Folio Sagesses
Dans ces cinq textes écrits des années 1930 aux années 1960, Jean Giono évoque les paysages provençaux qu'il habite et arpente. S'il y décrit les ruisseaux, les collines ou les travaux des champs, l'auteur de L'homme qui plantait des arbres y accorde une place remarquable à ce qu'il appelle le "royaume de l'arbre". Et, de l'observation patiente de la feuillaison de chênes à celle, inquiète, des oliviers malades, on mesure combien Giono s'en fait, continûment, la voix attentive et soucieuse. "Actuellement, les oliviers sont rouges, les yeuses blanches, les pins rouillés. Pour le visiteur qui descend du Nord vers le soleil, la joie du soleil lui cache l'étendue du désastre."
"Bientôt aussi les arbres se mettent de la fête. En bas, sur les premières pentes, ce sont les arbres fruitiers qui, peu de semaines après s'être débarrassés de la neige de l'hiver, se recouvrent d'une autre neige, celle de leurs fleurs. Plus haut, les châtaigniers, les hêtres, les arbustes divers, se couvrent de leurs feuilles d'un vert tendre ; du jour au lendemain, on dirait que la montagne s'est revêtue d'un tissu merveilleux où le velours s'est mêlé à la soie. Peu à peu, cette jeune verdure des forêts et des broussailles s'avance vers le sommet ; elle monte comme à l'escalade dans les vallons et les ravins pour conquérir les escarpements suprêmes entre les glaciers. Là-haut, tout prend un aspect inattendu de joie. Même les sombres rochers, qui semblaient noirs par leur contraste avec les neiges, ornent leurs anfractuosités de petites touffes de verdure. Eux aussi prennent part à la gaieté du printemps." En 1880, onze ans après la parution d'Histoire d'un ruisseau, Élisée Reclus reprend dans Histoire d'une montagne, ici en édition abrégée, le fil de son précis de géographie sensible. Il s'attache cette fois, des cimes aux vallées, aux paysages à reliefs.
"Quoi faire pour le bonheur des champs Sous quelle étoile la terre retourner, Mécène Et aux ormeaux attacher les vignes comme il faut Quel souci des vaches Quel entretien pour obtenir des troupeaux Et pour les abeilles rares quelle expérience C'est ici mon chant qui commence" Les deux premiers livres des Géorgiques - ouvrage premier du "retour à la terre", du "souci de la terre", composé il y a plus de deux mille ans - dans un souffle poétique singulièrement ravivé par la traduction de Frédéric Boyer.
Loin d'appeler à se retirer du monde, sous la forme d'une fuite, Henry David Thoreau invite à se rendre, à s'y rendre présent. Un mouvement qui, en 1854, avec Walden ou La vie dans les bois, se confond avec une appartenance recouvrée au sein de la nature. Cette édition, abrégée, propose un premier chemin dans cette oeuvre foisonnante, essai autant que récit d'une expérience - contemplative et dissidente - menée au rythme des saisons : vivre seul en pleine forêt dans une cabane en bois. ' Pendant que je savoure l'amitié des saisons j'ai conscience que rien ne peut faire de la vie un fardeau pour moi.
Livre-manifeste, source d'inspiration pour Henry David Thoreau, La Nature (1836) est au fondement du mouvement transcendantaliste qui éclôt dans l'Amérique du XIXe siècle. S'y déploie une pensée poétique replaçant l'individu au sein d'une totalité enveloppante : la Nature. Une nature qu'Emerson appelle avec ferveur à reconnaître et à chérir. ' Étendu sur la terre, - ma tête baignant dans l'air pur, et le regard égaré dans l'espace, - je sens s'évanouir tout égoïsme. Mon oeil devient un globe transparent. Je ne suis rien. Je vois tout.
"De la joie et de la tristesse", "De l'estime et du mépris", "De l'espérance, de la crainte", "De la volonté", "De notre félicité", "De la vraie liberté... Cette édition est composée de la seconde partie du Court traité sur Dieu, l'homme et son bien-être, essai méconnu de Spinoza écrit dans sa jeunesse, d'abord en latin, et fondant remarquablement les grandes percées théoriques à venir. Indéniable esquisse de l'Éthique, il n'en est pas moins une oeuvre à part entière. Une oeuvre où la recherche du Bien se donne déjà comme le lieu même de la philosophie spinoziste : comment "persévérer dans son être" ? Comment "atteindre la joie" ? "Nous avons dit auparavant que tout ce que nous faisons doit tendre au progrès et à l'amélioration. Cependant, il est certain qu'aussi longtemps que nous sommes tristes, nous nous rendons incapables de faire cela ; par conséquent, il est nécessaire que nous nous libérions de la tristesse."
