Hamac
Après dix années passées dans l'antre de la bête, un intervenant nous ouvre la porte de son centre de répit pour toxicomanes, avec sa sonnette stridente et sa vitre pare-balles, sa lasagne, ses larmes et ses espoirs fous, malgré tout. Au contact de multiples vies marquées par la rue, la consommation, l'abandon, Olivier nous entraîne dans leur univers déconstruit. Chronique fabriquée, mémoires imaginaires, impossibles chevauchées dans les rues de Montréal, ces récits sont ceux d'un intervenant à tout jamais transformé par les moments surréalistes qu'il a partagés avec ces êtres plus grands que nature, pendant un petit vingt-quatre-quarante-huit heures. Et de toutes les fois où il a reconnu une part de lui-même en eux.
Ça commence comme ça. Cette histoire-là. Le 3 septembre. Rentrée scolaire ordinaire à Presque-La-Ville... si ce n'était de la rencontre fulgurante entre Dom et Fred, deux êtres incandescents qui trouveront en l'autre un refuge contre le monde où la norme tue. Leur serment : traverser vers La Ville, à la fin de l'année, là où on peut être tout ce qu'on veut, semble-t-il. Mais le temps est encore long avant le mois de juin. Et le pont acceptera-t-il de les laisser passer ? La grande épopée d'un combat si commun, pour deux ados qui nous ressemblent étrangement, nos frères, nos enfants. Notre avenir. Olivier Sylvestre est né à Laval (Québec) en 1982. Auteur et traducteur, il détient un baccalauréat en criminologie de l'Université de Montréal et un diplôme d'écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada. Sa première pièce, La beauté du monde (Leméac) a remporté le Prix Gratien-Gélinas. Chez Hamac, il a publié noms fictifs (finaliste au Prix des libraires du Québec - catégorie roman, et aux Prix littéraires du Gouverneur général, lauréat du Prix du premier roman de Chambéry) et le désert. Sa pièce La loi de la gravité, traduite en anglais et en allemand, a fait l'objet de plusieurs productions en France, en Allemagne et au Québec, et d'une dizaine de mises en lecture. Il anime des ateliers d'écriture et fait de l'accompagnement dramaturgique.
« Le livre avait beau parler du couple ouvert au début, ce n'était plus tout à fait le sujet. Le sujet, c'était je-ne-sais-plus-trop-quoi. Le sujet, c'était mon angoisse à ne plus aimer quelqu'un qui m'avait sauvé, qui avait tout pour me plaire, qui m'aimait, que j'aimais. Ne plus aimer quelqu'un que j'aimais et aimer un autre, un imparfait, un inconnu. Ne plus aimer l'homme que je voulais aimer pour toujours. J'hésite à l'écrire : ne plus aimer l'homme que j'avais voulu aimer pour toujours. » Maude Veilleux est née en Beauce en 1987. Elle a publié plusieurs fanzines ainsi que deux recueils de poésie : Les choses de l'amour à marde et Last call les murènes aux Éditions de l'Écrou. Le vertige des insectes, publié chez Hamac, est son premier roman et a fait partie de la liste préliminaire du Prix des libraires du Québec. Elle vit et travaille à Montréal.
Son amant meurt au milieu d'une tempête blanche de décembre. Sa veuve disperse les cendres aux quatre vents, la laissant seule, sans lieu. Elle aurait voulu que ses restes existent quelque part dans le monde des vivants, là où elle pourrait se prosterner jusqu'à lui, ensevelir ses os, son crâne sous les fleurs, labourer un champ, y faire pousser de l'or, des poèmes ; tout ce qui est précieux. Sur la stèle majestueuse, elle aurait écrit son nom jusqu'à ce que la pierre s'ouvre pour la laisser s'y engouffrer, ou jusqu'à ce qu'il se relève, avec son fameux sourire. À travers un voyage qui la mène aux quatre coins d'un Mexique fantasmagorique, la narratrice lutte contre le temps dans la peur de perdre les prodigieux mystères que son amour a inscrits en elle. Elle le cherche parmi les morts, esprits parmi les esprits, pour qu'une trace de leur histoire persiste. Originaire de l'Abitibi, Josée Bilodeau vit à Montréal. On lui doit, entre autres, On aurait dit juillet (2008) et Incertitudes (2010), parus tous deux aux éditions Québec Amérique. Parallèlement à son métier d'écrivaine, elle travaille comme réviseure au site Internet de Radio-Canada. Au milieu des vivants est son cinquième livre.
