Sciences politiques et relations interna
Le dragon et l'éléphant Chine-Inde, les deux géants du XXI e siècle Dans un monde en transition géopolitique, la Chine et l'Inde jouent toutes deux sur les facteurs croissants de multipolarité pour atteindre leurs objectifs. Même si leurs intérêts se rejoignent dans une méfiance, voire un rejet, de l'hégémonie américaine, la trajectoire qu'elles empruntent diffère profondément. Les deux géants asiatiques ont chacun de nombreux atouts, mais leurs faiblesses structurelles pourraient bien contrevenir à leurs objectifs. Depuis Pékin, ces vulnérabilités l'empêchent d'envisager une croissance globale libre de toute influence américaine. À New Delhi, de nombreux facteurs freinent la croissance de l'État et sa projection de puissance, y compris dans son voisinage proche. En proposant une étude de ces deux puissances concurrentes plus que complémentaires et de leur relation marquée par une forte rivalité, l'ouvrage montre que, malgré certains intérêts convergents, une véritable alliance reste pour le moment peu probable.
La France, tôt confrontée à l'immigration, et marquée aussi par son passé colonial, a vu monter la prégnance de la figure de l'Autre dans la vie de tous les jours, comme au coeur du discours politique. Qu'il soit issu du regroupement familial, étudiant, travailleur qualifié ou non qualifié, travailleur temporaire, frontalier, réfugié, demandeur d'asile, sans papiers, le migrant incarne souvent une figure menaçante, toujours sujette aux mêmes stéréotypes. Au fil des diverses vagues d'immigration, les critères de l'altérité demeurent intacts : la religion (des Polonais "bien trop catholiques" dans la France laïque de la Troisième République aux musulmans "islamistes" ), la violence (du "couteau facile" des Italiens dans les années 1890 au terrorisme importé de Syrie), la concurrence déloyale sur le marché du travail (du "un million de chômeurs, c'est un million d'immigrés de trop !" des années 1970 au plombier polonais). En se basant sur les articles de journaux, les proclamations politiques, les ouvrages de sciences sociales, mais aussi les romans et films, Catherine Wihtol de Wenden montre comment la mémoire collective concernant l'image de l'Autre s'est construite de 1870 à nos jours. Et propose quelques pistes pour en finir avec la figure péjorative du migrant : une citoyenneté inclusive, la lutte contre les discriminations, la construction d'une mémoire du vivre ensemble par la mise en musées.
4novembre 1979 : quelques mois après la Révolution islamique, près de 300 étudiants enjambent le mur d'enceinte de l'ambassade américaine à Téhéran et prennent en otages 66 diplomates et employés. Pourquoi une rupture si brutale et spectaculaire des relations entre l'Iran et les États-Unis ? Pour répondre, Yann Richard s'appuie sur des sources américaines mais aussi iraniennes. En 1945 alors que le jeune Mohammad-Rezâ Pahlavi vient de monter sur le trône, les États-Unis sont perçus comme les seuls capables de libérer l'Iran de la menace soviétique et de la lourde tutelle britannique. Pourtant, la position américaine montre vite son ambiguïté, notamment lors du coup d'État de 1953 qui renversa le premier ministre Mossadeq, promoteur de la nationalisation du pétrole. Maintenu au pouvoir grâce aux Américains, le shah devint leur meilleur allié dans la région. Enrichi par les revenus du pétrole et à la tête d'une immense armée, il gouverne seul. Des manifestations violemment réprimées précipitent sa chute et ouvrent la voie en 1979 à l'instauration par Khomeyni de la République islamique d'Iran. La posture de l'Américain armé de bons sentiments s'était transformée en une figure de dominateur sans scrupules. Les Iraniens avaient contemplé avec envie la prospérité hollywoodienne et consumériste. On leur montra la marque du collier qui tenait l'Iran enchaîné. C'est bien le sens de la Révolution islamique et de la prise d'otages que de rompre cette chaîne.
Face au désordre mondial, à la multiplication des violences, et à l'incertitude quant à l'avenir de notre planète, l'humanité peut agir ! À l'heure des choix, les scénarios et options possibles par une des meilleures analystes de la situation politique européenne et internationale. Comment agir dans un brouillard tenace ? La confusion, l'incertitude, le désordre, le n'importe quoi, le chaos, tels sont les termes qui dominent dans les analyses contemporaines du monde. Beaucoup partagent en effet ce sentiment étrange que tout va de plus en plus vite, de plus en plus mal, sans que personne ne contrôle quoi que ce soit. Force est de reconnaître que nos sociétés ne manquent pas de raisons de redouter l'avenir, et que les scénarios du futur ne riment pas toujours avec le meilleur des mondes. Comment penser ce nouveau chaos mondial ? La démocratie est-elle en danger ? La guerre est-elle inévitable, en Europe notamment ? La mondialisation économique est-elle menacée ? Les innovations technologiques sont-elles destructrices de notre modèle de société ? L'Europe est-elle condamnée à l'impuissance ? Quid du Sud dans ce nouvel échiquier mondial ? Telles sont, entre autres, les questions qui structurent cet essai. Elles n'impliquent aucune fatalité, aucun destin. Tous les scénarios sont en effet possibles, du pire au meilleur, du plus conflictuel au plus serein. C'est même la seule vertu des périodes de transition historique que d'être modelables par l'action des hommes. Selon les choix politiques qui seront faits, selon que les démocraties sauront être plus fortes et l'Occident moins obsédé de lui-même, selon les principes qui seront au coeur de l'action internationale - le monopole ou le partage, la discrimination ou l'inclusion, l'individu ou le bien commun, le nationalisme ou l'intégration, la démocratie ou la contrainte, etc. -, des futurs bien différents sont à portée de main. Libre à nous, donc.
