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Nos rayons et sélections

Bibliothèque des Sciences humaines

62 livres
Couverture ebook de Pourquoi l'épouser ?, de Luc  de Heusch
Gallimard (réédition numérique FeniXX) | 10 septembre 2015

Ce recueil de textes théoriques, polémiques et politiques se divise en trois parties. La première est consacrée à l'examen du projet structuraliste. L'essai qui donne son titre au livre se rapporte à la signification des problèmes de la parenté. Six textes consacrés à l'approche structurale de la magie et de la religion composent la seconde partie, dont un commentaire de la geste du Renard pâle de Marcel Griaule et de Germaine Dieterlen et une exploration systématique de la pensée bantoue. En conclusion, l'auteur témoigne son amitié au peuple de Lumumba, les Tetela du Kasaï chez qui il a vécu en 1953 et 1954.

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Couverture ebook de Iran, quand la terre tremble, de Michel Foucault
Gallimard | 16 septembre 2026

À l'automne 1978, Michel Foucault se rend en Iran pour réaliser un "reportage d'idées" sur le soulèvement contre le régime du shah. Dix articles sont publiés par le Corriere della Sera, dans lesquels il tente de comprendre la révolte, sa forme singulière et ses aspirations. Un exercice à la croisée de la philosophie et du journalisme, "où l'analyse de ce que l'on pense [est] liée à celle de ce qui advient". À l'époque, un seul de ces articles est aussi publié en français, dans Le Nouvel Observateur. Il est à l'origine d'une polémique qui a traversé les années : Michel Foucault, en Iran, aurait été séduit par l'élan révolutionnaire au point d'être aveugle à son potentiel autoritaire, bientôt manifesté par la République islamique de l'ayatollah Khomeyni. Pourtant, le reportage ne relève ni d'un soutien à un régime qui n'existe pas encore, ni d'une fascination pour l'islam politique, dont Foucault perçoit les ambiguïtés et les dangers. Il est le témoignage d'un des rares intellectuels français à s'être rendus sur place pour comprendre au nom de quoi les Iraniens et les Iraniennes ont pu risquer leur vie dans une révolte fédérant des classes sociales et des mouvements politiques et religieux si différents. Le présent ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble des articles du reportage, les critiques parues dans la presse de l'époque, ainsi que les réponses et réflexions de Foucault à ce propos. On y trouve aussi une sélection d'archives inédites - notes prises sur le vif et premières ébauches d'une pensée, toujours actuelle, de "l'événement Iran".

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Couverture ebook de La religion n'existe pas, de Nathalie Heinich
Gallimard | 4 mars 2026

On parle communément du "culte" de Van Gogh, de la "messe" du journal télévisé de 20 heures, de la "divinité" d'une star. On parle aussi de "religions séculières" à propos tant des grandes ferveurs politiques (communisme, fascisme...) que des petites ritualités du quotidien. Mais que nous apportent de telles analogies ? Rien, affirme cet essai incisif, sinon une confusion certaine et l'illusion du caractère matriciel de l'expérience religieuse. Cette illusion nous empêche de saisir que ce qu'on appelle "religion" se manifeste par une multiplicité de formes et assume une grande diversité de fonctions dont aucune n'est spécifiquement religieuse. L'analyse raisonnée de ces fonctions dans leurs différentes configurations contextuelles permet de comprendre que "la religion" ou "le religieux" ne sont que des notions sans référent réel, dont on peut avantageusement se passer si l'on veut ouvrir la boîte noire de leurs acceptions hétéroclites.

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Couverture ebook de La religion n'existe pas, de Nathalie Heinich
Gallimard | 4 mars 2026

On parle communément du "culte" de Van Gogh, de la "messe" du journal télévisé de 20 heures, de la "divinité" d'une star. On parle aussi de "religions séculières" à propos tant des grandes ferveurs politiques (communisme, fascisme...) que des petites ritualités du quotidien. Mais que nous apportent de telles analogies ? Rien, affirme cet essai incisif, sinon une confusion certaine et l'illusion du caractère matriciel de l'expérience religieuse. Cette illusion nous empêche de saisir que ce qu'on appelle "religion" se manifeste par une multiplicité de formes et assume une grande diversité de fonctions dont aucune n'est spécifiquement religieuse. L'analyse raisonnée de ces fonctions dans leurs différentes configurations contextuelles permet de comprendre que "la religion" ou "le religieux" ne sont que des notions sans référent réel, dont on peut avantageusement se passer si l'on veut ouvrir la boîte noire de leurs acceptions hétéroclites.

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Couverture ebook de L'impossible famille Rivière, de Jeanne Favret-Saada
Gallimard | 25 février 2026

Le 3 juin 1835, un jeune paysan normand, Pierre Rivière, égorge sa mère, sa soeur et son frère avant de s'enfuir. Arrêté le mois suivant, il rédige, dans l'attente de son jugement, un Mémoire d'une cinquantaine de feuillets pour expliquer son geste. Condamné à mort, puis gracié, c'est-à-dire emprisonné à vie, il se suicide dans sa cellule en 1840. De cette affaire, il nous reste ce Mémoire très détaillé, redécouvert au début des années 1970 par Michel Foucault qui, entouré d'une petite équipe, en produisit l'édition. Jeanne Favret-Saada avait participé à cette entreprise éditoriale, qui se refusait à toute interprétation savante pour laisser la pleine page au jeune homme. Dans le présent ouvrage, l'anthropologue revient sur ce qui s'est joué en 1835 - des élites donnant la parole à un ' subalterne ' que son acte jugeait d'avance -, mais en s'attachant au fond de l'affaire : quelle suite d'événements a conduit Pierre Rivière à ce triple meurtre ? Contre l'interprétation qui réduit ce Mémoire à un discours psychotique, elle propose qu'on le soumette à une enquête qui conjoigne l'ethnologie et l'histoire. Elle examine ainsi les vingt-deux ans d'une vie familiale impossible, Victoire Rivière ayant refusé d'emblée la plupart des devoirs de l'épouse. Le mariage était alors régi par le Code civil napoléonien, pleinement confirmé par la coutume locale en matière de domination masculine. L'analyse serrée des péripéties rapportées par l'assassin montre alors les raisons de son geste meurtrier.

