La vie quotidienne
S'il y eut un maître du quotidien, c'est bien Sigmund Freud. Au coeur de son oeuvre, le rêve, le mot d'esprit, l'enfance, l'étrange, l'oubli et l'erreur occupent une place de choix. Freud édifie une théorie à partir de sa propre intimité, de la trame de ses jours et de ses nuits, de tous ces petits riens qui, avant lui, étaient "insignifiants", et il y cherche, en savant, les traces d'un monde dont il fait l'hypothèse - celui de la réalité de l'inconscient. Évoquer, aujourd'hui, les faits et gestes de Freud et de ses visiteurs, ce n'est pas seulement peindre l'atmosphère discrète et passionnée d'un petit cercle de Viennois et d'étrangers de passage à Vienne ; car c'est, précisément, de leurs amours, de leurs rêves, et de leurs angoisses, qu'est née la psychanalyse. Dora, le petit Hans, l'Homme aux loups, cessent ici d'être des cas familiers de la galerie des portraits freudiens, pour redevenir des êtres de chair et de sang, parfois proches amis ou voisins de Freud, parfois venus de très loin, au-delà des frontières de l'empire austro-hongrois. À travers les récits et les lettres de ceux qui ont fréquenté le cabinet de Freud - Lou Andreas-Salomé, Marie Bonaparte, Theodor Reik... - nous découvrons un homme qu'on a souvent dénoncé comme lubrique, alors qu'il était puritain, et qu'on disait austère, alors qu'il se montrait passionné et plein d'humour. C'est en 1886, il y a exactement un siècle, que Freud ouvrait son cabinet et faisait de la vie privée l'enjeu d'une recherche qu'il voulait scientifique, et du pouvoir des mots un outil de guérison.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Parmi les grandes villes de l'Antiquité, Alexandrie a exercé sur les peuples de la Méditerranée une extraordinaire fascination. Fondée par Alexandre en 331 av. J.-C., elle devient la capitale du royaume des Ptolémées, jusqu'à l'arrivée des Romains en 30 av. J.-C. Son rôle de port à l'embouchure du Nil en fait le lieu de transit de toutes les richesses de l'Égypte, et la place à la tête du commerce méditerranéen. Les sciences y prennent un essor remarquable, grâce aux plus grands savants : la médecine avec l'anatomiste Hérophile, la géographie avec Eratosthène, l'astronomie, les mathématiques, tandis que s'épanouissent la littérature et la poésie... Autour de la Bibliothèque et du Musée, la vie alexandrine allie les nouvelles exigences grecques et l'héritage égyptien. Les Gréco-Macédoniens y sont seuls citoyens, mais les femmes peuvent être reines ; les Égyptiens s'intègrent peu à peu, tandis que les esclaves constituent la majorité silencieuse. Le rideau s'ouvre sur cette société avec ses fêtes et ses rites, ses lieux de vie et ses monuments. Creuset où se mêlent les cultures, les traditions artistiques et les hommes, Alexandrie brille pendant trois siècles d'un éclat magnifiquement retracé et illustré dans cet ouvrage.
Entre 1840 et 1914, la Provence se transforme radicalement : des marais asséchés aux champs fertilisés, des villages isolés aux premières industries, découvrez comment les Provençaux ont façonné leur terre.
Huit siècles de cohabitation entre chrétiens et musulmans en Europe : La Vie quotidienne dans l'Europe médiévale sous domination arabe révèle comment l'Islam a façonné les sociétés méditerranéennes, de l'Espagne à la Sicile.
Dijon, 1364. La Bourgogne des ducs Valois s’anime sous vos yeux : entre fêtes somptueuses, intrigues politiques et vie paysanne, découvrez le quotidien d’une région au cœur de l’Europe médiévale.
Les papes, qui avaient quitté Rome pour Avignon depuis plus d'un siècle, inaugurent par leur retour en 1420 le triomphe de la société de cour. La cour de Rome, c'est au moins deux mille personnes qui administrent l'Etat le plus complexe, le plus cosmopolite de l'époque, gèrent d'immenses fortunes et instaurent un mode de vie brillant dont les fêtes, les fastes, le luxe ostentatoire marqueront profondément le siècle. Mais c'est aussi une cour érudite, dont les grands esprits novateurs, inspirés de vastes desseins, assurent la renommée de Rome "capitale des Lettres". La création de l'université pontificale du Vatican, de la bibliothèque vaticane, la politique systématique d'achat et de copie de manuscrits, la lecture et le commentaire des auteurs grecs et latins contribueront à la naissance de l'humanisme et à son rayonnement. Le Vatican devient le centre et le nerf du monde chrétien. Rome renaît de ses cendres: sur les champs de ruines, les lacis de ruelles et de coupe-gorge, les princes de l'Eglise et les banquiers de la cour font percer de longues avenues bordées d'imposantes façades, décors somptueux pour d'étonnantes parades. Rien, dans l'histoire de l'Occident, ne peut se comparer à ce chantier où accourent de partout les maîtres les plus célèbres, à cette éblouissante floraison de tous les arts, à ce refuge généreux et tolérant ouvert aux poètes, aux humanistes et aux philosophes, libertins bien souvent.
