Editions de l'Université de Bruxelles
Décryptez les enjeux juridiques et moraux de la décolonisation en Nouvelle-Calédonie à travers une enquête ethnographique inédite.
Bruxelles, Genève, Montréal : trois villes, une même crise sanitaire, mais des inégalités sociales de santé qui se révèlent et s’aggravent.
Europe is going through a period of major political change. Governments are taking unusually long to form, elections are becoming more unpredictable, political systems are increasingly fragmented, the radical right is gaining strength, and trust in politics is eroding across large parts of society. This book examines how these trends have played out in Belgium by taking a long-term view from 1830 to today. While Belgium's political system and its main actors have changed significantly over time, some underlying patterns have remained. By looking at shifts in political life, institutions, and key players since independence while using the major cleavages that have shaped political debate, the author identifies six key phases in Belgium's political history: 1830-1893, 1894-1918, 1919-1945, 1946-1965, 1965-1999, and the early 21st century. Each of these periods is explored in detail. As with any timeline, the boundaries between the phases are not rigid. Still, it is essential to adopt a dynamic approach that recognises continuity and the turning points that have shaped Belgian politics. ABOUT THE AUTHOR Pascal Delwit is a professor of political science at the Université libre de Bruxelles (ULB), where he conducts his research at the Centre for the Study of Political Life (Cevipol). His work mainly focuses on political parties as well as political and electoral life in Belgium and Europe. He is the author of "Gauches radicales en Europe. XIXe-XXIe siècles" (2016) and " La Vie politique en Belgique de 1830 à nos jours" (2022), both published by the Editions of the Université de Bruxelles.
The 2011 war in Syria triggered a wave of people seeking asylum in Europe, bringing immigration into the political and media spotlight and sparking numerous debates on displaced people. These debates have been marked by a heightened focus on the terminology used to describe people on the move. Terms such as refugee, migrant, immigrant, asylum seeker, illegal immigrant, and displaced person have circulated in the media, often blurring our understanding of events or conveying contradictory representations of those involved. Moreover, the words used to define people on the move are not fixed in time; their meaning and reference emerge from events and social representations, shaping both the public issue of migration and the image of the social actors concerned. Using a discursive approach that combines discourse analysis and corpus linguistics, this book examines how the Belgian media referred to displaced people. It is innovative in three key ways. Firstly, it analyses media coverage in both the French- and Dutch-speaking communities of Belgium, allowing for comparisons of how migration was represented in two culturally, linguistically, and politically distinct regions of the same country. Secondly, it studies both written and audiovisual media, drawing on an extensive dataset of 13,391 press articles and 3,490 television news items. Finally, it goes beyond the most commonly used terms related to migration, exploring a significantly broader range of designations than have previously been studied. This book contributes to the understanding of how language shapes social debates and is an essential resource for anyone interested in the multilingual analysis of media texts.
Lors des précédentes réformes de l'État, les propositions sur l'avenir de la Belgique ressemblaient à celles d'un couple en instance de divorce - la Flandre et la Wallonie -, statuant sur le partage de leurs biens... mais sans y parvenir pour le cas de Bruxelles. Face aux nombreuses divergences, les Bruxelloises et les Bruxellois (qui n'ont pas été consultés) sont finalement restés sous la tutelle des Communautés pour certaines matières. Le Brussels Studies Institute inverse cette approche et veut mener le débat institutionnel en partant du point de vue de Bruxelles. Dans cet ouvrage, plus de vingt-cinq chercheurs partent de cette question : et si Bruxelles devenait une Région autonome, sans distinction entre les compétences régionales et communautaires (à l'instar de la Flandre et de la Wallonie), cela améliorerait-il la vie des Bruxelloises et des Bruxellois ? À PROPOS DES AUTEURS Dirk Moors est responsable « valorisation » au Brussels Studies Institute. Auparavant, il a été fonctionnaire à la Commission communautaire flamande (VGC) pendant 10 ans et chef de cabinet adjoint dans des cabinets bruxellois et flamand pendant 18 ans, où il a contribué à la mise en oeuvre de la politique communautaire flamande - éducation, culture et bien-être - à Bruxelles. Anneloes Vandenbroucke est docteure en psychologie (KU Leuven, 2003) et coordinatrice de recherche au Brussels Studies Institute depuis 2015. Elle y joue un rôle central dans la réalisation des BSI Series. Son expertise de recherche se situe principalement dans le domaine des inégalités sociales dans l'éducation. Iadine Degryse est historienne et chercheure au Brussels Studies Institute. Ses recherches portent sur l'histoire de Bruxelles, l'historiographie muséale, les politiques mémorielles et les représentations contestées. Simon Boone est directeur du Brussels Studies Institute, la plateforme interuniversitaire et intercommunautaire pour la recherche sur Bruxelles. Il est docteur en sociologie (UGent, 2013) et ses recherches ont porté principalement sur les inégalités sociales dans l'enseignement.
Avant que la chaîne Fox News ne s'établisse comme relais privilégié du conservatisme au début des années 2000 et bien avant qu'elle ne noue des liens symbiotiques avec la sphère trumpiste la décennie suivante, la popularisation des idées de droite radicale a d'abord été rendue possible par la radio. Phénomène peu connu des publics francophones, c'est grâce au talkshow radiophonique conservateur, qui s'impose en 1988 avec l'animateur Rush Limbaugh, son père fondateur, que ces idées acquièrent une visibilité sans précédent au sein de l'écosystème médiatique et de la sphère politique, pour s'installer plus nettement dans le débat public. Ce livre examine l'essor de la radio conservatrice, son rôle dans l'élaboration d'une rhétorique tapageuse et outrancière et ses relations avec le Parti républicain, pour lui rendre sa place dans l'histoire politique et médiatique des États-Unis du tournant du XXIe siècle. Il montre comment le changement de régime médiatique qui s'opère à la fin des années 1980 permet l'émergence d'un nouveau genre radiophonique partisan et la constitution d'une sphère publique « défensive », qui, ensemble, s'établissent comme groupe d'intérêt au sein de la coalition républicaine. Cet appariement se fait par le biais de relations fluctuantes nouées sur des bases idéologiques mais de façon pragmatique avec les élites du parti. Puissant instrument de la contestation conservatrice et média de prédilection des Républicains au cours des années 1990, la radio conservatrice engage un bras de fer perpétuel avec les médias grand public - et souvent, avec l'establishment républicain lui-même - pour le contrôle de l'ordre du jour politique et médiatique et s'impose rapidement comme force politique de premier plan au point de contribuer à la reconquête du pouvoir législatif par les conservateurs en 1994 et 2010. À PROPOS DE L'AUTEUR Maître de conférences en sociétés et cultures des États-Unis à l'Université de Lorraine (site de Metz) et membre du Centre de Recherche sur les Médiations (CREM), Sébastien Mort travaille sur les médias conservateurs et sur l'intersection entre politique, fabrique de l'information et journalisme aux États-Unis.
