L'ordre du jour
Sous les flots se joue une lutte acharnée pour la survie, où des millions de vies s’éteignent chaque jour dans l’indifférence.
Simple et pourtant fabuleuse, telle fut la destinée de Sidney Bechet. Son histoire, telle que la relate fidèlement ce livre, ressemble assez - du moins en son début - à celle des grands musiciens noirs de la Nouvelle-Orléans, qui donnèrent à l'aube de ce siècle la première impulsion à la grande aventure musicale appelée jazz. De sa jeunesse bercée au rythme des orchestres de rue, de sa vocation précoce et irrésistible, de ses premières rencontres avec les maîtres de l'époque, de cette vie louisianaise âpre mais aussi joyeuse et colorée, Sidney Bechet gardait mille souvenirs pittoresques qu'il a su évoquer pour nous, et qui sont consignés ici. Les Parisiens lui firent en 1925 un accueil chaleureux, quand il fut présenté avec Joséphine Baker dans la Revue Nègre au Théâtre des Champs-Élysées. Beaucoup de lecteurs se souviendront de leur jeunesse au récit de ce spectacle, dont le succès fut sans doute pour Sidney une invitation à choisir la France comme seconde patrie. Ce prince du jazz, à la fin de la deuxième guerre mondiale, était un musicien estimé. La gloire pourtant, ne lui avait pas encore souri comme à Louis Armstrong ; certes, Sidney avait une classe comparable à celle du Roi du Jazz, mais il fallut qu'il se fixe en France pour qu'on assiste à son accession à la popularité. Sans altérer la tradition musicale de l'art négro-américain, Bechet réussit à conquérir un immense public, qui fut sensible au discours volubile et envoûtant de son saxophone soprano. Le miracle accompli par Sidney, ce "Tzigane du jazz" comme l'a nommé Frank Ténot, c'est d'avoir rendue accessible à des gens de tous âges, de toutes conditions, la vraie langue du jazz réputée (à tort) compréhensible pour les seuls amateurs avertis. Un Français comme les autres, aimant jouer avec son fils, soigner son jardin et cuisiner pour ses amis, tel fut Bechet au crépuscule de sa vie, et tel le dépeint cet ouvrage. Ambassadeur chargé d'années et pourtant infatigable, il quittait son pavillon de banlieue pour aller enregistrer son millionième disque ou pour aller jouer dans les plus petites villes de notre pays. Lorsqu'il est mort le 14 Mai 1959, chacun de nous a perdu un ami simple et attachant, à la mémoire duquel ce livre est un hommage. Tous ceux qui ont aimé Sidney Bechet, homme de grand coeur et artiste brillant, trouveront dans ces lignes qui retracent la passionnante histoire de sa carrière, le reflet de son sourire malicieux et fascinant.
Les réfugiés du Kivu affluaient dans la petite ville de Kissenyi préservée de la mutinerie par la symbolique frontière du Ruanda Urundi. Dans un bar de la ville nous étions une demi-douzaine d'hommes, armés de vieux fusils et décidés à vendre chèrement notre peau pour préserver nos femmes, nos enfants et notre honneur. Un jeune garçon à l'allure sportive, le visage marqué par un collier de barbe noire, poussa la porte et nous lança un jovial « salut les gars ! ». J'eus de la peine à reconnaître en ce barbu poussiéreux, Paul Ribeaud que j'avais rencontré à Bukavu en 1951, il y avait neuf ans déjà. Dans ADIEU CONGO Paul Ribeaud apporte tout ce qu'il a vu pendant ces tragiques semaines. Il lui était impossible de faire rentrer dans ce livre tout ce qui s'est déroulé au Congo et dans les coulisses de l'O.N.U., impossible de reproduire les centaines de déclarations de politiciens africains irresponsables, impossible encore de tout raconter sur un pays grand comme l'Europe Occidentale. Mais il a écrit l'essentiel. Le lecteur y verra se dérouler le film du naufrage congolais. La nationalité française de l'auteur lui a peut-être permis de réussir là où un Belge aurait échoué : observer d'un oeil impartial les principaux acteurs belges et congolais de cette tragédie. Envoyé de Paris Match et seul reporter de la presse mondiale à avoir parcouru l'ensemble du Congo dès le début de la mutinerie de la Force Publique, Paul Ribeaud risqua plus d'une fois sa vie pour nous rapporter ce récit et ces photographies. Au nom de mes compatriotes belges du Congo, je lui dis bravo et merci ! J. Hurner.