Succédant à Montmartre voué au tourisme folklorique, Montparnasse, à partir de 1905 et jusqu'en 1930, fut le quartier des peintres. Encore aujourd'hui, prononcer son nom c'est faire surgir les figures dramatiques ou pittoresques de Modigliani, Soutine, Foujita, Kisling, Zadkine. C'est évoquer les cafés enfumés du carrefour Vavin, les boîtes exiguës d'où partit la mode du jazz et des blues, les cités d'artistes, misérables demeures du génie. Dépassant cet aspect désormais légendaire, l'auteur analyse les raisons du succès de ce quartier occupé, au début du siècle, par les couvents, les écuries et les exploitations maraîchères. Avec lui, on découvre que Montparnasse ne fut pas seulement la création des peintres de l'École de Paris, étrangers pour la plupart, mais peut-être davantage celle des poètes symbolistes, des surréalistes et des écrivains américains. Il évoque les assemblées de gens de lettres autour de Paul Fort à « La Closerie des Lilas », les spectacles populaires de la rue de la Gaîté, le salon de la baronne d'OEttingen, forum des « Soirées de Paris », les séances de « Cadavre exquis » chez Jacques Prévert, l'étonnant milieu du « Sphinx », Hemingway et Miller, le studio de Gertrude Stein et la librairie de Sylvia Beach...
Pendant des siècles, le Japon vécut replié sur lui-même et isolé du monde occidental. En 1868, l'empereur Mitsuhito décrète la création d'un gouvernement éclairé (Meiji) et l'ouverture de son pays au monde extérieur. Du plus humble paysan jusqu'au souverain absolu, la transformation sera complète, tant dans le comportement individuel que dans les manières de penser qui obéissent à un unique mot d'ordre "Imiter l'Occident afin de devenir son égal." Les structures politiques, juridiques, industrielles, culturelles et sociales de l'ancienne société traditionnelle sont bouleversées de fond en comble. L'homme japonais met lui-même bien plus de temps à changer, car une mutation si soudaine ne va pas sans grand désarroi. C'est cette période remarquablement féconde, animée par le désir forcené d'égaler les nations occidentales, qui fait le propos de l'auteur. Une époque extraordinaire à plus d'un titre, paradoxale pour les Japonais eux-mêmes, écartelés entre le progrès à tout prix et leur identité nationale.
Claude Dulong nous dresse ici les destins de diverses femmes, connues telles que Ninon de Lenclos, ou restées dans l'ombre comme une sorcière de village, pour apprécier les progrès accomplis en matière de condition de la femme entre la mort d'Henri IV et celle du Roi-Soleil. Ce siècle qui fut surnommé "le Grand siècle", le fut-il vraiment pour les Françaises ?
En 1831, une sanglante insurrection fait du canut la figure de proue de la révolte ouvrière. En même temps, le théâtre de Guignol popularise la bonhomie narquoise de cet artiste en soie. Qui se cache sous les images stéréotypées du fameux "gone" ? Et qui sont le passementier stéphanois, son voisin, et la moulinière des campagnes qui le fournit en fil ? Pour répondre à ces questions, les auteurs ont parcouru les ruelles et les traboules, pénétré dans les ateliers, pris en main les outils, palpé brocarts et rubans, pesé les mots du parler lyonnais pétri d'humour, nourri d'humanité. Ils y ont gagné la familiarité de ces travailleurs de la soie et la connaissance du coeur sans lesquelles il n'y a pas de témoignage authentique.
Au carrefour de l'histoire et de la médecine, ce livre basé sur des archives officielles, des documents administratifs, mais aussi une enquête personnelle approfondie et nombre de papiers privés, retrace l'évolution de la condition médicale dans la France provinciale et rurale du XIXe siècle. Au cours du siècle, des guerres de l'Empire au septennat tragiquement interrompu de Sadi Carnot, la médecine a fait un bond prodigieux. A une thérapeutique tâtonnante a succédé une véritable science expérimentale et il y a loin du Médecin de Campagne évoqué par Balzac ou de l'officier de santé Charles Bovary, au docteur formé par les disciples de Claude Bernard et de Louis Pasteur. Mais s'ils se posent dans un contexte historique et un décor social différents, les mêmes problèmes demeurent : l'organisation de la profession et les hiérarchies qu'elle implique, la diversité des apprentissages, les difficultés matérielles, les vicissitudes des carrières et des clientèles, les rapports avec les malades, avec les sorciers et rebouteux, les rivalités d'ordre professionnel, la place et le rôle du médecin de province dans la société, son influence politique croissante. A mesure que son combat contre la maladie s'avère victorieux, le médecin de province voit s'affirmer la considération morale dont il bénéficie. Désormais il est un notable. Mais avant de respirer l'encens officiel dans un fauteuil de conseiller général, le médecin de province chevauche par tous les temps, entre une dysenterie et une variole, du château à la chaumière, du lit de l'enfant moribond à celui du vieillard grabataire.