De l’artisan au médecin, en passant par l’enseignant ou l’ouvrier, Les poètes de métier révèle un pan méconnu de l’histoire littéraire : celui des hommes et femmes qui, tout en exerçant un métier, ont choisi de célébrer leur quotidien en vers.
À travers une enquête originale, cet ouvrage dévoile les mécaniques de criminalisation des juifs par la Police des étrangers entre 1880 et 1930. Il envisage cette criminalisation comme un racisme institutionnel engendré par la banalisation de stéréotypes judéophobes et interroge les pratiques et représentations de la Police des étrangers. Avant les années 1930, l'élite politique et intellectuelle belge ne revendique pas d'idées antisémites. Bien que connus pour leurs textes antisémites, Edmond Picard et Jules Destrée n'ont ni l'influence ni le succès d'un Charles Maurras, d'un Édouard Drumont ou encore d'un Adolf Stoecker. Cela signifie-t-il pour autant que l'antisémitisme est inoffensif en Belgique ?Pour répondre à cette question, ce livre présente une enquête sur la surveillance exercée par les agents de la Police des étrangers sur les étrangers juifs de Cureghem entre 1880 et 1930. Fortement stigmatisé, le quartier de Cureghem est identifié comme juif, pauvre et étranger par les forces de l'ordre. Par conséquent, les juifs de Cureghem sont plus susceptibles d'être la cible de surveillances en fonction de la criminalisation dont ils font l'objet et qui varie selon les stéréotypes de l'époque et leur appartenance de classe, leur nationalité, leur genre, leur « race » et leur lieu d'habitation.Illustré par différents récits de vie d'étrangers, cet ouvrage met en lumière les trois figures criminelles du juif étranger qui préoccupent la Police des étrangers : le « juif colporteur », le « judéo-boche » et le « judéo-bolchevique ». En conclusion, ce livre dévoile la présence de stéréotypes judéophobes au sein de la Police des étrangers et leur utilisation pour justifier des discriminations. À PROPOS DE L'AUTRICEYasmina Zian est docteure en histoire et spécialisée dans les relations entre institutions étatiques et groupes minorisés. Elle travaille sur l'antisémitisme, l'histoire coloniale et les politiques migratoires.
En Belgique francophone, les femmes ne représentent qu'un tiers des journalistes titulaires de la carte de presse. Comment expliquer que la féminisation de la profession de journaliste soit si lente dans nos rédactions alors que les femmes sont pourtant majoritaires depuis de nombreuses années dans les formations en journalisme, ainsi que parmi les jeunes qui commencent le métier ? Pourquoi certaines décident-elles de le quitter ? Que signifie être journaliste femme en Belgique francophone aujourd'hui? Ce livre interroge le rôle et la place des femmes journalistes au sein des entreprises médiatiques. Il se fonde sur le croisement de cinq terrains d'enquête sociologique différents qui ont permis d'interroger des femmes et des hommes journalistes, d'anciennes journalistes et les directions de médias généralistes. Il explore les enjeux et les obstacles rencontrés par les femmes journalistes tout au long de leur carrière : conditions d'emploi et de travail difficiles, organisation genrée des rédactions avec des assignations à certaines rubriques ou des freins dans l'accès aux postes à responsabilités, complexité à concilier vies privée et professionnelle, et dureté d'un monde journalistique où les faits de violence organisationnelle seraient légion. Le monde journalistique belge francophone raconte ses difficultés, complexes et souvent plus prégnantes pour les femmes. Cet ouvrage esquisse un journalisme qui se vit encore majoritairement au masculin. À PROPOS DES AUTEURES Florence Le Cam est professeure à l'Université libre de Bruxelles, co-responsable du Laboratoire des pratiques et identités journalistiques (LaPIJ-ULB-UMONS) et membre des laboratoires ReSIC (ULB) et Arènes (Université de Rennes 1). Ses recherches portent sur les identités journalistiques et leurs confrontations aux enjeux historiques et contemporains. Elle est co-éditrice de la revue Sur le journalisme (www.surlejournalisme.com/rev). Lise Ménalque est doctorante à l'Université libre de Bruxelles et à l'Université Laval. Elle est membre du Laboratoire des pratiques et identités journalistiques (LaPIJ-ULB), du laboratoire ReSIC (ULB), et de la Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre, l'égalité et la sexualité (STRIGES-ULB). Ses recherches se focalisent sur les rapports sociaux de genre, la sociologie du journalisme et la sociologie des organisations. Manon Libert est chargée de cours à l'Université de Mons. Co-responsable du Laboratoire des pratiques et des identités journalistiques (LaPIJ, ULB-UMONS), elle est membre du Centre de Recherche en Inclusion Sociale (CeRIS, UMONS) et du Centre de recherche en Sciences de l'information et de la communication (ReSIC, ULB). Ses recherches portent sur les identités professionnelles, les conditions de travail et les carrières des journalistes.
Le Musée de la Seconde Guerre mondiale de Gdansk incarne l'un des conflits les plus importants et dramatiques ayant ébranlé la culture européenne de la mémoire et de l'histoire publique au cours des dernières décennies. Le musée est devenu l'ennemi suprême de la droite nationaliste, accusé de « cosmopolitisme », de «pseudo-universalisme », de «pacifisme » et de « servir les intérêts étrangers ». À PROPOS DE L'AUTEUR Pawel Machcewicz est historien, fondateur et directeur du Musée de la Seconde Guerre mondiale de Gdansk.