Ce livre constitue une synthèse survolant les siècles, de Ramsès II à Ferhat Abbas, replaçant ainsi dans leur perspective les événements du passé jusqu'à ceux de l'actualité la plus brûlante. Après avoir été façonnée par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, la Méditerranée est devenue le berceau de la civilisation chrétienne. Ce n'est pas par hasard que le Christ est né sur ses rives, au carrefour des trois continents qui ont peuplé le reste de la planète. C'est en grande partie par la mer que l'Évangile s'est répandu. Au début du VIIe siècle, tous les États entourant la Méditerranée étaient chrétiens. A cet ensemble harmonieux, une civilisation extra-méditerranéenne, l'Islam, a porté un coup dont les conséquences ne sont pas épuisées. Successivement, les Arabes pendant sept siècles, les Turcs pendant cinq autres ont essayé de conquérir et de dominer les rives de la « mer Intérieure ». L'occident s'est trouvé en état de légitime défense. Aujourd'hui, l'expansion musulmane s'exprime par la voie des nationalismes arabes que nous-mêmes avons suscités. « L'Histoire de la Méditerranée » nous fait assister aux péripéties politiques et stratégiques de cette lutte dramatique, jusqu'aux ébranlements les plus récents du Proche Orient et du Maghreb.
À notre époque, il est grand temps de détruire les préjugés haineux qui accablent l'univers clandestin des « Amours en marge ». L'hypocrisie d'une société enfermée dans son confort moral est cause de la souffrance d'êtres qui, la plupart du temps, ne sont pas responsables de leur anomalie. Se penchant sur de nombreux cas authentiques, l'auteur étudie l'homosexualité, tant chez l'homme que chez la femme, avec une lucidité et une honnêteté qui, loin de bafouer ces "maudits", leur laissent au contraire entrevoir la possibilité d'une réintégration sociale. Que peut faire la médecine ? Que peut faire la société ? L'auteur répond qu'entre Lesbos et Arcadie doit en tout cas passer la voie de la compréhension et de la charité.
Le Grand Combat du XV de France, roman de pack et d'épée dédié à Lucien Mias et à ses conquérants, ne racontait pas seulement ce qui s'est passé entre Springboks et Français en Afrique du Sud en 1958. C'était aussi, première chronique du rugby en librairie, le livre de l'amitié, du courage, de l'espérance jamais découragée et d'une fierté qui montait très haut. Dix ans exactement ont passé : dix ans de rugby, de victoires et de défaites, avec ses héros disparus et ses amis perdus. "Les grandes équipes ne meurent jamais", aime répéter Denis Lalanne qui le tient de Wilson Whineray, le plus grand des capitaines néo-zélandais. Après La Mêlée Fantastique, La Peau des Springboks et, écrit en collaboration avec Henri Garcia, Quinze Coqs en colère, voici Ce bleu des maillots et des guerres qui dit ce qui s'est passé entre All Blacks et Français en Nouvelle-Zélande en 1968. Et bien d'autres choses encore car, si les grandes équipes ne meurent jamais, c'est évidemment qu'il leur arrive de renaître.
Quelle est cette rébellion congolaise qui a provoqué un fabuleux imbroglio où se mêlent la politique, la diplomatie, la sorcellerie, tout cela planant sur une guerre horrible ? Pourquoi les massacres des blancs et des noirs ? Pourquoi les mercenaires ? Pourquoi Tshombé ? C'est tout le drame congolais que ces pages essaient d'expliquer. L'auteur, reporter du quotidien bruxellois La Libre Belgique, suit de près l'actualité congolaise depuis 1958. Il a interviewé les principaux acteurs du drame congolais, il a suivi Tshombé au Caire. et dans ses tournées à l'intérieur du Congo, et, en novembre 1964, il est monté sur Stanleyville avec la 5e brigade mécanisée de l'armée congolaise.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Jean Grandmougin n'existe pas. Pour les Français qui se portent deux fois par jour à l'écoute de ses éditoriaux, il n'a pas d'opinion. On n'écoute pas Jean Grandmougin, mais l'art qu'il a d'exposer les idées des autres et le cours des événements. Que pense-t-il en son for intérieur ? Pour écrire Diagnostic de la France, Jean Grandmougin a rompu délibérément avec son personnage. Il a composé un livre, qu'il n'a pas voulu objectif, où il a tracé quelques croquis, d'une facture toute personnelle, sur l'état de la France, sa mentalité, son orientation. A grands traits il suggère le conflit de conscience des Français. Par contraste avec l'homme du micro, il joue de la satire, de la caricature. Son style devient caustique, ironique, cinglant. Jean Grandmougin écrit comme il ne parle surtout pas. Il laisse percer des appréhensions, des passions, une violence presque qui sont à l'opposé de sa gymnastique radiophonique quotidienne. Un homme apparaît derrière le masque impassible du célèbre éditorialiste, de Radio-Luxembourg.
