Pédagogie psychosociale
Unique, sans aucun doute, en son genre, ce livre consacré à l'enfance en difficulté, l'enfance à risque, la jeunesse en danger, aux quatre coins de l'univers. Et qui donc pouvait l'écrire mieux qu'Euchariste Paulhus, l'infatigable voyageur au service de ces enfants et de ces adolescents ; lequel, fort d'une exceptionnelle expérience en ce domaine et riche d'une science puisée à des sources des plus diverses par la civilisation et par la langue, nous transmet ici ce qu'il a vu, entendu, noté et sur quoi il a longuement réfléchi, agi, réagi ? Cet ouvrage est, en quelque sorte, le livre de sa vie, d'une vie où la compétence éminente s'est associée à la générosité du dévouement en même temps qu'à la délicatesse et à la fidélité de l'amitié. C'est crûment et presque familièrement qu'Euchariste Paulhus nous met en face de ce qu'il a lui-même constaté. Il nous associe à sa douleur, parfois à sa révolte, à sa volonté aussi de transformer le monde. Il contribue, par son savoir et sa perspicacité, à nous en donner les moyens. Un livre à lire et à faire lire non seulement par tous les spécialistes de l'enfance mais aussi par tous ceux que soucient les risques qu'encourt la jeunesse dans notre monde.
Sonder le sens des valeurs qui inspirent son action professionnelle, voilà ce que tente de faire Gilles Gendreau dans son analyse de l'intervention psycho-éducative. Une telle réflexion arrive à point alors que l'intervention auprès des jeunes en difficulté est de plus en plus évaluée et critiquée. On lui reproche tantôt de trop s'inspirer du modèle médical, tantôt de faire de trop larges emprunts au modèle sociologique. L'éducateur, ou le psycho-éducateur, n'en continue pas moins de chercher, à travers ses expériences professionnelles ou ses recherches systématiques, des modèles originaux susceptibles de guider son intervention, ce qui ne le dispense aucunement d'appuyer ces modèles sur des valeurs solides. Pour ce faire, Gilles Gendreau utilise une grille d'analyse qui s'inspire largement du modèle systémique sans perdre de vue les deux pôles de l'intervention : le sujet en difficulté, objet de l'intervention, et l'éducateur spécialisé, animateur de cette même intervention.
Et si d'aventure l'adulte ressentait le besoin de se taire pour écouter l'enfant ? Peut-être réaliserait-il ainsi que l'enfant est non seulement capable de créer de nouvelles formes d'expression symboliques dans le jeu et l'imaginaire, mais surtout à même de dénoncer l'aliénation de l'adulte à la réalité ? Quel monde offre-t-on à l'enfant ? Quels choix faisons-nous ? Communiquons-nous avec lui ? Pour les auteurs, l'adulte doit revenir au jeu d'expression et s'y former. Ce volume raconte des expériences réalisées sur le terrain auprès d'enfants normaux et handicapés ainsi qu'auprès de groupes d'adultes. Par ailleurs, il veut proposer des points de repère éducatifs voire thérapeutiques pour qui émet le projet de s'engager dans une démarche soit d'animation d'expression et de jeu dramatique d'enfants, soit de création dramatique et théâtrale à l'adresse de l'enfant, soit d'animateur de formation à l'expression d'adultes. Ainsi Claude Chalaguier et Gérard Malien démontrent clairement dans leur pratique de formateurs qu'une telle démarche n'est pas l'apanage d'une professionnalisation théâtrale ou psychologique. Au contraire, ils affirment que le jeu d'expression doit s'inscrire dans la réalité quotidienne, que ce soit dans une structure thérapeutique auprès d'enfants déficients ou dans le cadre pédagogique de l'univers scolaire.
Et si l’éducation des jeunes handicapés était une voie de résurrection pour tous ? Pédagogie de résurrection d’Henri Bissonnier, prêtre et pionnier de l’éducation spécialisée, révèle comment la foi chrétienne transforme le regard sur le handicap.
Le nombre chaque jour croissant d'adolescents victimes de traumatisme crânien, la gravité et la fréquence des séquelles qui en résultent, posent aux familles, aux thérapeutes, aux enseignants, aux éducateurs, des questions difficiles. Quels sont les déficits rencontrés ? Comment les prendre en charge ? Le traumatisme crânien laisse-t-il encore la possibilité d'apprendre, de travailler ? Quel est le vécu de ces adolescents ? Quel peut être leur devenir ? Ce livre est le premier à étudier dans leur ensemble les problèmes des jeunes traumatisés crâniens, depuis le coma initial jusqu'à l'insertion socioprofessionnelle, en passant par l'investigation, la rééducation, la prise en charge psychologique et scolaire. Les auteurs exercent leur activité au sein d'une équipe pluridisciplinaire au Centre de rééducation fonctionnelle « Les Lycéens » de Neufmoutiers-en-Brie. En illustrant leur ouvrage de faits vécus, ils livrent une réflexion neuve sur l'approche neuropsychologique et pédagogique de ces adolescents au cerveau meurtri.