Cet homme te parle, il te parle à toi, qui es là, de l'autre côté des pages, qui tiens sa vie entre tes mains. Il n'a plus les mots pour te raconter son récit halluciné, cette spirale de rêves et de réveils où chaque épisode est le recommencement du précédent, et dont seule une rencontre fulgurante pourrait y mettre fin. le désert est à la fois une lettre d'adieu et une soif de renaissance, l'ultime appel d'un homme qui tente de retrouver le chemin qui le sépare désormais de toi. Olivier Sylvestre nous livre ici son récit fondateur, puisé aux sources de la solitude humaine, et qui a donné naissance à tout ce qu'il a écrit ensuite. Olivier Sylvestre est né à Laval en 1982. Il est détenteur d'un baccalauréat en criminologie et d'un diplôme d'écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada. Auteur et traducteur, sa première pièce, La beauté du monde, a gagné le prix Gratien-Gélinas; elle a également été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général, tout comme son recueil noms fictifs, publié chez Hamac en 2017, lequel a également été finaliste au Prix des libraires du Québec - catégorie roman. Sa pièce pour ados La loi de la gravité a remporté plusieurs prix en France et en Allemagne. Il anime des ateliers d'écriture et fait de l'accompagnement dramaturgique.
Quelqu'un est beaucoup plus qu'un portrait vitriolique de la vie gaie en Beauce : c'est le regard complètement désabusé que porte un jeune homosexuel déjà revenu de tout, y compris (et peut-être surtout) de lui-même, sur ce monde (not so) gai qui l'entoure, avec sa faune, ses codes, ses rites, ses façons de faire. Dégoûté par ce qu'il voit, perçoit et vit, il n'en est pas moins à la recherche de vérité et d'authenticité dans ce monde où tout est apparences, mensonges et faux-fuyants. Plus précisément, il cherche à représenter tout pour quelqu'un, à être quelqu'un, tout simplement. Mais comment être quelqu'un quand l'angoisse et le mal de vivre sont palpables - à un point tel que même la mort n'apparaît pas comme une délivrance -, quand vivre seul, isolé et rejeté de tous est une torture de tous les instants qui ne s'arrête jamais ? Nicholas Giguère est doctorant à l'Université de Sherbrooke. Il a publié des textes dans Boulette, Cavale, Le Crachoir de Flaubert, Les Écrits, Le Pied et Moebius. Son recueil Marques déposées a été publié aux Éditions Fond'Tonne au printemps 2015. Il a publié Queues chez Hamac en 2017.
On dit qu'une image vaut mille mots. Huit dessins émergent du passé de la narratrice pour lui rappeler le drame jamais résolu de son corps tenu à la pointe d'un couteau. Trente ans plus tard, la ronde des régimes n'a rien changé à sa situation de femme aux prises avec l'obsession du corps parfait. Résultat: elle est devenue plus grosse que jamais. L'urgence de ne pas mourir la pousse dans ses derniers retranchements. Le corps est disséqué, dépecé, exposé sans pudeur, avec des mots qui dévoilent une vérité pas toujours belle à regarder. À cause de la honte qui étrangle. L'enfance, l'adolescence, le début de l'âge adulte. Les premières expériences sexuelles. Elle revisite son passé sans jamais détourner les yeux. Affronte le miroir déformant du regard des autres pour se donner le droit d'exister. Dans un duel ultime avec la mort. Lynda Dion écrit des livres sans pudeur dans lesquels elle aborde des sujets qui poussent au dévoilement. Sa vie est partagée entre l'écriture, l'enseignement et l'étude de l'objet littéraire. En plus de Grosse, elle a fait paraître chez Hamac La Dévorante, La Maîtresse et Monstera deliciosa.
Martel en tête met en scène la quête d'amour, de liberté et de dignité que poursuit inlassablement, voire obsessivement, une femme à qui la vie a tout refusé dès la naissance et qui, à son tour, finit par tout refuser. Cette femme sans réelle identité vivra néanmoins un destin hors de l'ordinaire qu'elle assumera impitoyablement jusqu'au bout, celui de la folie, tantôt douce, tantôt meurtrière. Un roman certes dur, cru et sans concession, mais touchant dans sa vérité criante. Trente-deux ans. J'ai mis ma plus belle robe. Il fait beau. C'est l'été. Tout le monde de la Terre s'est réuni dans un grand jardin fleuri. Ils n'attendent que moi. On a dressé un buffet qui donne sur l'infini. Le champagne est prêt à couler à flots dans les coupes. À mon arrivée, il est prévu qu'une musique jouera en mon honneur pour ouvrir le bal. Je danserai comme une libellule. Tous les yeux seront rivés sur moi. Je serai le centre de l'univers. Tous seront à mes pieds pour me cajoler. Une fois que je serai là, je ne dépendrai plus de personne. Je serai libre. Je pourrai faire ce que je veux. Courir dans les champs, cueillir des fleurs et tuer des animaux. Éric Simard oeuvre dans le milieu littéraire depuis plus de 25 ans. Il est à la fois éditeur, libraire et auteur. Outre Martel en tête, il a trois autres publications à son actif: Le Mouvement naturel des choses, Cher Émile et Être.