Les écrivains célèbres, comme tant d'autres personnalités livrées à la curiosité des foules, constituent bien souvent des "cas". Soit qu'on les comprenne mal, soit qu'ils aient une légende, ils sont l'objet de critiques ou de reproches auxquels il leur est impossible de répondre. Au contraire, si l'on réunit leur "dossier", ils ne demandent qu'à se justifier, quitte à fournir eux-mêmes des éléments à "l'accusation". C'est ce rôle de procureur et de complice qu'a voulu jouer Gilbert Ganne dans ces "minutes de vérité" qui lui ont assuré, parallèlement à sa réputation de romancier et d'essayiste, une place unique dans le journalisme littéraire. Dans une préface révélatrice, il nous livre d'ailleurs sa méthode et nous explique son exigence face à ses interlocuteurs, de telle sorte que ses interviews s'apparentent à une recherche qui dépasse largement l'information et se hausse au niveau d'un genre littéraire. Pour qui sonne la minute de vérité ? Pour douze célébrités qui s'appellent Roland Dorgelès, Michel de Saint Pierre, Jacques Laurent, Jean Giono, Marcel Jouhandeau, Jean Mistler, Virgil C. Gheorghiu, Maurice Druon, Pierre de Boisdeffre, Jean Vilar, Jean-Christophe Averty et un disparu, le général Gamelin, dont les déclarations imprévues constituent un document exceptionnel. Douze personnalités prises sur le vif et dont les propos ont un accent inimitable : celui de la vérité.
Manifeste pour une génération. Tel est le titre que Jean Grandmougin avait envisagé de donner d'abord à ce livre. Il a craint qu'il ne fût prétentieux et il aurait choisi "Bifur" - en souvenir de ce disque, le long des voies de chemin de fer, qui indiquait jadis une bifurcation - si ce rappel du passé n'avait été contre-indiqué pour un livre qui traite de l'avenir. Car il n'est question que de cela. Le monde change comme il n'avait jamais changé. Sous nos yeux, les événements s'accélèrent. Le monde tourne de plus en plus vite. Qu'allons-nous devenir si nous ne comprenons pas assez tôt ? Le plus grave est qu'avec la bombe H nous avons le feu de Dieu entre les mains. Serons-nous assez aberrants pour faire sauter la planète ? Trop de nos hommes d'État sont d'un autre temps. Sommes-nous sûrs qu'ils sont à la hauteur d'une époque qui n'a pas de précédent ? Les vieilles méthodes de gouvernement ne sont-elles pas périmées ? A grands traits, Jean Grandmougin brosse un tableau de cette situation. Il nous donne des orientations, des conseils. Il nous exhorte à vivre autrement. Sa conclusion ? Nous n'avons que vingt-cinq ans pour changer de tête.
On trouvera dans ce livre toutes les facettes d'un univers fantastique, tantôt chatoyant, tantôt livide : les hystéries chorégraphiques dans les boîtes psychédéliques de San Francisco les grandes kermesses d'accouplement public dans l'île de Wright ; les mangeurs d'opium et de haschisch dans les bistrots sans joie de Kathmandou ; les fantasmes hallucinatoires se terminant en tragédies dans les hôtels de Kaboul ; l'érotisme débridé s'exprimant sans retenue dans les annonces de ces journaux ; les communautés mystiques imposant le dénuement total ; les nouvelles églises où des drogues sont données comme sacrements ; bref, on trouvera tout l'univers hippy. Suzanne Labin a suivi ce mouvement à la piste tout autour du monde, jusqu'aux paradis himalayens où sont allés nicher les enfers de la drogue. De ses descriptions palpitantes et de ses analyses percutantes il ressort que le mouvement hippie incarne la subversion la plus radicale qui soit apparue depuis Jésus-Christ. Ce premier dossier complet et passionnant du nihilisme moderne a été rassemblé par Suzanne Labin avec une grande compréhension pour le phénomène qu'elle analyse et les jeunes gens qui l'incarnent : "Les jeunes rebelles sont toujours des détenteurs de vents nouveaux qui commencent à souffler dans ce siècle, alors que la masse ne les perçoit pas encore..." Mais cela n'empêche pas la lucidité de ses vues. "Croyez-vous vraiment - dit-elle aux hippies - que vous allez créer une culture avec ce regard-là ?" Elle conclut : "L'esprit d'entreprise, né il y a vingt mille ans, ne sera pas remplacé par l'esprit de néant."
Les night-clubs, les boîtes de strip-tease, les clubs nudistes, le Lido, les salles de garde, la p.j., les prostituées, les clochards, les suicidés, les cliniques d'accouchement... ou d'avortement, les taxis de nuit, les accidents d'automobile, les ivrognes, la brigade fluviale, les fugues des adolescents, les rondes de la brigade des agressions, le catch, les halles, les trafiquants de femmes, la morgue, les abattoirs, les chiffonniers, les maisons de rendez-vous, la police privée, les dancings, les soirées de Lipp, les habitués du fiacre, la salle Cusco, le bois de Boulogne et ses promeneurs solitaires.
