La lettre et l'idée
La littérature et la peinture se sont développées au long des siècles dans une constante émulation. C'est ce dialogue fécond qu'explore cet ouvrage. L'auteur y développe, dans un style érudit et accessible, une réflexion d'ensemble qui mobilise un savoir double de l'art pictural et de la pratique littéraire. Il éclaire les multiples croisements historiques et thématiques entre ces deux arts, autant que les soubassements esthétiques et philosophiques de cet échange. On redécouvre ainsi à quel point la peinture a été pendant des siècles dépendante des textes, pour ses sources d'inspiration comme pour sa théorisation. Symétriquement, apparaît la fascination des écrivains pour l'immédiateté plastique de l'image, dont ils cherchent bien des fois à retrouver la séduction par le travail de l'écriture. Une sélection de tableaux est reproduite dans un cahier couleur central.
Sommes-nous entrés dans un nouvel âge du droit ? L'échec des idéologies qui ont endeuillé le XXe siècle en niant le droit, ou en l'instrumentalisant au service de la violence (de classe, de race, d'État), a conduit à la reconnaissance de la valeur absolue des droits de l'homme et de l'État de droit. Ce tournant a eu des effets profonds et durables, mais il fait apparaître de nouveaux défis. Dans l'ordre interne, le progrès du droit semble incontestable, mais le sentiment de l'impuissance du politique n'a sans doute jamais été aussi fort ; quant au système international, l'idée d'un effacement des logiques de puissance devant le règne du droit est fortement remise en question par les nouveaux conflits. Quelle place occupera le droit dans la démocratie au XXIe siècle ?
Il semble entendu de nos jours que la pensée chinoise est radicalement différente de la philosophie occidentale. Il est même proposé à cette dernière de s'appuyer sur ce décalage pour mettre en cause l'évidence de ses principes et apprendre à s'orienter autrement dans la réalité. On se réfère habituellement pour cela au taoïsme (très critique à l'égard des conventions) plutôt qu'au confucianisme (toujours suspect de moralisme), malgré l'importance primordiale de Confucius aux yeux des penseurs chinois eux-mêmes. L'intention de cet essai est d'établir des rapprochements entre la tradition de pensée issue de Confucius et la philosophie occidentale d'origine grecque, principalement la philosophie socratique.
La philosophie indienne représente l'une des réalisations majeures de l'esprit humain : les doctrines qui sont nées sur la terre de l'Inde recèlent des trésors spéculatifs et spirituels, que l'Inde a légués à la philosophie universelle. Cet ouvrage offre un panorama concis de la philosophie indienne (écoles, courants, oeuvres majeures) ; dégage l'originalité de la philosophie indienne en la distinguant de la philosophie occidentale ; apprécie ses contributions à la philosophie universelle.
Qu'est-ce qui nous pousse à ouvrir un roman ? à entrer dans une salle de cinéma ? à entamer le visionnage d'une série ? Plus encore : une fois établi le premier contact avec le récit, pourquoi, dans la plupart des cas, avons-nous tant de mal à le lâcher ? Et comment expliquer ce sentiment de vague tristesse qui nous saisit parfois au dénouement, quand nous sommes obligés d'abandonner un monde et des personnages ? En un mot, pourquoi aimons-nous tant les histoires ? Tous supports confondus, les récits de fiction n'ont jamais été aussi nombreux, et leur succès public transcende les barrières générationnelles et sociales. Mais les fictions textuelles sont aujourd'hui largement concurrencées par les séries télévisées dont la consommation est en constante augmentation. L'enjeu de cet essai est de comprendre d'où vient la force d'attraction du narratif qu'il soit question d'un roman, d'un film ou d'une série télévisée. La question du plaisir narratif ne sera donc pas envisagée d'un point de vue culturel - qu'est-ce qui fait qu'à telle époque et dans tel milieu on s'intéresse à tel type de fictions ? - mais sur un plan « anthropologique » : comment expliquer cette attirance de l'être humain pour les récits ? qu'y recherche-t-il et qu'y trouve-t-il ?
