : Nicolas Sarkozy. L'auteur quitte son interlocuteur (dont il brosse, au passage, et en écrivain, un portrait vif et passionnant) avec la double conviction : primo, qu'il n'est pas question, pour lui, de prendre le chemin que prennent, au même moment, certains de ses amis et qu'il votera donc une fois encore, comme il l'a fait toute sa vie, pour ce qu'il est convenu d'appeler la gauche ; mais, secundo, qu'il est difficile de donner tout à fait tort à ce que lui dit le futur Président de l'état d'archaïsme, de décomposition politique et morale, voire d'indigence idéologique, dans lequel se trouve sa famille politique. Quel sens y a-t-il, aujourd'hui, à se réclamer de cette gauche dont Sartre disait déjà, il y a presque cinquante ans, dans sa préface à Aden-Arabie de Paul Nizan, qu'elle était « un grand cadavre à la renverse où les vers se sont mis » ? C'est la première question que pose donc ce livre et à laquelle il répond sur le double registre du récit personnel et de la réflexion théorique. De quoi le progressisme contemporain est-il malade et quels sont les symptômes, les figures, les causes, de cette maladie ? C'est la seconde question qu'il soulève, plus complexe, et qui le conduit à des développements sur, pêle-mêle, l'anti-américanisme, les mythes de l'empire, la question de l'Islam, le retour de l'antidreyfusisme, les illusions de l'anti-libéralisme ou le parfum munichois qui rôde autour de nombre de discussions sur la guerre et sur la paix. A cette seconde question, qui occupe la plus grande partie de l'ouvrage, il répond par une thèse simple, mais paradoxale, et qui fera débat : la gauche, en France et dans le monde, a eu à faire face, au XXème siècle, à une première tentation totalitaire qui tournait autour de l'idée communiste et dont elle est, pour l'essentiel, revenue ; elle connaît aujourd'hui, en ce début du XXIème siècle, une seconde tentation totalitaire qui grandit à la place de la précédente, sur les décombres qu'elle a laissés, et dont le trait le plus singulier est qu'elle puise son inspiration dans une thématique venue plutôt de la droite, quand ce n'est pas de l'extrême-droite, ou du logiciel de ce que l'auteur appela, naguère, « l'Idéologie française ». Pour la gauche, donc, mais à condition de la refonder. Pour la refondation, donc, mais à condition d'en reconnaître, par delà les batailles de clocher, les enjeux véritables et planétaires. Trente ans après La Barbarie à visage humain et L'idéologie française, Bernard-Henri lévy persiste dans son combat de toujours : celui de la liberté de l'esprit contre toutes les variétés de l'obscurantisme.
Par la grande porte, l'auteur de la Barbarie à visage humain entre en littérature avec un livre polyphonique aussi ambitieux que réussi, et destiné à faire date dans l'histoire des lettres modernes. En cinq chapitres organisés selon une passionnante et savante architecture, un demi-siècle y défile en effet - depuis la dernière guerre, le conflit algérien, les années 60, l'aventure gauchiste et maoïste, la décennie 70 enflammée par les bombes des terroristes, jusqu'à aujourd'hui où se clôt ce roman itinérant, cosmopolite et tentaculaire qui éclaire une époque haute en couleurs, en horreurs et, malgré tout, en espérances. Ce roman, cependant, est aussi et surtout une très belle histoire aux épisodes innombrables. Bernard-Henri Lévy s'y montre aussi doué pour le roman d'espionnage que pour la grande histoire d'amour, aussi convaincant dans la peinture, de l'intérieur, des vertiges de la sexualité féminine que dans la description minutieuse d'un assassinat politique sur fond de roman familial, aussi percutant dans les bas-fonds du terrorisme international que dans les coulisses d'une banque suisse... Oui, tout fascine dans ce livre-fresque : la performance littéraire, la lucidité intellectuelle et politique, la variété des styles et des personnages, la beauté de la prose, et ce n'est pas sans tristesse que l'on quitte le héros principal, Benjamin, dont on a suivi, au fil de pages inoubliables, les aventures et l'étrange duplicité.