Comment se peut-il que le portrait de Mao ait surgi dans le Cour de la Sorbonne, c'est-à-dire que, pour la première fois dans l'Histoire, une partie de l'élite du monde libre puise son inspiration dans une révolte contre la culture déchaînée à Pékin ? Comment se peut-il que, pour la première fois dans l'Histoire, par les oeuvres de Pékin, la guérilla urbaine et tout son cortège de pré-terreur fassent leur entrée dans les villes les plus policées d'Occident ? Comment se peut-il que, pour la première fois dans l'Histoire, une fourmilière d'agents aux yeux bridés sillonne et angoisse les continents les plus lointains ? Pour la première fois dans la littérature politique, Suzanne Labin, dans son dernier ouvrage : Le petit livre rouge arme de guerre, apporte une réponse complète à ces questions et rend compte d'un phénomène qui est peut-être l'un des plus étonnants d'une époque pourtant fertile en surprises. L'auteur, spécialiste internationalement réputée du communisme démonte avec mæstria et décrit avec brio les fils de l'immense toile qui a permis à Mao Tsé-toung, le "Pharaon-Émeutier", de déchaîner ou d'attiser des troubles dans tous les coins du monde en recourant à "l'hallucination intellectuelle de la révolution totale", à l'usage diabolique des ambassades, des restaurants, des agences de presse comme véhicules de sa subversion, à une fantastique réseau d'"écoles de la violence". L'auteur jette une vive lumière sur les traits qui distinguent l'entreprise chinoise de sa devancière soviétique : le trafic de la drogue, le rôle des écoliers si dramatiquement illustré en mai 1968 à Paris, le recours, comme nouvelle vague révolutionnaire, aux jouvenceaux physiquement disponibles, socialement irresponsables intellectuellement grisés, le caractère professionnel et téléguidé - avoué par Che Guevara - de la nouvelle guérilla qui s'étend désormais des brousses et des montagnes aux villes les plus modernes et dont Suzanne Labin offre la première analyse exhaustive.
Vatican II. L'Église va-t-elle revenir à ses origines ? Retour aux sources ? Jean Grandmougin s'écarte de la politique - s'occupe-t-il de la politique du ciel ? - afin de proposer aux chrétiens et à ceux qui ne le sont pas une expérience qu'il lui est advenu de faire du temps qu'il s'initiait à la philosophie. Ignorant tout catéchisme et toute théologie, il a abordé les Évangiles avec ce qu'il croit avoir été un oeil neuf. Sans déformation ni truchement. Fût-elle inorthodoxe, il nous restitue l'image qu'il a reçue alors de Jésus dans l'espoir, sinon qu'elle contribuera à une rénovation de l'Église - ce serait prétentieux - mais qu'elle hâtera une maturation. A-t-il tort ou raison ? Jean Grandmougin n'a pas la vanité de parler en théologien. La preuve en est qu'il mêle à son argument des poèmes qu'il écrivit, à la même époque, pour jalonner son itinéraire spirituel. Un nouveau Grandmougin ? Un Grandmougin poète ? Un homme vu sous un jour, en tout cas, que personne ne prévoyait.
Sortilège de la boxe. Deux hommes sont sur le ring, prisonniers des cordes. Au premier coup de gong, pour le public, le spectacle commence ; pour eux, c'est le métier, la vie, le drame. Les MONSTRES SACRÉS DU RING que rien ne disposait à supporter sur les scènes du monde le fardeau de la notoriété, pratiquent un art qui a ses règles et ses génies. Voici Georges Carpentier se dépassant lui-même pour sauter dans la légende lorsqu'il est battu par Jack Dempsey, insolite cheminement d'un destin de champion qui aura travesti un soir de défaite en jour de gloire. Al Brown, champion déchu, ressuscité par Jean Cocteau, le poète s'attachant au sort d'un sorcier du ring. Marcel Cerdan qui, dans une courte phrase d'une prodigieuse éloquence dans sa nudité, dit à la fin de sa carrière : Les coups commencent à me faire mal. Les grands seigneurs noirs Sugar Ray Robinson et Joe Louis, fortunes perdues, contraints au come back pour payer leurs dettes. Robert Cohen qui ne peut supporter l'exil d'Elisabethville, Alphonse Halimi qui ne pense qu'à la revanche pour reconquérir le titre perdu à Los Angeles et le dernier venu Ingemar Johansson, blond viking qui a interrompu le règne des poids lourds de couleur. Et puis, il y a dans ce monde étrange et dur, si différent de tous les autres, comme l'a écrit Serge Groussard, tout ce qui grouille autour d'un ring, d'un boxeur, d'une salle... les racketers du boxing business aux États-Unis, les managers, leur jeu, leurs calculs et aussi parfois leur calvaire. Ils sont les durs ou les tendres témoins de l'aventure des boxeurs, cette aventure tenue entre deux poings et à laquelle il faut tordre le cou si l'on ne veut pas être dévoré.
Est-ce le livre le plus humoristique de l'année ? Jean Grandmougin, dont les éditoriaux sont écoutés deux fois par jour par les millions d'auditeurs de Radio-Luxembourg, s'essaie, pour une fois, au comique. Il nous raconte l'histoire imaginaire d'un plombier qui dépose son bilan et se présente aux élections. Élu, il devient par une série de gags - car toutes les bévues qu'il commet sont transformées en exploits par les journaux - le plus mirifique des chefs de gouvernement, le grand homme de la France, avant d'entrer, couronnement d'une carrière désopilante, à l'Élysée. Le livre est irrésistible d'un bout à l'autre. En riant, Jean Grandmougin fait la satire de nos moeurs politiques, de leur verbiage. Il ridiculise la logomachie. Seuls, ceux qui s'y trouvent caricaturés risquent d'en rire plutôt jaune. Noenoeil nous apporte un Jean Grandmougin pince-sans-rire en train de se gausser d'une politique dont il démasque sans pitié les faux-semblants. Chaque page dégonfle une baudruche.