Une contribution majeure à l'étude des transformations de l'islam et de son rapport au politique à l'époque contemporaine. Qu'est-ce que le salafisme ? Et comment ce mouvement ultraconservateur a-t-il gagné en influence pour se placer au coeur de la normativité islamique sunnite ? Quel rapport entretient-il avec le politique ? Et pourquoi est-il important, pour en déchiffrer les évolutions, de le distinguer des Frères musulmans ? Stéphane Lacroix nous invite à démêler ces questions dans cette socio-histoire du salafisme égyptien. Issu d'une enquête menée en Égypte à partir de 2010, avant, pendant et après la révolution ayant mené à la chute de Moubarak et l'arrivée au pouvoir de l'islam politique, cet ouvrage retrace l'histoire de ce mouvement et de ses acteurs. Il nous introduit à la grammaire d'action des salafistes et analyse les mutations qu'a connues l'islam égyptien tout au long du XXesiècle, et jusqu'à très récemment. Loin de constituer une idéologie immuable, le salafisme est lui-même sorti transformé de ce processus, au point de devenir un acteur central de la transition démocratique avortée de 2011. Une contribution majeure à l'étude des transformations de l'islam et de son rapport au politique à l'époque contemporaine.
Une enquête qui dresse un constat objectif et fait entendre la voix des femmes jihadistes. Un éclairage marquant sur l'un des phénomènes majeurs de la France contemporaine. En France, un quart des personnes incarcérées pour des faits de terrorisme jihadiste sont des femmes. Presque absentes dans les années 1990, en arrière-plan dans la décennie suivante, elles sont devenues des protagonistes de l'islamisme radical et violent au cours des années 2010, marquées par de multiples attentats sur le sol français et par l'essor de l'État islamique en Syrie. Rarement combattantes, elles n'en sont pas moins des actrices politiques et des rouages essentiels à la perpétuation de la lutte jihadiste. Qui sont ces femmes ? De quels milieux, de quels genres de famille viennent-elles ? Qu'espèrent-elles d'un idéal qui leur dénie toute place dans l'espace public ? De quelles manières se sont-elles engagées ? Aujourd'hui, quels regards portent-elles sur leur parcours ? Et qu'est-ce que ces derniers nous disent de la société française du début du XXIesiècle ? À distance des polémiques ou des préjugés, cette enquête exceptionnelle dresse un constat objectif, à partir de nombreux entretiens. Elle a été menée au sein même des prisons françaises, auprès de l'ensemble des détenues concernées.
La Mongolie est principalement connue en Europe pour les conquêtes du plus illustre de ses empereurs, Gengis khan, ou pour la survivance d'un nomadisme pastoral. Ces deux éléments expliquent l'attrait d'un nombre grandissant de touristes en quête d'exotisme et d'authenticité, et suscitent une production littéraire variée, notamment de nombreux récits de voyage. Ce pays, qui a connu des bouleversements importants au cours des dernières décennies, reste pourtant méconnu en France, et ailleurs dans le monde. Une étude consacrée aux évolutions politiques, économiques et stratégiques s'imposait. La Mongolie se distingue par quatre caractéristiques majeures : la centralité du secteur minier, l'héritage du socialisme, l'enclavement géographique, et le nomadisme pastoral. Ces éléments ont été au coeur des mutations de ce pays après sa révolution démocratique de l'hiver 1989-1990. Après avoir été le second pays au monde à adopter un mode de développement socialiste, la Mongolie a embrassé la démocratie et le capitalisme lors d'un processus de transition non-violent, exposant le pays à des défis économiques, sociaux et identitaires importants. À quoi ressemble donc la Mongolie d'aujourd'hui ? Quelle est l'articulation entre les dynamiques économiques et politiques de ce pays asiatique richement doté en matières premières ? Quels sont les grands enjeux géopolitiques auxquels font face les autorités ? Quelle nouvelle stratégie de sécurité ont-elles élaborée face à leurs deux voisins géants, la Chine et la Russie ? Dressant le portrait de cette "nouvelle" Mongolie, Antoine Maire nous introduit à son parcours original et complexe, loin des clichés parfois véhiculés sur ce pays.
