TRAVERSES
Thomas Mercier, 40 ans, architecte parisien au bord du burn-out, abandonne tout pour une masure délabrée dans les Alpes. Sans électricité ni eau courante, avec pour seul compagnon un chien errant qu'il recueille, il croit avoir trouvé le refuge ultime. Mais la montagne n'est pas un désert. Des hommes y circulent la nuit, migrants fuyant la guerre, passeurs sans scrupules, criminels en cavale. Quand Thomas recueille Marco, un Italien blessé par balle, il déclenche une spirale infernale qui le transformera en otage, en fugitif, puis en résistant malgré lui. Thomas apprendra qu'on ne fuit jamais vraiment. Que la solitude est une illusion. Que la bonté peut vous détruire autant que vous sauver. Et que parfois, pour rester humain, il faut accepter de devenir violent. Alain Lecherbault est né en 1958 à Mayenne. Il vit à Laval. Longtemps infirmier en psychiatrie, il n'a jamais cessé d'écrire depuis sa jeunesse, sans se soucier de publier. Il se consacre désormais entièrement à l'écriture. On peut considérer La Frontière des silences comme son premier roman.
Plongez dans LA NUIT EST ENCORE LONGUE, un roman poignant et original où Philippe Blasband mêle mémoire, exil et identité.
Tacite, écrivain romain du premier siècle de notre ère, est un auteur dont l'influence reste forte en plus d'un domaine. Toutefois, cette postérité reste confinée à l'exercice de la prose. Faire Tacite se propose de continuer Tacite en poésie. Ce transfert a pour ambition de faire entendre la voix et l'esprit de l'écriture de Tacite dans des textes portant sur des sujets comme la guerre civile, les joies et les peines de la correspondance, les lieux de travail du poète, le contact avec des cultures nouvelles et inconnues peut-être hostiles. Il y est aussi question des différentes manières dont un texte prend forme sur la page, puis dans le livre, notamment à travers un hommage au grand Pierre Faucheux, concepteur de la célèbre couverture des Histoires de Tacite en Livre de poche. Jan Baetens est l'auteur de nombreux recueils de poésie, dont récemment Après, depuis, Vacances romaines et Mon Jardin des plantes. Il est également l'auteur de plusieurs études sur les rapports entre textes et images, parmi lesquels Hergé écrivain (Champs-Flammarion) et Illustrer Proust (Les Impressions Nouvelles).
Ce roman reconstitue dans les moindres détails les dernières semaines de la vie de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville où le Marquis René-Louis de Girardin l'accueille dans sa propriété. Ce noble est un disciple de sa philosophie et deviendra un acteur de la Révolution de 1789. Rousseau, persécuté depuis dix-huit ans et se méfiant de tous, trouve ici une totale sérénité, il herborise, joue avec les enfants, bavarde avec la population locale, boit de grands vins, se promène dans le parc et écrit ses Rêveries du promeneur solitaire, ultime oeuvre restée inachevée. Tout s'avère complexe et contradictoire. Inhumé dans l'île des peupliers, sur le lac du parc d'Ermenonville, le corps de Rousseau sera transporté au Panthéon, pour des raisons que le philosophe n'aurait sans doute pas approuvées. Né en 1948, Jean-Paul Jouary est docteur en philosophie. Auteur d'une trentaine d'ouvrages, il a notamment publié Entrer en philo (Stock, 1994), Rousseau, citoyen du futur (Livre de poche, 2012), Préhistoire de la beauté. Et l'art créa l'homme (Les Impressions nouvelles, 2012), Diderot, la vie sans Dieu (Livre de poche, 2013), Mandela, une philosophie en actes (Livre de poche, 2014), Vivre et penser dans l'incertitude (Flammarion, 2021).
Horace Van Offel (1876-1945) est un écrivain belge qui, après avoir occupé pendant la guerre le poste de rédacteur en chef du Soir volé, décède sur le quai d'une gare en Allemagne au moment de la Libération. S'appuyant sur des témoignages et des documents d'archives, Olivier Smolders, son petits-fils, revient sur l'histoire de ce personnage fantasque, rétif à toutes les avant-gardes, sorte de mousquetaire des Belles Lettres, montant à Paris dès 1908 et y menant une vie de forçat littéraire, le plus souvent dans l'extrême pauvreté. Son parcours interroge les enjeux politiques d'une période particulièrement troublée. L'essai biographique d'Olivier Smolders analyse sans complaisance, avec un mélange de rigueur et de fantaisie, l'histoire d'un destin qui semble tout droit sorti d'un roman. Olivier Smolders est connu pour des courts-métrages troublants et puissants, d'une grande rigueur esthétique. Ces films, au caractère littéraire affirmé, ont reçu de nombreux prix à l'échelle internationale. Il a écrit de nombreux essais sur le cinéma, dont Eraserhead de David Lynch (Yellow Now, 1998) et Nosferatu contre Dracula (Les Impressions nouvelles, « La Fabrique des héros », 2019).