On retrouve dans ce livre la verve et l'humour qui faisaient déjà le charme de Mes mille et une voitures et de Mes dix mille cerfs-volants. Gabriel Voisin évoque cette fois les péripéties de son enfance, alors qu'en compagnie de son frère il découvrait les plaisirs de la chasse et l'ivresse de la liberté, au cours des vacances que les deux garçons passaient dans la campagne lyonnaise. Armés d'arcs et de flèches, puis d'un fusil rudimentaire de leur fabrication, ces deux braconniers en herbe mènent la vie dure aux étourneaux, aux corneilles et aux canards, non sans connaître de pittoresques mésaventures. Plus tard, ce sera la chasse en « voiture » en Seine-et-Oise et même certaine expédition en Égypte... Toutes ces aventures savoureuses sont contées avec humour, pour notre plaisir et celui de leur nostalgique narrateur : nous sommes un peu ici dans l'univers enchanté et pittoresque de Raboliot, de la Guerre des boutons ou de Tom Sawyer. Mais on voit naître aussi et prendre corps chez le futur constructeur de voitures et d'avions la vocation de l'ingénieur qu'il deviendra, et ce n'est pas le moindre attrait de ce livre qui, en même temps que l'évocation d'une jeunesse turbulente, nous apparaît ainsi comme le récit d'un « apprentissage » du métier d'homme.
Qu'est-ce que le rêve peut nous apprendre sur la sexualité ? Comment définir la sexualité éclairée par le rêve ? Telles sont les deux questions qui dirigent toute l'étude de Raymond de Becker. Ainsi il est naturel qu'une telle investigation débute sur un mode historique, car l'histoire de la sexualité dans les rêves est capable de fournir d'importantes données à la fois ethnographiques, sociologiques et psychologiques. Des clefs des songes et des traités médicaux qui en Égypte, à Babylone, à Ninive, aux Indes fournirent les premières interprétations, aux traités oniriques arabes et aux analyses de Freud, c'est toute une évolution du matériel d'images, toute une évolution aussi de la nature même des interdits et des névroses qui se traduisent dans le rêve. Partant d'une nature polysexuelle la civilisation a souvent été une marche vers la monosexualité, mais elle implique un jugement moral sur lequel la science n'a pas à se prononcer, estime Raymond de Becker. Le rêve n'a pas à diriger la vie, mais le rêve, selon lui, est un transformateur d'énergie. Et l'auteur s'attache à montrer combien le rêve charrie de fragments d'initiations perdues et suggère le chemin qui, de la multiplicité des amours, peut conduire à l'Amour absolu.
Trente ans de chiffons ! Trente ans de vie parisienne ! Raymond Corot, figure bien connue du Tout-Paris, nous raconte sur le ton de la confidence l'histoire de son étonnante carrière. Ce livre est aussi celui de l'amitié ; l'auteur salue au passage les plus grandes personnalités des arts et des affaires, rencontrées au cours de ces années. Du jeune vendeur des Grands Boulevards au propriétaire de l'important magasin des Champs-Élysées, il y a des mètres et des mètres de tissus, d'anecdotes et de rencontres que Corot nous livre avec la plus charmante simplicité tandis qu'en arrière-plan défilent Megève, Cannes, Deauville, New-York...
Fin 1959, dans ses conférences à l'École Supérieure de Guerre, Michel Garder, parlant de l'avenir du régime soviétique, concluait que celui-ci allait inévitablement connaître une crise grave aux environs de 1962. Ce qu'il appelait alors « le tournant de 1962 » devait, selon lui, déclencher un processus en chaîne, mettant en danger non seulement le règne de Nikita Khrouchtchev, mais encore, à plus ou moins longue échéance, le régime lui-même. Jusqu'ici les faits ont donné raison à l'auteur. C'est en effet en novembre 1962 (répercussions de l'affaire de Cuba... réforme des structures administratives de l'U.R.S.S... aggravation du différend sino-soviétique, etc.) que l'on peut situer le point de départ de la crise qui devait aboutir à la chute de Khrouchtchev. Pour Michel Garder, ce dernier événement marque le début de « l'agonie du régime communiste en Russie ». Son diagnostic est formel : le mal est incurable... la fin ne saurait tarder ! S'il a fallu, selon l'auteur, onze ans aux héritiers de Staline pour ébranler définitivement l'extraordinaire édifice de la « théocratie lénino-marxiste », les successeurs de Khrouchtchev sont voués à parachever l'oeuvre « d'autodestruction » en beaucoup moins de temps. C'est aux environs de 1970 qu'il croit pouvoir situer la « révolution inévitable » d'où surgira la Russie de demain.