La guerre de libération du Bengale avait la vocation des guerres révolutionnaires classiques. Une guerre du peuple s'est engagée, avec les maoïstes en première ligne. Le nationalisme se radicalisait et se combinait à un socialisme diffus. L'agitation menaçait de s'étendre et d'enflammer l'ensemble de la région. Et le processus s'est mystérieusement enrayé ; le Bengale rouge a avorté sous l'effet d'une étrange machination. Révolution avortée, mais exemplaire pourtant... Qu'est-ce qu'une société militaire et quelle est la fonction de son appareil d'Etat ? Qu'est-ce que le colonialisme interne et que devient la vieille « question nationale » ? Pourquoi l'échec des communistes et pourquoi la faillite du marxisme ? Quelle peut être, quelle est, la structure de classe des mouvements nationalitaires aujourd'hui ? Autant de questions politiques qui se sont, cristallisées en un faisceau unique sur la crise du Bangla Desh, qui intéressent en vérité, sous une forme ou sous une autre, l'ensemble des mouvements populaires du tiers monde et qui sont l'objet ici d'une ébauche de traitement théorique.
La première synthèse globale sur le mouvement Punk, de la musique londonienne aux écoles d'art new-yorkaises et au graphisme parisien.Plus personne aujourd'hui ne remet en cause l'importance de Mai 68 en tant que fracture sociale, culturelle et politique. Le mouvement punk, pris pour une énième agitation adolescente, incompréhensible car chantant la laideur, représente en réalité une fracture toute aussi profonde. Bien masqué derrière son amour de la provocation, le punk est beaucoup plus sérieux qu'il n'y paraît : il constitue la réponse d'une génération à un monde usé, dont le modèle économique s'est fracassé sur le choc pétrolier de 1974. C'est la Blank Generation, la génération vide, celle qui a toujours connu la télévision, la prospérité et l'abondance, mais une abondance que l'on découvre quelque peu frelatée, à l'instar des colorants chimiques cancérigènes ou du " poulet aux hormones ". Et si le mot punk évoque en tout premier lieu la musique, il nourrit d'autres formes artistiques, comme le graphisme, et se conjugue en art de vivre, esthétique, philosophie et politique. Des mots qui auraient paru pompeux aux adultes qui découvrirent en 1977 des jeunes gens hargneux aux vêtements lacérés et aux cheveux verts ou rouges hérissés sur la tête. Quatre décennies plus tard, il est possible de revenir sur cette époque de manière dépassionnée et de suivre jusqu'à aujourd'hui les riches prolongements d'un mouvement fascinant. .
Ce volume rassemble des textes écrits par Bernard-Henri Lévy entre 2011 et 2016, et qui témoignent d'une philosophie en acte. Articles, conférences, discours, préfaces, tribunes : toutes ces formes sont mobilisées pour questionner et analyser les turbulences du monde d'aujourd'hui. On retrouve, à travers neuf grands thèmes, les engagements et les personnalités qui sont chers à l'auteur : la philosophie et les maîtres disparus, la politique et les bouleversements internationaux (l'Ukraine, la Syrie, Daech), la religion et « l'esprit du judaïsme », l'art et la littérature. Au fil des pages se dessine en creux le portrait d'un philosophe-artiste engagé, qui réfléchit moins sur son identité que sur celle de son époque et sur les crises qu'elle doit affronter.
Pourquoi les Juifs sont à jamais glorieux. Où est Ninive aujourd'hui - et que s'y passe-t-il vraiment ? Proust et le Zohar, Claudel et le Livre d'Isaïe. Vivons-nous, ou non, le retour des années 1930 ? Pourquoi il n'est pas demandé de croire, mais de savoir. Comment le Royaume des Hébreux a inspiré l'idée française de République - et quand ce fait a été occulté. Lacan et la Kabbale. Ce qu'Auschwitz eut d'unique. Quand un talmudiste invente la langue française. Pourquoi l'antisionisme est le masque de l'antisémitisme de masse. Alexandre Kojève et le prophète Jonas. A quand un Talmud musulman ? Une conversation avec Romain Gary, une confidence de Michel Foucault. Partir ou rester ? Le sable contre la terre. Solal le fort, et sa couronne de carton. Qu'est-ce qu'un « Peuple Élu »? Quand Louis Althusser jetait les bases de la grande alliance judéo-catholique. Ce que veut dire « être Juif ». Itinéraire personnel, familial, intellectuel, d'un philosophe qui, trente-sept ans après Le Testament de Dieu, donne L'Esprit du Judaïsme.