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Couverture ebook de L'impossible famille Rivière, de Jeanne Favret-Saada
Gallimard | 25 février 2026

Le 3 juin 1835, un jeune paysan normand, Pierre Rivière, égorge sa mère, sa soeur et son frère avant de s'enfuir. Arrêté le mois suivant, il rédige, dans l'attente de son jugement, un Mémoire d'une cinquantaine de feuillets pour expliquer son geste. Condamné à mort, puis gracié, c'est-à-dire emprisonné à vie, il se suicide dans sa cellule en 1840. De cette affaire, il nous reste ce Mémoire très détaillé, redécouvert au début des années 1970 par Michel Foucault qui, entouré d'une petite équipe, en produisit l'édition. Jeanne Favret-Saada avait participé à cette entreprise éditoriale, qui se refusait à toute interprétation savante pour laisser la pleine page au jeune homme. Dans le présent ouvrage, l'anthropologue revient sur ce qui s'est joué en 1835 - des élites donnant la parole à un ' subalterne ' que son acte jugeait d'avance -, mais en s'attachant au fond de l'affaire : quelle suite d'événements a conduit Pierre Rivière à ce triple meurtre ? Contre l'interprétation qui réduit ce Mémoire à un discours psychotique, elle propose qu'on le soumette à une enquête qui conjoigne l'ethnologie et l'histoire. Elle examine ainsi les vingt-deux ans d'une vie familiale impossible, Victoire Rivière ayant refusé d'emblée la plupart des devoirs de l'épouse. Le mariage était alors régi par le Code civil napoléonien, pleinement confirmé par la coutume locale en matière de domination masculine. L'analyse serrée des péripéties rapportées par l'assassin montre alors les raisons de son geste meurtrier.

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Couverture ebook de Un univers enchanté, de Marshall Sahlins
Gallimard | 28 janvier 2026

Durant la majeure partie de l'histoire et au sein de la plupart des sociétés, la vie humaine a été soumise à des dieux, des puissances ou des esprits, partout présents dans l'expérience quotidienne. En abordant ces sociétés qui évoluent dans un univers enchanté avec les outils et les préjugés de notre propre monde désenchanté, l'anthropologie n'a cessé de les défigurer. Car pour comprendre les conceptions de ces innombrables hommes et femmes, il faut en réalité rompre avec les notions modernes de religion, de croyance, de surnaturel ou de mythe. Ainsi seulement peut-on ouvrir la voie à une "science nouvelle" attentive aux diverses ontologies. Revisite et synthèse de l'histoire de la discipline, tour du monde conduisant des Inuit du cercle arctique aux Dinka d'Afrique de l'Est, en passant par les Araweté d'Amazonie ou les habitants des îles Trobriand, ce texte posthume de Marshall Sahlins met en lumière ce qui est le coeur battant de la recherche à laquelle il a consacré sa vie : une '"double illumination", où la compréhension de sociétés différentes est toujours aussi une manière de mieux se connaître.

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Couverture ebook de Un univers enchanté, de Marshall Sahlins
Gallimard | 28 janvier 2026

Plongez dans Un univers enchanté de Marshall Sahlins, une synthèse magistrale de l’anthropologie révélant comment la majorité des sociétés humaines ont vécu dans un monde peuplé de dieux et d’esprits.

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Couverture ebook de Le noeud démocratique. Aux origines de la crise néolibérale, de Marcel Gauchet
Gallimard | 9 octobre 2024

Le désenchantement du monde n'avait pas livré tous ses secrets. Il comportait une suite que l'on n'attendait pas. On le croyait achevé. Il n'en était rien. Il est allé silencieusement à son terme au cours des quatre ou cinq dernières décennies. La sortie de la structuration religieuse des sociétés a libéré cette fois toutes ses potentialités en engendrant un "nouveau monde" déconcertant. L'étrange crise de la démocratie qui affecte le monde occidental en est un des aspects les plus troublants. Elle est l'opposé exact de la crise totalitaire qui a ravagé le premier siècle. Celle-ci avait pour moteur l'aspiration à détruire la démocratie dite "bourgeoise" pour lui substituer des régimes supérieurs. La crise actuelle, à l'inverse, touche une démocratie dont les principes sont plébiscités, mais dont le fonctionnement n'en suscite pas moins une immense frustration et des fractures profondes au sein des peuples. Cette "crise de la réussite", comme il y eut un "vertige du succès" stalinien, est liée, montre Marcel Gauchet, à une lecture trompeuse de la nouvelle structuration collective née de l'effacement complet de l'empreinte sacrale. Elle induit une vision réductrice de la nature de la démocratie, aveugle au noeud qui tient ses éléments ensemble. Il faut la dire "néolibérale", dans un sens qui va bien au-delà de l'économie, même si elle consacre le règne de l'économie, puisqu'elle concerne tous les domaines de l'existence collective et en propose même un modèle global. Mais à l'exemple de l'expérience totalitaire en son temps, cette expérience qui en prend le contrepied a la vertu de mettre en lumière des conditions jusqu'alors mal identifiables de la bonne marche de nos régimes. C'est en fonction de ses enseignements que devra se repenser la démocratie de l'avenir.