Comment lire un texte poétique ? Une étude sémiotique et phénoménologique de la poésie contemporaine montre que l'univers poétique fait exister des traces de mimésis, offre prise par des images et des rythmes à un corps du lecteur mentalisé, qui combine les grains de sensations et crée des spectres. À PROPOS DE L'AUTEURE Béatrice Bloch est professeure de littérature française contemporaine à l'Université de Poitiers, et membre de l'équipe de recherches FORELLIS. Ses travaux portent sur la littérature contemporaine et sur les rapports entre musique et littérature. Elle a publié Une Lecture sensorielle : Le Récit poétique contemporain, Gracq, Simon, Kateb, Delaume (Rennes, PUR, 2017), et, en collaboration, sur l'art comme Écriture de la littérature et des art (Presses universitaires de Bordeaux, Modernités n°41, 2017).
Ce livre a pour objectif de mettre en exergue les principaux développements et enjeux relatifs à l'insertion de l'islam en Europe en s'appuyant sur le cas de la Belgique. À PROPOS DE L'AUTEURE Corinne Torrekens est docteure en sciences politiques et sociales de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Chargée de recherches au FNRS et chercheuse au METICES (ULB), ses travaux portent sur l'inscription de l'islam dans la société belge et notamment dans le régime de reconnaissance des cultes.
Ce livre analyse les discours, les modèles et les contre-modèles d'une adolescence féminine qui charrie encore aujourd'hui son lot d'inquiétudes. À travers une analyse socioculturelle de la notion d'adolescence, Laura Di Spurio retrace les mutations et les permanences de la figure de la jeune fille. Au cours du XXe siècle, l'adolescence se mue en classe d'âge pour bientôt devenir un espace culturel, social et biopsychologique. L'adolescence devient un principe explicatif « pour toutes ». Ce nouveau modèle adolescent est dessiné par des adultes emplis de peurs face à cette jeunesse féminine qu'ils jugent plus précoce, plus libre et plus affirmée. Comment accorder cette notion pensée au masculin sans troubler un féminin que l'on voudrait éternel ? Comment appliquer cette notion à toutes les jeunes filles, même à celles dont le quotidien s'éloigne du modèle tracé par les scientifiques ? Que fait l'adolescence aux jeunes filles ? Et enfin, comment celles-ci troublent-elles la notion ? Ce sont les questions posées par cet ouvrage qui, à partir d'un corpus de sources variées, raconte un demi-siècle d'histoire du côté des jeunes filles.
Le slogan féministe des années 1970 « Un enfant quand je veux, si je veux » résonne encore aujourd'hui. Il pose la question de la liberté de choix dans l'espacement des naissances, dans la décision des femmes d'être mère. Il interroge peu le choix de ne pas être mère. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir fait le choix d'une vie sans enfant. Face à « l'évidence du naturel », devant l'injonction moderne au désir d'enfant, ces femmes sont souvent qualifiées de déviantes, d'anormales, d'égoïstes. Ne pas avoir d'enfant par choix demeura longtemps un impensé, y compris dans la recherche scientifique. Depuis plusieurs années, des mouvements et des groupes antinatalistes radicaux se font remarquer sur la scène médiatique par des déclarations fracassantes, des happenings ou des événements. Ceux et celles qu'on appelle désormais les « croisés de la dénatalité » se font plus visibles et revendiquent publiquement leur non-désir d'enfant. Ils et elles avancent des arguments démographiques, politiques ou écologiques. En même temps, des essayistes comme Élisabeth Badinter dénoncent une pression croissante pesant sur les femmes pour les inciter à devenir mères et à une renaturalisation de la maternité. Par ailleurs, l'expérience de la maternité elle-même se transforme et se diversifie. Ainsi, des mouvements qui ont longtemps rejeté l'institution de la famille ont récemment demandé d'y avoir accès. On le voit, la maternité et le refus de celle-ci sont au coeur de nombreux débats contemporains. Ce numéro de Sextant interroge ces mouvements et ces débats autour de la non-maternité, en définit les contours et interroge le passé afin de mieux cerner les questionnements actuels. Que signifie ne pas être mère aujourd'hui ? Quels jalons et événements ont rendu ce choix possible dans la société d'aujourd'hui ?