L'univers concentrationnaire est découvert par un jeune garçon que la guerre a surpris dans ses rêves. Dans son petit village de montagne, il aimait à se cacher dans une grotte où il n'aurait pas été étonné de voir surgir ses héros préférés, Zorro et Buffalo Bill. Ils semblent lui apparaître un jour sous les traits concrets de deux maquisards qu'il cache et c'est comme cela qu'il sera emprisonné et envoyé vers l'Est. Les épreuves auxquelles l'enfant échappe, grâce au "miracle" des bombardements alliés et de la Libération, ont fait de lui un homme. Entre deux scènes d'horreur, il a pressenti l'amour humain à la vue d'une belle dame SS. Après la guerre, il s'éprend d'une compagne de rencontre, mais il découvre qu'elle est allemande. Il n'a pas à lui signifier la rupture. C'est elle-même qui, dans une lettre qui termine le livre, renonce à lui, sa nationalité la rendant solidaire des crimes commis. L'Enfance, la Mort, l'Amour, on trouvera tout cela dans ce livre poignant, au style sobre et précis, d'une psychologie émouvante et sûre.
Il y a des millions de joueurs de boules en France, et il est curieux de constater que - jusqu'ici - on ne disposait pas d'un manuel pratique, aisé à lire (amusant même), qui permette l'initiation des néophytes, et fasse découvrir aux joueurs chevronnés l'expérience d'un observateur sagace. C'est ce qu'apporte le livre d'Otello. Tout sur le jeu de boules : sur la pétanque surtout, et sur la Provençale. Choix des boules, positions à prendre, conseils aux tireurs et aux pointeurs, tactique à observer dans les cas délicats, mesure des points, pièges et ruses, tout cela est exposé par Otello avec une clarté et une science remarquables. On comprend, en le lisant, qu'il y a beaucoup à apprendre sur ce jeu en apparence si simple. On s'intéressera aussi à ce que l'auteur nous apprend sur les boules irrégulières, et sur le jeu d'argent. Il y a là des révélations surprenantes.
Depuis que l'on écrit sur la chasse, d'innombrables études ont été consacrées à tous les animaux-gibiers, à leur biologie, à leurs moyens de défense, à leurs sens, à leur intelligence et à leur valeur gastronomique ; rien, semble-t-il, ne pouvait être ajouté à cette littérature déjà surabondante. Aussi bien, le propos de Tony Burnand, chasseur chevronné et grand ami des bêtes, ne vise nullement à y ajouter de l'inédit mais, bien au contraire, à débarrasser une bonne fois ces êtres, victimes d'une passion non désintéressée, de tous les oripeaux dont ils ont été affublés au cours des siècles par des chasseurs doués d'une imagination parfois débordante, ou victimes d'une certaine paresse intellectuelle, qui leur a fait prendre pour des vérités définitives ce qui n'était qu'affabulations pieusement transmises de génération à génération. Ce n'est donc pas à un travail d'iconoclaste que s'est livré l'auteur de ce travail, mais à un travail de sélection entre l'ivraie, touchante - mais souvent ridiculisante - et le bon grain, qui s'y trouvent en parties égales dans la littérature cynégétique ou naturalistico-cynégétique. Sans doute d'autres chasseurs, également avertis, reprocheront-ils à ces portraits volontairement dépouillés, à ces retouches épuratives, d'être un peu personnels : chaque artiste voit ses modèles avec son objectif à lui... Au lecteur de juger de ce que cette remise au point ajoute - ou fait perdre - aux objets de leur amour. Gaiement opérée, elle ne peut choquer que ceux qui se voilent la face devant la vérité toute nue...
On connaît des textes du XVIe siècle qui prédisent la Révolution française. La télépathie est si peu du domaine de la sorcellerie que l'armée américaine s'intéresse de très près aux expériences de Rhine à ce sujet. Des expériences conduites avec toutes les précautions nécessaires ont permis de constater le déplacement d'objets assez lourds sans l'intervention d'une force matérielle. De plus en plus, nous sommes forcés d'admettre un ensemble de phénomènes qui contredisent l'image rationnelle, rassurante, que nous voulions garder de l'univers. L'univers est fantastique, l'homme possède bien des pouvoirs que la science nia un moment, mais qu'une science plus libre, plus vaste, commence à envisager sans préventions. Des traditions millénaires nous en avaient apporté l'écho affaibli, déformé, quelquefois ridicule. La tâche de notre temps est de restaurer ce savoir perdu. Mauduit s'est attaché à faire le point de ces domaines encore presque interdits, de ces terres vierges de la connaissance, où nous trouvons les vestiges du passage de lointains ancêtres. A l'avant-garde de la curiosité scientifique, ce livre éveillera l'intérêt de tous ceux qui pensent que nous ne sommes qu'au début de l'aventure intellectuelle et qu'il est vain d'imposer des frontières au savoir et au pouvoir de l'homme.
