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Les Éperons de la liberté : ce livre de témoignage et de souvenirs qu'il a écrit la dernière année de sa vie, Paul Meurisse l'a composé avec le soin d'un dramaturge mettant en scène sa propre pièce. Il s'y révèle tout entier, avec ses dons évidents et ses qualités moins connues mais profondes. Le gentleman et l'homme de coeur. Le sceptique et l'être de foi. L'humour noir et la tendresse secrète. Ce livre est un acte d'indépendance pour un grand comédien doué d'une volonté et d'un courage à toute épreuve. Les Éperons de la liberté, le fier titre de ces Mémoires, c'est la devise exacte d'un homme qui eut de l'allure dans la joie, dans la douleur et dans la mort, comme s'il était le Cyrano de la fin du XXe siècle. Du caf'conc' à la Comédie-Française, de « Macadam » aux « Diaboliques », de « la Vérité » au « Monocle rit jaune », du « Bel Indifférent » à « Mon père avait raison », les étapes de l'itinéraire insolite d'un homme libre et toujours debout. Une chevauchée folle maîtrisée comme une reprise du Cadre noir de Saumur. L'homme qui sut tenir tête à Clouzot et qui étonna toujours les producteurs de cinéma, nous parle de Piaf, de Stroheim et de Jean Renoir, avec l'intelligence du coeur. Il conclut son livre et sa vie sur l'aveu de ses deux amours : son amour pour une femme qui lui a fait croire en Dieu et son amour pour le public.
Entre tragédie et farce, Je rirai le dernier révèle le double visage de Jean Le Poulain, acteur et metteur en scène hors norme.
Les Français aiment son cran, ses élans de coeur, sa sensibilité, sa générosité jusqu'au sacrifice. On la sait capable de « mourir d'aimer » et d'en vivre infiniment. « Vivre d'aimer » : beaucoup, passionnément, à la folie. Dans ce témoignage où la langue franche prend tous les accents de la voix intérieure, Annie Girardot recrée les émotions et les temps forts de sa vie de femme, ses angoisses de mère dont elle révèle le secret, et répond en même temps aux interrogations des femmes d'aujourd'hui qui se donnent à leur métier tout en se donnant à leurs proches. Vivre d'aimer : un titre à l'image de sa vie. Chez Annie Girardot, le don de soi surpasse toujours son besoin d'exister intensément, sans perdre un seul instant. Elle est présente tout entière entre ces lignes, bien au-delà des circonstances d'une vie et d'une carrière passionnantes. Et pour se raconter, elle a trouvé les mots qui sonnent juste, les mots qui vont au coeur. Comédienne exercée à dire les grands textes, elle nous livre peut-être ici, son plus beau rôle.
Plus que les mémoires d'un comédien exemplaire, un surprenant voyage à travers la mémoire d'un homme en quête de son identité. Surprenant car, dans ce parcours original, Guy Tréjan bouscule d'emblée les conventions de l'autobiographie d'acteur. Surprenant, si l'on connaît, au-delà du personnage public, au-delà du travail du comédien, la discrétion extrême de l'homme, à la ville. Une réserve soulignée, avec une lucide affection, par Edwige Feuillère : Nous ne saurons jamais tout sur l'homme Tréjan, ni sur l'acteur Guy Tréjan... C'est pourquoi ce récit, à jeu découvert, n'en est que plus attachant : c'est celui d'un homme qui, enfin, se raconte et découvre le plaisir d'écrire. Voyage à rebours, où se mêlent passé et présent et où, dans l'émotion des retrouvailles, anecdotes familiales et notes sur ce monde de passion qu'est la scène, voisinent avec les carnets les plus intimes. Et si nous retrouvons acteurs et metteurs en scène célèbres, qui s'attendrait à découvrir ici Flora Révallès, star des Ballets Russes, la tante mythique de Guy Tréjan, ou Gustave Treichler, conseiller du Négus en Abyssinie au début du siècle, un grand-père de légende ! Il y a là, dirait-on, dans l'art de la disgression, une sorte d'art de vivre. Comme si, chez Guy Tréjan, la pudeur était la clé paradoxale du talent rare qu'un Molière a récemment consacré. Écoutons cette voix, dans son registre le plus sincère, nous conter son plus beau rôle : celui d'une vie.
Les aventures d'un fils de la grande bourgeoisie française, héros de la 2e D.B. à dix-sept ans, promu, par une série de hasards et une cascade de coups de tête, modéliste de Dior puis star de cinéma des années 50-60 et crooner de l'Europe de la chanson. Le héros romantique des fifties. Un personnage de hussard égaré dans la jungle du spectacle et des médias, et qui joue les météores en se battant contre le système. Dans les milieux de la haute couture, des salons parisiens, dans le monde du théâtre et du cinéma, le récit très attachant des ambitions d'un Rastignac, racontées par un Fabrice Del Dongo au regard lucide et ironique, qui doute de ses propres succès. Tendre pour les autres, presque cruel envers lui-même, Jean-Claude Pascal a réussi à faire de son témoignage autobiographique, l'éducation sociale et sentimentale d'un jeune homme né avec la beauté du diable, mais trop doué et trop honnête pour accepter son physique de l'emploi. Jamais l'envers du décor n'avait été si bien décrit par un membre du sérail, familier des plus grandes vedettes, qui révèle ici un don indéniable de portraitiste. Ce roman vrai du star-système est la réussite du genre.