La philosophie du droit d'Hannah Arendt, trop souvent mise de côté, est remise à jour par Vincent Lefebve. En forçant un peu le trait, tout se passe comme si les abondantes lectures politiques et morales suscitées par l'oeuvre de Hannah Arendt avaient conspiré à masquer sa philosophie du droit. Cet ouvrage s'efforce de rectifier une telle perspective, bien ancrée tant chez les spécialistes de la pensée politique que dans le grand public, en invitant le lecteur à cheminer à travers cette oeuvre exigeante afin d'y découvrir une réflexion sur le droit originale. Cet ouvrage de philosophie revisite la pensée originale de la politologue, philosophe et journaliste allemande Hannah Arendt. EXTRAIT Par contraste, on ne peut pas dire que la philosophe soit généralement reconnue pour avoir élaboré une pensée du droit. Il a fallu attendre bien longtemps avant que les premières publications allant dans cette direction voient le jour. De telles initiatives restent malgré tout assez isolées et elles sont quasiment absentes de la littérature secondaire en langue française5. Nous proposons ici non seulement de montrer qu'une telle pensée du droit existe bel et bien chez Arendt, qu'elle traverse l'oeuvre de part en part, mais aussi qu'elle constitue l'une des meilleures clés interprétatives de cette philosophie politique déroutante, peu préoccupée de systématicité. Pourquoi cette pensée politique du droit, comme nous l'appellerons dans les pages qui vont suivre, a-t-elle longtemps reçu aussi peu d'attention ? Il est vrai qu'on cherchera en vain, chez Arendt, une philosophie du droit qui soit explicitement formulée en tant que telle. Alors que la question de l'essence, question socratique par excellence, constitue l'une des marques distinctives de l'investigation philosophique telle qu'Arendt la conçoit (nous trouvons dans son oeuvre des textes importants qui s'intitulent : « Qu'est-ce que la liberté ? », « Qu'est-ce que l'autorité ? », etc.), la philosophe ne s'est jamais saisie de la question : « qu'est-ce que le droit ? ». Un tel constat est toutefois trompeur. Une lecture attentive permet en effet de mettre en lumière la présence, dans l'oeuvre arendtienne, des thèmes du droit, des droits de l'homme, de la Constitution, de la loi, du contrat, de la justice, etc.. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Cet ouvrage est une excellente synthèse de l'ensemble des réflexions arendtiennes où le droit est convoqué. L'analyse de l'oeuvre de Hannah Arendt sous l'angle du droit en renouvelle profondément la lecture et s'avère d'une grande fécondité. Vincent Lefebve montre, avec beaucoup de talent, comment cette oeuvre est tout entière traversée par une interrogation dense et très féconde sur les rapports entre droit et politique, le droit s'imposant comme un facteur de stabilisation et de création d'un espace public où la pluralité humaine peut agir politiquement. Cet ouvrage montre également l'actualité de la pensée arendtienne face aux problématiques juridiques contemporaines [...] tout en rappelant les dangers auxquels les hommes doivent faire face en leur qualité d'êtres politiques. - Sophie Schulze, Centre de philosophie juridique et politique, Droit et Société L'originalité de l'ouvrage de Vincent Lefebve est de mettre au jour un aspect largement méconnu de la pensée de Hannah Arendt, sa philosophie du droit, qui ne se présente pas de façon explicite. - Katia Genel, Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, Revue française de science politique À PROPOS DE L'AUTEUR Vincent Lefebve est chargé de recherches du FNRS, maître d'enseignement en droit à l'Université libre de Bruxelles et membre du Centre de droit public et du Centre de droit international.
Découvrez l'histoire du musée de Mariemont, situé en plein coeur du Hainaut... Ce livre revient sur l'histoire du musée de Mariemont. Situé au coeur du Hainaut, le musée doit son existence à la volonté de Raoul Warocqué, industriel, homme politique et philanthrope, qui lègue à la Belgique en 1917 son château et les collections d'objets d'art qu'il y a rassemblées. un ouvrage historique qui retrace le parcours d'un collectionneur, homme politique et philanthrope, qui a transformé sa passion pour les objets d'art et sa collection privée en un véritable musée. EXTRAIT Si le rôle joué par les collectionneurs dans la formation des musées est communément affirmé, l'étude de l'histoire du musée de Mariemont offre la possibilité d'explorer le passage de la collection privée au musée public. Elle permet tout d'abord d'examiner en détail le legs de Raoul Warocqué et son acceptation par les pouvoirs publics. La première question que suscite la lecture de son testament concerne la mise en oeuvre des volontés qu'il traduit. Vu qu'elles s'opposent sur certains aspects aux impératifs découlant de la gestion publique d'un musée, dans quelle mesure les responsables sont-ils parvenus à assurer le respect de ces volontés ? La conciliation des conditions du legs avec les missions du musée, les difficultés qu'elle génère et les solutions qui sont envisagées pour les résoudre mènent dès lors naturellement à l'étude de l'organisation et du fonctionnement du musée de Mariemont au fil de son évolution. Il conviendra à cet égard de vérifier l'hypothèse généralement formulée selon laquelle cette institution est une « Belle au bois dormant » pendant les premières années de son existence. Si la personnalité de Raoul Warocqué et la formation de ses collections ont déjà fait l'objet de nombreuses études, le musée des années 1920 et du début des années 1930 est entièrement méconnu. De même, bien que la période qui suit soit davantage documentée grâce aux travaux publiés par les conservateurs de l'époque, la gestion du musée avant 1960 n'a jamais été analysée. Ce sont ces lacunes que comble le présent ouvrage, mais il fournit également l'occasion d'approfondir des sujets comme la politique muséale de l'Etat belge, la sociologie des conservateurs ou encore l'inscription des musées dans les pratiques touristiques et scolaires.
Le droit international peut-il être universel ou n’est-il que le reflet des rapports de force entre États ?
Au Maroc, des migrants africains décident de « signer la déportation », c'est-à-dire de rentrer au pays par le biais d'une aide au retour volontaire de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette expression émique invite à interroger les retours au-delà des schémas binaires habituels de la contrainte et de la volonté. Mais comment les migrants s'approprient-ils l'éloignement ? Fondé sur des recherches ethnographiques conduites dans différentes villes du Maroc, cet ouvrage appréhende les migrants comme des acteurs à part entière de l'éloignement, en même temps qu'il restitue la pluralité - et souvent l'ambiguïté - de leurs pratiques dans un contexte contraint. Circulant entre le bureau de l'OIM à Rabat, les zones frontalières au nord du pays, les églises et les campements aux marges des métropoles marocaines, la recherche chemine au plus près de trajectoires rythmées par des espoirs déçus et la poursuite d'un avenir meilleur. Au fil des pages, les migrants se révèlent tour à tour hésitants, protestataires ou stratèges, au point même de s'approprier le retour volontaire pour circuler entre les Afriques méditerranéenne et subsaharienne. L'ouvrage dévoile également l'existence d'une pluralité d'acteurs périphériques à l'OIM - les intermédiaires humanitaires et ceux issus des communautés migrantes - qui jouent un rôle décisif dans le processus de retour. Ce livre contribue remarquablement aux débats théoriques sur l'externalisation des frontières de l'Union européenne et sur l'articulation entre contrôle et autonomie des migrations. Il propose également une réflexion inédite sur les héritages coloniaux de l'intermédiation dans le contrôle migratoire en Afrique et offre un bel exemple de méthode d'enquête inductive prenant le parti de saisir la frontière par ses marges. contrôle migratoire, humanitaire, Maroc, migrants, migration, OIM, Organisation internationale pour les migrations, Afrique subsaharienne À PROPOS DE L'AUTRICE Anissa Maâ est actuellement chargée de recherches F.R.S.-FNRS à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Docteure en sciences politiques et sociales de l'ULB, elle a été postdoctorante au Département de Développement International de l'Université d'Oxford. Ses recherches se situent au croisement de la sociologie politique de l'international et de la socio-anthropologie des migrations. Elles s'appuient sur des terrains ethnographiques conduits en Afrique du Nord et de l'Ouest.