Les textes et les images qui composent ce recueil résultent d'une longue conversation entre un poète et une photographe autour d'un sujet qui les fascine depuis de longues années : les arbres. Leur collaboration est aussi le fruit d'une fréquentation intime de leurs travaux respectifs : le poète a beaucoup écrit sur les livres de la photographe, la photographe a toujours suivi de près les divers recueils du poète. La présente collaboration est une véritable composition à quatre mains, où chacun des partenaires a conçu et façonné son propre travail en fonction des singularités de l'artiste et du médium auxquels il s'est confronté. Les images n'illustrent pas le texte, les poèmes ne décrivent pas les photographies. Jan Baetens est l'auteur de nombreux recueils de poésie, dont récemment Après, depuis et Vacances romaines. Il est également l'auteur de plusieurs études sur les rapports entre textes et images, parmi lesquels Illustrer Proust. Marie-Françoise Plissart est une figure majeure de la photographie belge. Avec Benoît Peeters, elle a publié Fugues, Droit de regards et le Mauvais oeil aux éditions de Minuit. Elle a obtenu le Lion d'or à la Biennale de Venise pour Kinshasa, récits de la ville invisible.
Il s'agit de ceux qu'on a appelés les enfants d'après-guerre, nés en grand nombre après la Libération, sitôt revenu le goût de vivre.De tout ce qui est arrivé après (les autos, l'électroménager, les supermarchés, les vacances, les voyages, la télévision, bref, le progrès et la vie moderne) les parents ont mesuré l'aubaine qui les soulageait de la dureté d'avant et, comme ils en avaient l'habitude, ils ont travaillé pour pouvoir en profiter. Pour les enfants d'après-guerre, c'était comme si le progrès était né avec eux et grandissait avec eux, ils sont les seuls à avoir vu et vécu tant de différences entre leur début et leur fin. Aujourd'hui, ils sont comme la fin d'une série. Ils gardent la mémoire de ce qui était et qui est enfoui profondément. C'est ce qui reste. C'est avec son premier livre Hôpital silence (éditions de Minuit, 1985), alliant témoignage et sens de l'écriture, qu'elle attire l'attention de Marguerite Duras qui reconnaît en elle une alliée, une parente en littérature. Elle publie ensuite le récit L'Attente (1989), Nous deux (1993, prix Rossel) et À l'étranger. Aux Impressions Nouvelles, elle a déjà publié De fer et de verre, la Maison du peuple de Victor Horta.
De La Meilleure Facon de marcher a Therese Desqueyroux en passant par Garde a vue, Mortelle randonnée, L'Effrontee, Claude Miller (1942-2012) est l'auteur de dix-sept longs metrages. Plusieurs de ses films ont connu un énorme succes public et critique, beaucoup ont ete nomines ou couronnes aux Cesar, et honores dans des festivals du monde entier. Claude Miller, une vie de films est le recit d'un cineaste au travail, une vie vecue a travers les films, depuis l'apprentissage de la cinephilie dans une banlieue ouvriere au lendemain de la guerre, la formation a l'Idhec en pleine Nouvelle Vague, l'assistanat au cote de monstres sacres comme Robert Bresson, Jean-Luc Godard ou Francois Truffaut, jusqu'au dernier film realise malgre la maladie qui devait l'emporter. Olivier Curchod enseigne la litterature francaise et latine en classes preparatoires a Paris. Historien et critique de cinema, il collabore a la revue Positif depuis 1983. Il a publie cinq ouvrages sur Jean Renoir, notamment l'edition critique du scenario de La Regle du jeu recompensee par le Syndicat francais de la critique de cinema et par l'Institut Jean-Vigo.Il a codirige l'edition video de Garde a vue, Mortelle Randonnee, L'Effrontee, La Petite Voleuse.
Denis Lavant est l'une des figures les plus singulières du théâtre et du cinéma français. Dans ce formidable autoportrait, il évoque de manière sincère et généreuse ceux qui ont le plus compté dans son parcours : Antoine Vitez et Leos Carax, Bernard Sobel et Claire Denis, Louis-Ferdinand Céline et Samuel Beckett... Il rend hommage aux Enfants du Paradis, à Charles Chaplin et au mime Marceau, à Pasolini et à Rimbaud. Inoubliable interprète des Amants du Pont-Neuf et Holy Motors, remarquable lecteur, Denis Lavant est aussi un acteur très physique, fasciné par le cirque et les arts de la rue. Denis Lavant est né en 1961. Il est révélé au cinéma par Leos Carax dans Boy meets girl, puis dans Mauvais sang et Les Amants du Pont-Neuf ; il est également l'interprète principal de Holy Motors. Il a joué aussi dans Beau travail de Claire Denis et de nombreux autres films. Au théâtre, il a travaillé notamment sous la direction d'Antoine Vitez, Matthias Langhoff, Pierre Pradinas, Bernard Sobel. Il a obtenu un Molière en 2015 pour Faire danser les alligators sur la flûte de Pan.
