Maurice Clavelin
Maurice Clavelin
Pourquoi, bravant hostilité et dangers, Galilée s'engagea-t-il dès 1610 dans un combat passionné en faveur du système copernicien ? Pour comprendre les raisons de ce soutien à Copernic, la seule voie est celle des textes dans lesquels, de 1610 à 1616, Galilée développa toutes les raisons de préférer définitivement l'héliocentrisme au géocentrisme. C'est ce dossier que Maurice Clavelin, avec beaucoup de science, s'est attaché à instruire. Nous découvrons ainsi les textes essentiels, en traduction nouvelle, par lesquels Galilée espéra neutraliser la pseudo-incompatibilité entre l'héliocentrisme et tel ou tel passage de l'Ancien Testament, ainsi que les principales pièces de l'instruction menée par le Saint-Office en 1615 et 1616.
Cet ouvrage réunit les deux thèmes de prédilection de Maurice Clavelin. Le premier interroge l'un des tournants les plus importants de l'histoire des sciences : le " moment Galilée ". L'auteur montre que ce n'est pas une simple critique des idées traditionnelles ou une meilleure attention portée aux données de l'observation qui caractérise la science de ce génie. Rallié aux théories de Copernic, Galilée crée une vraie science mathématisée du mouvement, véritable révolution conceptuelle qui ouvre une ère nouvelle à la spéculation sur la Nature, et signe ainsi l'acte de naissance de la science moderne. Le second aborde sous un angle inédit le rapport entre science et philosophie. Il montre qu'au début du XXe siècle, et après une longue stagnation, la théorie empiriste de la connaissance reprend forme et rigueur sous l'influence combinée de la logique symbolique et de l'interprétation logiciste des mathématiques. Le rôle de Russell, suivi par Wittgenstein, le cercle de Vienne et Quine, est ici décisif. Un livre qui enrichit l'oeuvre d'un grand historien et philosophe des sciences.
Tout le monde s'accorde pour attribuer à Galilée la paternité de la science moderne. Mais aucun ouvrage, à ce jour, n'a mieux situé la place de la révolution galiléenne dans l'histoire de la pensée que le livre de Maurice Clavelin, professeur de philosophie à l'université de Paris IV Sorbonne, paru en 1968 et aujourd'hui réédité. L'ambition de l'auteur promouvoir une approche globale de la philosophie du Pisan, tout à la fois théoricien du mouvement et astronome n'a rien perdu de son actualité. Très réservé vis-à-vis d'une approche purement sociologique, et des interprétations atténuant la rupture que représente l'oeuvre de Galilée, Maurice Clavelin cherche plutôt à cerner les problèmes, les concepts et la méthode qui ont permis à Galilée de mettre la mécanique classique en lieu et place de l'ancienne physique aristotélicienne.