' L'histoire d'un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l'histoire de l'infini. ' ' La source ', ' Le torrent de la montagne ', ' Les rives et les îlots ', ' Le cycle des eaux '... De chapitre en chapitre, suivant ' les sinuosités et les remous ' d'un ruisseau, depuis le ru jusqu'à la mer, Reclus ouvre le précis de géographie et le métamorphose, au fil de l'eau, en un singulier écrit d'écologie poétique. Dans cette édition abrégée se trouvent dix fragments d'une seule histoire : celle de l'Histoire d'un ruisseau d'Élisée Reclus (1830-1905), géographe arpenteur, communard exilé et figure pionnière d'une pensée écologique où se confondent connaissance de la nature et quête ardente de la liberté.
"De la joie et de la tristesse", "De l'estime et du mépris", "De l'espérance, de la crainte", "De la volonté", "De notre félicité", "De la vraie liberté... Cette édition est composée de la seconde partie du Court traité sur Dieu, l'homme et son bien-être, essai méconnu de Spinoza écrit dans sa jeunesse, d'abord en latin, et fondant remarquablement les grandes percées théoriques à venir. Indéniable esquisse de l'Éthique, il n'en est pas moins une oeuvre à part entière. Une oeuvre où la recherche du Bien se donne déjà comme le lieu même de la philosophie spinoziste : comment "persévérer dans son être" ? Comment "atteindre la joie" ? "Nous avons dit auparavant que tout ce que nous faisons doit tendre au progrès et à l'amélioration. Cependant, il est certain qu'aussi longtemps que nous sommes tristes, nous nous rendons incapables de faire cela ; par conséquent, il est nécessaire que nous nous libérions de la tristesse."
Jean-Jacques Rousseau avait un rêve : toucher le naturel, devenir cet homme qui marche loin du bruit du monde et se suffit à lui-même. Son rêve s'est réalisé. Un jour, loin des "atteintes des méchants", le philosophe a arpenté les bois et côtoyé les rivières. Il a goûté à l'oisiveté divine de ceux qui ne courent pas après le temps. Il a appris, aussi, à aimer les plantes, au point de désirer les étudier, les faire siennes. Laura El Makki Dans ces huit lettres, composées comme de petites leçons, le "promeneur solitaire" initie - passionné - à l'art de la botanique.
Jean-Jacques Rousseau avait un rêve : toucher le naturel, devenir cet homme qui marche loin du bruit du monde et se suffit à lui-même. Son rêve s'est réalisé. Un jour, loin des "atteintes des méchants", le philosophe a arpenté les bois et côtoyé les rivières. Il a goûté à l'oisiveté divine de ceux qui ne courent pas après le temps. Il a appris, aussi, à aimer les plantes, au point de désirer les étudier, les faire siennes. Laura El Makki Dans ces huit lettres, composées comme de petites leçons, le "promeneur solitaire" initie - passionné - à l'art de la botanique.
"Relever le lustre et le privilège des dames, opprimés par la tyrannie des hommes, de les combattre plutôt par eux-mêmes, c'est-à-dire par les sentences des plus illustres esprits de leur sexe profanes et saints, et par l'autorité même de Dieu", voilà résumée en partie l'ambition de Marie de Gournay (1565-1645). Car, si elle défend la position des femmes, qu'elle veut à l'égal des hommes, et si elle réclame pour elles un accès au savoir et aux débats intellectuels, elle dénonce aussi la superficialité de la haute société qui l'entoure. "Fille d'alliance" de Montaigne et éditrice de ses Essais, Marie de Gournay puise, chez les Anciens comme chez ses contemporains, son inspiration pour de nouveaux modèles de moralité. Un plaidoyer humaniste en faveur de l'éducation des femmes placé au coeur d'une profonde réflexion et d'une indéniable vocation pédagogique consacrées à la moralisation de la société.