Le nouveau régime iranien va-t-il a¿ contre-courant de la modernité, comme on le pense généralement ? Comment appréhender la fusion des pouvoirs religieux et politique, institutionnalisée en Iran par la " guidance du juriste " ? C'est cet évènement inédit, doctrinal et institutionnel, qu'explore cet ouvrage, dépassant les apparentes antinomies entre le religieux et le politique et mesurant le renouvellement sans précédent du droit et de la pensée chiite.La nouvelle constitution de 1979 constitue ici un épisode important et significatif : dans quel cadre l'action du juriste religieux doit-elle s'appliquer ? Ce juriste dispose-t-il des mêmes pouvoirs que le Prophète et les Imâms ? Le pouvoir et la souveraineté sont-ils enracinés dans le peuple ? Tels sont quelques-uns des termes du débat que Constance Arminjon restitue et analyse dans toute sa complexité. La fondation de la République islamique d'Iran a donné aux clercs les moyens de ne plus être les témoins passifs d'une modernité perçue comme exogène et a constitué une de leurs réponses aux contraintes menaçant l'institution religieuse. Au-delà du cas iranien, l'auteur prend en compte l'importance des clercs d'Iraq et l'originalité du chiisme libanais. C'est ainsi tout un laboratoire politique et une modernité religieuse plurielle et paradoxale, que nous présente cet ouvrage.
Cette enquête nous conduit au coeur de ce mécontentement, dans les rangs d'un mouvement de pauvres dénonçant leurs mauvaises conditions de vie... Depuis la fin des années 1990, l'Afrique du Sud est le théâtre régulier de protestations, qui basculent parfois dans la violence. Elles viennent rappeler les manquements à la "vie meilleure pour tous" pourtant promise par l'African National Congress (ANC) au sortir de l'apartheid. Cette enquête nous conduit au coeur de ce mécontentement, dans les rangs d'un mouvement de pauvres dénonçant leurs mauvaises conditions de vie. Elle le fait de façon quelque peu inhabituelle en privilégiant, au bruit des manifestations, l'ordinaire de la vie sociale des militants, de leurs proches et des habitants des quartiers populaires d'une ville moyenne. Une telle démarche permet de redonner un peu de leur épaisseur à des notions aussi fondamentales que la quête de reconnaissance, la souffrance sociale ou la dignité. S'aventurer dans le quotidien de ces femmes et de ces hommes, dans une intimité où affleurent leurs attentes et déceptions, autorise surtout à porter un autre regard sur la "nation arc-en-ciel" ; un regard sensible au fait que, trente ans après l'avènement de la démocratie, l'entrelacement de la pauvreté et de la race ne s'est toujours pas desserré.
Entre guerre et paix Histoire et politique des conflits dans le monde... Notre monde n'a jamais été aussi dangereux. Nous pensions être sortis de la guerre froide par le haut, et imaginions ne plus avoir à craindre de nouveaux conflits armés... mais la guerre n'est ni un objet lointain, ni un objet du passé. Si l'on en croit l' "horloge de la fin du monde" créée en 1947 entre autres par Einstein, et mise à jour chaque année, nous serions désormais, et pour la première fois, à moins de 100 secondes seulement de minuit, l'heure de l'apocalypse. La course effrénée aux armements, la hausse généralisée des budgets militaires, le non-respect des traités de non-prolifération, la diffusion de robots tueurs ainsi que la montée du nationalisme rendent l'humanité plus fragile aujourd'hui que jamais. Or, si nous pouvons probablement survivre aux attaques terroristes et aux pandémies, nous serions particulièrement vulnérables face à une guerre mondiale utilisant des armes nucléaires. Pourtant, la menace d'une telle guerre est bien réelle : dans de nombreux pays, un seul dirigeant a le pouvoir de la déclencher. Après avoir dressé le portrait de notre monde chaotique, Sundeep Waslekar propose de mettre en oeuvre un contrat social mondial pour que la paix ne soit pas simplement un état de non-guerre. Car la paix relève d'un choix : nous pouvons nous y engager collectivement, et le monde sans guerre vaincra. Préface de Bertrand Badie Traduction de l'anglais par Anatole Muchnik
Depuis près d'un quart de siècle, une guerre entre les États-Unis et la Chine est annoncée et redoutée. Elle paraît moins improbable désormais, alors que les rivalités ne cessent de s'exacerber. Historien des relations internationales, Pierre Grosser revient sur les rapports qu'ont entretenus les deux pays sur le temps long. Très tendues durant les premières décennies de la guerre froide, qui fut chaude en Asie, ces relations semblaient être durablement sur les rails de la coopération après la normalisation des années 1970. Mais les divergences de vue d'un côté et de l'autre du Pacifique n'ont fait qu'entretenir les tensions, jusqu'à la confrontation actuelle. En mobilisant les riches débats sur les causes et le déclenchement des conflits du XXesiècle, il liste les éléments qui pourraient mener les États-Unis et la Chine à entrer en guerre (en critiquant notamment la notion de "piège de Thucydide", régulièrement mobilisée pour souligner le caractère inévitable d'un affrontement entre les deux puissances), mais aussi ce qui pourrait empêcher qu'elle ait lieu.
Cet ouvrage réunit les deux thèmes de prédilection de Maurice Clavelin. Le premier interroge l'un des tournants les plus importants de l'histoire des sciences : le " moment Galilée ". L'auteur montre que ce n'est pas une simple critique des idées traditionnelles ou une meilleure attention portée aux données de l'observation qui caractérise la science de ce génie. Rallié aux théories de Copernic, Galilée crée une vraie science mathématisée du mouvement, véritable révolution conceptuelle qui ouvre une ère nouvelle à la spéculation sur la Nature, et signe ainsi l'acte de naissance de la science moderne. Le second aborde sous un angle inédit le rapport entre science et philosophie. Il montre qu'au début du XXe siècle, et après une longue stagnation, la théorie empiriste de la connaissance reprend forme et rigueur sous l'influence combinée de la logique symbolique et de l'interprétation logiciste des mathématiques. Le rôle de Russell, suivi par Wittgenstein, le cercle de Vienne et Quine, est ici décisif. Un livre qui enrichit l'oeuvre d'un grand historien et philosophe des sciences.
