FeniXX réédition numérique (Bière)
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Et si la responsabilité n’était pas ce que le droit et la morale nous disent ? L’homme coupable interroge la frontière entre éthique et justice, et révèle pourquoi notre société confond si souvent faute et loi.
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Né en 1909, Jean Felon a traversé le siècle : enfance brestoise, adolescence réolaise, études supérieures de lettres et premiers pas dans l'enseignement à Bordeaux - inspecteur de l'Éducation nationale à Aubenas, Cahors, Bergerac et Bordeaux - et, pour clore cette longue carrière, inspecteur d'Académie à Rouen. Une seule coupure dans cet enchaînement, mais qui l'a marqué : trente sept mois de guerre et de captivité en Allemagne. Retiré à Bordeaux (et à Soulac-sur-Mer), il consacre sa retraite à diverses activités, la plus importante étant, depuis 1976, la présidence du Centre information jeunesse Aquitaine (CIJA). Observateur passionné du "monde comme il va", très attaché à tout ce qui concerne la jeunesse, il a décidé de rédiger ses Mémoires. Il se veut à la fois objectif et mesuré. Ce qui ne l'empêche pas de parsemer ses écrits de quelques grains d'émotion et de quelques pointes d'humour. Bref, ce "Bon an, mal an au long du siècle" est l'oeuvre vivante d'un homme de bonne volonté.
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La tolérance signifie certes - pour beaucoup - le respect de la diversité des opinions et des croyances, et la recherche d'un compromis pacifique entre elles. Mais la justice exige bien davantage. Car elle n'entend pas ramener le partage et l'égalité à la meilleure des solutions - alors qu'il reste le sacrifice - ni le droit à ce qui suffit, alors que le droit peut être injuste. C'est que la justice introduit l'exigence de la vérité, d'une vérité une et intransigeante, la vérité de la personne sous la nature de l'homme, la vérité de la dignité singulière et vivante sous les notions abstraites. La justice ne souffre guère ainsi le scepticisme de la connaissance, ou la résignation de la volonté, cet abandon intellectuel et moral que professent les théories dogmatiques de l'heure, ces théories du consensus et du « raisonnable », qui viennent de justifier, au nom du droit et de la loi, les atteintes subies par tant d'innocents, comme elles justifièrent - hier - ce qu'elles prennent le sinistre alibi de dénoncer avec bonne conscience aujourd'hui. La justice implique donc le courage d'admettre la référence à un ordre supérieur au compromis, l'ordre idéal de l'être, au-dessus de la structure conceptuelle des faits, cet ordre dont témoignent les héros et les saints et qui justifie - seul - l'égalité de compromis du droit : qui fait que le droit est droit, mais qui rappelle que le droit est second.
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Cet ouvrage confronte la conception des principes constitutifs de la réalité, chez Thomas d'Aquin, Scot, Occam, et quelques conséquences produites par ces principes. Il met ainsi en lumière trois modèles de philosophie, pertinents pour éclairer la pensée contemporaine : une philosophie transcendentale, une pensée nominaliste empiriste, et une pensée de l'acte d'être de l'être en acte. Aux yeux de l'auteur, cette dernière possède, grâce à l'ordre hiérarchique, à la causalité et à l'analogie, la vertu d'échapper aux contradictions et aux réductions qui menacent les deux premières. Un tel débat montre l'intérêt permanent d'une ontologie de l'acte.
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Sans doute le plus important philosophe italien. Et l'un des principaux maîtres de l'histoire de la philosophie catholique. Environ 120 volumes : une oeuvre monumentale au plan théologique et métaphysique, mais aussi psychologique, logique, éthique, juridique, politique. Dans une mouvance platonicienne et augustinienne, il renouvelle une tradition thomiste décadente et prend une orientation personnaliste. Personnaliste, en un sens totalement inédit dans la modernité, même en milieu chrétien, il préfigure les courants de l'expérience vécue, de la solidarité du pensé et du senti, et de "l'être dans le monde" ; il intègre et dépasse l'empirisme et le sensualisme, la philosophie des Lumières et surtout l'idéalisme kantien et hégélien. Mystique fondateur d'ordre et engagé social et politique, il promeut un ordre religieux (encore existant) qu'il crée avec l'appui de Grégoire XVI, sans séparer la "charité matérielle" de la "charité intellectuelle" : le "faire la vérité" d'un évangélisme radical qui assume toute l'activité de l'esprit. Les missions rosminiennes provoqueront en Angleterre, puis en Amérique du Nord, la résurgence du catholicisme. Le plus souvent, il passera pour progressiste. À cause de sa connaissance des auteurs rationalistes, dont il dévoile cependant sans complaisance les limites et les prolongements "associatifs". Mais parce qu'il est aussi un témoin lucide des compromissions et des excès des partisans du pouvoir temporel de l'Église, sous l'ascendant de l'Empire austro-hongrois, et parce qu'il est un défenseur des plus faibles, y compris des victimes lointaines du mercantilisme libéral. Correspondant de l'Institut de France, ami de Victor Cousin comme de Lamennais et de Lacordaire, ministre et même Premier ministre, auteur d'un projet de Constitution fédérale pour l'Italie et pour l'Europe, acteur du Risorgimento, quoique très méfiant à l'égard des égoïsmes nationalistes, dans l'intimité des papes successifs, qui voient en lui le penseur de référence et qui l'encouragent très vivement ; soutien le plus proche de Pie IX, puis cible de la réaction catholique pilotée par l'extrémisme autrichien ; étouffé, calomnié, humilié : le procès de ses livres, de son vivant, aboutit à un Dimittantur imposant l'ordre papal de ne plus les remettre en cause à l'avenir ; après avoir échappé aux pièges d'un emprisonnement, il disparaît dans des conditions encore troubles, et son ami le poète Manzoni reçoit ses derniers mots exhortant alors à une résignation silencieuse : "adorare, tacere, godere". Son influence est latente sur beaucoup de mouvements philosophiques et de sciences humaines au XXe siècle ; elle s'exercera de même sur le Concile Vatican II et à travers la personnalité de Jean XXIII. Et ce ne serait pas la première fois que Jean-Paul II met son nom explicitement en avant. Il est enfin significatif que la réflexion universitaire et culturelle s'y attache récemment, et que la société civile italienne - tous horizons confondus - lui ait rendu un hommage solennel sans précédent lors du bicentenaire de sa naissance. Le cas Rosmini illustre parfaitement le mode de persécution qui frappe aux temps modernes toute exigence intellectuelle et caritative de vérité philosophique et chrétienne poussée jusqu'au témoignage absolu. Une vie qui commence sous la lumière de l'innocence pour s'achever "sous le soleil de Satan".
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