In recent, new paradigms have radically altered the historical understanding of the Qur'an and Early Islam, causing much debate and controversy. This volume gathers select proceedings from the first conference of the Early Islamic Studies Seminar. These studies explore the history of the Qur'an and of formative Islam, with the methodological tools set forth in Biblical, New Testament and Apocryphal studies, as well as the approaches used in the study of Second Temple Judaism, Christian and Rabbinic origins. It thereby contributes to the interdisciplinary study of formative Islam as part and parcel of the religious landscape of Late Antiquity.
Alors que les politiques migratoires sont aujourd'hui au coeur des débats politiques, médiatiques et académiques, le travail des fonctionnaires qui appliquent les textes demeure peu connu. Il y a là un certain paradoxe entre la survisibilité des politiques migratoires et la relative invisibilité de leur exécution. Cette question est néanmoins centrale : les politiques migratoires n'existent que parce qu'elles sont mises en oeuvre. Sans quoi, elles resteraient une suite de mots imprimés sur du papier. Cet ouvrage se penche sur un type spécifique de politiques migratoires, celui du regroupement familial. Ce dernier représente non seulement la principale porte d'entrée légale en Belgique et en Europe, mais a également un impact non négligeable sur la vie des immigrés : elle définit les membres de famille autorisés à vivre ensemble et à quelles conditions. Sur la base d'une étude de terrain de longue haleine à l'Office des étrangers, cet ouvrage étudie le travail quotidien des fonctionnaires en charge des dossiers de regroupement familial. Celui-ci dépasse le strict examen légal des dossiers : il mobilise des processus de catégorisation des familles, certaines qualifiées d'« indésirables », et de justification en droit de leur « indésirabilité ». À PROPOS DES AUTEURS Docteure en sciences politiques et sociales, Carla Mascia étudie les inégalités sociales. Après s'être spécialisée dans les questions migratoires et d'accès aux droits des migrants et des personnes d'origine étrangère, elle a récemment élargi son champ de recherche en se penchant sur les discriminations dans le secteur culturel et celles relatives au passé colonial belge.
The book presents the results of several qualitative research project with different actors that put migration policies into practice. It shows the different ways in which day-to-day activities of organisations shape migration policies on the ground. This book offers a comprehensive exploration on how different migration policies are implemented day by day. Such an approach allows to show the different ways in which migration policies on the ground take a life of their own when compared to the letter of the law. The book shows the need to understand the specific logics and workings of the implementation of policies, while taking into account the continued role played by politicians and the judiciary, non-state actors and migrants. Qualitative research with different public institutions implementing migration policies are combined with an exploration of the role of NGOs, supranational institutions and the migrants themselves. Bringing together the results of several research projects with fieldwork in Belgium, the UK, France, Morocco and Malta, the book covers the different stages of the migratory career. It follows the potential trajectory of a migrant from visa obtention (both in general and for students specifically) to border controls, asylum (including resettlement and gender and sexuality-based asylum), access to residence (with a specific focus on marriage-based residence), healthcare and nationality, or to detention and managed return migration. Through its chapters it shows the day-to-day logics, routines and tactics that bureaucrats and other actors adopt, within the constrains of laws, social interactions, and ideas about policies. À PROPOS DES AUTEURS Djordje Sredanovic est chargé de recherche F.R.S.-FNRS au laboratoire GERME de l'Université Libre de Bruxelles. Sociologue spécialisé dans les études de la nationalité, citoyenneté et migrations, il a conduit recherches sur les expériences et l'implémentation des politiques migratoires. Federica Infantino est Marie Sklodowska-Curie Fellow au Migration Policy Centre à l'Institut Universitaire Européen à Florence est Maitre de Conférence à l'Université Libre de Bruxelles.
Entre utile et futile, les animaux accompagnent l'existence quotidienne du prince dont les chiens et les chevaux réclament de monumentaux bâtiments à Versailles. Mais au siècle des Lumières les animaux favorisent aussi l'apparition d'un Versailles intime à travers l'artisanat du luxe et de multiples constructions zoologiques de fantaisie. À PROPOS DE L'AUTEUR Docteur en histoire, Joan Pieragnoli s'est spécialisé dans l'étude des animaux durant la période moderne et a consacré plusieurs articles et ouvrages à la Ménagerie de Versailles. Il a récemment collaboré au Dictionnaire Louis XIV (Robert Laffont, 2015) dont il a signé les notices dédiées aux animaux et a publié La cour de France et ses animaux, XVIe-XVIIe siècles (PUF, 2016).
La publication par John Locke de son célèbre Essay Concerning Human Understanding (1690) puis de Some Toughts Concerning Education (1694) a marqué un véritable tournant dans le discours européen sur l'éducation.