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Anjou, 1700. Entre les ardoisières, les ateliers de tisserands et les bords de Loire, découvrez le quotidien méconnu d’une province où se jouent les luttes pour la terre, les secrets des métiers et les audaces des contrebandiers.
Entre le IXe et le XVIe siècle, les côtes atlantiques se transforment : des villages désertés par peur des Vikings aux ports animés, découvrez comment les marins, pêcheurs et paludiers ont façonné leur monde.
1982 marque un tournant : avec les lois de décentralisation, les 400 000 élus locaux deviennent les nouveaux patrons de la République.
Au XIXe siècle, un domestique pour trois ouvriers : découvrez le quotidien méconnu de ces millions de femmes et d’hommes qui firent tourner les foyers bourgeois.
Aquitaine, 1600-1700 : entre disettes et beuveries, découvrez le quotidien méconnu d’une région où l’on parlait gascon, mangeait de l’ail et buvait du vin fort.
1972, Washington : un cambriolage au Watergate déclenche la plus grande crise politique américaine. Découvrez comment Richard Nixon, président tout-puissant, a été contraint à la démission après deux ans de mensonges et de manipulations.
François Mauriac, dont on connaît le profond attachement à sa propriété de Malagar, est l'un des premiers à rendre à sa région une identité délaissée depuis Aliénor d'Aquitaine. Parcourant les mémoires de Mauriac, Gérard Fayolle nous fait découvrir l'Aquitaine telle que l'a vue l'écrivain : en fait de région, il s'agit d'un puzzle géographique constitué, encore au début du XXe siècle, de sociétés rurales archaïques et isolées, rarement en contact les unes avec les autres mais qui pourtant possèdent de nombreux caractères communs. Comme Mauriac, Fayolle compare sans relâche les différentes communautés, les replace dans leur milieu, identifiant ainsi des traditions, des cultures, des pays. Sa longue vie durant, l'écrivain observe, parfois en véritable visionnaire, souvent avec nostalgie, l'évolution de sa région bien-aimée : le développement des transports, l'arrivée des touristes et l'exode rural vers Bordeaux... Lentement les terroirs se désenclavent, les « pays » sont reliés par des autoroutes. Amoureux de sa région, Mauriac n'hésite pas à dénoncer les périls que fait peser le monde moderne sur la nature, les paysages et les équilibres anciens. Gérard Fayolle nous invite à visiter une Aquitaine dotée d'une forte identité régionale que Mauriac a contribué à forger : à la lecture de son oeuvre, les habitants du Sud-Ouest éprouvent le sentiment d'appartenir à une même communauté. La création littéraire leur donne une âme commune.
La première moitié du XIXe siècle voit Paris accéder au rang de capitale de l'art lyrique : compositeurs et chanteurs étrangers affluent vers les grandes scènes de l'Opéra et du Théâtre italien. Des tragédies lyriques aux grands drames italiens, des oeuvres de circonstance aux désopilantes parodies de grands opéras, cette vie quotidienne nous fait côtoyer Rossini et Berlioz, le castrat Crescentini et la Malibran. Les grands triomphes de la scène et les petites anecdotes des coulisses ; l'émotion du public aux soirs de « premières » et l'organisation méthodique de la « claque » ; les vrais fanatiques de musique italienne et les faux opéras de propagande politique : autant de versants - authentiques et factices - de la vie musicale à ses heures de gloire dans une société élégante que ses divertissements conduisent des Tuileries à l'Opéra et du boulevard des Italiens aux salons aristocratiques.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Historienne et musicienne, Annie Bélis a tiré la matière de cet ouvrage de sa connaissance théorique de la musique ancienne, et de sa pratique de directrice d'un ensemble musical. Dans l'Antiquité, aucune activité ne pouvait se passer de musique. Celle-ci imprégnait la civilisation grecque de part en part : à moins de passer pour un ignorant, un citoyen athénien du siècle de Périclès devait savoir chanter et toucher de la lyre. Des récitals, mais aussi des concours et de véritables joutes réunissaient les artistes devant un public nombreux et passionné. Après avoir longtemps imité le modèle grec, le monde romain a - lui aussi - fini par accorder, à sa manière, une large place à cet art. Tout un monde se développait autour de la musique. Essentiellement masculin (seules les courtisanes peuvent être qualifiées de musiciennes professionnelles en Grèce et à Rome), il se déclinait en strates bien distinctes : les musiciens itinérants ne fréquentaient pas les virtuoses, proches des hautes sphères du pouvoir et de leurs intrigues. Pour la première fois, la vie des musiciens de l'Antiquité est ici retracée, dans ses détails concrets quant au maniement des instruments ou aux techniques de chant, et dans ses aspects plus généraux quant à leur carrière ou leur place dans la société.
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