"Relever le lustre et le privilège des dames, opprimés par la tyrannie des hommes, de les combattre plutôt par eux-mêmes, c'est-à-dire par les sentences des plus illustres esprits de leur sexe profanes et saints, et par l'autorité même de Dieu", voilà résumée en partie l'ambition de Marie de Gournay (1565-1645). Car, si elle défend la position des femmes, qu'elle veut à l'égal des hommes, et si elle réclame pour elles un accès au savoir et aux débats intellectuels, elle dénonce aussi la superficialité de la haute société qui l'entoure. "Fille d'alliance" de Montaigne et éditrice de ses Essais, Marie de Gournay puise, chez les Anciens comme chez ses contemporains, son inspiration pour de nouveaux modèles de moralité. Un plaidoyer humaniste en faveur de l'éducation des femmes placé au coeur d'une profonde réflexion et d'une indéniable vocation pédagogique consacrées à la moralisation de la société.
Si le livre XX de l'immense Histoire naturelle, traité foisonnant, ne doit bien sûr pas être pris à la lettre et si les procédés qu'il propose sont surannés ou relèvent de la superstition, ce texte n'en constitue pas moins un témoignage rare sur le rapport au monde végétal dans l'Antiquité. Les plantes potagères, tout particulièrement, y font en effet l'objet d'une attention singulière, érudite et sensible, et sont vues comme des remèdes autant que comme des aliments. Aussi Pline l'Ancien l'annonce-t-il d'emblée : "Nul ne devra, induit en erreur par la trivialité des termes, juger ce sujet petit et médiocre." Concombre, rave sauvage, navet, radis, oignon : Pline l'Ancien dénombre, émerveillé, quelques bienfaits remarquables des plantes de jardin. Cette édition est issue de l'Histoire naturelle ("Bibliothèque de la Pléiade", Éditions Gallimard).
Si le livre XX de l'immense Histoire naturelle, traité foisonnant, ne doit bien sûr pas être pris à la lettre et si les procédés qu'il propose sont surannés ou relèvent de la superstition, ce texte n'en constitue pas moins un témoignage rare sur le rapport au monde végétal dans l'Antiquité. Les plantes potagères, tout particulièrement, y font en effet l'objet d'une attention singulière, érudite et sensible, et sont vues comme des remèdes autant que comme des aliments. Aussi Pline l'Ancien l'annonce-t-il d'emblée : "Nul ne devra, induit en erreur par la trivialité des termes, juger ce sujet petit et médiocre." Concombre, rave sauvage, navet, radis, oignon : Pline l'Ancien dénombre, émerveillé, quelques bienfaits remarquables des plantes de jardin. Cette édition est issue de l'Histoire naturelle ("Bibliothèque de la Pléiade", Éditions Gallimard).
Les romans mais aussi les agendas et la correspondance de George Sand témoignent d'une relation sensible à l'ensemble du vivant. Parmi ces manifestations d'une sensibilité et d'un imaginaire particulièrement attachés aux arbres et à la forêt figurent plusieurs articles publiés dans la presse du temps. Le présent ouvrage propose un aperçu de cette part moins connue de l'oeuvre sandienne. Entre souvenirs de voyage, contes, apologues, dialogues philosophiques et prises de position publiques, George Sand affirme plus qu'un goût : un savoir sur la nature doublé d'une véritable pensée de la nature. Olivier Bara Secrètement, les arbres traversent toute l'oeuvre de George Sand. Qu'elle défende la forêt de Fontainebleau ou recueille le "murmure" de chênes centenaires... Dans cette anthologie, en cinq fragments, se dévoile la densité de ce lien précurseur, poétique et écologique.
Les romans mais aussi les agendas et la correspondance de George Sand témoignent d'une relation sensible à l'ensemble du vivant. Parmi ces manifestations d'une sensibilité et d'un imaginaire particulièrement attachés aux arbres et à la forêt figurent plusieurs articles publiés dans la presse du temps. Le présent ouvrage propose un aperçu de cette part moins connue de l'oeuvre sandienne. Entre souvenirs de voyage, contes, apologues, dialogues philosophiques et prises de position publiques, George Sand affirme plus qu'un goût : un savoir sur la nature doublé d'une véritable pensée de la nature. Olivier Bara Secrètement, les arbres traversent toute l'oeuvre de George Sand. Qu'elle défende la forêt de Fontainebleau ou recueille le "murmure" de chênes centenaires... Dans cette anthologie, en cinq fragments, se dévoile la densité de ce lien précurseur, poétique et écologique.
