Jean Giono
Jean Giono
Découvrez l’histoire vraie d’Elzéard Bouffier, un berger solitaire qui, à force de patience et de détermination, transforme une lande aride de Provence en une forêt luxuriante.
Venez découvrir L'Homme qui plantait des arbres, l'oeuvre de Jean Giono, grâce à une analyse littéraire de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie de l'écrivain, le résumé détaillé, le mouvement littéraire, le contexte de publication de l'oeuvre et l'analyse complète. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
Venez découvrir Un roi sans divertissement, le roman de Jean Giono, grâce à une analyse littéraire de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie de l'écrivain, le résumé détaillé, le mouvement littéraire, le contexte de publication du roman et l'analyse complète. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
La collection « Connaître une oeuvre » vous offre la possibilité de tout savoir du roman Un roi sans divertissement de Jean Giono grâce à une fiche de lecture aussi complète que détaillée. La rédaction, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire. Cette fiche de lecture répond à une charte qualité mise en place par une équipe d'enseignants. Ce livre numérique contient un sommaire dynamique, la biographie de Jean Giono, la présentation de l'oeuvre, le résumé détaillé, les raisons du succès, les thèmes principaux et l'étude du mouvement littéraire de l'auteur. Notre travail éditorial vous offre un grand confort de lecture, spécialement développé pour la lecture numérique.
Décryptez L'Homme qui plantait des arbres avec l'analyse de Paideia éducation ! Que faut-il retenir de ce chef-d'oeuvre de la littérature française ? Retrouvez tout ce que vous devez savoir de la nouvelle de Jean Giono dans une analyse de référence pour comprendre rapidement le sens de l'oeuvre. Rédigée de manière claire et accessible par un enseignant, cette fiche de lecture propose notamment un résumé, une étude des thèmes principaux, des clés de lecture et des pistes de réflexion. Une analyse littéraire complète et détaillée pour mieux lire et comprendre le livre !
Découvrez l'histoire vraie d'Elzéard Bouffier, un berger solitaire qui, par sa persévérance, a transformé une terre aride de Haute-Provence en une forêt luxuriante.
Fresque épique ayant pour thème le courage et l'audace, Le Hussard sur le toit est le grand roman d'aventure de Jean Giono, publié en 1951. André Bourdil, peintre, critique d'art, journaliste, homme de radio et proche de Giono, entreprit d'en réaliser la magistrale adaptation radiophonique diffusée pour la première fois sur la Chaîne Nationale RDF le 11 février 1953. Les personnages principaux sont interprétés par Gérard Philipe et Jeanne Moreau. Avec l'accord de Gallimard et de Laurence Bourdil, Frémeaux & Associés remet à la disposition du public cet enregistrement historique, qui en sus d'être contemporain à la publication du roman, rappelle un âge d'or de la radio. Enfin, comme l'annonce Giono dans l'introduction de ce document sonore : "L'adaptation radiophonique (...) est magistralement et très malicieusement réussie par André Bourdil, qui a compris mes intentions les plus secrètes." Patrick FRÉMEAUX
Fresque épique ayant pour thème le courage et l'audace, Le Hussard sur le toit est le grand roman d'aventure de Jean Giono, publié en 1951. André Bourdil, peintre, critique d'art, journaliste, homme de radio et proche de Giono, entreprit d'en réaliser la magistrale adaptation radiophonique diffusée pour la première fois sur la Chaîne Nationale RDF le 11 février 1953. Les personnages principaux sont interprétés par Gérard Philipe et Jeanne Moreau. Avec l'accord de Gallimard et de Laurence Bourdil, Frémeaux & Associés remet à la disposition du public cet enregistrement historique, qui en sus d'être contemporain à la publication du roman, rappelle un âge d'or de la radio. Enfin, comme l'annonce Giono dans l'introduction de ce document sonore : "L'adaptation radiophonique (...) est magistralement et très malicieusement réussie par André Bourdil, qui a compris mes intentions les plus secrètes." Patrick FRÉMEAUX
Le livre est parti parfaitement au hasard, sans aucun personnage. Le personnage était l'Arbre, le Hêtre. Le départ, brusquement, c'est la découverte d'un crime, d'un cadavre qui se trouva dans les branches de cet arbre. Il y a eu d'abord l'Arbre, puis la victime, nous avons commencé par un être inanimé, suivi d'un cadavre, le cadavre a suscité l'assassin tout simplement, et après, l'assassin a suscité le justicier. C'était le roman du justicier que j'ai écrit. C'était celui-là que je voulais écrire, mais en partant d'un arbre qui n'avait rien à faire dans l'histoire. Jean Giono.