1940. Depuis quelques mois, l'Armée rouge occupe la Pologne. La narratrice, jeune femme polonaise médecin des écoles, vient de voir partir son mari en déportation. Un matin, c'est elle que les Russes viennent chercher, avec sa petite fille Olga, quatre mois, pour « un voyage » qui doit simplement l'éloigner de la zone frontalière. C'est en réalité une extraordinaire équipée qui commence et qui la conduira jusque dans le sud de la Sibérie. A Karasou dans le Karakstan, elle sera médecin de l'hôpital. « L'hôpital » est fort sommaire. Et il faut trouver un logis, quelqu'un pour garder l'enfant. A force de volonté, de ténacité et aussi de charme, elle résout ses problèmes et parvient à recréer une sorte de foyer pour sa petite fille. Elle soigne de son mieux ses « clients » et doit faire face à une épidémie de typhus qui s'est déclarée. Rouza a perdu tout espoir de revoir son mari. Elle sait qu'il est mort, mais elle ne veut pourtant pas céder à Stan, un Tchèque, qui l'aime et la protège, venu de son plein gré en Russie pour échapper aux Allemands. En 1942, Stan s'engage dans un régiment tchèque qui vient de se former. Il propose à Rouza de partir avec lui et d'être médecin dans un hôpital près du front. Elle refuse d'abord, puis se décide brusquement et part. Rouza réussira-t-elle à retrouver Stan et à soigner les blessés ? Pour elle, c'est la guerre qui commence.
Caravane Panhard IC 16 n'est pas un livre d'aventures à l'image de ceux que l'après-guerre nous à offerts, depuis les reprises de la Croisière Jaune où l'automobile de série a remplacé la voiture à chenilles, jusqu'aux redécouvertes de l'Amérique en Caravelle de Christophe Colomb reconstituée. Éric et Marie-Madeleine Gillet ne sont pas partis pour nous raconter Salle Pleyel en kodachromes leur petite vie d'explorateurs modernes : leur longue marche vers l'Asie est une des plus passionnantes expériences de notre siècle : l'examen sans concession par de jeunes Français (un ingénieur, une psychologue, deux journalistes, un caméraman) des conditions de vie moderne de ces moins de 20 ans du monde jaune qui seront 1 milliard en 1970. Ce livre est la première partie de cette expérience : le compte rendu haletant de 80.000 kilomètres de déserts, de neige, et de boue où chaque mètre gagné sur la nature est une victoire. Plus passionnant qu'un roman, plus vivant encore qu'une autobiographie, il vous condamne dès la première ligne à ne plus vouloir le quitter avant la dernière.
Castro l'infidèle ? Ce n'est pas un banal jeu de mots, mais l'expression d'une vérité, douloureuse pour les Cubains qui avaient cru en lui, amère pour ceux qui, en Amérique latine, voyaient dans son combat un réveil de l'idéal démocratique, inquiétante pour le monde entier. Car il a trahi la liberté et la démocratie pour lesquelles il s'était battu. Il a trahi la révolution humaniste qu'il avait promise, en donnant à Cuba le visage d'une démocratie populaire. Il a trahi l'Occident en se jetant, dans les bras de l'Union Soviétique par ressentiment contre les États-Unis. Le « héros de la Sierra Maestra », dont la romanesque aventure avait suscité l'unanime sympathie, a transformé la « Perle des Antilles », aux charmes fascinants, en une poudrière..., une poudrière d'où peut surgir l'explosion dans les Caraïbes, l'incendie en Amérique latine et, peut-être, la catastrophe universelle.
L'énigmatique "Geoffroy" se défend d'avoir écrit un ouvrage d'histoire ou de polémique. Il se présente comme un moraliste qui se contente de brosser des portraits, en pied ou en miniature. Le catalogue, ou l'index alphabétique, placé à la fin de ce mince volume, offre plus de deux cents noms propres. De Lyautey à Lawrence d'Arabie, de Pierre Mendès-France au Général De Gaulle, en passant par Edgar Faure et Lemaigre-Dubreuil, du bey de Tunis au sultan du Maroc, sans oublier Bourguiba ni Ferhat Abbas, c'est, mieux qu'une galerie de tableaux, un défilé où se pressent des Chefs d'États et de gouvernements, des ministres, des généraux, des ambassadeurs, des patriotes et des aventuriers... Si c'était une gageure, l'auteur l'a soutenue. Son livre se lit comme le roman vrai - ou le drame - de l'Afrique mineure encore française.