La défaite de l'État islamique, organisation apparue en Irak à l'automne 2006, ne fait aucun doute : après les pertes de Mossoul et Raqqa, le groupe terroriste n'administre plus aucun territoire ni aucune population. Ses ressources ont été détruites. Son commandement a été laminé au fil de frappes ciblées. Des milliers de combattants ont été tués ou mis hors d'état de nuire. L'État islamique est privé, de facto, de toute capacité réelle d'agir. Pourtant, cette organisation continue d'inquiéter, notamment avec la reprise des attentats dans ses anciens bastions et l'extension transnationale de son combat. Partout, l'État islamique cherche encore à séduire une jeunesse désocialisée, et de nombreux militants seraient toujours actifs, beaucoup s'étant transportés de l'Irak et de la Syrie vers d'autres terrains. L'idéologie de l'État islamique n'est pas défaite non plus, et l'organisation ne se résume pas à des modes opératoires terroristes : elle continue de représenter un soulèvement, une politique, une révolte, que l'on serait bien imprudents d'ignorer. Préface de Pierre-Jean Luizard
Les relations internationales ont connu un tournant ces deux dernières décennies : celui d'un décentrement, et de la fin d'une lecture majoritairement transatlantique de l'ordre mondial. Cette anthologie entend contribuer à cet effort, en tâchant non plus seulement d'envisager l'altérité, mais surtout de penser avec elle. Elle met en évidence une diversité de conceptions de la paix, de la sécurité et des conditions de leur mise en oeuvre. Les extraits des textes et sources orales retranscrits ici (dont certains sont traduits pour la première fois en français) nous viennent de la zone saharo-sahélienne, de Chine, du Japon, de Madagascar, de Mongolie, de Russie, mais aussi des mondes berbère, juif, maya, malais, persan ou encore du sous-continent indien et de Mésoamérique. Les commentaires qui les accompagnent mettent en évidence chacun des contextes historiques et socio-politiques d'élaboration de ces sources, tout comme les éventuelles controverses suscitées par leur authenticité, les enjeux de traduction ou encore les usages politiques dont elles ont pu faire l'objet. Leurs mobilisations contemporaines sont également analysées, et mises en dialogue avec les approches conventionnelles de la paix et de la sécurité en relations internationales. Un ouvrage pour tous les enseignants, étudiants et curieux, désireux de développer une approche globale de la science politique et des relations internationales.
" L'antilepénisme ordinaire a pris l'allure d'une machine fonctionnant dans un seul sens : empêcher de connaître et de comprendre l'ennemi désigné, interdire toute discussion libre et informée sur le mouvement lepéniste, substituer l'indignation morale et la condamnation diabolisante à la critique argumentée et à la lutte politique. La diabolisation de l'adversaire empoisonne le débat démocratique et profite en définitive au parti lepéniste, qui tire habilement parti de la dénonciation vertueuse et consensuelle dont il est l'objet pour se poser en victime du "Système'. Toute dénonciation extrémiste fait le jeu de l'extrémisme dénoncé. Le seul moyen de dire clairement en quoi les orientations du FN sont inacceptables consiste à analyser le programme de ce parti sans lunettes idéologiques, donc sans le lire à travers les stéréotypes accumulés au terme d'une longue tradition "antifasciste'. Face au FN, il faut d'abord vouloir le connaître, puis le juger sur ses résultats locaux, dans la gestion municipale, et non plus seulement sur ses intentions déclarées ou ses projets. " Ce livre, qui analyse la diabolisation dans tous ses aspects, s'efforce de penser l'extrémisme politique, sur la base de multiples exemples historiques. Il s'impose pour faire face aux extrémismes contemporains.
L'anti-démocratie est-elle le nouveau visage de l'avenir ? Les régimes iranien, russe et turc aimeraient sans doute le faire accroire. Derrière une façade démocratique, tous trois donnent à voir une même fuite en avant. Culte d'un chef infaillible investi d'une " mission historique " ; " pureté " de la nation trop longtemps humiliée et volonté de revanche face à un Occident corrupteur ; mobilisations de la religion ; organisation d'un État parallèle fondé sur les liens personnels, la corruption et l'accaparement des ressources ; développement d'un appareil sécuritaire pour répondre à une paranoïa savamment entretenue vis-à-vis des " ennemis extérieurs et intérieurs " ; institutionnalisation d'une réalité alternative sur laquelle les faits n'ont plus de prise... Plongée stupéfiante au coeur des logiques de radicalisation des régimes autoritaires, cette comparaison aiguisée entre l'Iran, la Russie et la Turquie de ce début de xxie siècle est un puissant avertissement pour nos démocraties qui doutent d'elles-mêmes.