L'évaluation systématique des résultats de l'action éducative spécialisée auprès des jeunes en difficulté a fait perdre quelques illusions aux éducateurs qui en sont les principaux acteurs professionnels et a déstabilisé les systèmes eux-mêmes. Les éducateurs et les systèmes d'aujourd'hui auraient-ils perdu le sens de l'éducation spécialisée et de la psycho-éducation qui inspirait les pionniers, en France et au Québec ? Des psycho-éducateurs du Québec dégagent de leur réflexion des pistes que tout éducateur, tout responsable d'un système d'action psychosociale et éducative aurait intérêt à reprendre à son propre compte pour donner de la dimension à sa fonction d'intervenant, de gestionnaire, etc. Ce livre, fruit de multiples expériences humaines et professionnelles, pourra alimenter la réflexion des lecteurs sans doute mais aussi des participants à des séminaires de perfectionnement en éducation spécialisée. Il présente des réflexions issues de quarante années d'intervention éducative au coeur d'un vécu partagé avec des jeunes en difficulté, de quarante années de formation d'éducateurs, d'organisation et d'animation de divers types de systèmes. Ces réflexions vont au-delà du savoir et du faire sans les négliger, et plongent au coeur de l'être : l'être de la personne en difficulté, l'être du système d'action éducative spécialisée, l'être de l'éducateur.
Un autre regard sur l'autisme... Celui d'une mère qui se veut étrangère à toutes les théories et à tous les systèmes, et qui, depuis vingt et un ans, observe sa fille dans la totalité de son être physique et psychique, avec les yeux neufs d'un explorateur ignorant à la découverte d'une terre inconnue. Au cours des huit dernières années présentées dans ce livre, l'auteur a noté sur le vif des scènes de la vie de l'adolescente au milieu des siens, ou avec les personnes qui l'aident aussi à prendre conscience d'elle-même, des autres, et du monde qui l'entoure. L'éducation, à base d'apprentissage personnalisé, a développé la relation, les initiatives, et assuré l'épanouissement de « Cati », dans la mesure où elle peut prendre sa part des activités qui sont le lot de tous, et qui leur confèrent un rôle dans la communauté. En cette adolescente encore entravée, se révèle un être humain désireux de vivre, avide de contact, souvent passionné, capable de souffrance et de joie.
Les adolescents dont les ressources sont défaillantes ont du mal à vivre. C'est en termes de souffrance d'origine sociale qu'il convient d'aborder cette situation et non en termes d'inadaptation ou de délinquance, qui n'en sont que des complications ou des conséquences. Trop souvent il s'agit de les inscrire dans des structures de soins ou de répression. N'est-ce pas là l'effet pervers du souci dominant de contrôle social, alors que, paradoxalement, se développent les thèses de non-ségrégation, de non-étiquetage ? Pour tous ne représentent-ils pas une cible nouvelle, un nouvel enjeu de ce qui est appelé « marketing social » ? En réalité, n'ont-ils pas comme tout le monde des capacités cachées, enfouies sous la friche ou les ronces qui ont envahi leurs parcours d'enfants puis d'adolescents ? N'est-ce pas à l'inconscience, la contradiction, l'insécurité de ceux qui précisément avaient vocation de cohérence, de sécurisation, d'harmonie que s'adressent leurs protestations souvent maladroites ? Cette jeunesse, qui en a subi les maltraitances, est en marge des institutions. Itinéraires insolites, à déchiffrer et à défricher pour que ne s'aggrave, ne se reproduise à l'infini, cette marginalité subie, imposée par d'insupportables carences. C'est de cette prévention qu'il s'agit, lorsqu'on la dit spécialisée... C'est d'elle dont nous avons voulu témoigner.
Le nombre impressionnant d'enfants souffrant de difficultés de lecture, la gravité des conséquences scolaires et familiales qui en résultent, posent aux familles, enseignants, éducateurs, orthophonistes, médecins, psychologues, des questions difficiles. Quels sont les symptômes, les théories en présence ? Existe-t-il des méthodes d'apprentissages de la lecture plus efficaces les unes que les autres ? Comment contribuer à la prévention et à la rééducation des problèmes lexiques de l'enfant ? Ce livre étudie les troubles de la lecture et aborde l'enfant lecteur dans sa totalité psychique et neuronale, les auteurs proposant une réflexion nouvelle sur la lecture où se mêlent la psychanalyse, la neuropsychologie et la pédagogie. L'ouvrage, illustré de nombreux exemples vécus, associe théories et pratiques. Le lecteur y trouvera exposés et la mécanique de l'acte lexique et les bilans, les approches rééducatives réalisables individuellement ou en classe. Il découvrira également l'expression d'une pensée où démarches scientifiques et dimensions humaines s'accordent pour comprendre et aimer les enfants malades de la lecture.