Véronique Pirotton est morte de façon mystérieuse, le 31 octobre 2013, dans une chambre d'hôtel d'Ostende, après une dispute avec son mari. Le procès a conclu à un suicide. Pierre Mertens ne se résigne pas à la disparition prématurée de celle qui fut une amie proche et une écrivaine en devenir. « Alors que j'ai suivi quantité de procès, je ne suis jamais sorti aussi glacé d'une cour d'assises que le jour où j'ai été appelé à témoigner. Il n'y en avait que pour celui qui partageait sa vie, et sa chambre d'hôtel, à Ostende, le jour du "drame". Les rares témoignages sur elle étaient inodores, insipides... ou malveillants. C'est comme si Véronique avait été jetée à la porte du procès, comme si elle avait été "ensevelie". (...) on a fait de la victime un fantôme. Ce récit s'est imposé à moi... » Né en 1939, Pierre Mertens est un des écrivains majeurs de la francophonie et de la littérature française. Par l'ampleur de son oeuvre couronnée de nombreux prix, dont le Médicis en 1987 pour Les Éblouissements, et plusieurs fois nobélisable, il est souvent considéré comme le plus grand écrivain belge vivant.
Pendant trente ans, Alain Resnais a dialogue avec Francois Thomas a la sortie de chacun de ses films. Ce livre reunit leurs entretiens. De L'Amour a mort (1984) a Aimer, boire et chanter (2014) en passant par Melo, On connait la chanson ou Les Herbes folles, le cineaste retrace la genese de ses longs metrages. Toujours soucieux de mettre en avant le cote artisanal du cinema et l'apport de ses collaborateurs, il devoile aussi quantite de principes de travail et de secrets de fabrication. Deux entretiens thematiques, l'un sur ses relations a la bande dessinee, l'autre sur sa vie de spectateur de theatre, eclairent en outre un des aspects majeurs de son cinema : le dialogue entre les arts. Francois Thomas est l'auteur de L'Atelier d'Alain Resnais (1989), d'Alain Resnais, les coulisses de la creation (2016) et d'un documentaire pour Arte sur la genese d'On connait la chanson (1997). Il est egalement le coauteur de deux livres sur Orson Welles et a codirige des ouvrages collectifs sur l'age d'or du court metrage francais et sur le director's cut. Il est professeur en etudes cinematographiques a la Sorbonne Nouvelle et collaborateur de la revue Positif.
En 1964, l'editeur Eric Losfeld (1922-1979) decide de publier une bande dessinee pour un public adulte. Barbarella, bientôt interdit, fait événement et inaugure une collection nouvelle dans sa maison d'edition, Le Terrain Vague. À une époque où la bande dessinee etait presque exclusivement destinee aux enfants, Losfeld est le premier a penser que cette forme d'art peut explorer d'autres supports et s'adresser a d'autres publics. Benoît Preteseille a mené une enquête aprofondie sur les conditions qui ont permis l'existence d'une collection de bande dessinée pour adultes en France. Les archives sur ce parcours étant rares, il a notamment mené des entretiens avec auteurs, autrices, et employés de la maison d'édition, ainsi qu'avec Joëlle Losfeld, fille d'Éric et éditrice elle-même. Benoît Preteseille est auteur de bande dessinée et éditeur, chez ION. Il développe un univers iconoclaste qui tourne souvent autour de cette chose étrange et perturbante que l'on nomme l'Art avec un grand A. Il a publié L'Art et le Sang, Maudit Victor, Mardi Gras et Histoire de l'Art Macaque aux éditions Cornélius. Chez Atrabile, il a publié Duchamp Marcel, quincaillerie et une adaptation très libre de Gaston Leroux, Les Poupées Sanglantes (sélection officielle au Festival d'Angoulême 2021).
Le narrateur, Léo Vogel, jeune rédacteur au sein d'une institution internationale, se voit confronté à la dérive puis à la disparition de son chef de service, un certain Charlie Mutzinger. La disparition de Mutzinger n'est pas sans lien avec une société secrète dénommée Cercle des oiseleurs. A mesure que le narrateur déchoit et dégringole dans l'institution qui l'emploie, passant d'un service à l'autre - pour terminer au sous-sol du département Archives... - il se fait aspirer par ce mystérieux Cercle des oiseleurs, et se trouve être autant le sujet d'une enquête que l'objet d'une initiation voilée. Le lecteur est peu à peu introduit à ce qui semble au coeur de la préoccupation des oiseleurs : là où porte l'attention aux oiseaux, au centre de la tâche aveugle de nos sociétés contemporaines. François Emmanuel, auteur d'une quarantaine d'ouvrages - romans, nouvelles, théâtre, poésie, parmi lesquels La Question humaine - livre ici un de ses grands romans dit « d'été » (Le tueur mélancolique, Le Sentiment du fleuve, Bleu de fuite...) où les codes de genre sont allègrement dévoyés, et où l'atmosphère discrètement fantastique, sur le ton d'un romanesque léger, toujours drôle, invite à regarder autrement le théâtre du monde.
Les téléphones n'étaient alors ni intelligents ni mobiles, les voitures pas encore hybrides. C'étaient les années 1970 et un jeune homme partait en stop sur les routes d'Europe. Pour se découvrir, pour l'aventure et pour trouver l'âme soeur. Au hasard de ses voyages, saupoudrés de rock plus ou moins dur et de drogues plus ou moins douces, il collectionne les rencontres, dort en prison, fait fumer un joint à un aumônier. Mais Kerouac est mort en 1969, et « partir c'est partir loin et partir loin c'est revenir ». Cette chronique gentiment déjantée d'un monde parallèle où l'auto-stop pouvait emporter très loin ses serviteurs est d'une irrésistible drôlerie. Richard Walter a choisi l'école de la rue à laquelle ses études « humanistes » ne le prédisposaient guère. Il a été équipier chez Mc Donald, arpète sur les chantiers, figurant, éboueur, plongeur (en apnée dans les bacs de lavage) à Rome, « triton » au théâtre, jardinier-paysagiste au Royaume Uni. Puis photographe et redac'chef d'un magazine, pour finalement quitter son poste et devenir gardien vacataire au musée du Louvre, puis à celui de Montmartre. Il vit et écrit dans le 18ème arrondissement.