Bastien Salamandre, jeune journaliste français, est envoyé à New York pour interviewer Caïn Shoeshine, un cinéaste indépendant aussi dangereux que fascinant. Lorsqu'il parvient à le rencontrer, c'est pour tomber dans une sorte de chaos, une tanière d'ogre remplie de femmes et d'alcool, mais surtout, imprégnée du mystère de la création, avec ses secrets et ses terreurs gravés sur pellicule. Claire Legendre est originaire de Nice en France. Elle a vécu à Rome et à Prague avant de s'établir à Montréal où elle est professeure de création littéraire à l'Université de Montréal depuis 2011. Elle a publié une dizaine de livres, de l'autofiction au roman noir, dont Viande, Vérité et amour, La méthode Stanislavski, L'écorchée vive et Le nénuphar et l'araignée. Making-of est son premier roman, déjà paru en France en 1998.
À la fois charge contre les représentations stéréotypées et sclérosées de l'homosexualité, critique féroce de la communauté gaie - de ses institutions, de ses codes, de ses modes de vie - et plaidoyer pour une sexualité libérée des entraves de l'hétéronormativité, Queues raconte également le mal de vivre et le désespoir d'un homme qui ne se reconnaît pas dans la société et qui est à la recherche d'authenticité dans un monde où tout n'est que facticité et faux-fuyants. Écrit dans un style très direct, brut et empreint d'oralité, Queues est l'affirmation viscérale et politically incorrecte du désir d'un homme pour le corps d'autres hommes. Nicholas Giguère est doctorant à l'Université de Sherbrooke. Il a publié des textes dans Boulette, Cavale, Le Crachoir de Flaubert, Les Écrits, Le Pied et Moebius. Son recueil Marques déposées a été publié aux Éditions Fond'Tonne au printemps 2015. Queues est son premier livre publié chez Hamac.
Déterrer les os est une plongée en huis clos entre la narratrice et son corps fautif, ce corps qui déborde et réclame toujours davantage et qu'elle tente de rejeter. Ce corps qui est en fait un scaphandre, une cage qu'il faut détruire en secret. « En classe, je me révèle capable d'une concentration jamais rencontrée. Pour la première fois de ma vie, je me sens d'une extrême intelligence. Je m'inscris au gym, où je me transforme en guerrière. J'entreprends deux heures de machines elliptiques et une heure de musculation par jour. Je me permets une clémentine supplémentaire après l'effort. Dans ma tête comme dans mon ventre, un vide grandit, un vide sédatif et délectable. Plus rien ne vient déranger mon esprit. Les désirs meurent en même temps que la faim. C'est la grande paix qui commence. Tout se simplifie. De semaine en semaine, je retourne au fond des choses. » Fanie Demeule est née en 1990 à Longueuil, où elle vit encore. Détentrice d'un diplôme de maîtrise en recherche et création littéraire de l'Université de Montréal, elle poursuit un doctorat en études littéraires à l'UQAM. Elle collabore à plusieurs publications, dont la plateforme Pop-en-Stock et le magazine Spirale. Déterrer les os est son premier roman.
« Moi, tout ce que je veux, c'est une vie loin des tumultes. Comme je suis seul à porter tout le fardeau de mon existence, mes responsabilités me pèsent. Je savais qu'un jour ou l'autre j'aurais la sensation d'être encore trop petit pour supporter tout ça. Maintenant que je suis un adulte, je n'ai plus le choix. Je suis trop investi dans la galère de la vie pour rebrousser chemin. Et c'est justement ça qui fait peur. » Écrire un journal, c'est consigner au fil des jours ce qui nous façonne et nous transforme subrepticement. C'est aussi nommer l'indicible à travers les questionnements, les doutes, les espérances, les défaites, les élans, les petits drames et les rencontres probables et improbables, réelles ou fictives. Ce livre, où l'on suit les pas d'un jeune homme de vingt ans dans les années 1990 à Montréal, aurait aussi bien pu s'intituler Comme un roman, mais malheureusement ce titre était déjà pris. Côté écriture, Éric Simard est une tortue qu'on pourrait comparer à celle de la célèbre fable, car il parvient toujours à finir les nombreuses courses qu'il entreprend, souvent même avant le lièvre. Mine de rien, Le Mouvement naturel des choses est sa quatrième publication en quinze ans. Il nous avait auparavant offert Martel en tête, Cher Émile et Être.