Deux textes en vérité. D'abord Hôtel Europe, monologue en cinq actes, dont l'action se déroule le 27 juin 2014, à Sarajevo, en pleine cérémonie de commémoration du déclenchement de la guerre de 1914. Un homme, sans doute un écrivain, est enfermé entre les quatre murs d'une chambre d'hôtel qu'il a connue vingt ans plus tôt et où il est censé préparer le discours qui lui a été commandé pour la circonstance et qui doit porter sur l'Europe, ses valeurs constitutives, son futur et l'état présent de son esprit. Il est seul. Le monde extérieur ne lui parvient qu'à travers l'indistincte clameur qui monte de la rue en fête. Et il a, posé devant lui, un ordinateur où il navigue en quête de vieilles photos, de documents vagues, d'inspiration. Ensuite, Nouvelles vues sur l'Europe, un essai philosophico-politique développant ou élucidant les points les plus énigmatiques du texte théâtral. Il y est question de Husserl, de Heidegger, de la montée des populismes et des souverainismes, du malaise (ou de l'impasse...) dans la civilisation d'aujourd'hui ainsi que des progrès, partout, du nihilisme - et puis, aussi, de la façon dont peut et doit se nouer, ici et maintenant, le triple fil, constitutif du génie européen, de l'esprit d'Athènes, de celui de Rome et du génie de Jérusalem. Un diagnostic. Des solutions. Et des raisons de croire et d'espérer.
Tout, comme on dit, nous sépare - à l'exception d'un point, fondamental : nous sommes l'un comme l'autre des individus assez méprisables. J'ai eu un père mélancolique et puissant, silencieux et guerrier, joueur d'échecs, insondable, lucide et incrédule, solitaire et souverain. Un grand dirigeant d'entreprise, le souvenir que j'en ai, est celui qui sait dire Salade pour tout le monde ! au bon moment. Il n'est pas impossible que vous ayez déjà mis de votre côté les rieurs, les sourieurs, les qui ont de l'humour alors que, moi, c'est bien connu, je n'en ai aucun. Il est possible au fond que le fait de ne pas avoir eu de mère vous renforce, mais alors c'est d'une manière qu'on ne souhaiterait à personne. Je revois Aragon, poussant la porte du bar, haute silhouette, chapeau à larges bords, cape marocaine sur un costume de lin gris, très élégant, qui lui donnait, huit ans après la mort d'Elsa, le même air de deuil inconsolé. A certaines personnes, peut-être, il est arrivé de faire l'amour dans un état de pleine lucidité ; je ne les envie pas. Tout ce que je suis, moi, arrivé à faire dans un état de pleine lucidité, ce sont mes comptes ; ou ma valise. Je peux faire toutes les mises au point possibles et imaginables : je ne ferai qu'aggraver mon cas de salaud de bourgeois qui ne connaît rien à la question sociale et qui ne s'intéresse aux damnés de la terre que pour mieux faire sa publicité.
Tout, comme on dit, nous sépare - à l'exception d'un point, fondamental : nous sommes l'un comme l'autre des individus assez méprisables. J'ai eu un père mélancolique et puissant, silencieux et guerrier, joueur d'échecs, insondable, lucide et incrédule, solitaire et souverain. Un grand dirigeant d'entreprise, le souvenir que j'en ai, est celui qui sait dire Salade pour tout le monde ! au bon moment. Il n'est pas impossible que vous ayez déjà mis de votre côté les rieurs, les sourieurs, les qui ont de l'humour alors que, moi, c'est bien connu, je n'en ai aucun. Il est possible au fond que le fait de ne pas avoir eu de mère vous renforce, mais alors c'est d'une manière qu'on ne souhaiterait à personne. Je revois Aragon, poussant la porte du bar, haute silhouette, chapeau à larges bords, cape marocaine sur un costume de lin gris, très élégant, qui lui donnait, huit ans après la mort d'Elsa, le même air de deuil inconsolé. A certaines personnes, peut-être, il est arrivé de faire l'amour dans un état de pleine lucidité ; je ne les envie pas. Tout ce que je suis, moi, arrivé à faire dans un état de pleine lucidité, ce sont mes comptes ; ou ma valise. Je peux faire toutes les mises au point possibles et imaginables : je ne ferai qu'aggraver mon cas de salaud de bourgeois qui ne connaît rien à la question sociale et qui ne s'intéresse aux damnés de la terre que pour mieux faire sa publicité.