Jacki est sage commence dans le ventre de sa maman. Jacki n'a jamais coupé le cordon ombilical depuis sa naissance. C'est son enfance persévérante. Jacki, devenu Jaques, est professeur d'incertitude à l'université. Il partage avec ses étudiants et étudiantes la contagion de Nietzsche, de Deleuze, d'Artaud, de Blanchot, d'Edmond Jabès. Sa vie, ce sont ses amis voués à la littérature : Bernard Noël, Marcel Moreau, Jérôme Peignot, Pierre Mertens, les livres qu'il a écrits, les femmes qu'il a aimées, son fils, sa fille, son chat, les rencontres avec un marchand de fromages, une chanteuse rock, Albert II le roi des Belges. L'humour juif allège l'histoire d'un enfant caché, sans père et sans Dieu. L'oubli donne à la musique de la mémoire la chance d'être vivant. Jacques Sojcher est professeur émérite de philosophie à l'Université Libre de Bruxelles. Il est l'auteur du Professeur de philosophie et de nombreux recueils de poésie chez Fata Morgana, d'essais : La Démarche poétique, La Question et sens, Esthétique de Nietzsche, Paul Delvaux ou la passion puérile. Jacki est sage est son premier roman.
Sept jours dans la vie d'un homme, Dominique Pitiviers. En l'absence de sa femme, Julie, psychologue envoyée en mission auprès des troupes belges en Afghanistan, ce reporter sportif se trouve embarqué dans des voyages-éclairs à Venise et à Rome pour répondre à des appels à l'aide d'un ami ou soulager la souffrance d'Elsa. Retrouvant Lucie, son premier amour, qui se démultiplie pour que leur histoire recommence, hébergeant Gaspard, son petit fils, pendant que son fils Luca se débat dans des problèmes conjugaux, il tente de rassembler les morceaux d'une vie qui lui appartient de moins en moins. Ce roman nous plonge à la fois dans le drame et le burlesque avec pour toile de fond l'amitié, l'amour et la mort, tendrement entrelacés. On rit beaucoup en lisant Mon nom ne vous dira rien. Jean-Luc Outers vit à Bruxelles et a publié une dizaine de romans parmi lesquels L'Ordre du jour (Gallimard, 1987), La Compagnie des eaux (Actes Sud, 2001), Le Voyage de Luca (Actes Sud, 2008), Hôtel de guerre (Gallimard, 2022). Il a établi l'édition des lettres de refus de Henri Michaux, Donc c'est non (Gallimard 2016), et des lettres de Dominique Rolin à Philippe Sollers (Gallimard, 2018 & 2020).
Des hommes se demandent ici ce que peut vouloir dire aujourd'hui « être un homme » - et s'interrogent sur les multiples sens que ce terme peut prendre, ceux dont ils ne veulent plus, ceux qui restent à inventer. Ils débroussaillent le fatras de clichés, de contraintes, associés à la notion de masculin, et dont il semble encore, étonnamment, si difficile de s'affranchir. Les propos réunis sont issus d'interviews, d'une douzaine d'hommes entre 25 et 65 ans, qui ont accepté de répondre à mes questions sur leur monde affectif. Non pas sur les faits, les anecdotes de leurs vies, mais sur leurs propres rouages. Des hommes, donc, qui savaient s'écouter, se questionner, s'étonner d'eux-mêmes, et avaient la capacité de dire leurs finesses ou leurs opacités. Sandrine Willems, née en 1968 à Bruxelles est écrivaine, psychologue et philosophe. Elle vit aujourd'hui à Montpellier. D'abord comédienne puis réalisatrice, c'est par la parole vive qu'elle est arrivée à la littérature. Aux Impressions Nouvelles, elle a publié de nombreux ouvrages dont Devenir oiseau et Consoler Schubert. Elle a également publié, aux éditions du Seuil, L'Animal à l'âme. De l'animal-sujet aux psychothérapies accompagnées par des animaux.