Dans ces cinq textes écrits des années 1930 aux années 1960, Jean Giono évoque les paysages provençaux qu'il habite et arpente. S'il y décrit les ruisseaux, les collines ou les travaux des champs, l'auteur de L'homme qui plantait des arbres y accorde une place remarquable à ce qu'il appelle le "royaume de l'arbre". Et, de l'observation patiente de la feuillaison de chênes à celle, inquiète, des oliviers malades, on mesure combien Giono s'en fait, continûment, la voix attentive et soucieuse. "Actuellement, les oliviers sont rouges, les yeuses blanches, les pins rouillés. Pour le visiteur qui descend du Nord vers le soleil, la joie du soleil lui cache l'étendue du désastre."
"On comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction." On ne peut qu'être d'accord avec le narrateur quand on voit la magnifique forêt qu'Elzéard Bouffier a élevée patiemment tout au long de sa vie. Écologiste avant l'heure ? Sans aucun doute. Ce berger a décidé de redonner sa superbe à cette lande déserte de Provence en plantant une forêt de chênes, de bouleaux, de hêtres et d'érables. Grâce à l'oeuvre d'un seul homme, la vie revient peu à peu dans cette contrée désolée. Une histoire de patience, de respect et d'amour de la terre dont il faudrait certainement prendre de la graine...
Le matin fleurissait comme un sureau. Antonio était frais et plus grand que nature, une nouvelle jeunesse le gonflait de feuillages. - Voilà qu'il a passé l'époque de verdure, se dit-il. Il entendait dans sa main la truite en train de mourir. Sans bien savoir au juste, il se voyait dans son île, debout, dressant les bras, les poings illuminés de joies attachées au monde, claquantes et dorées comme des truites prisonnières. Clara, assise à ses pieds, lui serrait les jambes dans ses bras tendres.
Un étranger mystérieux, un orage qui gronde, des paysans ivres, et c'est soudain un déchaînement de violence, une transe collective qui s'empare de tout le village pour s'achever en orgie dionysiaque... Une femme se laisse charmer par les chansons d'un ouvrier italien au désespoir de son mari ; un vieil homme prêt à tout pour défendre les arbres qu'il a plantés ; une jeune fille qui tache sa robe de mariée en aidant son père à saigner un cochon... Quatre textes âpres par l'auteur du Hussard sur le toit.
Elle était à ce moment-là, de beaucoup et de loin, la plus belle femme de Châtillon, et même d'ailleurs certainement. Quelqu'un qui l'a bien connue à ce moment-là me disait : Elle était belle comme ce marteau, vois-tu ! Et il me montrait le marteau dont il faisait usage depuis vingt ans (c'était un cordonnier), un marteau dont le manche était d'un bois doux comme du satin depuis le temps qu'il le maniait, dont le fer si souvent frappé étincelait comme de l'or blanc. Et avec ça elle était tout le temps affable et gentille.
"Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l'entends, je la subis encore. Et j'ai peur. Ce soir est la fin d'un beau jour de juillet. La plaine sous moi est devenue toute rousse. On va couper les blés. L'air, le ciel, la terre sont immobiles et calmes. Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L'horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque." Un texte bouleversant dans lequel Jean Giono livre, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, un véritable plaidoyer pour la paix.
"Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l'entends, je la subis encore. Et j'ai peur. Ce soir est la fin d'un beau jour de juillet. La plaine sous moi est devenue toute rousse. On va couper les blés. L'air, le ciel, la terre sont immobiles et calmes. Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L'horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque." Un texte bouleversant dans lequel Jean Giono livre, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, un véritable plaidoyer pour la paix.
