Cette publication consacrée à la gestion de la crise de la Covid-19 rassemble trente chercheurs issus de plusieurs disciplines et concerne trois grandes villes (Bruxelles, Genève, Montréal). L’ouvrage met en lumière comment les solutions apportées par les pouvoirs publics, en s’appuyant sur des indicateurs principalement biologiques, ont contribué à accentuer certaines inégalités sociales. La tendance à adopter une vision de la population comme l’addition de personnes socialement semblables, aux dépens des facteurs environnementaux et sociaux, engendre des solutions imparfaites et parfois contre-productives.
Les inégalités sociales et de santé
Bruxelles, Genève, Montréal : trois villes, une même crise sanitaire, mais des inégalités sociales de santé qui se révèlent et s’aggravent.
Si celles-ci sont bien connues des professionnels de la santé et documentées dans la littérature scientifique depuis de nombreuses années, les interrogations relatives à leur rôle dans la propagation de la Covid-19 et de ses effets différenciés au sein de la population n'ont été formulées qu'assez tardivement. Produit d'un travail pluridisciplinaire, cet ouvrage met particulièrement l'accent sur les conséquences sociales et de santé des mesures gouvernementales prises durant cette crise sanitaire sur les populations les plus précarisées. En dépit des variations politiques liées aux contextes nationaux, un même cadrage des politiques publiques a prévalu. Il ressort que ce dernier a été dominé par des préoccupations et des données médicales et épidémiologiques, mais il s'est montré très peu sensible aux enjeux des inégalités sociales qui n'ont été abordés qu'à l'occasion des difficultés rencontrées lors des campagnes de vaccination.
À PROPOS DES AUTEURS
Claudine Burton-Jeangros, professeure de sociologie, Institut de recherches sociologiques, Université de Genève.
Yves Jackson est professeur assistant aux Hôpitaux universitaires et à l'Université de Genève.
Judith Racapé, chercheure en épidémiologie et en santé publique, École de santé publique et Faculté de médecine, Université libre de Bruxelles.
Marie-France Raynault, professeure émérite, Département de médecine sociale et préventive médecin en santé publique, Université de Montréal et Centre hospitalier de l'Université de Montréal.
Professeur de sociologie à l'ULB, Andrea Rea a créé et dirigé le GERME, Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l'égalité. Il étudie les questions migratoires tant à Bruxelles qu'en Belgique ou dans des études comparées avec l'Université de Genève et l'Université de Montréal notamment.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Cet ouvrage collectif rassemble les contributions de quatre chercheurs renommés et d’une trentaine d’experts issus de disciplines variées (sociologie, épidémiologie, santé publique, droit, criminologie). Claudine Burton-Jeangros, professeure de sociologie à l’Université de Genève, Yves Jackson, professeur assistant aux Hôpitaux universitaires de Genève, Judith Racapé, chercheure en épidémiologie à l’Université libre de Bruxelles, et Marie-France Raynault, professeure émérite en médecine sociale et préventive à l’Université de Montréal, unissent leurs expertises pour offrir une analyse critique des inégalités sociales de santé exacerbées par la pandémie. Leur collaboration, nourrie par des années de recherche sur les déterminants sociaux de la santé, propose une vision transversale et internationale des enjeux sanitaires contemporains.