À plus d'un siècle de distance, deux vies s'entrelacent, celle de Schubert et celle d'une dentellière, qu'envahit peu à peu la musique du premier. Tous deux sont conduits par un amour impossible, et la plus profonde mélancolie. Tous deux tentent de sonder leur âme en écoutant celle du monde. Tous deux se demandent à quoi ils croient, ce qui les fait tenir, et s'interrogent sur le pouvoir, ou l'impuissance, de la musique et des mots.Ce faisant l'écriture tend à se fondre dans celle de Schubert, allant de la candeur au dénuement.Sandrine Willems, née en 1968 à Bruxelles, est écrivain, psychologue et philosophe.D'abord comédienne puis réalisatrice, c'est par la parole vive qu'elle est arrivée à la littérature. Son écriture en garde une dimension très sonore.Dans ses romans et récits, la question biographique est centrale - portant sur des personnages mythiques ou historiques, ou sa propre vie. D'un texte à l'autre se poursuit une interrogation sur les différentes formes de l'amour. Elle explore aussi, en particulier dans ses essais, nos relations au non-humain - des animaux aux « dieux ». Sandrine Willems, née en 1968 à Bruxelles est écrivaine, psychologue et philosophe. Elle vit aujourd'hui à Montpellier. Son écriture en garde une dimension très sonore, et elle fait souvent des lectures de ses textes. Dans ses romans et récits, la question biographique est centrale - portant sur des personnages mythiques ou historiques, ou sa propre vie. Elle explore aussi, en particulier dans ses essais, nos relations au « non-humain » - des animaux aux « dieux ».
Charlotte Dufrène, de son vrai nom Marie Charlotte Fredez (1880-1968), est un vertige.Demi-mondaine parisienne à la Belle Époque, elle gravite dans une haute société proustienne avant de devenir presque par hasard - auprès de Raymond Roussel auquel elle sert de « paravent » - le témoin médusé d'une vie et d'une oeuvre littéraire uniques. Femme aux abois, elle l'accompagne jusqu'à sa fin tragique, à Palerme en 1933.Du compositeur Reynaldo Hahn à l'écrivain Michel Leiris, du maître d'équipage Bertrand de Valon au poète John Ashbery, Charlotte fait le grand écart entre la société élégante 1900 et une modernité littéraire radicale.Longtemps reléguée à Bruxelles, où elle connaîtra une tardive embellie, sa trajectoire intrigue la féministe Lily Wigny et la chanteuse Paule Daloze. Qui est-elle en effet ? Par-delà les années, son opacité et sa capacité de résistance continuent d'interroger.Ce livre rassemble ce qu'il est possible aujourd'hui de savoir sur Charlotte Dufrène. Il se compose d'un essai biographique en forme de lettre et d'un dossier documentaire.Renaud De Putter est auteur, compositeur et réalisateur. Les questions de l'identité et de la mémoire sont au coeur de son travail. Il partage le goût des histoires de vie (souvent marginales) avec Guy Bordin. Ensemble, ils achèvent un film sur Charlotte Dufrène, L'Effacée, leur septième réalisation commune.Guy Bordin est ethnologue et réalisateur. Si son terrain de prédilection est le monde inuit (sur lequel il a publié plusieurs ouvrages), il a - comme Michel Leiris - été séduit par l'anthropologie fantasmée de Raymond Roussel, ce qui l'a mené à remarquer auprès de cet écrivain la figure de Charlotte Dufrène.
Il s'agit de nouvelles, mais c'est aussi un peu un roman, car cela raconte en filigrane l'histoire de Françoise qui écrit ces nouvelles. Françoise la romancière sentimentale qui chaque matin, rituellement, avant de s'installer à l'ordinateur, s'inonde de Bal à Bagatelle, son parfum fétiche, le complice de son inspiration. Françoise, l'épouse délaissée de ce vieux beau, ce parasite, ce geignard de Georges Girard et qui, excédée, à bout de patience, affûte enfin tout son mordant, toute sa malice pour se venger par jeu de la gent masculine et de ses spécimens les plus ingrats. Corinne Hoex vit à Bruxelles. Parmi ses oeuvres en prose figurent Le Grand Menu (L'Olivier, 2001 ; rééd. Les Impressions Nouvelles, 2010 ; rééd. Espace Nord, 2017), Ma robe n'est pas froissée (Les Impressions Nouvelles, 2008), Décidément je t'assassine (Les Impressions Nouvelles, 2010), Le Ravissement des femmes (Grasset, 2012) et Valets de nuit (Les Impressions Nouvelles, 2015). Elle est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
Pourquoi publier des scénarios ? L'essentiel, le but véritable n'est-il pas le film auquel celui-ci a donné vie ? Publie-t-on un scénario par défaut, lorsqu'un film est resté à l'état de projet, afin que le désir de cinéma dont il était porteur ne tombe pas dans l'oubli ? Et lorsque le film a bien été réalisé puis diffusé, quel scénario publie-t-on, autrement dit quelle version ? Publie-t-on différents textes selon les supports et les publics supposés ? Certains se demanderont même quel intérêt on trouve à lire un scénario : s'agit-il de retrouver le souvenir d'un film aimé, de comprendre « comment ça marche », d'apprendre à écrire d'autres scénarios, ou d'imaginer des films qu'on n'a pas vus, certains parce qu'ils n'ont pas été tournés ? Jean-Louis Jeannelle est Professeur de littérature du xxe siècle à l'Université de Rouen. Il est notamment l'auteur de Films sans images : une histoire des scénarios non réalisés de « La Condition humaine » (Seuil, coll. « Poétique », 2015). Mireille Brangé, ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure, enseigne la littérature générale et comparée à l'université Paris 13. Elle est notamment l'auteur de Delphine Seyrig. Une vie (Editions Nouveau Monde, 2018).