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Couverture ebook de Le noeud démocratique. Aux origines de la crise néolibérale, de Marcel Gauchet
Gallimard | 9 octobre 2024

Le désenchantement du monde n'avait pas livré tous ses secrets. Il comportait une suite que l'on n'attendait pas. On le croyait achevé. Il n'en était rien. Il est allé silencieusement à son terme au cours des quatre ou cinq dernières décennies. La sortie de la structuration religieuse des sociétés a libéré cette fois toutes ses potentialités en engendrant un "nouveau monde" déconcertant. L'étrange crise de la démocratie qui affecte le monde occidental en est un des aspects les plus troublants. Elle est l'opposé exact de la crise totalitaire qui a ravagé le premier siècle. Celle-ci avait pour moteur l'aspiration à détruire la démocratie dite "bourgeoise" pour lui substituer des régimes supérieurs. La crise actuelle, à l'inverse, touche une démocratie dont les principes sont plébiscités, mais dont le fonctionnement n'en suscite pas moins une immense frustration et des fractures profondes au sein des peuples. Cette "crise de la réussite", comme il y eut un "vertige du succès" stalinien, est liée, montre Marcel Gauchet, à une lecture trompeuse de la nouvelle structuration collective née de l'effacement complet de l'empreinte sacrale. Elle induit une vision réductrice de la nature de la démocratie, aveugle au noeud qui tient ses éléments ensemble. Il faut la dire "néolibérale", dans un sens qui va bien au-delà de l'économie, même si elle consacre le règne de l'économie, puisqu'elle concerne tous les domaines de l'existence collective et en propose même un modèle global. Mais à l'exemple de l'expérience totalitaire en son temps, cette expérience qui en prend le contrepied a la vertu de mettre en lumière des conditions jusqu'alors mal identifiables de la bonne marche de nos régimes. C'est en fonction de ses enseignements que devra se repenser la démocratie de l'avenir.

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Couverture ebook de La survie des médiocres. Critique du darwinisme et du capitalisme, de Daniel Milo
Gallimard | 10 janvier 2024

Darwin a très souvent raison. Mais quand il a tort, ses erreurs sont lourdes de conséquences, tant pour la science que pour la société, parce qu'il est le lecteur attitré du Livre de la Nature. Daniel S. Milo, un historien essayiste qui travaille avec des biologistes depuis quinze ans, fonde cette critique sur leurs propres découvertes. Il part de l'air de famille existant entre la "sélection naturelle" de Darwin et la "main invisible" d'Adam Smith. La nature sait ce qu'elle fait ; le marché a toujours raison. Si les non-humains sont condamnés à innover et à exceller parce que telle est la loi de l'évolution, les humains n'ont pas davantage le droit de s'endormir sur leurs lauriers. L'homologie entre la nature et le marché vient, pour l'auteur, du "péché originel" de Darwin : il a conçu la sélection naturelle à l'image de la domestication. De là est née l'alliance objective entre le néodarwinisme et le néocapitalisme, les deux modèles se renforçant l'un l'autre. Rien n'est pourtant plus dissemblable que le fonctionnement de la nature et celui de la ferme. L'optimisation est la règle et la raison d'être de la sélection artificielle, mais dans la nature les passables et les médiocres ont aussi leurs chances de survivre et de se multiplier. La compétition n'y est qu'une forme de sociabilité parmi d'autres. Il y a, dans le monde des humains comme dans le monde des non-humains, de la place, une place presque illimitée, pour le faible comme pour le plus fort, pour l'ennuyeux comme pour le plus brillant, pour l'oisif comme pour le besogneux. Si nous saluons la sagesse de la nature, nous devons reconnaître que la tolérance à la médiocrité est un aspect constitutif de son génie. Soyons donc ses dignes disciples !

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Couverture ebook de La survie des médiocres. Critique du darwinisme et du capitalisme, de Daniel Milo
Gallimard | 10 janvier 2024

Darwin a très souvent raison. Mais quand il a tort, ses erreurs sont lourdes de conséquences, tant pour la science que pour la société, parce qu'il est le lecteur attitré du Livre de la Nature. Daniel S. Milo, un historien essayiste qui travaille avec des biologistes depuis quinze ans, fonde cette critique sur leurs propres découvertes. Il part de l'air de famille existant entre la "sélection naturelle" de Darwin et la "main invisible" d'Adam Smith. La nature sait ce qu'elle fait ; le marché a toujours raison. Si les non-humains sont condamnés à innover et à exceller parce que telle est la loi de l'évolution, les humains n'ont pas davantage le droit de s'endormir sur leurs lauriers. L'homologie entre la nature et le marché vient, pour l'auteur, du "péché originel" de Darwin : il a conçu la sélection naturelle à l'image de la domestication. De là est née l'alliance objective entre le néodarwinisme et le néocapitalisme, les deux modèles se renforçant l'un l'autre. Rien n'est pourtant plus dissemblable que le fonctionnement de la nature et celui de la ferme. L'optimisation est la règle et la raison d'être de la sélection artificielle, mais dans la nature les passables et les médiocres ont aussi leurs chances de survivre et de se multiplier. La compétition n'y est qu'une forme de sociabilité parmi d'autres. Il y a, dans le monde des humains comme dans le monde des non-humains, de la place, une place presque illimitée, pour le faible comme pour le plus fort, pour l'ennuyeux comme pour le plus brillant, pour l'oisif comme pour le besogneux. Si nous saluons la sagesse de la nature, nous devons reconnaître que la tolérance à la médiocrité est un aspect constitutif de son génie. Soyons donc ses dignes disciples !