"Là tout simplement sous la neige qui tombe" Si la célébration de la floraison éphémère des cerisiers est désormais connue dans le monde entier, l'explosion de rouille, de pourpre et d'or des érables et des ginkgos lors de l'apogée automnal n'est pas moins attendue au Japon. Elle est le théâtre d'une mélancolie plus prononcée, d'une beauté qui jette ses derniers feux, avant le flétrissement puis la glace et le givre. Corinne Atlan et Zéno Bianu Par Bashô, Buson, Issa ou Ryôkan ... Plus de 150 haikus crépusculaires, présents aux plus infimes motifs des deux saisons froides, des érables roux s'effeuillant aux bruines pâles de l'hiver.
"Là tout simplement sous la neige qui tombe" Si la célébration de la floraison éphémère des cerisiers est désormais connue dans le monde entier, l'explosion de rouille, de pourpre et d'or des érables et des ginkgos lors de l'apogée automnal n'est pas moins attendue au Japon. Elle est le théâtre d'une mélancolie plus prononcée, d'une beauté qui jette ses derniers feux, avant le flétrissement puis la glace et le givre. Corinne Atlan et Zéno Bianu Par Bashô, Buson, Issa ou Ryôkan ... Plus de 150 haikus crépusculaires, présents aux plus infimes motifs des deux saisons froides, des érables roux s'effeuillant aux bruines pâles de l'hiver.
« Matin de printemps - mon ombre aussi déborde de vie ! » Bashô, Buson, Issa, Chiyo-ni, Ryôkan, Shiki, Sôseki... Autant de grandes plumes japonaises réunies dans ce recueil de haikus. Un recueil où éclosent, dans la brièveté d'usage de cette forme, quelques superbes épiphanies propres aux deux belles saisons : le printemps et l'été. Plus de 200 poèmes-tableaux, où se croisent, aux lisières de l'invisible, cerisiers en fleur, nuits d'été et autres pluies printanières.
« Matin de printemps - mon ombre aussi déborde de vie ! » Bashô, Buson, Issa, Chiyo-ni, Ryôkan, Shiki, Sôseki... Autant de grandes plumes japonaises réunies dans ce recueil de haikus. Un recueil où éclosent, dans la brièveté d'usage de cette forme, quelques superbes épiphanies propres aux deux belles saisons : le printemps et l'été. Plus de 200 poèmes-tableaux, où se croisent, aux lisières de l'invisible, cerisiers en fleur, nuits d'été et autres pluies printanières.
En 1875, Victor Hugo signe Ce que c'est que l'exil. "Esquisse sommaire", écrit-il, qui déplie avec une densité extraordinaire la notion d'exil dans ses dimensions politiques autant que philosophiques. Car si le texte dévoile une plume résolument engagée, dénonçant la brutalité inouïe du bannissement, "nudité du droit", il est aussi un chant existentiel solidaire et fécond. Le chant d'un exilé capital qui tire de l'expérience subie une sagesse, renversant la violence pour lui opposer la lumière : "Quoi que fassent les tout-puissants momentanés, l'éternel fond leur résiste. Ils n'ont que la surface de la certitude, le dessous appartient aux penseurs. Vous exilez un homme. Soit. Et après ? Vous pouvez arracher un arbre de ses racines, vous n'arracherez pas le jour du ciel. Demain, l'aurore." "Qu'est-ce qu'un exilé sinon un citoyen destitué et remobilisé, privé de ses droits fondamentaux et nanti de nouveaux devoirs, isolé de la vie de la cité et viscéralement attaché aux principes inaliénables de la souveraineté politique, coupé des hommes entrelié par mille réseaux invisibles à l'humanité ?" Henri Scepi
En 1875, Victor Hugo signe Ce que c'est que l'exil. "Esquisse sommaire", écrit-il, qui déplie avec une densité extraordinaire la notion d'exil dans ses dimensions politiques autant que philosophiques. Car si le texte dévoile une plume résolument engagée, dénonçant la brutalité inouïe du bannissement, "nudité du droit", il est aussi un chant existentiel solidaire et fécond. Le chant d'un exilé capital qui tire de l'expérience subie une sagesse, renversant la violence pour lui opposer la lumière : "Quoi que fassent les tout-puissants momentanés, l'éternel fond leur résiste. Ils n'ont que la surface de la certitude, le dessous appartient aux penseurs. Vous exilez un homme. Soit. Et après ? Vous pouvez arracher un arbre de ses racines, vous n'arracherez pas le jour du ciel. Demain, l'aurore." "Qu'est-ce qu'un exilé sinon un citoyen destitué et remobilisé, privé de ses droits fondamentaux et nanti de nouveaux devoirs, isolé de la vie de la cité et viscéralement attaché aux principes inaliénables de la souveraineté politique, coupé des hommes entrelié par mille réseaux invisibles à l'humanité ?" Henri Scepi