« La poésie doit être faite par tous », écrit en 1870 Isidore Ducasse, comte de Lautréamont. Un demi-siècle plus tard, les surréalistes érigent cette phrase en devise d'un « communisme du génie » dont ils se veulent les fers de lance. Depuis, des avant-gardes du xxe siècle aux pratiques numériques contemporaines en passant par la culture do it yourself, la formule n'a cessé de servir d'étendard à des entreprises littéraires, artistiques et politiques qui, malgré leurs divergences, se reconnaissent dans une visée fondamentale : faire de la poésie le lieu d'une communion, d'une communication et d'une communauté partagées. Ainsi émerge une utopie dont cet ouvrage entreprend l'histoire critique et explore les possibilités esthétiques : l'utopie d'une poésie capable de transformer le monde. Olivier Belin est professeur de littérature française du xxe siècle à l'Université de Rouen-Normandie. Spécialiste des avant-gardes poétiques (René Char et le surréalisme, Garnier, 2011), il travaille sur la littérature francophone moderne et contemporaine (Bauchau, Bonnefoy, Char, Cocteau, Éluard, des Forêts, Gaspar, Larbaud, Luca, Segalen) et développe une recherche sur l'écriture poétique en amateur (Le Coin des Poètes, Pippa, 2014).
Après, depuis est un livre de deuil. Cette chose tout à fait commune, ce thème en soi banal se voient traités ici sur un mode particulier, qui fait basculer le ton forcément subjectif de l'expérience unique vers un cadre plus général, non pas impersonnel mais susceptible d'être investi par n'importe quel lecteur. En six étapes, de la chambre vide à la maison à vendre, chacune d'elles rédigées et composées dans un style et un rythme différents, ce livre fait le tour de ce qui reste et de ce qui change après la mort d'un être aimé. Le ton du livre rappelle par moments les grands textes lyriques de John Ashbery, mais aussi la fantaisie des listes telle qu'on la trouve chez Borges ou Sei Sh?nagon. L'essentiel pourtant est le souci de lisibilité, puis la tentative de dépasser le vécu purement individuel. Après, depuis est une élégie dont la grande ambition est d'offrir un écho, certes décalé mais parfaitement reconnaissable, de la vie de ses lecteurs.Auteur francophone de langue maternelle néerlandaise, Jan Baetens est l'auteur de quelque vingt recueils de poésie, dont SLAM, poèmes sur le basketball, Cent ans de bande dessinée (en vers et en poèmes), Vivre sa vie, une novellisation en vers du film de Jean-Luc Godard ou Ici, mais plus maintenant. Les styles et thèmes de ces livres varient considérablement, mais leur point de départ est toujours le même : la vie quotidienne, refaite et repensée par la littérature. Il est également l'auteur de nombreuses études sur les rapports entre textes et images, dont récemment Le roman-photo (en collaboration avec Clémentine Mélois, éd. du Lombard) et Adaptation et bande dessinée (Les Impressions Nouvelles). Aux éditions JBE, il vient de publier le «?remix?» d'une collection privée de ciné-romans-photos, Une fille comme toi. Jan Baetens est l'auteur de quelque vingt recueils de poésie. Les styles et thèmes de css livres varient considérablement, mais leur point de départ est toujours le même : la vie quotidienne, refaite et repensée par la littérature. Il est également l'auteur de nombreuses études sur les rapports entre textes et images, dont Le roman-photo (avec Clémentine Mélois) et Adaptation et bande dessinée. Il vient de publier le « remix » d'une collection privée de ciné-romans-photos, Une fille comme toi.
Issu d'une famille d'origine rwandaise vivant à Bruxelles - son père est un médecin converti en pasteur évangélique - Antoine s'intéresse depuis son plus jeune âge à l'histoire des Africains transportés en Bolivie au XVIIe siècle en tant qu'esclaves par les colons espagnols pour travailler dans la mine d'argent de Potosi, la ville la plus haute du monde. Antoine rêve de rencontrer la communauté d'Afro-descendants qui y vit encore. Quand il parvient enfin à faire une pause dans son travail très prenant d'infirmier pour se rendre là-bas, il est loin d'imaginer la portée initiatique de son voyage. C'est Alba Luz, une femme métisse d'une grande beauté, qui va l'entraîner dans un nouveau monde, bien au-delà de son pays natal et de son pays d'accueil. Joseph Ndwaniye, né au Rwanda en 1962, est un écrivain et infirmier belge. Il travaille au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles, dans un service pour patients traités par la greffe de moelle osseuse. Son premier roman, La Promesse faite à ma soeur, a été finaliste du Prix des Cinq continents ; il a été récemment réédité dans la collection de poche Espace Nord.
Non pas lire, mais dévorer les livres, en faire son souffle et son sang. Aimer, être à la hauteur de l'amour. Être grisé par la musique de Bach qui a « un goût d'éternité ». Contempler la beauté d'un tilleul, d'un ciel bleu, d'un paysage de Caspar David Friedrich. Avoir vécu avec Breton, Aragon, Bataille, Barthes, Bernard Noël, mais aussi avec tant d'écrivains et philosophes morts et pourtant si vivants. Avoir connu, grâce à eux et à sa compagne, Lola, sa « part d'infini ». Jérôme Peignot a 94 ans. Ma part d'infini est le roman de sa vraie vie. Car il s'agit, dans ce dernier livre, de l'espérance d'une mort heureuse. Né en 1926, Jérôme Peignot a publié en 1976 les Écrits de sa tante Colette, la « Laure » de George Bataille. Il est surtout connu pour être un grand spécialiste de la typographie - il est d'ailleurs le premier « typoète » - et pour avoir fondé la notion de musique acousmatique. Il est également romancier, poète, auteur de romans pour la jeunesse et pamphlétaire. Il a été un pilier du « Masque et la Plume », avant de produire « Les Chemins de la connaissance » et « Les nuits magnétiques ».