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Couverture ebook de Des valeurs. Une approche sociologique, de Nathalie Heinich
Gallimard | 1 mars 2017

"Valeurs" : jamais ce terme n'a été aussi fréquemment invoqué, alors même qu'il est peu ou mal défini. Plutôt que de contourner ou de disqualifier la question, Nathalie Heinich l'aborde avec sérieux, au moyen des outils des sciences sociales, en adoptant une approche descriptive, compréhensive et résolument neutre. Elle montre ainsi que les valeurs ne sont ni des réalités ni des illusions, mais des représentations collectives cohérentes et agissantes. Contrairement à la philosophie morale, qui prétend dire ce que seraient de "vraies" valeurs, la "sociologie axiologique" s'attache à ce que sont les valeurs pour les acteurs : comment ils évaluent, opinent, pétitionnent, expertisent ; comment ils attribuent de "la" valeur, en un premier sens, par le prix, le jugement ou l'attachement ; comment les différents objets valorisés (choses, personnes, actions, états du monde) deviennent des "valeurs" en un deuxième sens (la paix, le travail, la famille) ; et comment ces processus d'attribution de valeur reposent sur des "valeurs" en un troisième sens, c'est-à-dire des principes largement partagés (la vérité, la bonté, la beauté), mais diversement mis en oeuvre en fonction des sujets qui évaluent, des objets évalués et des contextes de l'évaluation. L'analyse pragmatique des jugements produits en situation réelle de controverse, de différend impossible à clore, tels les débats sur la corrida, permet à l'auteur de mettre en évidence la culture des valeurs que partagent les membres d'une même société. On découvre ainsi que, contrairement à quelques idées reçues, l'opinion n'est pas réductible à l'opinion publique, pas plus que la valeur ne l'est au prix, ni les valeurs à la morale ; que les valeurs ne sont ni de droite ni de gauche ; et qu'elles ne sont ni des entités métaphysiques existant "en soi", ni des constructions arbitraires ou des dissimulations d'intérêts cachés.

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Couverture ebook de Des valeurs. Une approche sociologique, de Nathalie Heinich
Gallimard | 1 mars 2017

"Valeurs" : jamais ce terme n'a été aussi fréquemment invoqué, alors même qu'il est peu ou mal défini. Plutôt que de contourner ou de disqualifier la question, Nathalie Heinich l'aborde avec sérieux, au moyen des outils des sciences sociales, en adoptant une approche descriptive, compréhensive et résolument neutre. Elle montre ainsi que les valeurs ne sont ni des réalités ni des illusions, mais des représentations collectives cohérentes et agissantes. Contrairement à la philosophie morale, qui prétend dire ce que seraient de "vraies" valeurs, la "sociologie axiologique" s'attache à ce que sont les valeurs pour les acteurs : comment ils évaluent, opinent, pétitionnent, expertisent ; comment ils attribuent de "la" valeur, en un premier sens, par le prix, le jugement ou l'attachement ; comment les différents objets valorisés (choses, personnes, actions, états du monde) deviennent des "valeurs" en un deuxième sens (la paix, le travail, la famille) ; et comment ces processus d'attribution de valeur reposent sur des "valeurs" en un troisième sens, c'est-à-dire des principes largement partagés (la vérité, la bonté, la beauté), mais diversement mis en oeuvre en fonction des sujets qui évaluent, des objets évalués et des contextes de l'évaluation. L'analyse pragmatique des jugements produits en situation réelle de controverse, de différend impossible à clore, tels les débats sur la corrida, permet à l'auteur de mettre en évidence la culture des valeurs que partagent les membres d'une même société. On découvre ainsi que, contrairement à quelques idées reçues, l'opinion n'est pas réductible à l'opinion publique, pas plus que la valeur ne l'est au prix, ni les valeurs à la morale ; que les valeurs ne sont ni de droite ni de gauche ; et qu'elles ne sont ni des entités métaphysiques existant "en soi", ni des constructions arbitraires ou des dissimulations d'intérêts cachés.

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Couverture ebook de Économie et politique en France (Tome 1) - De la Gaule romaine à 1789, de Jacques Mistral
Gallimard | 4 octobre 2023

L'histoire du continent européen est rythmée par la lente formation d'États-nations dont la plupart sont aujourd'hui membres de l'Union européenne. Cette histoire est aussi fascinante que paradoxale. Si l'on s'intéresse aux similitudes, on remarque partout un assemblage de capitalisme, de démocratie et d'individualisme. Si l'on s'intéresse aux particularismes, on observe que chacun de ces États-nations s'est construit au fil des siècles selon un processus qui lui est propre. Le présent ouvrage donne à voir ce qui rend la France d'aujourd'hui, comme celle de 1789, comme celle du Moyen Âge, à la fois si proche et si différente de l'Angleterre, de l'Allemagne ou de l'Espagne aux mêmes époques. La méthode mise en oeuvre à cette fin se déploie sur deux plans. L'actualité, l'histoire contemporaine nous convainquent en effet aisément que la vie de la nation est rythmée par les interactions de l'économique et du politique. Le pouvoir politique comme l'activité économique sont toujours en mouvement, ils peuvent amener la société à saisir de nouvelles opportunités, à transformer les conditions du vivre-ensemble, ou bien figer la nation dans l'immobilisme et le conflit, l'ouvrir aux vents du grand large ou la replier sur son territoire et sur ses traditions. Cet ouvrage est donc à la fois récit historique et essai de sciences humaines ; son originalité consiste à mêler étroitement l'économique, les forces qui déterminent les conditions matérielles d'existence, la richesse, et le politique, les forces qui organisent la conquête et l'exercice du pouvoir, la puissance. Ces forces donnent, conjointement, sa dynamique au mouvement de l'histoire et c'est de leur interaction que l'on peut attendre une meilleure compréhension de l'exceptionnalisme français, un régime d'économie politique à la poursuite de la gloire.