Et si le monde d'après-Covid était en gestation depuis plusieurs années déjà ? Si le phénomène actuel de relocalisation ne datait pas de mars 2020, mais plutôt des années 2010 ? C'est la thèse de cet essai original et accessible, qui décrit le monde qui vient et ses acteurs, en s'appuyant sur une riche infographie et cartographie. Car notre monde globalisé est en train de s'éteindre au profit d'un monde localisé, suscité par trois révolutions. La première est industrielle : la robotique et le numérique sont entrés dans nos usines, les rendant capables de produire à la demande et à des coûts similaires à ceux des pays émergents. La deuxième est énergétique : l'essor exponentiel des renouvelables multiplie les sources locales d'énergie. La troisième concerne les ressources : de plus en plus réemployées, elles offrent des matières premières de proximité. Ce monde plus durable, fondé sur des grandes aires de production régionales, redessine les rapports de force économiques et géopolitiques, faisant apparaître de nouveaux maîtres du jeu. En se basant sur des données économiques internationales et de nombreux entretiens, Cyrille P. Coutansais rend compte de cette fascinante mutation de nos systèmes productifs, de nos modes de vie et de consommation.
L'Asie du Sud-Est, espace géopolitique majeur, est une région à dominante maritime : l'espace marin y dépasse en superficie celui des terres émergées et sa situation exceptionnelle entre deux océans, Pacifique et Indien, lui confère un rôle central dans la circulation maritime mondiale. L'Asie du Sud-Est, espace géopolitique majeur, est une région à dominante maritime : l'espace marin y dépasse en superficie celui des terres émergées et sa situation exceptionnelle entre deux océans, Pacifique et Indien, lui confère un rôle central dans la circulation maritime mondiale. Loin d'être homogène et uniforme, cette étendue maritime se structure en sous-ensembles régionaux et l'ambition de ce livre est de prendre en compte cette diversité : il ne se focalise ainsi pas uniquement sur la mer de Chine méridionale mais traite également de la mer de Sulu-Sulawesi, de Timor et d'Arafura, du Golfe du Tonkin, du détroit de Malacca ou encore du Triangle de Corail. Mers et détroits ont toujours joué un rôle central et unificateur dans l'intégration spatiale de cette région. Mais l'intervention des puissances coloniales, et surtout la volonté des États après leur indépendance de protéger leur territoire national ont contribué à l'émergence de différends frontaliers territoriaux et maritimes. Si la mer cristallise ces tensions, elle n'en demeure pas moins au coeur d'enjeux politiques, économiques, sociétaux et environnementaux et de nombreuses initiatives de coopération ont été entreprises : exploration et exploitation pétrolières et gazières, pêche, recherche marine, sécurité maritime, protection de l'environnement, opérations de sauvetage et lutte contre la criminalité... Les riches études réunies dans cet ouvrage mettent en évidence le caractère transnational des questions maritimes en Asie du Sud-Est, et croisent pour la première fois la dimension sécuritaire et le poids des coopérations régionales.
Sillonnée par nombre d'aventuriers, de Marco Polo à Nicolas Bouvier, l'Eurasie a toujours fasciné. Elle reste néanmoins difficile à cerner et à définir, tant géographes, historiens ou politologues se sont peu référés à cet espace. Vaste continent courant de l'Extrême-Orient à l'Europe, sur lequel se sont juxtaposés des empires, il est surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route des épices qui le reliaient d'une extrémité à l'autre. Sillonnée par nombre d'aventuriers, de Marco Polo à Nicolas Bouvier, l'Eurasie a toujours fasciné. Elle reste néanmoins difficile à cerner et à définir, tant géographes, historiens ou politologues se sont peu référés à cet espace. Vaste continent courant de l'Extrême-Orient à l'Europe, sur lequel se sont juxtaposés des empires, il est surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route des épices qui le reliaient d'une extrémité à l'autre. Mais celles-ci n'ont jamais unifié cet espace, et n'ont permis sur le continent que des échanges limités de biens, d'idées et de techniques. Puis la généralisation de l'État-nation au XXe siècle a accentué sa fragmentation et les zones de conflits se sont multipliées aux marges des anciens empires devenus grandes puissances. Il a fallu attendre l'idéologie eurasiste, puis, au XXIe siècle, le projet russe d'Union économique eurasiatique d'une part, et chinois des " nouvelles Routes de la soie " d'autre part, pour que se modifie notre façon de considérer ce continent. Car ces nouveaux corridors, continentaux ou maritimes, aménagés ou en projet, font l'Eurasie et sont susceptibles de donner à l'avenir plus de cohésion à cet espace qui couvre 1/3 de la superficie de notre planète et compte plus de 60 % de la population mondiale. Un ouvrage ambitieux et original qui s'attache à ce qui a été trop longtemps un impensé de l'histoire et de la géographie.