La subjectivité moderne commence avec Descartes. La modernité n'est pourtant pas restée fidèle à la lettre de l'idéalisme cartésien. Chacun en hérite pour le modifier (Malebranche, Spinoza, etc.) ou le critiquer (Locke, Kant, etc.). C'est qu'en effet quelque chose ne fonctionne pas dans les Méditations de Descartes. Ce n'est pas le cogito. Le cogito est vrai, on n'avait d'ailleurs pas attendu Descartes pour s'en rendre compte : saint Augustin et Avicenne l'avaient vu avant lui. Ce qui ne fonctionne pas, c'est le doute hyperbolique. Cet essai montre que tous les lecteurs attentifs de Descartes, depuis le XVIIe siècle jusqu'à nos jours, ont vu le défaut du doute. Le problème, c'est qu'ils ont, à peu près tous, fait comme si cela n'avait pas d'importance. Compte tenu des conséquences du doute pour la constitution de l'idéalisme subjectif moderne, ce défaut de la méthode devait être mis en évidence.
Il semble clair que Shakespeare a véritablement et consciemment conçu ses oeuvres comme les vecteurs de sa sagesse politique - ses pièces historiques en fournissent la preuve. Shakespeare a cherché à y développer un point de vue raisonnable sur la nature du régime anglais et sur la façon dont il devait être accepté et révéré par les générations ultérieures d'Anglais. Il a réussi dans son entreprise, car les Anglais, à bien des égards, comprennent véritablement leur histoire de la façon dont il l'a dépeinte. Sur ce point, son dessein était clairement politique. C'est en se référant d'abord aux préoccupations de la société civile qu'il a compris ce qui pouvait éblouir et passionner son public. Est-il vraisemblable que ce ne fût là rien de plus qu'une série d'histoires bonnes pour le théâtre ? Peut-on raisonnablement prétendre que Shakespeare s'est jeté précipitamment dans la composition de pièces historiques parce qu'il avait besoin d'argent, ou encore qu'il ignorait les faits les plus importants de l'histoire anglaise parce qu'il n'avait jamais fait d'études ? Ce serait comme dire que Jefferson, sans s'intéresser vraiment aux principes politiques, a écrit la Déclaration d'indépendance parce qu'il voulait être célèbre, et que le succès de cette déclaration tient au fait qu'elle fournit un excellent discours de 4 juillet...
Nietzsche qui se voulait à la fois de son temps et contre son temps, a posé à notre modernité les questions les plus fondamentales et soulevé autant de polémique que d'enthousiasme. Après avoir rappelé les principales difficultés d'interprétation, cet ouvrage s'efforce de faire le point. Dans une première partie, le sens de la tragédie grecque et celui de la sagesse socratique se trouvent renouvelés à partir de la dualité de l'équilibre apollinien et de l'ivresse dionysiaque. Une deuxième partie montre comment une critique généalogique retrouve sous le problème du fondement de la morale, celui, critique, de la valeur des valeurs c'est-à-dire de leur hiérarchie. La célèbre volonté de puissance, si souvent abusivement interprétée, est ici précisée. La troisième partie décrit l'anthropologie de Nietzsche, le développement du « type de l'homme » du nihilisme jusqu'à l'homme supérieur et enfin le « surhomme » dont l'interprétation a donné lieu à tant de contresens. Reste à affronter dans une dernière partie la pensée de l'éternel retour, la plus mystérieuse, la plus difficile, pleinement accessible seulement au surhomme, ultime approfondissement du dionysisme.
« La langue inuit compte plus de mots qu'aucune autre pour désigner la neige. » « L'orthographe et la syntaxe sont maltraitées par les SMS. » « On ne peut communiquer sans langage. » « La langue des indiens hopi ne contient aucun mot ou structure grammaticale pour se référer au temps. » Partant d'un certain nombre de conceptions erronées liées au langage, aux langues et au français en particulier, Jacques Moeschler propose, sur la base des recherches les plus récentes, une nouvelle image unifiée de la nature du langage. L'ouvrage met en lumière un certain nombre de théories et concepts passionnants mais injustement ignorés ou méconnus. Il tire certaines conséquences de découvertes récentes, et les met en perspectives avec d'autres champs disciplinaires, comme les sciences cognitives, la philosophie du langage, l'informatique appliquée au traitement du langage (traduction automatique par exemple) ou encore les humanités numériques (digital humanities).