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Couverture ebook de Économie et politique en France (Tome 1) - De la Gaule romaine à 1789, de Jacques Mistral
Gallimard | 4 octobre 2023

L'histoire du continent européen est rythmée par la lente formation d'États-nations dont la plupart sont aujourd'hui membres de l'Union européenne. Cette histoire est aussi fascinante que paradoxale. Si l'on s'intéresse aux similitudes, on remarque partout un assemblage de capitalisme, de démocratie et d'individualisme. Si l'on s'intéresse aux particularismes, on observe que chacun de ces États-nations s'est construit au fil des siècles selon un processus qui lui est propre. Le présent ouvrage donne à voir ce qui rend la France d'aujourd'hui, comme celle de 1789, comme celle du Moyen Âge, à la fois si proche et si différente de l'Angleterre, de l'Allemagne ou de l'Espagne aux mêmes époques. La méthode mise en oeuvre à cette fin se déploie sur deux plans. L'actualité, l'histoire contemporaine nous convainquent en effet aisément que la vie de la nation est rythmée par les interactions de l'économique et du politique. Le pouvoir politique comme l'activité économique sont toujours en mouvement, ils peuvent amener la société à saisir de nouvelles opportunités, à transformer les conditions du vivre-ensemble, ou bien figer la nation dans l'immobilisme et le conflit, l'ouvrir aux vents du grand large ou la replier sur son territoire et sur ses traditions. Cet ouvrage est donc à la fois récit historique et essai de sciences humaines ; son originalité consiste à mêler étroitement l'économique, les forces qui déterminent les conditions matérielles d'existence, la richesse, et le politique, les forces qui organisent la conquête et l'exercice du pouvoir, la puissance. Ces forces donnent, conjointement, sa dynamique au mouvement de l'histoire et c'est de leur interaction que l'on peut attendre une meilleure compréhension de l'exceptionnalisme français, un régime d'économie politique à la poursuite de la gloire.

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Couverture ebook de Le nouvel âge du kitsch. Essai sur la civilisation du "trop", de Jean Lipovetsky, Gilles Serroy
Gallimard | 24 mai 2023

Le kitsch n'est plus ce qu'il était. De style décrié, dévolu à un univers décoratif marqué par le manque de goût, il s'est métamorphosé en néokitsch "branché", systémique et planétaire. Il était associé à la décoration intérieure bourgeoise, aux bimbeloteries, aux images sulpiciennes : le voici qui s'infiltre dans les urbanismes pastiches gigantesques, les mégacentres commerciaux, les parcs de loisirs, les défilés de mode, le showbiz, les soaps télévisés, le design, la communication virtuelle sur les réseaux. Désormais proliférant, démesuré, envahissant de plus en plus de secteurs, un nouveau cosmos kitsch s'affirme, qui dépasse de beaucoup la sphère des propriétés formelles des choses et des images tant il contribue à dessiner une forme de civilisation : la civilisation du "trop". Ajoutant le trop au trop, l'hyperkitsch consumériste a pris le relais du kitsch bourgeois et romantique. Il est devenu l'expression même de la civilisation mondialisée de la surconsommation, du spectacle et des simulacres. C'est cette formidable mutation historique que les deux auteurs analysent afin de porter sur le kitsch un jugement raisonné. Si les critiques sont nécessaires et même impératives face aux débordements du "trop", reste en effet à savoir jusqu'où. Une société sans kitsch est-elle souhaitable ? C'est loin d'être sûr. Le kitsch n'est pas chose à brûler mais à penser.

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Couverture ebook de Le nouvel âge du kitsch. Essai sur la civilisation du "trop", de Jean Lipovetsky, Gilles Serroy
Gallimard | 24 mai 2023

Le kitsch n'est plus ce qu'il était. De style décrié, dévolu à un univers décoratif marqué par le manque de goût, il s'est métamorphosé en néokitsch "branché", systémique et planétaire. Il était associé à la décoration intérieure bourgeoise, aux bimbeloteries, aux images sulpiciennes : le voici qui s'infiltre dans les urbanismes pastiches gigantesques, les mégacentres commerciaux, les parcs de loisirs, les défilés de mode, le showbiz, les soaps télévisés, le design, la communication virtuelle sur les réseaux. Désormais proliférant, démesuré, envahissant de plus en plus de secteurs, un nouveau cosmos kitsch s'affirme, qui dépasse de beaucoup la sphère des propriétés formelles des choses et des images tant il contribue à dessiner une forme de civilisation : la civilisation du "trop". Ajoutant le trop au trop, l'hyperkitsch consumériste a pris le relais du kitsch bourgeois et romantique. Il est devenu l'expression même de la civilisation mondialisée de la surconsommation, du spectacle et des simulacres. C'est cette formidable mutation historique que les deux auteurs analysent afin de porter sur le kitsch un jugement raisonné. Si les critiques sont nécessaires et même impératives face aux débordements du "trop", reste en effet à savoir jusqu'où. Une société sans kitsch est-elle souhaitable ? C'est loin d'être sûr. Le kitsch n'est pas chose à brûler mais à penser.