Aujourd'hui, les initiatives internationales de la Chine se multiplient et se diversifient : la Chine investit dans les infrastructures de transport ou de télécommunication à l'étranger, maintient ses revendications territoriales et maritimes, ouvre de nouvelles bases militaires, crée de nouvelles institutions multilatérales, renforce son réseau de médias en langues étrangères... Aujourd'hui, les initiatives internationales de la Chine se multiplient et se diversifient : la Chine investit dans les infrastructures de transport ou de télécommunication à l'étranger, maintient ses revendications territoriales et maritimes, ouvre de nouvelles bases militaires, crée de nouvelles institutions multilatérales, renforce son réseau de médias en langues étrangères... Xi Jinping a définitivement tourné la page de l'approche " profil bas " de la politique étrangère mise en place par Deng Xiaoping au lendemain de la révolution culturelle, dont l'objectif premier était de sortir le pays de la pauvreté. Si le développement économique demeure une priorité de la diplomatie chinoise - face aux écarts de développement persistant au sein du territoire national et au ralentissement de la croissance -, d'autres enjeux préoccupent également Pékin aujourd'hui : l'approvisionnement en énergie et matières premières, la protection des ressortissants chinois à l'étranger ou encore la lutte contre le terrorisme. Huit des meilleurs spécialistes francophones de la Chine se sont réunis pour analyser chacun de ces enjeux et la manière dont la Chine y répond actuellement. Les nouvelles initiatives internationales de la Chine constituent-elles uniquement une réponse à ces enjeux, ou sont-elles également motivées par d'autres objectifs ? Cet ouvrage pose en définitive une question essentielle : quelles sont les ambitions de la politique étrangère chinoise ? Sa lecture permet de mieux comprendre la façon dont la Chine perçoit le monde, et surtout, le rôle qu'elle souhaite y jouer.
Soumises à l'oeil de Moscou et au contrôle étroit du fait religieux durant toute la période soviétique, les sociétés centrasiatiques ont longtemps vécu isolées du reste du monde musulman. La fin de l'URSS, en 1991, est venue rompre ce confinement. Soumises à l'oeil de Moscou et au contrôle étroit du fait religieux durant toute la période soviétique, les sociétés centrasiatiques ont longtemps vécu isolées du reste du monde musulman. La fin de l'URSS, en 1991, est venue rompre ce confinement. Elle coïncide avec l'entrée des nouveaux États d'Asie centrale et du Caucase dans le phénomène de la mondialisation du religieux. Étudier dans le temps long l'islam centrasiatique et caucasien, ainsi que l'influence de la Turquie, de l'Iran, de l'Inde et de l'Arabie Saoudite sur les phénomènes religieux de cette zone, telle est l'ambition de cette riche étude qui applique la méthode de l'histoire connectée aux enjeux les plus contemporains de notre monde globalisé. Circulation des hommes et des idées, clivage entre sunnites et chiites, héritages croisés de plusieurs empires, moghol, safavide, ottoman et soviétique, poids des confréries soufies, mausolées faisant de certaines villes de grands lieux de sainteté.... Autant de thèmes abordés par Bayram Balci au fil de ce vaste tour d'horizon, qui souligne également l'influence des organisations prosélytes qui se sont répandues dans tout l'espace post-soviétique. À l'heure où l'islam, plus que jamais divisé, suscite controverses et incompréhensions, Bayram Balci nous invite à reconsidérer l'influence de cette religion en étudiant son développement récent dans les confins d'Asie centrale et du Caucase. Un essai majeur à la croisée de l'histoire, de l'anthropologie et de la science politique.
En dépit des nombreux tournants stratégiques qui ont marqué les relations internationales depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis demeurent la puissance de référence, sans laquelle l'ordre mondial ne saurait être envisagé. Après les guerres néoconservatrices des années 2000 (Afghanistan, Irak), les inflexions opérées par Barack Obama ont eu pour objectif aussi bien de sortir l'Amérique de plusieurs enlisements militaires que de restaurer son image dans le monde. Dans le même temps, la contrainte budgétaire, la montée en puissance de l'Asie, les défis chinois, russes ou issus d'autres puissances encore ont dû être pris en compte. L'une des questions essentielles qui se pose désormais pour l'avenir du système international est de savoir si les orientations politiques des années Obama survivront à leur initiateur. L'Amérique a-t-elle définitivement changé, à la fois dans la sociologie de son débat interne, et dans son approche du monde ? Ou allons-nous assister à la fin, qui pourrait être brutale, d'une parenthèse Obama ? Cet ouvrage revient sur les facteurs tant internes qu'externes qui déterminent les rapports de l'Amérique au reste du monde, et propose une réflexion stimulante sur les changements et continuités de la politique étrangère américaine
Astres, villes, vivant, robots : quatre objets d'études apparemment profondément différents les uns des autres. Et pourtant, les analogies sont nombreuses. Tous ont un rapport très fort à la simplicité - la Nature, comme les hommes, choisit les procédés les plus simples possibles -, à la symétrie, à la cohérence. Tous sont soumis à l'entropie - le désordre les gagne -, tous ont une complexité qui s'accroît selon une évolution tout à la fois darwinienne - qui conduit, par sélection, à une meilleure adaptation - et en mosaïque - juxtaposition d'entités de même ordre de complexité qui, tout en conservant une autonomie certaine, sont intégrées dans des structures plus vastes, où le tout est supérieur à la partie. L'architecture des astres, des villes, des robots, est donc éminemment semblable à celle des systèmes les plus complexes qu'il nous soit donné d'appréhender : les organismes vivants. Dire que la complexité du vivant mime celle du monde matériel revient à constater que le cerveau, construit sur les mêmes bases que le reste de l'Univers, peut intégrer les lois du monde, et ainsi créer des villes ou de l'intelligence artificielle fondées sur ces mêmes lois. Un dialogue entre quatre disciplines en apparence étrangères les unes aux autres, riche d'enseignements et propre à susciter les questionnements et les débats.