"Ai fait environ 170 km à pied à travers la haute Drôme. Ai écrit au jour le jour les notes de ces étapes." Cette indication du 27 juillet clôturant le Journal de Jean Giono pour l'année 1939 laissait sur leur faim les lecteurs désireux de ne rien ignorer des pérégrinations pédestres de l'homme de Manosque et du Contadour. Mais voilà que, quatre-vingt-cinq ans plus tard, à la faveur d'une heureuse trouvaille dans les archives d'une juridiction d'exception de l'Occupation, le modeste cahier manuscrit de ce "voyage à pied en Haute-Drôme" refait surface... Et il nous offre le témoignage émouvant, spontané et puissant d'un Giono qui ne conçoit le travail romanesque que plongé dans la substance du monde et la géographie humaine, telles que l'appel de la marche y conduit - dans ce "pays étrange", à l'écart des terres familières, laissant deviner "un diabolisme souterrain". L'écrivain consigne ici ses observations, ses sensations ainsi que ses réflexions sur la création littéraire... qui le mèneront, quelque dix années plus tard, à l'écriture de l'un de ces chefs d'oeuvre, Les Grands Chemins, le grand roman noir de l'amitié.
Un curé traverse la route en portant une pendule. Un canon anglais passe au grand galop, les chevaux fouettés par les artilleurs français. Un colonel sans capote et nu-tête fait ses grands pas dans l'herbe. De sa main gauche il tient une boîte de sardines ouverte. Il trempe le pain dans l'huile et il pompe à pleine bouche. Un officier anglais, penché derrière un arbre, allume sa pipe à l'abri. Tout ça s'en va vers le mont Cassel. Un réquisitoire contre la guerre.
Alors, il se met à tripoter son paquet de cartes comme s'il tirait sur un accordéon. Il le frappe, il le pince, il le soufflette, il le caresse, il l'étire et le referme. Il annonce : roi de pique, sept de carreau, trois de coeur, roi de trèfle, dame de coeur, neuf de pique, deux de carreau ; et chaque fois la carte annoncée tombe. Il jette le jeu de cartes dans le bassin de la fontaine et, quand il va y tomber, le jeu de cartes se regroupe dans sa main. Il me l'étale sous le nez en éventail, en fer à cheval, en roue, en flèche. Il fait couler les cartes de sa main droite à sa main gauche, en pluie, en gouttes, en cascades. Il leur parle, il les appelle par leurs noms ; elles se dressent toutes seules hors du jeu, s'avancent, viennent, sautent. Il raconte de petites saloperies à la dame de coeur et la dame de coeur bondit jusqu'à sa bouche...
De Manosque à Florence, en passant par Milan, Venise, Padoue, Bologne, voici l'Italie de Jean Giono, romancier du bonheur. Le lecteur le suivra dans ses découvertes, avec un plaisir extrême. À chaque pas, le paysage et les êtres apportent leur leçon. Giono sait traduire le message d'une allée de cyprès sur une colline, du froncement de sourcils d'un Milanais, du battement de cils d'une Vénitienne. Il est délicieux de voyager avec un tel guide.
« La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence » Jean Giono Premier tome de "La trilogie de Pan", "Colline" , dans lequel "tout avait son poids de sang, de sucs, de goût, d'odeur, de son", est un brillant exemple du talent de Jean Giono. Le récit de Giono est tout emprunt d'une poésie qui lui est propre, cette poésie simple et douce, révélatrice du monde réel. Car c'est bien là le message de Jean Giono : il ne faut pas négliger la nature ! Grâce à de nombreuses et belles métaphores, l'auteur s'applique à toucher tous les publics, portant des idées parfois complexes aux yeux de chacun. L'auteur nous livre un roman baigné de soleil, de pureté et de douceur provençale Jean Chevrier prête sa voix à la lecture de "Colline" dans cet enregistrement de 1955. Son timbre, quoique parsemé d'accentuations parisiennes, est parfaitement adapté aux mots simples et purs de Jean Giono. C'est avec douceur et gaieté que Jean Chevrier nous offre sa "Colline", emplie de cette beauté provençale que Giono magnifia tout au long de son oeuvre. Claude Colombini
Ces six courtes nouvelles, qui s'étendent sur toute la carrière de Virginia Woolf, condensent tout son génie littéraire. Avec une absolue liberté d'écrire, allant à l'essentiel, elle revendique l'autonomie morale, affective et sociale des femmes, et affirme leur droit à désirer. Pour elle le désir est un "moment d'être" : une expérience sensorielle totale, qu'elle saisit dans une écriture impressionniste. Il en résulte une atmosphère de rêverie langoureuse, de sensibilité érotique qui englobe tout, les êtres, les paysages et le temps. Woolf capture ici superbement l'intimité des femmes entre elles, qui s'affirment comme sujets pensants et désirants.