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Couverture ebook de La valeur des personnes. Preuves et épreuves de la grandeur, de Nathalie Heinich
Gallimard | 21 septembre 2022

Attribuer de la valeur aux personnes est une activité familière, sur laquelle on ne s'interroge pas. Elle obéit pourtant à des règles implicites. Ce livre applique à ces règles le modèle d'analyse proposé dans Des valeurs, une approche sociologique (2017). Il fait apparaître tout d'abord une large gamme de "preuves de qualité", du statut au talent en passant par l'apparence physique ou les actes ; ensuite, le rôle décisif des "épreuves d'évaluation" comme les examens, concours, prestations publiques ; enfin "l'épreuve de la grandeur" qui fabrique dans les représentations des hié

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Couverture ebook de La valeur des personnes. Preuves et épreuves de la grandeur, de Nathalie Heinich
Gallimard | 21 septembre 2022

Attribuer de la valeur aux personnes est une activité familière, sur laquelle on ne s'interroge pas. Elle obéit pourtant à des règles implicites. Ce livre applique à ces règles le modèle d'analyse proposé dans Des valeurs, une approche sociologique (2017). Il fait apparaître tout d'abord une large gamme de "preuves de qualité", du statut au talent en passant par l'apparence physique ou les actes ; ensuite, le rôle décisif des "épreuves d'évaluation" comme les examens, concours, prestations publiques ; enfin "l'épreuve de la grandeur" qui fabrique dans les représentations des hié

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Couverture ebook de Mythanalyse de la couleur, de Hervé Fischer
Gallimard | 22 mars 2023

Ce livre fait suite aux Couleurs de l'Occident : De la Préhistoire au XXIe siècle, paru en 2019, qui portait sur une analyse sociologique des systèmes et des codes de couleurs des sociétés occidentales en relation avec l'évolution de leurs structures et de leurs idéologies. Tandis que ce premier volume évoquait le contrôle social du langage des couleurs par les pouvoirs religieux, politiques, économiques, le second aborde le pôle opposé, l'irrationalité irréductible des couleurs qui relève des mythes et des imaginaires sociaux, ceux que les pouvoirs tentent de réduire à des codes institués, mais qui leur échappent et sont célébrées dans les mystères initiatiques, les médecines douces, la poésie et les arts, nos révoltes, nos subjectivités, jusqu'à devenir des marqueurs de nos différences individuelles. On s'est toujours évertué à expliquer les couleurs. Les chromatologues scientifiques s'acharnèrent à les échantillonner, numéroter, mesurer selon d'innombrables paramètres, et à les géométriser en cercles, triangles, cônes, sphères et autres solides, voire en système planétaire. Les artistes les explorèrent selon leurs effets inconscients, leur musique, leur seule puissance visuelle, leur magie. Les médecines douces les traitèrent comme des énergies corporelles. Les modes vestimentaires, le design, les cosmétiques en exploitèrent les symboliques irrationnelles. Elles sont apparemment devenues la liberté de notre regard, de l'artiste, de l'anarchiste, et même des psychotropes. Mais elles ont toujours été et demeurent aujourd'hui les couleurs de nos mythes et en suivent donc les codes, qui varient avec eux selon les sociétés et les époques.

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Couverture ebook de Mythanalyse de la couleur, de Hervé Fischer
Gallimard | 22 mars 2023

Ce livre fait suite aux Couleurs de l'Occident : De la Préhistoire au XXIe siècle, paru en 2019, qui portait sur une analyse sociologique des systèmes et des codes de couleurs des sociétés occidentales en relation avec l'évolution de leurs structures et de leurs idéologies. Tandis que ce premier volume évoquait le contrôle social du langage des couleurs par les pouvoirs religieux, politiques, économiques, le second aborde le pôle opposé, l'irrationalité irréductible des couleurs qui relève des mythes et des imaginaires sociaux, ceux que les pouvoirs tentent de réduire à des codes institués, mais qui leur échappent et sont célébrées dans les mystères initiatiques, les médecines douces, la poésie et les arts, nos révoltes, nos subjectivités, jusqu'à devenir des marqueurs de nos différences individuelles. On s'est toujours évertué à expliquer les couleurs. Les chromatologues scientifiques s'acharnèrent à les échantillonner, numéroter, mesurer selon d'innombrables paramètres, et à les géométriser en cercles, triangles, cônes, sphères et autres solides, voire en système planétaire. Les artistes les explorèrent selon leurs effets inconscients, leur musique, leur seule puissance visuelle, leur magie. Les médecines douces les traitèrent comme des énergies corporelles. Les modes vestimentaires, le design, les cosmétiques en exploitèrent les symboliques irrationnelles. Elles sont apparemment devenues la liberté de notre regard, de l'artiste, de l'anarchiste, et même des psychotropes. Mais elles ont toujours été et demeurent aujourd'hui les couleurs de nos mythes et en suivent donc les codes, qui varient avec eux selon les sociétés et les époques.

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Couverture ebook de La littérature chinoise, littérature hors norme, de Léon Vandermeersch
Gallimard | 19 janvier 2022

Un petit livre pour un grand sujet : la spécificité de la littérature chinoise fondée sur une écriture idéographique, à la différence de toutes les écritures indo-européennes de la sphère occidentale où l'écriture est de type alphabétique. De notre côté donc, une écriture d'origine orale ; de l'autre, une écriture oraculaire monopolisée à la fin du XIIe siècle avant notre ère par les spécialistes de la divination. Léon Vandermeersch en développe les conséquences et les transformations depuis celles qui découlent de Confucius et du confucianisme, puis de la conversion en logographie quand s'impose le bouddhisme, jusqu'à la révolution culturelle du 4 mai 1929 qui abolit la langue graphique et universalise l'écriture en langue parlée.

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Couverture ebook de La littérature chinoise, littérature hors norme, de Léon Vandermeersch
Gallimard | 19 janvier 2022

Un petit livre pour un grand sujet : la spécificité de la littérature chinoise fondée sur une écriture idéographique, à la différence de toutes les écritures indo-européennes de la sphère occidentale où l'écriture est de type alphabétique. De notre côté donc, une écriture d'origine orale ; de l'autre, une écriture oraculaire monopolisée à la fin du XIIe siècle avant notre ère par les spécialistes de la divination. Léon Vandermeersch en développe les conséquences et les transformations depuis celles qui découlent de Confucius et du confucianisme, puis de la conversion en logographie quand s'impose le bouddhisme, jusqu'à la révolution culturelle du 4 mai 1929 qui abolit la langue graphique et universalise l'écriture en langue parlée.