Les contestations révolutionnaires de 2011 ont, pour un temps, changé les termes du débat dans la "rue arabe" mais aussi le regard que le reste du monde portait sur les sociétés moyen-orientales. L'héritage de la domination ottomane, le colonialisme et le post-colonialisme, l'autoritarisme, l'islamisme, la question palestinienne... semblaient, durant cette courte période, cesser de fournir les clefs d'intelligibilité du monde arabe. Tout convergeait, enfin, pour laisser supposer que le djihadisme des années 1980-2000 cédait place à une communion universelle entre ce monde et l'Occident. Pourquoi les promesses de 2011 ont-elles finalement été suivies d'un état de violence et d'effondrement social dans de nombreuses sociétés ? Comment ces révolutions ont-elles fait bouger les lignes de force structurant le monde arabe ? Quelles étaient les différentes structurelles et conjoncturelles entre la Tunisie et l'Egypte d'une part, les autres sociétés arabes de l'autre ? Quelles sont les conditions permettant à une crise révolutionnaire de devenir un moment de vérité aussi bien pour les pouvoirs que pour les sociétés ? C'est à ces questions que répond Hamit Bozarslan, dans un essai aussi limpide que nécessaire.
Et si notre faculté à prendre des décisions relevait plus du hasard que d'un processus rationnel ? On a longtemps admis que, chez l'homme, la prise de décision résultait d'un processus cognitif et psychologique : l'esprit décide, le corps obéit. Or, le schéma est inverse : le mécanisme décisionnel est produit par la matière cérébrale. C'est un phénomène aléatoire qui résulte de processus de compétitions au sein d'un réseau dont l'architecture a peu évolué depuis les premiers vertébrés. L'extraordinaire développement du cortex, qui a rendu possible le développement de grandes capacités d'abstraction, n'a pas modifié la structure initiale du réseau de la décision : le processus conserve sa nature aléatoire, ce qui limite la capacité de l'homo sapiens à raisonner de façon rationnelle. Il en résulte que lorsqu'un individu pèse le pour et le contre, il ne fait ni plus ni moins que de s'en remettre au hasard de dés virtuels. Apprendre consiste dès lors à piper ces dés en sa faveur... Mais ce qui, selon des critères purement économiques, n'est qu'une rationalité limitée, est peut-être le prix à payer pour conserver la grande capacité d'adaptation, principale spécificité de l'espèce humaine. Un livre pour mieux comprendre comment fonctionne notre cerveau et comment s'opèrent nos choix.
"Il est temps d'en finir avec le mythe de cicatrices coloniales responsables de tous les maux, des conflits et du mal développement... Les frontières d'Afrique sont devenues des frontières africaines."
À l'hiver 2011-2012, pour dénoncer les fraudes électorales, les citoyens russes sont descendus par dizaines de milliers dans les rues de Moscou. Surpris par ce réveil de la société civile, le Kremlin leur a aussitôt opposé les forces de l'ordre et accentué la lutte contre la présence étrangère dans le pays. La répression a alimenté la chronique de l'autoritarisme russe.Pourtant, depuis le début des années 2000, si le gouvernement recourt à la force, il emprunte aussi des outils à la démocratie libérale. Cet étonnant paradoxe est au coeur de ce livre. Les autorités russes mettent en effet en oeuvre des programmes de soutien à la société civile qui permettent le développement de formes plus douces de contrainte politique, en s'appuyant sur un mélange complexe de coercition et d'incitations. Cette ambivalence trouble jusqu'aux défenseurs des droits de l'homme, à la recherche de compromis entre affrontement et coopération.Fondé sur des enquêtes de terrain, ce livre renouvelle l'analyse des relations entre l'État et la société dans la Russie contemporaine. En replaçant les mobilisations actuelles et les choix de Vladimir Poutine dans une perspective historique, il montre comment le pouvoir russe innove et se modernise pour mieux consolider sa domination politique
En faisant de la bienveillance une composante des relations internationales, ce livre propose un regard plus sensible sur notre temps et offre une boîte à outils pour l'action politique à venir. Car la bienveillance ne rime pas qu'avec mièvrerie et bons sentiments. Et elle ne se cantonne ni dans la neutralité ni dans l'hégémonie cultivée par certains États. Disposition morale, elle se retrouve dans plusieurs conduites diplomatiques, des commémorations aux négociations. En tant que pratique, elle promeut la non-nuisance, la tempérance ou encore l'attention à l'égard des vulnérables. En témoigne la modération dans l'usage de la force en droit international, la protection des biens publics mondiaux, ou l'hospitalité d'individus ordinaires envers les migrants. Mais elle est surtout au coeur d'un projet politique global ancien, le solidarisme de Bourgeois, prix Nobel de la paix en 1920. Car une solidarité naturelle, de fait, nous lie tous les uns aux autres, nations comme individus. Reconnaître les effets de ces interdépendances est crucial pour l'humanité tout entière. Explorer et décrire de manière lucide ces formes de bienveillance est une nécessité. Un geste qui ouvre des voies pour réinterpréter le passé, mais aussi pour agir au sein de notre monde, eu égard aux menaces et aux risques qui nous affectent, des pandémies aux changements climatiques. .