Découvrez la sexologie à l'heure de la guerre froide : les questions de sexualités sont abordées sous le prisme de cette époque particulière... La guerre froide n'est pas qu'un bras de fer entre deux puissances politiques qui mesurent leurs capacités militaire, nucléaire, technologique et scientifique. S'y joue également une lutte pour gagner un pouvoir d'influence culturel beaucoup plus large et profond. Les deux blocs prétendent, notamment, défendre et incarner les normes de genre et de sexualité les plus justes et les plus en phase avec le « vrai » bonheur et l'harmonie amoureuse, ferments indispensables d'une société en bonne santé. Pour ce faire, ils puisent tous les deux dans les savoirs de la sexologie, alors en plein bouleversement. L'époque est en effet marquée par le développement de machines dont on attend qu'elles mesurent les performances sexuelles. Les progrès de l'imagerie médicale laissent croire en un avenir où tous les aspects du corps humain seront visibles et, donc, soignables (voir la photo de couverture : le psychiatre W. Reich à la recherche d'une force vitale universelle). Les études ici rassemblées montrent que, dans le domaine de la sexologie, le rideau qui sépare l'est et l'ouest était pour le moins déchiré, pour reprendre le titre d'un film d'Alfred Hitchcock qui traite d'espionnage scientifique. Les scientifiques, justement, et leurs théories sur la sexualité circulent d'autant mieux que l'un comme l'autre bloc partagent des valeurs communes de valorisation de la famille traditionnelle et de hantise de l'homosexualité. Des deux côtés, les sexologues, alors en voie de professionnalisation, tentent d'élaborer une expertise congruente avec le supposé savoir scientifique, le vécu raconté par leurs patient·es, les directives du régime dont ils dépendent et une société progressivement conquise par le discours de la « révolution sexuelle ». Entre conservation et subversion, ils soufflent ainsi le chaud et le froid sur les représentations de la sexualité. À travers cette étude de genre, les auteures retracent une partie de l'Histoire ! À PROPOS DES AUTEURES Sylvie Chaperon est professeure des universités en histoire contemporaine du genre à Toulouse 2 Jean-Jaurès. Elle est spécialiste de l'histoire des femmes, du féminisme et de la sexologie. Carla Nagels est chargée de cours à l'Université libre de Bruxelles. Elle a travaillé sur les mécanismes qualifiés de déviants, qu'ils soient commis dans un cadre professionnel (les élites) ou dans une catégorie sociale (la jeunesse). Cécile Vanderpelen-Diagre est professeure d'histoire à l'Université libre de Bruxelles. Elle est spécialiste de l'histoire du catholicisme contemporain, et tout particulièrement de ses dimensions sociales et culturelles.
Les normes religieuses montrent que le fait de manger est un acte culturel à part entière ! Cet ouvrage collectif, par une méthodologie multidisciplinaire, diachronique et comparative, entend montrer comment la distinction alimentaire permet de mieux comprendre le fonctionnement d'un système religieux. Ces recherches historiques vont analyser les prescrits alimentaires et les systèmes religieux qui y sont rattachés. À PROPOS DE L'AUTEURE Elena Mazzetto est historienne, spécialisée dans l'étude de la culture et la religion du Mexique préhispanique aztèque et professeure à la Faculté de philosophie et lettres de l'Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM). Problèmes d'histoire des religions : série dirigée par Guillaume Dye et Sylvie Peperstraete. COMITÉ DE RÉDACTION : Christian Brouwer, Michèle Broze, Aude Busine, Baudouin Decharneux, Guillaume Dye, Sylvie Peperstraete, Fabrice Preyat, Jean-Philippe Schreiber, Cécile Vanderpelen-Diagre, Monique Weis, Jean Leclercq (Université catholique de Louvain), Philippe Swennen (Université de Liège). COMITÉ DE LECTURE INTERNATIONAL : Dominique Avon (École pratique des hautes études), Pierre-Yves Beaurepaire (Université de Nice), David Berliner (ULB), Patrick Cabanel (École pratique des hautes études), José Contel (Université Toulouse Jean Jaurès), Lambros Couloubaritsis (ULB et Académie royale de Belgique), Philippe Denis (UCL et Académie royale de Belgique), Jacques Ehrenfreund (Université de Lausanne), Frédéric Gugelot (Université de Reims et EHESS), John Tolan (Université de Nantes), Didier Viviers (ULB et Académie royale de Belgique).
Grâce à la conduite de plus de 150 entretiens, Samuel B.H. Faure offre une plongée inédite dans la politique française d'acquisition de technologies militaires par laquelle l'État peut assurer la défense du territoire national et mener des opérations extérieures. À PROPOS DE L'AUTEUR Samuel B.H. Faure est maître de conférences en science politique à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et chercheur associé au laboratoire CNRS Printemps à l'Université Paris-Saclay. Il a obtenu son doctorat à Sciences Po Paris et a été chercheur invité à l'Université d'Harvard, à l'Université d'Oxford et au King's College à Londres. Avec ou sans l'Europe est son deuxième livre.
Certains ne refusent pas seulement le droit de se marier ou de devenir parents aux couples de même sexe, mais dénoncent aussi ce qu'ils appellent l'« idéologie » ou la « théorie du genre » qui nierait l'altérité et la complémentarité sexuelle. Depuis 2012, les mobilisations françaises contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux unions de même sexe ont défrayé la chronique, tant en France qu'à l'étranger. Celles-ci ont révélé l'existence d'un mouvement sans précédent, dont l'agenda dépasse largement la reconnaissance des droits des homosexuel.le.s. Cette étude analyse les mobilisations actuelles contre la nouvelle idéologie autour du genre. Les groupes appartenant à cette mouvance ont élargi leur champ d'action et se mobilisent par exemple contre l'enseignement du genre dans les écoles ou à l'université. EXTRAIT Le colloque « Habemus Gender ! » a bénéficié d'une importante visibilité médiatique et scientifique. Il a aussi été remarqué par les opposants à la « théorie du genre ». Ceux-ci ont mis en place un système efficace de veille des activités scientifiques en rapport avec le genre et leurs mises en garde sont très largement diffusées grâce aux réseaux sociaux. Fin avril 2014, le mouvement traditionnaliste français Civitas, proche de la Fraternité Saint Pie X et dirigé par le Belge Alain Escada, a été un des premiers à sonner l'alerte. Ce message a été largement répercuté au sein de la blogosphère traditionnaliste, notamment à partir de deux articles du blog Medias-presse. Le 1er mai, Alain Escada est venu à Bruxelles pour lancer une section belge de Civitas et donner une conférence sur la « théorie du genre », durant laquelle il ne manqua pas d'attaquer notre événement. La veille du colloque, quelques militants de Civitas ont couvert le campus d'autocollants prônant la défense de la famille traditionnelle, augmentant les craintes de la Police de Bruxelles. Quelques-unes des personnalités belges critiques à l'égard du genre (Bénédicte Gillis De Wagter, Xavier Dijon, Drieu Godefridi) ont aussi assisté au colloque, contribuant à la richesse des travaux. Ce numéro thématique est le premier résultat de cette aventure collective. Il s'inscrit dans un champ en pleine ébullition, qui se traduit par l'émergence de publications et de projets scientifiques sur des sujets longtemps délaissés par la littérature scientifique. Ceux-ci réexaminent la notion de genre et ses incompréhensions tout en visant parfois un public profane, les phénomènes de résistance et d'opposition au genre, les mobilisations réactionnaires ou conservatrices et les rapports entre catholicisme, genre et sexualité.