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Couverture ebook de Le sacre de l'authenticité, de Gilles Lipovetsky
Gallimard | 6 octobre 2021

Le droit d'être soi s'est affirmé, depuis les années 1970, comme une idée-force majeure, un puissant transformateur anthropologique. Il a bouleversé le rapport des individus à eux-mêmes, au genre, à la sexualité et à la famille, au travail et à l'art, à la politique et à la religion. Il a remodelé de fond en comble la façon d'être soi et de vivre en société, façonné une nouvelle condition subjective, enfanté une nouvelle phase de la civilisation des individus. Il a contribué à l'avènement du stade hypermoderne de l'état social démocratique-individualiste : il nous a fait changer de monde. Nous voici au moment où cet idéal est parvenu au zénith de son rayonnement social. Il s'agit désormais d'être soi dans la consommation courante, dans l'alimentation, les voyages, le vêtir, la décoration du chez-soi, les manières de communiquer. Plus aucun secteur n'échappe au fétichisme de l'authentique. Partout nous voulons du sens, du vrai, de la transparence, du naturel, de la sincérité, de la fidélité à soi-même. Nous vivons la phase de parachèvement historique de la culture d'authenticité. Est-elle capable de relever tous les défis de notre siècle anxieux ? Rien n'est moins sûr.

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Couverture ebook de Le sacre de l'authenticité, de Gilles Lipovetsky
Gallimard | 6 octobre 2021

Le droit d'être soi s'est affirmé, depuis les années 1970, comme une idée-force majeure, un puissant transformateur anthropologique. Il a bouleversé le rapport des individus à eux-mêmes, au genre, à la sexualité et à la famille, au travail et à l'art, à la politique et à la religion. Il a remodelé de fond en comble la façon d'être soi et de vivre en société, façonné une nouvelle condition subjective, enfanté une nouvelle phase de la civilisation des individus. Il a contribué à l'avènement du stade hypermoderne de l'état social démocratique-individualiste : il nous a fait changer de monde. Nous voici au moment où cet idéal est parvenu au zénith de son rayonnement social. Il s'agit désormais d'être soi dans la consommation courante, dans l'alimentation, les voyages, le vêtir, la décoration du chez-soi, les manières de communiquer. Plus aucun secteur n'échappe au fétichisme de l'authentique. Partout nous voulons du sens, du vrai, de la transparence, du naturel, de la sincérité, de la fidélité à soi-même. Nous vivons la phase de parachèvement historique de la culture d'authenticité. Est-elle capable de relever tous les défis de notre siècle anxieux ? Rien n'est moins sûr.

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Couverture ebook de L'institution de l'esclavage. Une approche mondiale, de Alain Testart
Gallimard | 7 mars 2018

L'institution de l'esclavage est une reprise complétée et actualisée d'un ouvrage qu'Alain Testart, décédé en 2013, avait publié sous le titre L'esclave, la dette et le pouvoir, en 2001, aux Éditions Errance. La définition de l'esclave a toujours été incertaine et le statut de ce que l'on met sous ce nom a beaucoup changé selon les temps et les lieux. Mais il reste toujours un exclu : exclu de la cité dans les sociétés antiques, exclu de la parenté dans les sociétés lignagères, exclu en tant que sujet dans les sociétés monarchiques. C'est l'exclusion d'une des relations sociales tenues pour fondamentales par la société qui distingue l'esclave des autres formes de dépendance et d'asservissement. Sous l'esclavage, gît donc la question du pouvoir. Il y a, pour l'auteur, un lien direct entre l'esclavage et l'émergence de l'État, qui s'arroge le monopole des esclaves, vis à-vis des pouvoirs concurrents, de tout ordre, économique ou non. D'où la constatation, bien documentée, que c'est dans les sociétés les moins centralisées et les moins hiérarchisées, en principe les moins oppressives, que se rencontre la pire condition de l'esclave. Et l'inverse : c'est dans les sociétés les plus autoritaires et despotiques que la condition de l'esclave semble la moins défavorable. Alain Testart est un des rares anthropologues qui disposent d'une culture aussi étendue, largement comparative. Cette nouvelle édition, établie par sa collaboratrice, Valérie Lécrivain, ajoute à l'ancienne un article inédit qui permet de préciser les thèses de l'auteur. Elle fait de ce livre d'il y a plus de quinze ans un livre neuf, plus adapté aux connaissances et aux sensibilités contemporaines

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Couverture ebook de L'institution de l'esclavage. Une approche mondiale, de Alain Testart
Gallimard | 7 mars 2018

L'institution de l'esclavage est une reprise complétée et actualisée d'un ouvrage qu'Alain Testart, décédé en 2013, avait publié sous le titre L'esclave, la dette et le pouvoir, en 2001, aux Éditions Errance. La définition de l'esclave a toujours été incertaine et le statut de ce que l'on met sous ce nom a beaucoup changé selon les temps et les lieux. Mais il reste toujours un exclu : exclu de la cité dans les sociétés antiques, exclu de la parenté dans les sociétés lignagères, exclu en tant que sujet dans les sociétés monarchiques. C'est l'exclusion d'une des relations sociales tenues pour fondamentales par la société qui distingue l'esclave des autres formes de dépendance et d'asservissement. Sous l'esclavage, gît donc la question du pouvoir. Il y a, pour l'auteur, un lien direct entre l'esclavage et l'émergence de l'État, qui s'arroge le monopole des esclaves, vis à-vis des pouvoirs concurrents, de tout ordre, économique ou non. D'où la constatation, bien documentée, que c'est dans les sociétés les moins centralisées et les moins hiérarchisées, en principe les moins oppressives, que se rencontre la pire condition de l'esclave. Et l'inverse : c'est dans les sociétés les plus autoritaires et despotiques que la condition de l'esclave semble la moins défavorable. Alain Testart est un des rares anthropologues qui disposent d'une culture aussi étendue, largement comparative. Cette nouvelle édition, établie par sa collaboratrice, Valérie Lécrivain, ajoute à l'ancienne un article inédit qui permet de préciser les thèses de l'auteur. Elle fait de ce livre d'il y a plus de quinze ans un livre neuf, plus adapté aux connaissances et aux sensibilités contemporaines