Ces six courtes nouvelles, qui s'étendent sur toute la carrière de Virginia Woolf, condensent tout son génie littéraire. Avec une absolue liberté d'écrire, allant à l'essentiel, elle revendique l'autonomie morale, affective et sociale des femmes, et affirme leur droit à désirer. Pour elle le désir est un "moment d'être" : une expérience sensorielle totale, qu'elle saisit dans une écriture impressionniste. Il en résulte une atmosphère de rêverie langoureuse, de sensibilité érotique qui englobe tout, les êtres, les paysages et le temps. Woolf capture ici superbement l'intimité des femmes entre elles, qui s'affirment comme sujets pensants et désirants.
"J'aurais pu passer cette nuit de Noël comme tout le monde, en tout cas comme un célibataire qui a du feu chez lui, mais j'eus ce soir-là des démangeaisons dans la poignée de mon sabre. Depuis l'entrée de l'hiver la bande du Beau François avait fait parler d'elle. Je lui attribuais trois attentats contre les voitures publiques sur la grand-route d'Aix à Saint-Maximin, dans la traversée des montagnes. Je ne commande que la demi-brigade de Saint-Pons, mais je n'aime pas qu'on tue des chevaux, je n'aime pas qu'on tue des cochers, et finalement je n'aime pas qu'on tue des femmes ; j'ai l'air de ne rien aimer, si : j'aime rendre prompte justice." Deux nouvelles en forme d'enquête pour retrouver, au coeur d'une Provence sauvage, le cavalier épique et aventureux d'Un roi sans divertissement : Martial Langlois.
"J'aurais pu passer cette nuit de Noël comme tout le monde, en tout cas comme un célibataire qui a du feu chez lui, mais j'eus ce soir-là des démangeaisons dans la poignée de mon sabre. Depuis l'entrée de l'hiver la bande du Beau François avait fait parler d'elle. Je lui attribuais trois attentats contre les voitures publiques sur la grand-route d'Aix à Saint-Maximin, dans la traversée des montagnes. Je ne commande que la demi-brigade de Saint-Pons, mais je n'aime pas qu'on tue des chevaux, je n'aime pas qu'on tue des cochers, et finalement je n'aime pas qu'on tue des femmes ; j'ai l'air de ne rien aimer, si : j'aime rendre prompte justice." Deux nouvelles en forme d'enquête pour retrouver, au coeur d'une Provence sauvage, le cavalier épique et aventureux d'Un roi sans divertissement : Martial Langlois.
"Giono a beau se défendre d'être un écrivain provençal, il a trop habité la Provence et est trop habité par elle pour résister à ceux qui lui demandent d'en parler. Toute sa vie, il a ainsi écrit de courts essais, des préfaces, des articles. Ce sont eux qui sont réunis dans ce recueil. La Provence n'est plus ici le lieu, à demi transformé par l'imaginaire, où il a situé le plus grand nombre de ses romans. Le but, dans ces essais, est de la montrer telle qu'il la connaît et telle qu'il la voit, c'est-à-dire très souvent à l'opposé des poncifs qui se sont accumulés sur elle. De ce pays, Giono donne une vision renouvelée par l'acuité de son observation, par son sens des couleurs et le bonheur de ses images. [...] Mais qu'on ne s'attende pas à trouver en Giono un guide touristique. La vision qu'il donne de la Provence est inséparable des personnages et des histoires qu'il y a fait vivre dans son oeuvre de fiction. Cela est si vrai qu'elle évolue en même temps que cette oeuvre. La Provence que montre Giono dans les années 50 et 60 n'est plus celle qu'il montrait avant la guerre. Lire à la suite ces textes écrits sur la Provence à divers moments, c'est embrasser d'un coup le parcours si particulier de cette oeuvre." Henri Godard.