Du Discours duCaire, adressé en 2009 par Barack Obama à un "monde musulman" dont il présupposait l'unité, à la prolifération des "dialogues interreligieux pour la paix", la religion apparaît aujourd'hui comme centrale dans les relations internationales. Cette perception débouche sur des initiatives politiques présentées comme autant d'antidotes face aux troubles attribués au "retour du religieux" dans l'espace mondial. Pourtant, contrairement à ce que laisse entendre le mythe d'un système international sécularisé, les dieux n'ont jamais cessé d'être mêlés aux affaires du monde. En Europe même, où la souveraineté de l'État s'est formée contre l'autorité de l'Église, les relations entre religion et politique sont restées imbriquées. Dans le monde postcolonial, des mobilisations à dimension religieuse ont souvent formé un ressort de l'accès à l'indépendance et donc une condition de l'acquisition de la souveraineté. La longue ignorance de cette "part des dieux" a laissé place, à partir des années 90, à une surinterprétation du retour du religieux dans l'analyse des relations internationales. Le succès des représentations confessionnalisées du désordre mondial et des initiatives politiques qui s'en sont inspirées, souvent en réponse à différents avatars de la thèse du "choc des civilisations", a eu un effet auto-réalisateur : elle a incité des acteurs qui échappaient jusqu'alors aux labels religieux à les mobiliser stratégiquement. C'est au prisme du terrain indonésien notamment que l'auteure étudie cette évolution, tout en s'attachant à montrer l'autonomie d'individus et de sociétés échappant aux assignations d'identités religieuses uniformisantes.
Puissance globale ou acteur européen ? Référence culturelle mondiale ou nation oubliée ? Le rang de la France dans le monde, ainsi que sa marge de manoeuvre, posent aujourd'hui de nombreuses questions. Les bouleversements géopolitiques récents, comme la montée en puissance de l'Asie, le Brexit ou le développement de populismes illibéraux, impliquent la redéfinition de l'action extérieure de la France. Du couple franco-allemand à l'alliance atlantique, en passant par le rapport aux Suds marqué par l'héritage colonial, c'est toute la relation de la France à ses voisins plus ou moins proches qui est étudiée ici. Les instruments à sa disposition sont aussi passés au crible : l'outil diplomatique, la compétence militaire, bien sûr, mais aussi la promotion de son modèle laïc. Un livre pour mieux comprendre et penser le rôle international de la France, adapté aux temps qui viennent.
De Paris à Téhéran, d'Alger à Santiago ou de Bagdad à Port-au-Prince : tout au long de l'année 2019, ces villes ont été le théâtre de manifestations populaires qui ont toutes replacé le social au centre du jeu international, laissant la politique dans l'impuissance. En 2020, la circulation d'un virus mortifère, transmis par des millions d'interactions sociales, défiait tous les gouvernements de la planète. Alors que le social semblait naguère régi par le politique, les deux instances semblent avoir aujourd'hui échangé leurs attributs. Les relations internationales sont devenues inter-sociales. L'arène internationale ne se limite plus à une simple juxtaposition d'États mais est sous l'emprise d'un tissu social qui conditionne de plus en plus l'action des dirigeants. C'est l'analyse de cette conquête sociale de l'international qui est au centre de ce livre. Car les conflits actuels ne sont plus dominés par le choc des armées, mais alimentés par des phénomènes de souffrance sociale comme la pauvreté, l'insécurité alimentaire, les rivalités communautaires. Et derrière ces mouvements populaires, les entrepreneurs d'opinion, médias, réseaux sociaux, lanceurs d'alertes, acteurs privés en tous genres remodèlent les relations internationales à leur gré... Les relations inter-sociales conduisent à une nouvelle lecture du monde et de ses enjeux, elles inspirent l'urgence de nouvelles politiques étrangères et de nouvelles diplomaties.
Depuis l'élection de Trump, le monde a changé. L'arrivée à la tête des États-Unis de ce magnat de l'immobilier a bouleversé les équilibres mondiaux et entériné le recul des relations internationales, à tel point qu'il pourrait être irréversible. L'abandon du leadership qu'avaient exercé tous ses prédécesseurs sans aucune exception a créé les conditions propices à des situations extraordinairement préoccupantes et menaçantes pour l'ordre mondial : fin du multilatéralisme, durcissement des frontières, compétition commerciale exacerbée, réarmement généralisé, fragilisation des grands traités mondiaux, ébranlement de la démocratie et de ses institutions, etc. L'ensemble de l'architecture du système international repose sur la mise en oeuvre d'une diplomatie américaine engagée et soutenue. Un monde qui en serait exempt deviendrait instable. La présidence Trump, dit-on souvent, est atypique. Sur de nombreux plans, à l'évidence, elle constitue un tournant dans l'histoire. Mais qu'en est-il des effets de cette politique à l'échelle internationale ? Charles-Philippe David est professeur titulaire de science politique à l'université du Québec à Montréal (UQAM) et président de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. Il a écrit, avec Olivier Schmitt, La guerre et la paix. Approches et enjeux de la sécurité et de la stratégie (4e éd., 2020) et dirigé l'ouvrage La politique étrangère des États-Unis : Fondements, acteurs, formulation (3e éd., 2015).