«Boris ne veut plus avancer. Il a la chienne. Il ne comprend plus ce qui lui arrive. Avant, il se foutait des autres et de leur stupidité. Maintenant, il est tout à l'envers à la seule idée de mettre le gros orteil dans la cour de récréation. En même temps, c'est tellement clair dans sa tête qu'il n'a plus envie qu'on le traite comme on l'a toujours fait. Pour une fois dans sa vie, il aimerait pouvoir faire une entrée discrète et se fondre dans le décor sans qu'on se rende compte de sa présence. Être là, tout en ayant l'air de ne pas y être. Comme la plupart des autres enfants.» L'existence est au coeur de ce recueil de nouvelles qui s'intéresse aux actions importantes de la vie d'un être humain. Qu'ils vivent en marge de la société ou non, de Vivre à Mourir, on découvre des facettes complexes de personnages qui se battent pour exister pleinement. À la fois dérangeant, dur, tendre et émouvant, jamais désespéré ni complaisant, l'auteur reste fidèle au style qui le caractérise.
En préparant le souper, alors qu'il essore de la salade dans l'essoreuse à salade, le narrateur a l'idée de déménager ses affaires dans le débarras à l'arrière de la cuisine. À partir de ce moment, sa vie de couple avec Margot se détériore. L'arrivée de Johanie, une jeune artiste peintre bien mystérieuse, ne viendra pas arranger les choses à l'appartement. Philippe Chagnon est né à Saint-Hyacinthe en 1986. Il étudie en musique et en philosophie avant de consacrer son temps libre à l'écriture. Son premier recueil de poésie, Coeur takeout, paraît en 2013 aux Éditions de l'Écrou. En 2017, Del Busso Éditeur publie son deuxième recueil, Arroser l'asphalte. Dans la même année, Philippe est nommé l'un des dix jeunes auteurs à surveiller de l'émission Plus on est de fous, plus on lit ! Son premier roman, Le pourboire, est paru en 2019 aux éditions Triptyque.
Entre détresse et exaltation, la narratrice de Déterrer les os retrace la formation de son identité de rousse, une performance exposant la porosité des frontières entre vérité et mensonge, réel et fiction. Confession paniquée au parfum d'ammoniac, Roux clair naturel témoigne de la difficulté à assumer une identité choisie dans un monde où les faits objectifs ont préséance sur l'expression d'une vérité subjective. «C'est un sang plus limpide qui se déverse dans mes veines et irrigue mon cerveau, qui se met à voyager jusqu'à mon coeur. Un sang roux, un nectar pur, glorieux.» Fanie Demeule termine un doctorat en études littéraires à l'UQAM, où elle est chargée de cours. En août 2016, elle publie Déterrer les os (Hamac) qui a gagné le prix Prix du meilleur premier roman de la Biennale littéraire des Cèdres 2018. Ce texte a fait l'objet d'une adaptation théâtrale au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui (2018). Roux clair naturel (bourse CALQ 2017) est son deuxième roman.
After, c'est le récit autofictionnel d'une passion qui se brûle à la vitesse d'un glissement de doigt sur l'écran d'un téléphone, d'une rupture arrivée trop tard et d'une relation polyamoureuse qui s'efface doucement. Les rencontres s'entremêlent à travers des partys redondants du Mile-End. Les intimités trébuchent, deviennent des «je t'aime», peu importe la langue, sans jamais vraiment parvenir à se fixer. L'écriture devient le refuge pour s'expliquer à soi-même, encore plus qu'aux autres, ce qui fait réellement mal lorsque l'on peut dire que l'on se situe «après» quelque chose. Présenté comme une série de souvenirs épars, After élève une voix disloquée en résistance face à ces relations dont on ne se remet jamais vraiment; il ne s'agit pas d'un deuil, mais de s'accepter fragile entre les blackouts et les amours qui disparaissent en cassant tout. Jean-Guy Forget est né à Montréal la journée du mariage de Michael Jackson et Lisa Marie Presley. Il passe son temps à saccager des micros-ouverts de poésie avec ses Goonies et à brailler quelque chose comme un mémoire de maîtrise. After est son premier roman.