Ce livre enquête sans précédent raconte l'enfance et la jeunesse des six présidents de la Ve République, comment cette enfance a été le moule qui a forgé leur caractère et leur destinée.Qu'y a-t-il de commun entre Charles de Gaulle, le fils de famille portant le nom de son pays, et Nicolas Sarkozy, le fils d'un réfugié hongrois qui a longtemps refusé la nationalité française ? Entre François Mitterrand, le Charentais élevé dans le culte de la religion et de la patrie, et Georges Pompidou, le Cantalou nourri à la mamelle socialiste et laïque ? Entre Valéry Giscard d'Estaing, incarnation de la grande bourgeoisie fortunée qui se pique d'aristocratie, et Jacques Chirac, le petit-fils d'instituteurs francs-maçons et bouffeurs de cirés ? L'ambition, bien sûr ! Mais cette ambition ne s'est manifestée ni au même âge, ni de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Pour mieux cerner la personnalité des six présidents de la Ve République, Robert Schneider est revenu à leurs racines. Il nous raconte l'histoire de leur enfance à travers leurs familles, l'éducation qu'ils ont reçue, la place qu'y tenaient la religion, la politique, la culture, l'argent... Il révèle les cancres ou les premiers prix qu'ils ont été, les livres qui les ont marqués et ceux qu'ils ont - parfois - écrits, leurs premières amours aussi, jusqu'à leur entrée en politique. Alors que la France s'apprête à élire le prochain président de la Ve République, cet ouvrage enlevé et riche en anecdotes nous offre un regard original sur nos chefs d'État et leur perception du pouvoir.Robert Schneider a été chef du service politique de L'Express jusqu'en 1981, directeur adjoint de la rédaction de France Inter jusqu'en 1986, puis rédacteur en chef et chef du service politique du Nouvel Observateur. Il est aujourd'hui conseiller de la direction de l'hebdomadaire. Il est l'auteur notamment des Mitterrand, des Dernières Années et de la Haine tranquille.
Pendant 200 jours, de Benghazi à l'Elysée, de New-York à Tripoli, des fronts de la Libye libre aux quartiers généraux de la diplomatie occidentale, un écrivain a été le témoin privilégié et, en plusieurs occasions, l'acteur d'une guerre sans précédent. Il a tout noté. Jour après jour, parfois heure par heure, il a tenu l'exacte chronique de cette séquence, décisive, du "printemps arabe". C'est ce Journal qu'il publie aujourd'hui. C'est l'envers et l'endroit, la coulisse et les grandes scènes, de cette histoire contemporaine qu'il donne à voir dans un récit riche en portraits, anecdotes, moments d'horreur et d'effroi, considérations philosophiques, fragments d'autobiographie, rebondissements saisissants et même, contre toute attente, intermèdes cocasses. Passent à travers les pages de jeunes Libyens héroïques qui rappellent à l'auteur les grandes heures d'une Résistance dont il vénère le souvenir. Un Général dépressif rallié à la révolution et amené à Paris à la veille de son assassinat. Des combattants anonymes dont il s'efforce de fixer le visage. Kadhafi et son fils préféré. Juppé. Hilary Clinton. Un Président de la République, Nicolas Sarkozy, dont il salue l'audace et reconnaît la ténacité. Et puis, chemin faisant, quelques-unes des ombres tutélaires qui l'accompagnent depuis toujours mais qui prennent, ici, leur vraie ampleur : Malraux, Gary, Lawrence d'Arabie, Le Byron de Missolonghi et le Orwell d'Hommage à la Catalogne - sans oublier un père magnifique. A ceux qui posent la question de savoir "à quoi servent les intellectuels ?", ce livre - écrit et vécu par un disciple de Levinas embrassant la cause d'une insurrection dans le monde arabe - apporte une réponse à la fois concrète et passionnée.
Etre veuve, femme séduisante et mère de famille n'est pas une condition facile dans un milieu rural où le poids des traditions et de la morale se fait sentir. Courtisée par les hommes, épiée par les femmes, Pauline doit se battre pour légitimer une situation qui n'a rien d'enviable...