Haruha akebono : « Au printemps, l'aurore. » Tous les Japonais connaissent par coeur l'ouverture du Makura no sôshi (les Notes de chevet), fleuron de la littérature ancienne dû à une dame de cour de l'an mille. Ses premières phrases évoquent un paysage en mouvement : cycle des saisons, parcours du soleil, traînées de nuages, vol de lucioles ou d'oies sauvages. La toile de fond de montagnes à la lumière changeante place d'emblée les fastes du palais de Heian-kyô (l'actuelle Kyôto), que le lecteur s'apprête à découvrir, sous le signe de la fugacité des phénomènes et de sa conséquence immédiate, le mono no aware, « la poignante mélancolie des choses ». Corinne Atlan « Choses qui rendent heureux », « Choses qui égayent le coeur », « Choses qui ont une grâce raffinée », « Choses impatientantes », « Choses qui ne font que passer »... Par listes délicates et perçantes, Sei Shônagon saisit, attentive à leur impermanence, l'essence poétique des êtres et des choses.
Haruha akebono : « Au printemps, l'aurore. » Tous les Japonais connaissent par coeur l'ouverture du Makura no sôshi (les Notes de chevet), fleuron de la littérature ancienne dû à une dame de cour de l'an mille. Ses premières phrases évoquent un paysage en mouvement : cycle des saisons, parcours du soleil, traînées de nuages, vol de lucioles ou d'oies sauvages. La toile de fond de montagnes à la lumière changeante place d'emblée les fastes du palais de Heian-kyô (l'actuelle Kyôto), que le lecteur s'apprête à découvrir, sous le signe de la fugacité des phénomènes et de sa conséquence immédiate, le mono no aware, « la poignante mélancolie des choses ». Corinne Atlan « Choses qui rendent heureux », « Choses qui égayent le coeur », « Choses qui ont une grâce raffinée », « Choses impatientantes », « Choses qui ne font que passer »... Par listes délicates et perçantes, Sei Shônagon saisit, attentive à leur impermanence, l'essence poétique des êtres et des choses.
"Quelle impression ont pu, Athéniens, produire sur vous mes accusateurs, je l'ignore. Toujours est-il que, à moi personnellement, ils m'ont fait, ou peu s'en faut, oublier qui je suis moi-même, tant était persuasif leur langage ! Ils n'ont pourtant pas dit, à bien parler, un seul mot qui fût vrai ; mais ce qui, chez eux, m'a surpris au plus haut point, dans cette foule de faussetés, c'est spécialement la recommandation qu'ils vous faisaient, de prendre bien garde de ne pas vous laisser abuser par moi, sous prétexte que j'ai un grand talent de parole !" En - 399, Socrate est porté devant le tribunal d'Athènes et condamné à mort. Il est accusé de "corrompre la jeunesse" et de "ne pas croire aux Dieux auxquels croit l'État". Lors de son procès, il répond à ses accusateurs, en philosophe. C'est cet événement, essentiel à la pensée platonicienne, que recompose l'Apologie de Socrate.
"Quelle impression ont pu, Athéniens, produire sur vous mes accusateurs, je l'ignore. Toujours est-il que, à moi personnellement, ils m'ont fait, ou peu s'en faut, oublier qui je suis moi-même, tant était persuasif leur langage ! Ils n'ont pourtant pas dit, à bien parler, un seul mot qui fût vrai ; mais ce qui, chez eux, m'a surpris au plus haut point, dans cette foule de faussetés, c'est spécialement la recommandation qu'ils vous faisaient, de prendre bien garde de ne pas vous laisser abuser par moi, sous prétexte que j'ai un grand talent de parole !" En - 399, Socrate est porté devant le tribunal d'Athènes et condamné à mort. Il est accusé de "corrompre la jeunesse" et de "ne pas croire aux Dieux auxquels croit l'État". Lors de son procès, il répond à ses accusateurs, en philosophe. C'est cet événement, essentiel à la pensée platonicienne, que recompose l'Apologie de Socrate.
