Claude Sérillon
Claude Sérillon
Huit nouvelles qui captent l’essence de notre époque, entre rires et émotions. Claude Sérillon y dépeint avec finesse et tendresse les héros du quotidien, leurs doutes, leurs espoirs et leurs conversations qui révèlent bien plus qu’il n’y paraît.
1970, Paris. Roch Derouich, jeune idéaliste prêt à tout pour changer le monde, voit son attentat manqué gare de Lyon basculer sa vie vers Cuba, puis Marseille.
« L'Extravagant porta ses pieds nus sur la pointe, il dansa, ce qui choqua les talons hauts et les espadrilles respectivement détenues par quatre jolies filles et un couple de vacanciers égarés. Le bon sens, c'est tout droit, conseilla à ces derniers une femme entre deux âges, c'est-à-dire en train de basculer vers le second, celui où toutes les choses apprises commencent à disparaître, lassées d'être dans une mémoire de poussières de sentiments à présent sans saveurs ni odeurs de parfums d'ivresse. Elle fut ivre, elle aussi, bien sûr, mais c'était il y a longtemps, et n'en a conservé qu'un très vague à l'âme de souvenir amusé. Vous verrez bien par vous même, ajouta-t-elle à l'attention de ce couple de touristes s'exprimant en français châtié. Ceux-ci furent stupéfaits. Le guide qu'ils détenaient dans le sac à dos tenu à main droite par l'homme aux joues rouges ne signalait pas d'évènements biscornus. La ville est un village, profitez de sa quiétude, ses habitants sont paisibles. C'était inexact. »
« Il me reste du temps pour aimer, des jours, des nuits pour fabriquer des rêves, des lunes claires, des étoiles en poche, si proches jusqu'à se noyer dans les grands espaces libres où les sentiments inattendus sont complices des désirs. Il me reste de quoi écrire des poèmes, de les laisser s'embarquer en vies canailles, en drôleries, folies de vieilles enfances. Les mots se sont assemblés, couchés, amants, s'amusent à me réciter des vers étranges et tendres, belles phrases où les larmes déchirent les sourires. Un jour avant l'autre je joue tous les rôles inscrits au grand répertoire sur une toile immense au dessus du ciel. Il faut faire vite avant que le soleil cru n'apparaisse. La poésie se nourrit de l'essentiel de ce que nous sommes. Mais qui es-tu ? »
De quoi se mêle-t-il ? Eh bien, de ce qui le regarde ! Et de ce qui nous regarde tous. De ce qui nous regarde chaque soir du fond du petit écran, avec les yeux des adultes du quart monde, ou ceux des enfants d'Ethiopie. "Pendant plus d'une dizaine d'années, je me suis noirci le bout des doigts en feuilletant la presse et les dépêches d'agences. J'ai connu le privilège de vivre, au quotidien, toutes les pulsions du monde moderne. Je le fis avec émotion. C'est-à-dire avec des partis pris, des moments de joie ou de dégoût. "Ce n'est pas un libelle de plus sur la télévision bien que ce milieu y occupe la place qui lui est due. J'ai simplement voulu, à ma manière, et sans m'exclure, esquisser un tableau de nos moeurs [...] Ce livre se veut prétexte à une réflexion ironique, et malgré tout optimiste, sur cette génération qui est la mienne."
« Se mettre la tête à l'envers Fermer les yeux le jour Confondre terre ciel et mer Vivre la nuit toujours Parler / parler de ce qui n'est pas Peindre à main nue une autre vie S'asseoir nocturne à haute voix Tout écouter ce qui se dit »
Le sens du collectif.Le choix collectif doit l'emporter sur le besoin individuel : la société évolue, le numérique et l'intelligence artificielle transforment les modes de travail, souvent au détriment de l'humain. Solidarité, démocratie et liberté sont plus que jamais essentielles. Pour le progrès social, pour une meilleure répartition des richesses et de meilleures conditions de travail, il faut s'engager. Syndiquez-vous ! est un appel à se mobiliser, au sein d'une entreprise mais également bien au-delà, dans toute la société française, en Europe, dans le monde, pour que ces espaces soient plus justes, plus protecteurs et plus proches des travailleurs. Il faut se syndiquer pour que la justice sociale progresse et inventer une nouvelle manière de vivre au travail.
La Faute du général De Gaulle. 8 juin 1970, Madrid. Francisco Franco, 77 ans, reçoit Charles de Gaulle, 79 ans. L'un est au pouvoir de façon implacable depuis trente et un ans, l'autre ne l'est plus depuis un an. Franco, l'allié des nazis ; de Gaulle, symbole de la Résistance. Tout semble les opposer, pourtant ils se rencontrent à la demande du Général... Pourquoi ce tête-à-tête ? Et pour quelles raisons déjeunent-ils en familiers ? Qu'ont-ils bien pu se dire ? L'auteur imagine ici l'échange de ces deux hommes peu ordinaires - entre diplomatie et guerre d'ego, dialogue tendu et conversation anodine - et questionne la figure de De Gaulle comme héros national. Ce déjeuner ne serait-il pas la " Faute du Général " ? Avec Un déjeuner à Madrid, Claude Sérillon nous fait entrer dans les coulisses d'un fait historique méconnu et nous livre un roman aussi ingénieux que passionnant.