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"Qui a entendu le nom de Giraudoux l'associe au théâtre. Il faut dorénavant l'associer au roman. Le théâtre, certes, entra un jour dans sa vie et lui apporta la gloire. Mais ce succès a fabriqué une naturalité qui n'est pas fondée. L'oeuvre majeure de Giraudoux est romanesque et c'est ainsi qu'il faut le découvrir. D'autant que ses romans confirment cette nouveauté que Gide et Proust lui accordent. Alors que la plupart des romans combinent traditionnellement un roman essentiel (ce que l'auteur a réellement à dire, son affirmation propre) et un roman inessentiel (roman de l'intrigue, des ambivalences qui viennent jeter le doute sur l'affirmation offerte). Giraudoux n'écrit que le roman essentiel. Et pour cela, il use d'une langue qui ignore l'interdit l'empêchant de se mouvoir librement de son pôle poétique à son pôle prosaïque. Romans de poète, romans de porcelaine ? Nullement. Romans de la vigueur de vivre, romans de Giraudoux." Natacha Michel est écrivain et directeur de programme au Collège International de philosophie. Elle a notamment publié aux Editions Gallimard : Ici commence (1973) et Le Repos de Penthésilée (1980) ; aux Editions du Seuil (coll. "Fictions & Cie") : Impostures et séparations (1986) ; Le jour où le temps a attendu son heure (1990) et Ciel éteint (1995) ; aux Editions Hatier (coll. "Brèves") : Le Rameau subtil (avec Martine de Rougemont, 1993) ; aux Editions Verdier (coll. Philia") : L'Ecrivain pensif (1998).
"Définir la philosophie de Nietzsche par la liaison étroite qu'elle établit entre la connaissance et l'existence, par la corrélation qu'elle maintient d'un bout à l'autre entre la qualité de la pensée et la qualité de la vie, c'est sans doute l'atteindre dans sa tendance constitutive, rejoindre sa direction la plus personnelle. On peut définir la pensée de Nietzsche tout entière par la conception du jugement de valeur qu'elle inclut. Son originalité consiste à ne jamais dissocier le jugement de valeur du jugement de vérité. La valeur recouvre toujours un fait réel : une illusion ne peut jamais être la source d'une valeur. Et puisque ne valent que les faits, seule la pensée exacte, respectueuse des faits, peut fonder une forme valable de l'existence. Chez Nietzsche, la vérité, que la théorie de la culture et, plus largement, de l'existence, le principe des jugements de valeur." Gaétan Picon (1915-1976), agrégé de philosophie, a été directeur des Arts et Lettres au ministère des Affaires culturelles puis directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages, tant sur l'art que sur la littérature. Parmi eux : Panorama de la nouvelle littérature française (Gallimard, dernière ed., 1988), Admirable tremblement du temps (Skira, coll. "Les sentiers de la création", 1970). Le présent essai sur Nietzsche, rédigé en 1937, est inédit. Préface de Marc de Launay.
"A travers les redites et les négligences du texte, cependant, une voix perce, passe, magnifique, nous frappe en plein coeur. Le pathétique, l'éloquence naturelle de cette voix, nul ne les conteste. Mais quelques-uns s'étonnent de l'audience qu'elle rencontrait. Car l'autorité de Bernanos excédait de beaucoup celle de la foi religieuse et politique dont il était le héraut. Que Bernanos fût écouté par ceux-là mêmes qui ne partageaient ni sa croyance en une rédemption surnaturelle ni sa nostalgie d'un passé traditionnel - qu'il l'ait été, parfois, par ceux-là plus que par les autres -, que sa parole, sans effort, se soit élevée à une sorte d'autorité élémentaire et universelle : voilà le mystère, voilà le scandale." Gaétan Picon (1915-1976), agrégé de philosophie, a été directeur des Arts et Lettres au ministère des Affaires culturelles, puis directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études. II est l'auteur de très nombreux ouvrages, tant sur l'art que sur la littérature. Parmi eux : Panorama de la nouvelle littérature française (Gallimard, dernière éd., 1988), Admirable tremblement du temps (Skira, coll. "Les sentiers de la création", 1970).
« Picasso, qui fut un rebelle à qui la "tradition" reprocha son hérésie, se retrouve aujourd'hui dans cette extraordinaire, paradoxale et déconcertante situation : il déclare la réalité et la vie, la persistance et l'honneur de la peinture, dans une fin de siècle où les commissaires et les censeurs ont précisément décrété la fin de la peinture. Deux fois hérésiarque, Picasso, plus que jamais solitaire et à contre-courant, défie jusqu'au bout les règles factices et les petits idéologues. »Sydney Picasso