Tout éclate le jour où la petite Billie frappe à la porte d'Elsie avec son ourson en peluche maculé du sang de ses parents. Ensemble, elles devront alors traverser une tragédie sans nom et plonger - ventre ouvert, chair à découvert - dans les abysses inexplorés de la toute-vérité, tout en partageant, un peu malgré elles, leur quotidien, leur intimité, leur chagrin. Elles apprendront vite que les apparences sont trompeuses, que le coeur possède d'obscurs et d'étonnants méandres et surtout, qu'on ne chasse pas le passé, encore moins les souvenirs secrets qui y sont pourtant, et depuis longtemps, ensevelis. Elles tisseront aussi, en raison du drame qui les unit, et à force de cohabiter, des liens profonds d'attachement. Harakiri se veut avant tout un roman sur les intermittences du désir, de l'amour et de l'amitié, mais aussi sur la riche complexité et l'infinie beauté des relations humaines. Maryse Latendresse est titulaire d'un diplôme en Écriture de long-métrage (L'inis), d'une maîtrise en littérature (UQAM) et d'un baccalauréat en psychologie (UdeM). Elle a publié trois romans, La Danseuse (Prix Hurtubise), Quelque chose à l'intérieur, Pas de mal à une mouche, quelques contes et nouvelles, en plus d'avoir scénarisé plusieurs courts-métrages. Elle codirige, pour la seconde fois, le collectif d'auteurs Larguer les amours et développe en parallèle deux longs-métrages et une série-télé.
Paula Singer, une jeune universitaire, a comme projet de réaliser des entretiens avec Maxime Olivier Moutier, un auteur qu'elle aime bien. Elle le contacte et il accepte. Ils se voient de façon régulière pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Elle parvient à le faire parler de choses à la fois personnelles et sociales. Peu de sujets sont évités et le propos est franc, assumé et jamais complaisant. Ce livre est donc le résultat des 15 entretiens qu'elle a menés avec lui. Au fil de ces rencontres, en plus des aléas du projet qui amène sont lot de surprises pour Paula et son assistante, on découvre les multiples facettes de la personnalité de l'inextinguible Maxime Olivier Moutier. Maxime Olivier Moutier est né à Montréal-Nord en 1971. Considéré à une certaine époque comme un écrivain sans compromis et pourvu d'une totale lucidité, il a publié une dizaine de livres à ce jour. Gardien de nuit dans un centre de crise, reconnu spécialiste en psychanalyse lacanienne, il continue toujours d'écrire, de parler et d'enseigner dans ce domaine. On peut régulièrement l'entendre faire des chroniques sur divers sujets à la radio de Radio-Canada. Maxime Olivier Moutier est né à Montréal-Nord en 1971. Considéré à une certaine époque comme un écrivain sans compromis et pourvu d'une totale lucidité, il a publié une dizaine de livres à ce jour. Gardien de nuit dans un centre de crise, reconnu spécialiste en psychanalyse lacanienne, il continue toujours d'écrire, de parler et d'enseigner dans ce domaine. On peut régulièrement l'entendre faire des chroniques sur divers sujets à la radio de Radio-Canada. Paula Singer est née dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1990. Après avoir terminé une maîtrise en gestion - affaires internationales à HEC Montréal, elle est aujourd'hui journaliste pigiste pour différents journaux et magazines. Elle vit à Alma. Sophie Galarneau est née à Rigaud en 1991. Elle poursuit des études de doctorat en littératures de langue française à l'Université de Montréal. Elle vit et travaille à Montréal. Elle et sa conjointe attendent leur deuxième enfant.
Bon chien est le récit fragmenté d'une narratrice qui s'adresse à celle qu'elle était bien des années plus tôt pour se remémorer leur passé commun dont elle croit s'être affranchie. C'est l'histoire d'une enfant sage et studieuse, d'une ballerine appliquée et travaillante, d'une amoureuse effacée; c'est l'histoire d'un bon chien. Née à Rawdon en 1987, Sarah Desrosiers a fait des études de danse classique, puis de littérature. Elle a posé son baluchon pendant quelque temps à Ucluelet, sur l'île de Vancouver, avant de revenir s'installer au Québec. Bon chien est son premier roman.
Tu ne tueras point raconte le combat d'une femme contre ce qu'elle croit être son destin de meurtrière. Mais est-ce son destin ou une simple hantise? Un délire créé par une mère violente. Clara est-elle l'assassin de sa mère ou la libératrice de son étrange frère mangeur de terre? Ce roman se développe comme le roman d'apprentissage de Clara, femme attachante et inquiétante, accompagnée par une hermine blanche tel un chevalier protecteur. On suit sa force d'être dans l'abandon de sa famille, dans sa vie sexuelle et dans son combat contre une mère tortionnaire. Anne Peyrouse a publié plusieurs recueils de poèmes et de nouvelles. Elle a fait paraître des anthologies sur le slam, la poésie amoureuse et la poésie humoristique. Elle a gagné plusieurs prix littéraires dont le prix Piché de poésie et le prix Félix-Leclerc. Elle a également reçu le Prix d'innovation en enseignement de la poésie 2015, décerné par le Festival international de la poésie de Trois-Rivières. Durant plusieurs années, elle a écrit pour diverses revues littéraires et pédagogiques et elle a été directrice littéraire des maisons d'édition Le Loup de Gouttière et Cornac, section poésie. Elle enseigne la création littéraire à l'Université Laval au département de littérature, théâtre et cinéma. Elle tient également son site web personnel, annepeyrouse.com.