Le marché intérieur, héritier du marché commun qui a longtemps symbolisé la Communauté européenne, reste une des principales réalisations de l'Union européenne. Ce quatrième volume de la grande matière « Marché intérieur » du Commentaire J. Mégret porte sur deux thèmes différents mais complémentaires, une introduction au marché intérieur, d'une part, et une étude de la libre circulation des marchandises, d'autre part. Cette analyse économique, réalisée par l'Institut d'études européennes et divisée en deux grandes parties, souligne que le marché intérieur ne se limite pas aux quatre libertés qui le composent et qu'il ne doit pas être envisagé uniquement comme un espace de libre circulation mais aussi comme un ensemble normatif encadrant les libertés. EXTRAIT Le marché intérieur constitue aujourd'hui encore la principale réalisation de l'Union européenne1. Il forme le socle de la construction européenne et représente le creuset à l'intérieur duquel se déploient les activités de l'Union européenne. Héritier du marché commun, auquel on assimilait volontiers la Communauté européenne dans ses origines premières, le marché intérieur représente aujourd'hui un ensemble de plus de cinq cents millions de personnes, à l'intérieur duquel selon le voeu des pères fondateurs de l'Union européenne, la libre circulation des personnes et des marchandises ainsi que des autres facteurs de production, est assurée conformément aux dispositions des traités. C'est probablement le domaine du droit de l'Union qui fait le plus consensus entre les Etats membres. Même les plus minimalistes de la construction européenne s'y retrouvent, dans la mesure où le libre-échange ou la liberté des échanges est censée produire des effets économiques favorables pour tous les partenaires. ontrairement à certaines idées reçues, le marché intérieur n'est pas figé. Il évolue constamment dans le sens d'une sophistication croissante et doit se protéger régulièrement contre les tentatives de retour en arrière des Etats et même d'opérateurs publics et privés, désireux de réintroduire de nouvelles entraves. Le marché intérieur constitue donc une création permanente, qui doit aussi se fixer à échéance régulière de nouveaux objectifs, comme ce fut le cas à l'occasion du vingtième anniversaire de son « ouverture » (chapitre I). Ainsi conçu, le marché intérieur doit non seulement être entendu comme une espace au sens territorial ou géographique du terme mais aussi comme une somme, un ensemble normatif encadrant les libertés fondamentales de circulation et qui bénéficie aux opérateurs économiques européens effectuant cependant des échanges principalement entre les Etats membres (chapitre II). À PROPOS DE L'AUTEUR Autour de Claude Blumann, professeur émérite de l'Université Panthéon-Assas (Paris II), coordonnateur de la grande matière « Marché intérieur » et du présent volume, l'ouvrage réunit des spécialistes confirmés de la matière : Brunessen Bertrand, professeure à l'Université de Rennes I, Loïc Grard, professeur à l'Université de Bordeaux, Fabienne Peraldi-Leneuf, professeure à l'Université Paris Sud, Yves Petit, professeur à l'Université de Lorraine, et Christophe Soulard, conseiller à la Cour de cassation.
Ces cahiers où elle consigne au jour le jour ses angoisses et ses espoirs, les deuils et les naissances et tous les événements qui émaillent le quotidien de son entourage, ne sont pas une simple chronique familiale. Marguerite Giron évoque dans ces carnets la vie difficile des Belges, soumis à une censure pesante, harcelés par une bureaucratie tatillonne qui prétend tout contrôler, victimes de vexations et de réquisitions en tout genre, sinon d'une répression féroce. Un témoignage passionnant sur une période sombre de l'histoire de la Belgique, traversé par un leitmotiv : « les civils tiennent » ! EXTRAIT « Ils polluent l'air que nous respirons »49. Nous ne connaissons aucun journal traitant de la première guerre mondiale où l'hostilité à l'occupant s'exprime avec une telle virulence. Pour qu'une dame bien éduquée se déchaîne de la sorte, il fallait que l'invasion et l'occupation allemandes l'aient touchée au plus profond d'elle-même50. Plus tard, elle s'étonna parfois de ses propres réactions. Lorsqu'elle se réjouit que les Anglais aient réussi à faire sauter, près de Messines, les lignes allemandes à grands coups d'explosifs, elle nota : « Notre âme est devenue sauvage et rancunière au point que de pareils exploits nous réjouissent. Aucun châtiment n'étanchera notre haine et notre soif de vengeance ». Elle n'avait même pas pitié des enfants allemands, elle jugeait les Allemands responsables de cette dégradation : « Quelle âme ils nous ont faite ! ». Cependant, à quelques reprises, elle fit preuve d'un peu d'empathie, la première fois en août 1914, pour un père de famille de Sleeswijk qui faisait son service contre sa volonté dans l'armée allemande ; une deuxième fois en septembre 1917, lorsqu'elle vit que des membres de la famille d'un soldat allemand étaient venus déposer des fleurs sur sa tombe, à côté de sa ferme à Bauche et enfin, en juillet 1918, quand elle assista au départ pour le front d'un train de jeunes soldats allemands. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE C'est une évocation si sincère et si vibrante de ces années abominables de l'occupation, qu'en parcourant les pages, j'avais l'impression parfois, jusqu'à l'illusion, de vivre encore sous le joug de l'ennemi. - Henri Pirenne (historien)
Dans ces différentes contributions se dessinent les représentations qui habitent les auteurs de discours sur l'hérésie et les hérétiques, discours généralement sous-tendus par une revendication à l'orthodoxie. Parmi toutes ces formes de dissensions, les études qui composent ce volume s'intéressent à l'hérésie. L'hérésie se caractérise par sa relativité. Nul ne se revendique hérétique, sinon par provocation. Cet ouvrage sur la religion rassemble différentes études et tente de répondre aux questions entourant le phénomène de l'hérésie, qui apparait avec davantage de clarté grâce à l'analyse des discours qui l'utilisent. EXTRAIT La thématique de l'hérésie s'inscrit donc très précisément dans les questions de recherche sur l'altérité religieuse. À travers l'accusation d'hérésie, une image de l'autre se construit, une communauté se constitue, parfois fictive et toujours connotée négativement. En retour, la communauté qui se proclame orthodoxe se définit comme telle en fixant les limites au-delà desquelles non seulement l'autre est exclu mais devient l'ennemi à éliminer. Par là se renforce sa cohésion. Dans le présent volume, un large éventail de questions liées à ces thématiques est abordé. Y sont rassemblées des contributions qui ont été présentées au colloque international « Hérésies. Une construction d'identités religieuses » organisé à l'Université libre de Bruxelles du 28 au 30 septembre 2011 dans le cadre d'un programme pluriannuel de recherche intitulé « La Religion de l'autre. Lecture de l'altérité religieuse dans le christianisme, le judaïsme et l'islam, de l'Antiquité tardive à nos jours » (2008-2013). Ce programme était porté par le Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (CIERL). Les études éditées ici se centrent essentiellement sur le christianisme et l'islam. Non seulement, donc, orthodoxie et hérésies sont complémentaires mais elles se construisent mutuellement : la première n'est pas nécessairement antérieure aux autres. Les modalités de ces constructions sont d'une grande variété.
