Écrire l'Afrique
Plongez dans le destin bouleversant de Sarah, mariée à neuf ans dans le Cameroun du début du XXe siècle.
Avec Nuit de mémoire, Roger Sidokpohou livre une très belle oeuvre sur la traite négrière. Ils sont de partout, de " toutes les Amériques du monde " ! Ecrivains, musiciens, scientifiques, défenseurs des libertés, hommes et femmes célèbres, ils ont tous la même cicatrice au front : descendants d'esclaves ! Cette nuit, ils vont embarquer sur Eternity, leur bateau d'évasion, pour rejoindre Midjalé, le pays du pardon et de la réconciliation, dans le golfe du Bénin. Ils sont à la recherche de leur mémoire, avec une seule pensée douloureuse à la bouche, déclinée en trois mots implacables : " Pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? ".
Ekoumba, village de la forêt équatioriale du Cameroun, sort difficilement de la colonisation. Les stigmates endurés tout au long de cette période se cicatrisent à peine pendant que la religion des dominants d'hier continue son travail de sape afin de détourner les convertis de plus en plus nombreux des pratiques jugées dangereuses de ce qu'étaient les acquis de leur tradition. Entre-temps, l'école des Blancs formalise de nouvelles mentalités qui entretiennent un lessivage systématique dans la mémoire encore malléable des jeunes premiers de la nouvelle République...Un homme se dresse contre cela.
Un hôpital africain entre Sahel et filaos, peuplé d'odeurs, d'attentes et de souffrances, de couleurs et d'espoir, de poussière et de rires. La mort tutoie pareillement les guenilles et les boubous brodés. Le guérisseur marchande son pouvoir, la famille se cotise, le malade patiente, Hippocrate panse et s'évertue, et la nature décide. Cela pourrait se passer plus au sud ou ailleurs.
Un coup d'Etat traîtreusement orchestré renverse Gouama, le "Père Fondateur de la Nation", Président de la République de Watinbow. Le "Guide éclairé" réussit à s'échapper grâce à un âne. Dans sa fuite il est sauvé par des étudiants qu'il avait emprisonnés pour "communisme". Ces derniers l'aident à franchir la frontière pour la République de Zakro. Un plan est mis en place pour reconquérir le pouvoir perdu mais avec les nouveaux accords entre Watinbow et Zakro, l'ancien "Père Fondateur de la Nation" est livré au nouveau maître de Watinbow.
Le Commandant Steven est une jeune homme qui a eu un destin exceptionnel. Devenu officier des forces armées, il s'autoproclame président de la république de Korodu à l'issue d'un coup d'Etat, et est adulé et acclamé comme le sauveur de la nation. Malheureusement, il est désormais considéré comme un tyran. Combien de temps restera-t-il au pouvoir pour continuer à piller son pays et à terroriser son peuple ?
Il n'est ni noir, ni jaune. Partout exclu. D'abord abandonné par son père "tirailleur sénégalais" venu guerroyer pour les Français en Indochine, puis délaissé par sa mère vietnamienne, L'Enfant de Seno grandit au Laos mais, à treize ans, il est rapatrié en France, pays qui lui est parfaitement étranger. Sa vie d'enfant de la rue, bousculée toujours, desespérée souvent, Laby la raconte avec une candeur désarmante.
Ce texte tendre et sensible constitue une dénonciation d'une grande virulence du sort des enfants des rues en Afrique. Premier livre de ce jeune auteur sénégalais de 34 ans qui a toujours aimé écrire, surtout sur la vie quotidienne de son pays.
Faisant suite à Chassé-croisé sur Fadougou, cette deuxième partie de la trilogie de La dent de l'aïeule montre Arthur, sa tendre épouse Salimata et son oncle Ouézin, détenteur des forces mystiques de Fadougou, plus décidés que jamais à conjurer le spectre de la division et de la guerre pour restaurer la paix entre les frères ennemis de Lopangoni et de Fadougou.
L'auteur s'exprime avec courage sur sa vision de la responsabilité des Africains face aux multiples échecs que connaît le continent. Continent auquel il est fier d'appartenir et pour lequel il garde un espoir mitigé, tant les aspects qu'il décrit comme étant responsables de son "chaos" sont liés aux croyances et aux émotions négatives de ses fils.
"C'était le début de la guerre de Brazzaville...". Les prétendants au pouvoir bradent les ressources, des nouveaux prédateurs s'infiltrent dans l'ancien Congo français à la recherche de leur part de gâteau. Ne sommes pas nous sur les chemins de la mondialisation ?Un livre corrosif qui ne relève ni du pamphlet ni de la niaiserie abyssale du moraliste. Ici, on a l'impression d'être à la fin d'un règne, une Françafrique mal en point qui agonise sous les yeux du lecteur.