Lorsqu'il apprend que Kikou, son ex petite amie, va mourir d'un cancer, la vie d'un jeune toxicomane est bouleversée jusqu'à son essence. Prisonnier d'un sentiment d'impuissance qu'il sublime en pulsions violentes et en culpabilité, le narrateur cherche à recoller les morceaux de son histoire, à partir de sa rencontre avec Kikou, en passant par leur vie commune dans un triangle amoureux jusqu'au désagrégement de leur histoire. Roman du ressenti, Nouveau système explore les thèmes du deuil et de la violence en nous lançant dans une montagne russe d'émotions à la fois magnifiques et douloureuses. Cette écriture de la relation cherche à colorer les moments sombres et insipides et à débusquer la beauté dans le quotidien. «Le trafic était triste. Il faisait complètement noir. Des voitures, dans tous les sens, circulaient comme des particules dans un accélérateur. On aurait dit que la soirée était sur fast-forward. J'ai traversé au parc Lafontaine, pour m'asseoir sur un banc. Je me sentais si seul. Je regardais l'hôpital. Kikou était de l'autre côté du mur. Elle n'était plus une danseuse ce soir-là. Elle était une manifestation d'amour que la situation venait de sacraliser.» Né en 1984 au Nouveau-Brunswick, Daniel Leblanc-Poirier est écrivain et auteur-compositeur. Il a publié trois recueils de poésie qui lui ont valu divers prix littéraires, dont le prix Félix-Leclerc de la poésie et le prix Zénob-Jean-Lafrenière du festival international de la poésie de Trois-Rivières. Son premier roman, Le cinquième corridor, a été finaliste au prix Antonine-Maillet ainsi qu'au prix Champlain. En marge des arts, il est technicien en génie civil.
Au Centre-du-Québec, des enfants connaissent des expériences déterminantes sur plusieurs aspects de la vie. En 1948, Pierrot assiste aux funérailles de sa grand-mère; il l'accompagne dans un «escalator d'or» qui les conduira au ciel. À Drummondville, en 1959, un écolier soupçonne son père d'avoir une relation sexuelle avec une mineure. En septembre 2001, un jeunot découvre l'effondrement du World Trade Center, dont chaque étage contient autant de gens que son village. En 2048, dans une forêt artificielle, un adulescent tente d'échapper à l'emprise de son père qui avait engagé plusieurs «mères professionnelles» pour l'élever. Des adultes vivent une sexualité tragique ou réjouissante. Un professeur de danse espionne des femmes qui se déshabillent. Un homme revoit sa première amoureuse; il l'avait abandonnée à la suite du grave accident qui l'avait handicapée. En pleine nature, un couple se livre à des ébats torrides avant de se quitter amicalement. Jean-Pierre April, originaire de Rivière-du-Loup, est un ancien professeur de littérature au Cégep de Victoriaville. Il touche à divers genres pour ses publications: romans, nouvelles, essais, contes et slams. Après des romans d'anticipation sociale publiés dans les années 1980 et 1990, l'auteur explore aujourd'hui des facettes plus réalistes qui concernent sa région d'adoption, le Centre-du-Québec.
Un lac, situé dans une région isolée. Sur son rivage, dans la forêt environnante, à même son coeur liquide évoluent des êtres préoccupés, tourmentés, esseulés, tous attirés par ce plan d'eau. Parmi eux, une jeune femme endeuillée, des familles dissimulant un drame, un homme hanté par sa possible paternité, un enfant rêveur, des créatures évanescentes... Certains trouvent en ce lieu un soulagement, un exutoire ; d'autres y disparaissent, découvrant ainsi une façon de fuir leur mal-être. Invariablement, le lac agit en tant que révélateur de la psyché, de la quête de ces personnages fugitifs, rêveurs et mélancoliques. Marie-Claude Lapalme vit à Sherbrooke, où elle enseigne la littérature et le cinéma. Elle a publié des nouvelles et de la poésie dans diverses revues. Le bleu des rives est son premier livre.