Texte amoureux et incarné d'une part, texte métaphorique et philosophique d'autre part, Le Cantique des cantiques et L'Ecclésiaste sont deux fragments bibliques inépuisables de densité et de beauté, qui captivèrent au fil des siècles théologiens, penseurs, artistes. Ces deux livres de l'Ancien Testament, sommets littéraires écrits en hébreu, sont ici restitués dans une langue poétique par la plume claire et ciselée d'Ernest Renan. "Oui, tu es belle, mon amie ! oui, tu es belle ! Tes yeux sont des yeux de colombe. Oui, tu es beau, mon bien-aimé ! oui, tu es charmant ! Notre lit est un lit de verdure."
"Aucun plaisir n'est un mal en soi ; mais ce qui est susceptible de produire certains plaisirs apporte bien plus de tourments que de plaisirs." Sommes-nous en mesure d'atteindre le bonheur ? Le plaisir est-il une fin en soi ? Et à quelles conditions est-il premier ? Comment hiérarchiser nos désirs ? Et notre finitude a-t-elle à être redoutée ? En trois Lettres et quarante Maximes, Épicure pose les piliers de sa doctrine, théorie du plaisir autant que de la connaissance, et source féconde pour les innombrables penseurs - de Lucrèce à Montaigne - qui se réclameront de sa philosophie. Le corpus fondateur de l'école du Jardin.
"Aucun plaisir n'est un mal en soi ; mais ce qui est susceptible de produire certains plaisirs apporte bien plus de tourments que de plaisirs." Sommes-nous en mesure d'atteindre le bonheur ? Le plaisir est-il une fin en soi ? Et à quelles conditions est-il premier ? Comment hiérarchiser nos désirs ? Et notre finitude a-t-elle à être redoutée ? En trois Lettres et quarante Maximes, Épicure pose les piliers de sa doctrine, théorie du plaisir autant que de la connaissance, et source féconde pour les innombrables penseurs - de Lucrèce à Montaigne - qui se réclameront de sa philosophie. Le corpus fondateur de l'école du Jardin.
"13 juin. Encore une de ces magnifiques journées de la Sierra, au cours desquelles on a l'impression de se dissoudre et d'être absorbé, puis envoyé tout palpitant on ne sait trop où. La vie ne semble ni longue ni courte, et nous ne songeons pas plus à gagner du temps ou à nous dépêcher que les arbres et les étoiles. Voilà la véritable liberté, voilà une excellente et pratique sorte d'immortalité." "Marcheur infatigable, géologue éclairé, pionnier de l'écologie" (B. Matthieussent), John Muir mena, en 1869, une transhumance estivale dans les montagnes californiennes. Il publiera quelques années plus tard Un été dans la Sierra, journal de bord et de contemplation relatant son voyage. Nous le suivons ici au commencement de ce parcours, en arpenteur émerveillé d'une nature "sauvage et sacrée".
"13 juin. Encore une de ces magnifiques journées de la Sierra, au cours desquelles on a l'impression de se dissoudre et d'être absorbé, puis envoyé tout palpitant on ne sait trop où. La vie ne semble ni longue ni courte, et nous ne songeons pas plus à gagner du temps ou à nous dépêcher que les arbres et les étoiles. Voilà la véritable liberté, voilà une excellente et pratique sorte d'immortalité." "Marcheur infatigable, géologue éclairé, pionnier de l'écologie" (B. Matthieussent), John Muir mena, en 1869, une transhumance estivale dans les montagnes californiennes. Il publiera quelques années plus tard Un été dans la Sierra, journal de bord et de contemplation relatant son voyage. Nous le suivons ici au commencement de ce parcours, en arpenteur émerveillé d'une nature "sauvage et sacrée".
Texte amoureux et incarné d'une part, texte métaphorique et philosophique d'autre part, Le Cantique des cantiques et L'Ecclésiaste sont deux fragments bibliques inépuisables de densité et de beauté, qui captivèrent au fil des siècles théologiens, penseurs, artistes. Ces deux livres de l'Ancien Testament, sommets littéraires écrits en hébreu, sont ici restitués dans une langue poétique par la plume claire et ciselée d'Ernest Renan. "Oui, tu es belle, mon amie ! oui, tu es belle ! Tes yeux sont des yeux de colombe. Oui, tu es beau, mon bien-aimé ! oui, tu es charmant ! Notre lit est un lit de verdure."