Afin d'échapper à la logique villageoise, qui rime souvent avec les durs travaux des champs, la vie de couple précoce, les maternités multiples, la polygamie et la pauvreté, Ajoa, jeune femme béninoise, décide d'aller tenter sa chance à Lagos. Mais que va-t-elle trouver à Lagos ? Ainsi fera-t-elle son apprentissage de la vie d'immigrée dans deux mondes différents : celui des expatriés et celui des gens de maison.
Au Rwanda en 1994, la tempête génocidaire emporta plus d'un million de gens, victimes de ce qu'ils n'ont pas choisi d'être. Mais il y eut des survivants. Parmi eux, Jean-Léonard Benimana, un journaliste tutsi militant des droits de l'homme. Unique survivant de sa famille, il sent que rien ne l'attache plus à la terre du Rwanda. A travers son périple de Bruxelles à l'Ile Maurice et des rencontres surprenantes, il retrouve son identité et assume l'horrible histoire de son pays en s'engageant dans la lutte contre l'idéologie qui a mené au génocide des siens.
A la fois carnet de voyage et journal intime, le récit de ces jours passés dans un pays d'Afrique possède la force d'un témoignage direct.SChant d'amour puissant et poétique... violent aussi : cri de colère, cri de révolte. L'Afrique serait-elle la banlieue du monde développé ?
Arthur, jeune cadre de l'administration publique de son pays, investit son génie et ses énergies pour sauvegarder la paix et la cohésion dans son village, Fagoudou, dont une partie des habitants est entrée en rébellion contre Lopangoni, chef-lieu de département, suite au décès d'un des leurs dans des conditions tout du moins suspectes.SDans Chassé-croisé sur Fadougou, les premiers angles d'un vaste tableau social se dévoilent... et la mort rôde et frappe, dans la nuit et la savane africaine.
Il s'agit de l'aventure de Solo, jeune étudiant guinéen, qui, pressé par ses amis, retourne dans son pays natal après avoir soutenu sa thèse de doctorat en France, renonçant par là-même à son rêve de poursuivre ses études à Oxford, en Angleterre pour améliorer son anglais. Après avoir réussi à mettre un peu d'argent de côté en faisant des petits boulots, Solo part pour Conakry.
Moktar Toumandjé avait passé une grande partie de ses mandats de président adossé - ce n'est pas une image - à ce qui constituait les deux piliers de son pouvoir : une réserve de billets de banque et une foisonnante documentation sur des supports divers, recelant tout ce qu'il avait jugé utile, au jour le jour, de se procurer sur les uns et les autres... Dans ces chroniques parfois picaresques, Arthur Scamari jette un regard désabusé sur cinquante ans de petite histoire d'un pays imaginaire d'Afrique équatoriale où il aurait vécu et qu'il appelle l'Eboni.
Ce livre retrace le parcours de déception et de désespoir d'un sexagénaire retraité, ruiné et malade, rejeté par ses enfants universitaires d'outre-mer, pour lesquels il a travaillé toute sa vie. Confidences d'un homme déçu, trahi et abandonné par sa femme à qui il vouait toute sa confiance.
La discussion avait tiré en longueur presque toute la matinée. Les uns pour convaincre que des citoyens qui ne disent pas ce qu'ils pensent ne sont pas des citoyens libres. Les autres pour prouver que si nous revendiquons nos droits par lemoyen de la grève le pouvoir sera menacé...
Dilemme sous le Sahara est une réponse cinglante de l'auteur à tous ceux qui diabolisent son peuple, les Baluba du Kasaï, et sa race noire. Sa prière débouche sur un hommage à Jésus-Christ et à son royaume. Son premier roman, La Pourriture, publié à Kinshasa, a reçu un accueil chaleureux du public et l'éloge de l'écrivaine française Maryse Condé.
1971-1986, Afrique centrale : Alain Thuillier raconte son aventure humaine et professionnelle au cœur des forêts tropicales.
Que serait l'Afrique, mère de l'humanité, sans les Africains ? Ne vaut-elle que pour ses gisements de pétrole et d'uranium, son or et ses diamants, son bois, son coltan ? L'auteur relit pour nous son parcours sur le continent africain et nous fait comprendre la progression de son engagement. De l'exploitation du pétrole à ses missions de solidarité, il nous dévoile un itinéraire intime où les rêves ambitieux et généreux de sa jeunesse sont confrontés aux décevantes réalités politico-économiques.
Thomas Samba Sarr dit Tom, propriétaire éclairé d'une boutique rasta implantée en plein coeur de Marseille est tailleur et créateur, mais est aussi passeur, passeur entre les hommes et les cultures mais aussi passeur d'idées. Toujours tourné vers le monde, il est à la fois ancré dans la mobilité et résolument présent dans sa ville d'adoption. C'est l'histoire d'un parcours migratoire, entre le Sénégal et Marseille.