La mort imminente de Thérèse fait remonter à la surface les dommages collatéraux des aléas de l'enfance des membres de la famille Combal. L'onde de choc, peu visible en apparence, fait pourtant son oeuvre. L'auteure multiplie les points de vue narratifs pour brosser un portrait tout en nuances de cette fratrie à l'équilibre précaire. La traduction d'Hélène Rioux épouse avec justesse le rythme particulier propre à l'écriture de la poétesse Sina Queyras qui, avec Autobiographie de l'enfance, offre un roman empreint de lucidité et de compassion. «L'histoire de l'enfance commence, bien sûr, par l'enfance. Cette enfance-là. Celle qu'elle ne cesse de revivre, celle qu'elle n'a jamais vraiment quittée. Ce n'est pas une enfance fantastique, elle n'a rien d'extraordinaire, rien de spectaculaire, vous n'y trouverez pas de conversations intellectuelles échangées en mangeant du macaroni au fromage, mais c'est quand même une histoire.» Sina Queyras est née dans l'Ouest canadien et a vécu à Vancouver, Toronto, New York et Philadelphie avant de se poser à Montréal, où elle enseigne la littérature à l'Université Concordia. Issue du monde de la poésie, Sina Queyras signe ici son premier roman.
Nicolas, ce jeune père de famille qui a besoin de ventiler, Chantal, cette adolescente qui ne cesse de bouder son plaisir, et Stéphanie, la petite grosse qui cherche sa place, ne sont pas que des personnages de ce recueil. Ils possèdent tous une part de ce que nous sommes. Et c'est là tout le talent de Madeleine Allard qui, habilement et finement, a su mettre des mots sur l'indicible tapi au fond de chacun d'entre nous qui parfois nous paralyse ou nous propulse dans une autre direction. «Tu as beaucoup réfléchi. Au fait qu'il n'a pas semblé peiné quand tu lui as dit que tu le quittais. À peine a-t-il réagi. Toi, tu pleurais, tu sanglotais, tu hoquetais, tu criais. Tu n'en finissais plus d'essuyer les larmes qui inondaient tes joues. Lui te regardait en fumant sa cigarette, sans rien dire. C'est l'orgueil sans doute qui lui donnait cet air assuré, dur et froid.» Née à Québec d'un père francomanitobain et d'une mère grécobritannique, Madeleine Allard est la deuxième d'une famille de quatre filles. Montréalaise d'adoption, elle est traductrice et mère de quatre enfants. Elle est auteure d'un album illustré pour enfants et a coécrit un livre sur l'allaitement. Quand le corps cède est son premier recueil de nouvelles.
La vie d'Antoine Beaupré est remplie de frustrations. La plus grande provient de son amour impossible pour Rose, sa belle-soeur. D'Arvida à Québec, cet être tourmenté et imprévisible traîne cette blessure affective comme un misérable. Avec La même blessure, Emmanuel Bouchard signe un roman à l'atmosphère tendue dont le récit, solidement campé dans le milieu ouvrier du Québec des années 1940 à 1960, est porté par un personnage principal qui a la capacité de marquer les esprits. Emmanuel Bouchard a fait paraître, chez Hamac, un recueil de nouvelles (Au passage, 2008) et un roman (Depuis les cendres, 2011). Il enseigne la littérature au cégep de Sainte-Foy.
Le propre du conte est de rendre vraisemblable ce qui ne l'est pas nécessairement. C'est peut-être aussi l'inverse. Jean-Pierre April l'a bien compris avec Méchantes menteries et vérités vraies, un recueil pour le moins savoureux et juste assez irrévérencieux, inspiré d'histoires et de personnages colorés ayant marqué l'imaginaire des Centricois (habitants du Centre-du-Québec). Odélide, jeune martyre canadienne, pardonne à celui qui veut la violer, un cultivateur ne parvient pas à dompter son premier tracteur et une putain refuse de quitter son bordel en flammes. Mais ce n'est pas tout : l'écrivain-conteur révèle enfin la vraie vérité sur le but refusé d'Alain Côté ! April, natif de Rivière-du-Loup, ex-prof de littérature au cégep de Victoriaville, s'est fait connaître dans les années 1980, ici et en France, dans le domaine de l'anticipation sociale. À partir de 2006, avec Les Ensauvagés, il est allé vers une littérature plus réaliste en publiant six livres chez XYZ éditeur. Méchantes menteries et vérités vraies est son premier titre à paraître chez Hamac.
Sous la forme d'une série d'entrevues, qui devient rapidement une quête personnelle, le narrateur de Splendeurs et misères de l'homme occidental cherche à comprendre pourquoi les hommes de plus de cinquante ans qui l'entourent, mariés et pères de famille, se sont sentis, avec les années, dépossédés de leur territoire intime au point d'avoir peur de leur femme. Le sujet est certes provocateur, mais il faut aussi voir ce roman comme étant une réflexion sensible sur le couple et le temps qui passe. Pierre Gobeil est né en 1953. Après des études littéraires, il a publié plusieurs romans, dont La Mort de Marlon Brando et Dessins et cartes du territoire, pour lequel il a reçu le Grand Prix du livre de Montréal en 1993. Après L'Hiver à Cape Cod, Splendeurs et misères de l'homme occidental est son deuxième livre à paraître dans la collection Hamac.