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Couverture ebook de La sécurité sociale - Une institution de la démocratie, de Colette Bec
Gallimard | 29 janvier 2014

La question de la Sécurité sociale a des allures de marronnier et donne lieu à des prises de position tranchées, chacun accusant les autres de vouloir la tuer et appelant à la sauver. Il en va ainsi depuis des décennies, en fait depuis que le fameux trou, que les experts sondent sans relâche, est devenu à lui seul un objet de controverse. Aux antipodes de ces polémiques, l'ouvrage de Colette Bec entend revenir à l'intention de ses pères fondateurs, en 1945, et saisir les principes à l'oeuvre dans son évolution, ses réformes, ses problèmes actuels. Dans le projet de l'immédiat après-guerre, la Sécurité sociale était envisagée comme une politique de protection globale. Elle était conçue comme le socle de la solidarité et relevait de choix collectifs engageant le destin commun et l'organisation d'une société juste. En ce sens, elle se distinguait radicalement des assurances sociales limitées à la protection des salariés. Pour ses concepteurs, la Sécurité sociale constituait une institution de la démocratie à venir, une démocratie capable d'aménager un cadre permettant l'émancipation individuelle. En interrogeant ce projet, Colette Bec établit que la crise de la Sécurité sociale est en fait celle d'un mode d'appartenance que le système de protection a contribué à élaborer et qu'il participe désormais à déconstruire. Elle montre à quel point cette ambition vaut toujours dans le contexte actuel, qu'une approche technicienne et budgétaire rend en grande partie inintelligible.

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Gallimard | 29 janvier 2014

La question de la Sécurité sociale a des allures de marronnier et donne lieu à des prises de position tranchées, chacun accusant les autres de vouloir la tuer et appelant à la sauver. Il en va ainsi depuis des décennies, en fait depuis que le fameux trou, que les experts sondent sans relâche, est devenu à lui seul un objet de controverse. Aux antipodes de ces polémiques, l'ouvrage de Colette Bec entend revenir à l'intention de ses pères fondateurs, en 1945, et saisir les principes à l'oeuvre dans son évolution, ses réformes, ses problèmes actuels. Dans le projet de l'immédiat après-guerre, la Sécurité sociale était envisagée comme une politique de protection globale. Elle était conçue comme le socle de la solidarité et relevait de choix collectifs engageant le destin commun et l'organisation d'une société juste. En ce sens, elle se distinguait radicalement des assurances sociales limitées à la protection des salariés. Pour ses concepteurs, la Sécurité sociale constituait une institution de la démocratie à venir, une démocratie capable d'aménager un cadre permettant l'émancipation individuelle. En interrogeant ce projet, Colette Bec établit que la crise de la Sécurité sociale est en fait celle d'un mode d'appartenance que le système de protection a contribué à élaborer et qu'il participe désormais à déconstruire. Elle montre à quel point cette ambition vaut toujours dans le contexte actuel, qu'une approche technicienne et budgétaire rend en grande partie inintelligible.

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Couverture ebook de Passer à l'âge d'homme. Dans les sociétés méditerranéennes, de Daniel Fabre
Gallimard | 16 février 2022

Un ouvrage à part, une oeuvre à part, un auteur à part. Daniel Fabre, ethnologue et anthropologue, était un homme d'une activité débordante, de curiosités sans frontières et d'une érudition insatiable. Il a laissé, en disparaissant brutalement en 2016, à soixante-huit ans, une oeuvre dispersée en une quantité d'articles et d'essais que sa soif d'enrichissement et de perfectionnement perpétuels condamnait à un éternel inachèvement. De cet ensemble foisonnant se détachent deux axes principaux. D'une part, l'"invisible initiation" à la maturité masculine, spécialement dans les sociétés paysannes et méditerranéennes. D'autre part, l'attention au statut de l'écrivain et de l'artiste, les formes et les pratiques de l'expression littéraire. Chacun de ces centres d'intérêt fera, dans cette collection, l'objet d'un ouvrage. Voici le premier avec une présentation de l'auteur par Pierre Nora.

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Couverture ebook de Passer à l'âge d'homme. Dans les sociétés méditerranéennes, de Daniel Fabre
Gallimard | 16 février 2022

Un ouvrage à part, une oeuvre à part, un auteur à part. Daniel Fabre, ethnologue et anthropologue, était un homme d'une activité débordante, de curiosités sans frontières et d'une érudition insatiable. Il a laissé, en disparaissant brutalement en 2016, à soixante-huit ans, une oeuvre dispersée en une quantité d'articles et d'essais que sa soif d'enrichissement et de perfectionnement perpétuels condamnait à un éternel inachèvement. De cet ensemble foisonnant se détachent deux axes principaux. D'une part, l'"invisible initiation" à la maturité masculine, spécialement dans les sociétés paysannes et méditerranéennes. D'autre part, l'attention au statut de l'écrivain et de l'artiste, les formes et les pratiques de l'expression littéraire. Chacun de ces centres d'intérêt fera, dans cette collection, l'objet d'un ouvrage. Voici le premier avec une présentation de l'auteur par Pierre Nora.

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