Harold Schuiten a vécu pendant un an une expérience insolite sinon extravagante : enseigner le français dans des villages de Yakoutie, la région la plus glaciale de la planète. Il raconte cette aventure avec fraîcheur et drôlerie. Tu vas aimer notre froid porte un regard de candide sur une Sibérie perdue, loin de Saint-Pétersbourg et de Moscou, en Yakoutie, dans les confins insondables du plus grand pays du monde. « La taïga, c'est là où je vais, une forêt infinie en Russie. Pas n'importe quelle taïga mais la plus froide du globe, en République de Sakha. Des gens y vivent et désirent apprendre le français. Là-bas, il y a des années, ils ont ouvert une école belge, une école Sakha-belge. Ainsi est né le "programme" qui envoie des enseignants dans ces bois gelés, sous ces ciels purs à -57°. C'est là que j'interviens. Non pas que je me sente une âme de missionnaire de l'enseignement ou un esprit charitable quelconque, mais tout cela m'intrigue. Je vais donc aller vérifier si ça existe vraiment. Car si vraiment, "ça" existe, alors il faut en laisser une trace écrite. C'est impératif. » Harold Schuiten est plongeur professionnel entre quatre murs en béton dans une tour à Tokyo. Certes, il a été enseignant, journaliste, exportateur de voitures d'occasion pour le marché congolais et testeur de jeux vidéo japonais d'arcade, mais bon... Tu vas aimer notre froid est son premier livre.
C'est d'abord l'histoire d'un lieu prestigieux, la Maison du Peuple, bâtie en 1896 par Victor Horta en plein coeur de Bruxelles, inaugurée en grande pompe dans la clameur de L'Internationale et des slogans du monde ouvrier... L'architecte rompait avec le style prudent de ses prédécesseurs, innovait avec la ligne courbe, l'asymétrie, l'honneur rendu au fer, au verre, à la lumière. Bref, celui qui révolutionnait l'art de bâtir et devenait un des maîtres de l'Art Nouveau, offrait au jeune Parti Ouvrier Belge un lieu à la hauteur de ses aspirations. C'est l'histoire d'un quartier, d'une ville, de deux guerres traversées, mais aussi celle d'un mouvement ouvrier, des espérances qu'il a suscitées, et dont la Maison était en quelque sorte le coeur. L'histoire d'un monde fragile, n'ayant pas résisté à cette course au progrès qui mènera, 65 ans plus tard, à démolir la Maison du Peuple comme on efface un temps révolu. Depuis Hôpital silence, son premier livre publié en 1985 aux éditions de Minuit, Nicole Malinconi s'inspire de la réalité quotidienne, de l'ordinaire de la vie, des gens et des mots, ceci aboutissant à ce qu'elle qualifie elle-même d' « écriture du réel ». Parmi ses ouvrages : Hôpital silence suivi de L'attente (Espace Nord), Nous deux (Espace Nord, Prix Rossel 1993), Vous vous appelez Michelle Martin (Denoël), Séparation (Les Liens qui Libèrent), Un grand amour (Esperluète).
Dans Les Perséides, Jean-Paul Marcheschi propose une autobiographie fragmentaire, d'une remarquable puissance d'évocation. Le paysage insulaire de la Corse, son île natale, y tient une grande place avec sa nature sauvage, ses pierres, ses couleurs et ses odeurs, mais aussi avec Erca, la grand-tante, incomparable conteuse. Il est aussi question d'un voyage à Stromboli, voyage décisif, quasi initiatique, qui entraîna de grandes transformations dans sa peinture. Ce livre est un exercice de gratitude. C'est à travers les friches de la mémoire, ses abandons, ses broussailles, que l'auteur se fraye un chemin. Ce paysage possède cependant quelques clairières, quelques sources où l'esprit peut encore se reposer. Si la douleur, le deuil, la mort sont très présents dans Les Perséides, ce qui domine à la fin, c'est la joie, la douceur peut-être, que l'auteur a éprouvé à l'écrire. « Il arrive un moment dans nos vies où nous sommes littéralement les derniers témoins. Et les noms de ceux que nous avons aimés, les lieux également, les sensations, ne tiennent plus qu'à nous, et nous sommes les seuls à pouvoir en opérer la sauvegarde. » Né en 1951 en Corse, Jean-Paul Marcheschi vit et travaille à Paris. Depuis 1984, le « pinceau de feu » est l'unique instrument utilisé dans l'exécution de sa peinture. Son oeuvre, qui a fait l'objet de très nombreuses expositions, a été commentée par des écrivains comme Pascal Quignard et Jacques Roubaud. Marcheschi est aussi l'auteur d'une Histoire de la Beauté en six volumes (éditions Art3-Nantes). Né en 1951 en Corse, Jean-Paul Marcheschi vit et travaille à Paris. Depuis 1984, le « pinceau de feu » est l'unique instrument utilisé dans l'exécution de sa peinture. Son oeuvre, qui a fait l'objet de très nombreuses expositions, a été commentée par des écrivains comme Pascal Quignard et Jacques Roubaud. Marcheschi est aussi l'auteur d'Une Histoire de la Beauté en six volumes (éditions Art3-Nantes).