Distinguez deux objets d'étude bien distincts à l'aide de ce livre. Cet ouvrage se focalise sur deux objets distincts : l'entrée en ville, en tant que configuration spatiale, et l'arrivée en ville, en tant qu'expérience urbaine singulière. Un ouvrage de référence qui s'appuie sur l'histoire de l'architecture, adressé à tous ceux qui s'intéresse de près ou de loin à l'urbanisme. EXTRAIT De la porte urbaine à l'aéroport, de la gare au giratoire périurbain, ces entrées de ville ont en commun de constituer des interfaces. Issue de la physique, la notion d'interface est mobilisée en géographie pour désigner un espace (lieu, ligne, plan) de contact entre deux systèmes ou deux ensembles distincts. A la différence de la frontière, l'interface suppose le passage : elle assure la mise en relation de différents territoires. Les entrées de ville n'échappent pas à ce principe. En effet, elles sont franchies tous les jours par les usagers multiples de l'espace urbain : paysans désireux de venir vendre une partie de leur production ou marchands en quête de produits artisanaux urbains dans les villes anciennes ; navetteurs, touristes ou voyageurs d'affaires dans les villes contemporaines. L'importance et la diversité des flux qui franchissent les entrées de ville induisent, comme dans d'autres interfaces, la présence d'équipements et d'activités spécifiques. Outre les infrastructures liées directement au contrôle ou à la circulation des personnes (pavillons d'octroi, postes frontières, quais, halls d'embarquement, salles d'attente, débarcadères, échangeurs autoroutiers, etc.), les entrées de ville fixent souvent des commerces et services destinés aux voyageurs ou navetteurs.
Une analyse des positionnements de jeunes urbains, issus de quartiers défavorisés et en réussite scolaire. Cet ouvrage analyse les positionnements de jeunes de quartiers défavorisés en réussite scolaire sur plusieurs dimensions - urbaines, sociales, ethniques et scolaires - et met en lumière à la fois la dualisation de la ville et une forme de dualisation qui apparaît dans ces quartiers, encore trop souvent appréhendés à partir d'une vision relativement homogénéisante. Cette étude analyse le sujet sur plusieurs dimensions : urbaines, sociales, ethniques et scolaires. Elle met en évidence la dualisation de la ville de Bruxelles et de ses différents quartiers. EXTRAIT Nous sommes loin toutefois de la situation des agglomérations françaises ou des villes américaines. Loin d'être isolés du reste de la ville comme les banlieues françaises, les quartiers défavorisés bruxellois sont situés dans le centre de l'agglomération et assez bien desservis en transports en commun. Et les taux de ségrégation sont bien moins élevés que dans les villes américaines. Mais si du point de vue urbain, la ville est moins ségréguée qu'ailleurs, du point de vue scolaire, la ségrégation y est plus exacerbée. Bruxelles présente un système scolaire fortement ségrégué et des formes urbaines de ségrégation (Kesteloot, Deturck, Vandermotten, Marissal et Van Hamme, 2001 ; Willaert et Deboosere, 2005). Le contexte urbain bruxellois constitue donc un cadre pertinent pour étudier les fragmentations des jeunesses urbaines. En proposant une image des positionnements de jeunes en réussite scolaire dans des quartiers relativement défavorisés, cet ouvrage met en lumière la diversité des expériences et des vécus dans ces zones urbaines. Nous nous intéresserons donc ici aux différenciations entre jeunes non à l'échelle d'une ville, mais bien dans les quartiers précarisés, car les jeunes qui y vivent sont trop souvent, en ce compris dans le débat scientifique, associés à la figure du jeune déviant au sens beckérien du terme. Ce sont les jeunes en péril, en exil (Jamoulle et Mazzocchetti, 2011) ou à perpète (Nagels et Rea, 2007) qui constituent une part importante de l'intérêt sociologique sur les jeunesses urbaines. Cette introduction décrit brièvement les grandes tendances de cette littérature. A cette fin, nous commencerons par retracer les façons dont les jeunes de quartiers urbains défavorisés en sont venus à constituer un objet sociologique. Comme ce processus apparaît en parallèle avec la territorialisation de plus en plus grande des analyses, la deuxième section abordera plus en détail le rapport à l'environnement local de ces jeunes. Enfin, à la lumière de cet exposé théorique, nous reviendrons plus précisément sur les questionnements qui ont guidé l'élaboration de cet ouvrage.