Ils se jetèrent l'un contre l'autre. En échappant aux bras, Mon Cadet frotta sa tête contre la poitrine de Marceau. Il entendit de nouveau les furieux coups sourds. Il comprit que c'était le coeur de son frère ; il se sentait, lui, propre, net, sec et dur comme un fuseau de quenouille. Il lui glissait des mains, il prit audace et appuya carrément son épaule contre le ventre de Marceau. Il essaya de le ceinturer. Marceau le saisit aux hanches et le souleva.
"Viens, suis-moi. J'ai ici ma vigne et mon vin ; mes oliviers, et je vais surveiller l'huile moi-même au vieux moulin... Tu as vu l'amour de mon chien ? Ça ne te fait pas réfléchir, ça ?... Viens, venez tous, il n'y aura de bonheur pour vous que le jour où les grands arbres crèveront les rues, où le poids des lianes fera crouler l'obélisque et courber la Tour Eiffel ; où, devant les guichets du Louvre, on n'entendra plus que le léger bruit des cosses mûres qui s'ouvrent et des graines sauvages qui tombent ; le jour où, des cavernes du métro, des sangliers éblouis sortiront en tremblant de la queue."
Le bonheur fou, c'est celui qu'éprouve Angelo Pardi, le héros du Hussard sur le toit, à faire la révolution italienne en 1848. Angelo se promène à travers la révolution comme il se promenait naguère à travers le choléra de Provence. La guerre - cette guerre-là, qui est à la fois guerre civile et guerre à l'Autriche - lui communique les sentiments les plus délicieux. L'amitié y prend quelque chose d'exalté et d'admirable, bien propre à transporter l'âme la plus noble du Piémont. Les combats de rues ou batailles confuses quoique "rangées", n'ont rien de honteux, car c'est l'amour de la patrie qui les anime, ainsi qu'un prodigieux goût de vivre. Des amours très brèves, de longues marches à pied ou à cheval, d'innombrables rencontres avec une foule de personnages d'une extraordinaire vérité, sont les événements de ce roman aux dimensions tolstoïennes, écrit dans la langue la plus rapide du monde.
"Moulin de Pologne, pourquoi ce nom ? Personne n'en sait rien. Les uns prétendent qu'un pèlerin polonais allant à Rome s'établit jadis à cet endroit-là dans une cabane. Un peu après la chute de l'Empire, un nommé Coste acheta le terrain, fit construire la maison de maître et les dépendances qu'on voit encore. Coste était un enfant du pays, mais il y revenait après un long séjour au Mexique. C'était, paraît-il, un homme maigre et silencieux. On se souvient surtout de ce qui le caractérisa : des sautes d'humeur violentes qui le faisaient passer sans transition d'une bonté de pain à une cruauté famélique."
"Existait-il une seule vie véritablement achevée, une seule vie qui ne fût promesse inaccomplie, possibilité latente, plus encore...?" Dans le Mexique du XXe siècle, Laura Díaz, femme libre et artiste passionnée, va vivre dans sa chair les espoirs et les désillusions d'une époque. Le destin bouleversant de cette héroïne, qui se déploie à travers sa famille, ses amours, ses combats politiques, fait de ce roman inoubliable l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature latino-américaine.
Moby Dick (qu'il devait traduire, en collaboration avec Joan Smith et Lucien Jacques) fut, « pendant cinq ou six ans au moins », le compagnon de Giono. « Il me suffisait de m'asseoir, le dos contre le tronc d'un pin, de sortir de ma poche ce livre qui déjà clapotait pour sentir se gonfler sous moi et autour la vie multiple des mers. Combien de fois au-dessus de ma tête n'ai-je pas entendu siffler les cordages, la terre s'émouvoir sous mes pieds comme la planche d'une baleinière ; le tronc du pin gémir et se balancer contre mon dos comme un mât. Mais... quand le soir me laissait seul je comprenais mieux l'âme de ce héros pourpre qui commande tout le livre. » De cette communion avec un livre et son auteur est né cet essai, où la biographie a l'allégresse et la spontanéité de la vie : « un homme d'un mètre quatre-vingt-trois, avec soixante sept centimètres de largeur d'épaule » s'anime soudain sous nos yeux, tel un héros de roman, plus vrai que nature.