Cet essai s'est donné pour objectif d'analyser le fonctionnement de l'industrie du livre à l'arrêt. Contrairement à ce que l'on pourrait penser en effet, la chaîne du livre n'est pas tombée en léthargie. La chaîne du livre s'est adaptée au confinement. Elle s'est reconfigurée et parfois même déplacée. Ses terrains d'élection ont été le théâtre d'une activité intense, que ce soit au travers d'actions, individuelles et collectives, ou de discours critiques. L'épidémie du Covid-19 aura au moins eu cette vertu, dans les activités du monde social, de se poser en analyseur institutionnel. De mettre à nu des dysfonctionnements et des contradictions. Il revient aux professionnels et aux lecteurs de s'en emparer pour repenser l'économie du livre. Tanguy Habrand est chercheur au Centre d'Étude du Livre contemporain de l'Université de Liège. Ses principales recherches portent sur l'histoire sociale de l'édition, la socio-économie des circuits du livre et le développement numérique de la chaîne du livre. Il est responsable de la collection « Espace Nord » et co-directeur, avec Dick Tomasovic, de « La Fabrique des Héros » aux Impressions Nouvelles.
Un professeur de lycée, Raymond Raymont (clin d'oeil à Nabokov) accompagne ses élèves à Londres. Rongé de doutes, il est également d'une franchise exemplaire, qualité dont il estime qu'elle a gâché sa vie. La traversée de Londres, que le personnage observe de manière aussi perspicace que mélancolique, n'est pas seulement l'occasion de faire le point sur sa situation présente. Peu à peu affleurent des correspondances étranges entre passé et présent qui donnent au récit une tonalité presque onirique. Rédigé dans une langue brillante et inventive, digne des grands textes de Raymond Queneau, Le Pub d'Enfield Road est un jalon décisif dans la trajectoire de l'auteur qui crée ici un personnage très humain tout en livrant un document essentiel sur les mutations incessantes d'une ville mythique. Rossano Rosi est né à Liège, en 1962. Il enseigne le français à Bruxelles. À côté de ce rude métier, il écrit des romans et des poèmes, qu'il publie depuis 1994, parfois avec lenteur, toujours avec obstination. Le trait d'union reliant ces deux facettes professionnelles, c'est la littérature, pour laquelle son enthousiasme croît de jour en jour.
Le monde est en train de changer radicalement. Nos moeurs, notre langue, notre espace, notre vécu, nos machines, subissent des transformations inouïes. L'effet le plus insidieux de ce grand bouleversement est la réduction croissante de la liberté individuelle. Il suffit d'ouvrir les yeux pour le constater, autour de nous, et même en nous.Tout n'est pas joué pour autant. Une part de notre avenir et de notre destin dépend de nos choix. À condition de ne pas se payer de mots et d'agir là où nous avons une vraie marge de manoeuvre : dans nos vies privées. Ce livre impertinent fait l'état des lieux et propose une série de solutions à la portée de chacun, tant en matière de logement, de famille, de relations amoureuses, de vie professionnelle et sociale, que de gestion de son temps, de son argent, de son réseau et de sa conscience.Le souvenir de Robinson, aménageant son île pour résister aux périls qui l'entourent, fournit un modèle mythique à cette réinvention du quotidien.Luc Dellisse, écrivain français né en 1953 à Bruxelles, est l'auteur de cinq romans et trois essais aux Impressions Nouvelles. Chez d'autres éditeurs, il a publié des récits et des poèmes en prose. Il utilise l'expérience personnelle, l'art du scénario et l'érudition littéraire comme des moyens originaux d'explorer le réel. Luc Dellisse a publié cinq romans et trois essais aux Impressions Nouvelles. Et chez d'autres éditeurs, des livres de poèmes et des récits. Il pratique dans la fiction une méthode d'« autobiographie imaginaire » romanesque, et dans ses essais, il utilise l'érudition littéraire comme des moyens d'explorer le réel. Ses blogs « L'Inconnu » et « L'Enfance de l'Art » traitent des aléas de la modernité, de la beauté du monde, de la poésie du quotidien et des singularités de la vie d'écrivain.
Une ville isolée dans un Nord non identifié, privée de tout échange avec le monde extérieur. Et des êtres humains qui prennent avec le temps la forme de leur ville. Dans cet univers, où la pensée se confond avec la superstition, la parole avec les bruits et la compassion avec l'indifférence, l'absurde devient le maître du monde. Une famille s'oppose à ce monde totalitaire, devient la victime d'un crime terrible. Quelque temps après, un navire arrive dans la baie de North et met fin à l'isolement de la ville. Ce n'est pas tout à fait la fin du récit.