Avec "Le Grand Combat du Quinze de France", écrit en 1958 au retour de l'inoubliable tournée de nos rugbymen en Afrique du Sud, Denis Lalanne a inauguré la série sportive de "l'Ordre du Jour" et, sans doute, justifié la place nouvelle du Sport dans notre littérature. Maurice Herzog lui décerna le Grand Prix de Littérature Sportive de l'Association des Écrivains Sportifs présidée par Paul Vialar. "Le Grand Combat" servit en outre admirablement la propagande du jeu de rugby dans notre pays et le renom du XV de France à l'étranger, ainsi que le prouve le succès retentissant remporté par ce livre dans les pays de langue anglaise et notamment en Nouvelle-Zélande, où son auteur fut salué comme "un as du journalisme", voire comme "l'Hemingway du rugby français" ! Dans "La Mêlée Fantastique" Denis Lalanne s'affirme, comme l'a écrit Antoine Blondin, "le seizième homme du XV de France et non seulement son barde, mais son témoin". Grand reporter du journal L'ÉQUIPE, il a suivi les Tricolores sous tous les cieux, en France et en Grande-Bretagne, à Moscou, à Venise, à Bucarest, en Rhodésie et en Afrique du Sud, à Buenos-Aires et à Santiago du Chili. Il ne les a pas abandonnés, bien sûr, dans les défaites qu'ils ont endurées en Nouvelle-Zélande. Mais la "Mêlée Fantastique" n'est pas seulement l'histoire d'une tournée malheureuse de deux mois au bout du monde ; c'est celle des trois années les plus fabuleuses du rugby français, comme une oeuvre de longue haleine faisant suite au "Grand Combat". Cependant, ce second livre, Denis Lalanne l'a écrit comme le premier en l'espace de trois semaines, comme un article de premier jet, dans le style ardent d'un reporter chez qui la solide expérience de ces aventures de rugby n'a pas entamé les facultés d'émotion et les qualités du coeur.
Le Tiers Monde a reçu trente fois plus d'aide de l'Occident que du bloc communiste. Et il se tourne trente fois plus vers le bloc communiste que vers l'Occident. Ce livre instruit cette faillite retentissante de la plus grandiose politique de solidarité et de générosité qu'on eût vue dans l'histoire. A notre époque le commissaire l'emporte sur le dollar ; le communisme gagne le Tiers-Monde parce qu'il y fait surtout de l'agitation politique alors que l'Occident s'y confine dans l'aide économique. La politique que mène le commissaire communiste en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, Suzanne Labin l'expose en alternant les analyses, comme celle sur la pensée militaire de Mao Tsé-toung, avec les exemples vivants. Elle a visité vingt-deux pays du Tiers-Monde. Elle y a déterré une foule de faits qu'elle dévoile : comment le communisme instruit les activistes africains dans la pratique de la sorcellerie ; comment il utilise les hôpitaux, les restaurants et les bateaux espions comme foyers de conspiration, comment il transforme ses ambassades en forteresses de la subversion ; comment il séduit et corrompt l'intelligentsia, comment les radios de Moscou, de la Havane et de Pékin, bien mieux que les tonnes de conserves américaines, s'attachent les pâtres de l'Atlas, les gauchos de la Patagonie, les tribus du Congo et les parias de l'Inde. Suzanne Labin réfute aussi les idées reçues sur la prétendue « vocation spéciale » qu'aurait le communisme à moderniser vite les pays sous-développés. Elle démontre que l'U.R.S.S. et la Chine, étant incapables de pourvoir au progrès technique du Tiers-Monde, ne voient pas d'un mauvais oeil que l'Occident en supporte seul la charge financière. L'auteur démontre que cela fait tout à fait l'affaire du communisme que ces pays vivent en dollars et votent en roubles. Suzanne Labin termine par l'esquisse d'une politique qui permettrait de mettre un terme à cette incroyable duperie. Le destin du Tiers-Monde constitue l'un des plus grands et des plus pressants problèmes de ce temps. Quiconque s'y intéresse doit lire : « LE TIERS-MONDE ENTRE L'EST ET L'OUEST ».
« Ce sont des acrobates, des singes, des cosaques. Mais c'est tout de même formidable ! » Ce cri d'enthousiasme lancé par l'un des grands cavaliers des années 20 en voyant Jonquères d'Oriola rend bien l'atmosphère chaude et vivante de ces soirs « de grosse bourre » où, au Vel' d'Hiv', triomphait le sport français. Les événements ont prouvé, de 1900 à 1964, que l'équitation et l'escrime constituaient les deux plus beaux fleurons du sport français, ceux qui procuraient des médailles olympiques à la France. Et à cette précieuse récolte deux Catalans, Pierre Jonquères d'Oriola et Christian d'Oriola, ont apporté de 1948 à 1964 une exceptionnelle contribution. Ces deux cousins ont en effet totalisé six médailles d'or et trois d'argent en cinq Jeux Olympiques. De cette aventure les personnages, qui sont les grands du jumping et de l'escrime tels Jean d'Orgeix, Michèle Cancre, Guy Lefrant, Janou Lefebvre, Lucien Gaudin, Jean-Claude Magnan, Claude Arabo, les personnages sont hauts en couleur, les manières bourrues et chaleureuses, l'odeur âpre et prenante comme dans les écuries ou sur la terre chaude de Roussillon - où naquirent les d'Oriola - au moment des vendanges.