Entre les années 1999 et 2003, Emmanuel et Andrée échangent des lettres entre la France et le Burkina Faso. Ils veulent se rappeler le temps où ils s'étaient connus à L'Arbre à palabres, un lieu dans Paris qui permettait aux Africains de faire découvrir aux Européens leur manière de vivre et leurs difficultés. Tous deux partagent leurs expériences et sans le vouloir leur correspondance devient le journal et la chronique d'une époque.
Dans le petit village d'Afipe, à quelques kilomètres de la ville de Lambaréné, le monde s'effondre pour Essola FANE, une jeune fille de 18 ans, lorsque sa mère décède soudainement et de manière étrange. Sur son lit de mort, cette dernière lui fait des révélations qui l'intriguent et qui bousculent ses croyances et sa conscience de fervente catholique. Livrée à elle-même, Essola est partagée entre sa foi chrétienne et le chemin obscur que lui indiquent de prendre les épreuves qu'elle traverse. L'auteur aborde le délicat problème de la double identité religieuse et spirituelle que la plupart des pays colonisés par les missionnaires chrétiens vivent aujourd'hui comme un mal.
"On arrivait dans des pats que nous ne comprenions pas et quand on arrivait à les comprendre, c'était pour mieux nous éloigner de ce que nous avions été. Quoi que nous fassions, nous étions perdus." Ainsi s'exprime Selma, le personnage de ce roman qui parle de l'exil à travers l'histoire d'une jeune fille qui, après avoir fui son pays en proie à une guerre civile, pense avoir touvé en Europe paix et sécurité...
Cette première oeuvre vous entraîne dans des histoires parfois cocasses et un voyage chaleureux à travers l'Afrique. En 1990, dans le cadre d'un projet de l'Union européenne, la famille congolaise de Joseph, Géraldine et leur première fille Dominique, âgée de 17 mois, quitte la région parisienne pour les réalités africaines en Guinée Conakry. L'importance de la mission prolongera le séjour en terre d'Afrique de dix mois, durée initialement prévue par le contrat, à dix ans, plongeant Géraldine dans les réalités locales telles que coupures d'eau courante ou envoi d'un fax en Europe à trois heures du matin, face aux délestages d'élecricité, jusqu'à la préparation du retour en France.
La littérature africaine témoigne de part en part de la rencontre du continent noir avec l'univers européen, que ce soit au travers de la thématique ou de la langue d'écriture. Les auteurs relevant de l'espace francophone africain donnent à la langue une coloration africaine.Voici une triple approche culturelle, ethnologique et linguistique dans trois oeuvres principalement : L'Aventure ambiguë de Cheick Hamidou Kane, Le Lys et le Flamboyant d'Henri Lopes et Les Soleils des Indépendances d'Ahmadou Kourouma.
A travers les âges, la cupidité des hommes rugit, iconoclaste et meurtrière, conjuguant en les corrompant des événements du passé et du présent et en voguant sur les ailes de l'orgueil incommensurable, de l'intrépidité crapuleuse, de l'ignominie viscérale mais aussi de destins ambigus.SEmprunte de trahison, de perfidie et de violence, La guerre des pauvres et le destin de Hassan Guibrilou, dernière partie de la trilogie, baigne néanmoins dans l'amour.
C'est l'histoire d'une enfant qui quitte son pays, le pays-de-la-porte-du-non-retour, pour le Paysbon, réputé pour sa vie paradisiaque. Clandestinement débarquée au Paysbon, elle découvre d'autres visages de la misère, voyant ainsi son illusion s'évanouir : maltraitance, vol, viol, sont son lot quotidien. Au terme d'un récit ponctué d'humour et de drame, l'héroïne agonise dans la douleur de l'enfantement, à cause de l'égoïsme de ses proches, dans un continent réputé pour sa solidarité.
Ce nouveau roman de Patrick Serge Boutsindi aborde le sujet de l'adoption. Hélène et Jean-Claude Klein n'avaient qu'une seule envie, c'est qu'une petite fille et un petit garçon grandissent ensemble dans leur foyer. C'est ainsi que Kakou et Mégane furent accueillis par la famille Klein, qui adoptait alors pour la seconde fois, sans se douter des aléas qui l'attendaient : refus d'agrément, procès pour escroquerie et agression physique lors de leur périple en Afrique.
De la nostalgie d'une compagnie aérienne vilipendée à celle d'un pavillon hospitalier débaptisé, en passant par l'horreur d'un commissariat à la solde de policiers véreux, avec une escale dans un bureau de vote risible et un arrêt sur les coupures intempestives des routes. Voilà la balade à laquelle nous convie Edouard Elvis Bvouma dans sa seconde publication.