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Et si la montée de l'extrême droite s'expliquait par nos propres contradictions ? Pour en finir avec le Front national d'Alain Bihr propose une analyse implacable des racines sociales et idéologiques du phénomène Le Pen.
La vague de l'ultralibéralisme aura poussé jusqu'à la caricature la valeur fondamentale du capitalisme : le profit individuel. Rien d'autre, semblait-il, ne pouvait mener correctement le monde. Cette vague s'est accompagnée d'une montée de l'individualisme. L'effondrement de l'autre caricature, celle de l'économie d'État, que constituaient les pays communistes, n'a fait qu'encourager ce phénomène. C'est oublier que depuis toujours, et particulièrement depuis le XIXe siècle, un grand nombre de gens sont partis, y compris dans le domaine économique, d'une valeur fondamentale radicalement différente : celle de la solidarité et de l'intérêt collectif. Ils ont donné naissance à ce qu'il est convenu d'appeler l'économie sociale. Elle regroupe toutes les entreprises sous forme mutuelles, coopératives ou associatives dont l'objectif est de dispenser des services aux membres du groupe et/ou à des fiers, et qui échappent aux contraintes étatiques. Ces entreprises sont fondées sur deux principes qui les font échapper à la fois au libéralisme et à l'État : « un homme, une voix » et « faites-le vous-mêmes ». Des exemples montrent que, même dans de très grosses entreprises, ces principes peuvent être respectés.
Ce n'est pas un livre d'économie, mais un livre sur l'économie. D'une écriture ciselée et fluide, Philippe Thureau-Dangin nous mène au pays du libéralisme réel. L'envers de la société du spectacle, c'est une société de concurrence. Tout s'achète, tout se vend. Mais par le spectacle, les marchandises et la concurrence, les sociétés se donnent les moyens d'"oublier" les dégâts de la compétition. La concurrence est paradoxale, elle est à la fois ce qui arrête et ce qui pousse. Passage et obstacle, liberté et contrainte - contrainte librement choisie - elle a pris la place de la mort comme aiguillon de nos existences. Mais à quelle fin ? Le triomphe du libéralisme dans les années 80, l'écroulement du socialisme réel, le capitalisme, seul et partout, signifiaient pour certains la "fin de l'Histoire" promise par Hegel. Il n'en est rien. Mais les États semblent paralysés pour mener une politique face aux intérêts privés qui dirigent l'économie. Pourtant, de façon diffuse mais de plus en plus perceptible, la contestation - intellectuelle et sociale - gagne du terrain. L'essai de Philippe Thureau-Dangin s'inscrit dans cette mouvance. Il allie avec bonheur la réflexion critique et le plaisir du texte.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Alors que la majorité des juifs de ce pays n'est ni croyante ni pratiquante, on continue généralement de la définir par la confession. Pourtant le phénomène le plus original de la modernité juive est son incontestable pluralité : juifs religieux (orthodoxes, ultra-modérés, libéraux), juifs laïques (sionistes, non-sionistes, anti-sionistes, bundistes, nationalitaires, communisants...). Que recouvre alors le terme « communauté », refusé par de nombreux juifs ? Et quels rapports entretient cette majorité dite silencieuse avec l'étonnant revival culturel juif observé depuis deux décennies ? Face à la poussée d'un certain fondamentalisme juif religieux s'est développé depuis le milieu des années 1980 un important mouvement international de juifs laïques et humanistes. Il porte exigence de pouvoir être juif en fonction d'un libre choix culturel. L'auteur fait ici une synthèse claire et documentée de ce qui redéfinit aujourd'hui le judaïsme, redéfinition marquée à la fois par la multiculturalité et le droit à la différence.
Vingt mille morts, trois cent mille blessés et des milliards de francs de délits par an : tel est le bilan, en France, de la société de consommation. Pourtant, aucune nouvelle loi n'est promulguée, aucun écho n'est renvoyé par les médias. Bien plus : la juridiction européenne est en passe de diminuer les droits des consommateurs. Les risques de catastrophes écologiques, et le déséquilibre Nord-Sud, trouvent également leur origine dans ce réel problème de société, conséquence de notre mode de consommation. Face aux producteurs, aux distributeurs, aux publicitaires, aux Énarques français et aux technocrates européens, les consommateurs doivent s'unir, s'informer, obtenir le droit à la sécurité, au respect des contrats, et à l'application de la justice. En devenant - au besoin - une force médiatique et politique.