Et si la fin d’un couple révélait la vérité crue de l’amour et de la solitude ? Monstera deliciosa de Lynda Dion explore, avec une écriture ciselée, la lente désagrégation d’une relation, entre non-dits et blessures intimes.
«le courage qu'il faut à la Maîtresse pour ne pas pleurer pour ne pas montrer qu'elle a peur rester calme en contrôle de la situation malgré la paralysie intérieure qui la gagne surtout ne rien laisser paraître les gestes la réplique tout de suite répondre avec aplomb avant d'être complètement démolie une larve une merde une enseignante dont la réputation fera dire aux élèves celle-là on peut faire ce qu'on veut avec» La Maîtresse, qui porte avant tout un regard lucide sur la profession d'enseignante, est aussi l'histoire d'un livre qui refuse de s'écrire. Peut-on tout dire, tout montrer, même le monstre en soi? Mère, enseignante, amante, la narratrice confond les rôles, ne sait plus qui elle est dans ce parcours labyrinthique. La Dévorante avait révélé sa voix unique. La Maîtresse la confirme. Il n'y a maintenant plus de doute: Lynda Dion construit une oeuvre littéraire solide. À l'adolescence, Lynda Dion achète son premier carnet après avoir lu le Journal d'Anne Frank. À l'université, elle s'inscrit en littérature française et empile les manuscrits pendant des années. Enseignante de français au secondaire, elle fonde le concours littéraire Sors de ta bulle! qui permet aux jeunes lauréats du secondaire de publier une première oeuvre. Elle rêvait d'écrire, mais elle a enseigné. Maintenant, elle fait les deux avec passion.
«Je me tourne sur le côté, je sens une douleur pointue entre mes seins qui se change en coups de poing, puis en pression constante. Quelqu'un insiste et veut pénétrer mon coeur. La crise cardiaque, elle me suit depuis des années. Elle tachycardise mon temps et mon espace. Elle accélère et ralentit mes gestes. Elle me surprend, m'indispose et ose. Sans cesse, elle m'effraie.» Viscéral serait le bon mot pour décrire l'univers de Passagers de la tourmente. Du dégoût d'une grand-mère pour son petit-fils à la sexualité exacerbée d'une fillette de huit ans, les conventions et les repères habituels ne sauraient y tenir la route. De même qu'aucune ligne droite, pure et sans failles ne sauraient définir tous ces personnages rongés de l'intérieur. Anne Peyrouse fait habilement défiler sous nos yeux leurs réalités dans une langue à la fois crue et sensible, aussi dérangeante que délectable. Docteure en littérature, enseignante en création littéraire à l'Université Laval au département des Lettres, directrice littéraire aux éditions Cornac, Anne Peyrouse a publié plusieurs recueils de poèmes et un recueil de nouvelles qui se sont mérité plusieurs prix. Elle a également fait paraître des anthologies sur le slam, sur la poésie amoureuse et la poésie humoristique. Elle écrit pour le magazine Entre les lignes. Passagers de la tourmente est son deuxième recueil de nouvelles.
«Moumbala, je suis dans un café pour oiseaux de nuit, pas trop loin du marché bigarré. Oui j'ai survécu, mais rien n'est gagné. Le sein manque à l'amoureuse, à la trapéziste, le sein de la mère manquera à l'enfant s'il advient. Le sein du chirurgien restera de glace sous les caresses. Je ne sais hurler que dans les déserts, je ne sais parler de ces choses enfouies qu'à toi.» Toulouse, à vingt-huit ans, combat un cancer. Elle vient de subir l'ablation d'un sein. Son corps d'acrobate, solide, souple, l'a trahie. Odilon son amour s'est éloigné. La maladie la ramène sur les traces de son ancêtre, de son enfance, près des siens, si peu liants. Elle se replie sur elle-même et cherche une façon de renouer avec le désir. Traversé par la grâce, est un roman d'une grande beauté qui nous transporte dans l'univers lyrique d'Hélène Lépine. Hélène Lépine a étudié la littérature comparée et le russe. Elle a vécu en Bulgarie, à Moscou, puis à Saint-Domingue où elle a enseigné le français et l'anglais. Par la suite, elle a été professeure d'espagnol et de lettres au Collège Brébeuf à Montréal, sa ville natale. Un léger désir de rouge est sa quatrième publication. Les trois premières sont parues aux Éditions Triptyque.