Que recouvrent et que manifestent les attitudes offensives de ces adolescents délinquants qui répètent sans cesse le cycle infernal des ruptures relationnelles ? Ces expressions souvent fracassantes font-elles seulement partie de la cohorte des troubles qui ponctuent la crise pubertaire ? Ne rencontrons-nous pas, durant l'enfance de ces jeunes, des signes précurseurs ? Ne peut-on dès lors, chercher à comprendre comment se met en oeuvre ce cycle infernal placé sous le signe de l'omnipotence tyrannique et hostile ? Tel est le point de départ du présent ouvrage : son originalité est donc de repérer chez le jeune enfant des signes précurseurs, voire des signes organisateurs d'une personnalité qui se déploiera à grand bruit à l'adolescence. Des séquences de cures psychothérapiques avec des jeunes enfants et des adolescents difficiles étayent cette recherche. Un va-et-vient constant est réalisé entre pratique et réflexion analytique, les référents théoriques étant rappelés. Ainsi, au fil de la relation clinique, se vérifie l'hypothèse de départ quant à l'organisation progressive de ces personnalités narcissiques ; émergent des propositions quant à certaines modalités de traitement ; s'ébauche un projet psychothérapique pour ces adolescents. Des adolescents qui se risqueront peut-être à vivre sans leur attirail d'omnipotence et de délinquance, qui se risqueront dès lors à montrer leur vrai visage.
Quel étudiant, quel professionnel, quel enseignant ne s'est trouvé égaré dans le labyrinthe des textes consacrés à la structuration progressive de l'être humain ? Il existe une masse de travaux touchant à la genèse de l'identité : perspectives neurobiologiques, cognitives, psychanalytiques et sociologiques s'affrontent, se complètent, s'excluent de façon souvent passionnelle. Michel Lemay, auteur de « Psychopathologie juvénile », « Le diagnostic en psychiatrie infantile », « J'ai mal à ma mère », consigne ici les résultats d'un immense labeur de dépouillements bibliographiques. C'est en s'appuyant sur plus de 2000 références classées en sous-sujets qu'il fait un effort unique d'analyse et de synthèse pour présenter aux lecteurs une étude comparée sur les recherches en langue française et en langue anglaise au sujet de la naissance du sentiment d'identité. Ce livre, destiné à prendre place dans la bibliothèque de tout éducateur, psychologue ou psychiatre, constitue à la fois une invitation et un guide de lecture des différents auteurs - une mine de références - un questionnement incessant sur ces approches du mystère que constitue l'Homme pour chacun d'entre nous. C'est aussi le point de vue personnel d'un clinicien toujours en recherches.
Pendant trop longtemps, une approche d'ordre psychanalytique a semblé peu conciliable sinon même incompatible avec ce que l'on appelait alors « l'arriération mentale ». Les très rares essais dans ce domaine demeuraient pratiquement méconnus. Bruno Castets qui, de ce point de vue, a fait figure de pionnier, nous donne aujourd'hui, avec la vigueur de style qui est la sienne, un témoignage de son expérience et de sa réflexion qui doit faire date. Sans rien nier de la réalité de ce que l'on nomme aujourd'hui « le retard mental », il en propose une reconsidération qui interpelle psychiatres, psychologues, analystes, éducateurs et travailleurs sociaux. Sans doute sera-t-il difficile, après avoir lu ces pages, de ne pas regarder avec d'autres yeux et de ne pas traiter d'une autre manière enfants et adolescents dits « débiles ». Ce livre apporte aux ouvrages précédents de Bruno Castets - tels que L'enfant fou ou La Loi, l'enfant et la mort - un complément voire un dépassement. Si l'ensemble de cette oeuvre est un apport précieux pour la recherche en même temps qu'un stimulant pour l'action l'on trouvera ici, plus que jamais, une ouverture, sinon une solution, à ces problèmes que tout être humain rencontre au coeur même de sa propre vie comme il lui faut répondre à cet appel chez l'Autre.
L'auteur de ce livre a passé la plus grande partie de sa vie au contact des malades, des personnes dites handicapées, enfants, adolescents et adultes, en un mot du « monde de la souffrance ». De cette souffrance on parle beaucoup aujourd'hui pour la rejeter. Henri Bissonnier propose d'en reconsidérer la réalité. Il le fait très particulièrement lorsqu'il s'agit de personnes atteintes dans leur vie psychique et dont on a vite fait de déclarer la souffrance stérile ou inexistante, quand on n'en fait pas la rançon d'un mal moral. De là, c'est le problème de la vie spirituelle de ces « souffrants » qui se pose. En sont-ils capables et jusqu'à quel degré ? Et que peut l'action sociale, psychopédagogique et pastorale de l'entourage pour les aiderà y accéder, à s'y épanouir, à en témoigner ?
Voici la réédition, notablement modifiée, de Pour qu'ils vivent enfin. Sans rien renier de ses recherches précédentes, l'auteur montre le cheminement de l'équipe de la Sittelle qui, en liaison avec les diverses recherches et publications, a travaillé auprès d'enfants présentant divers troubles très graves de la personnalité. L'originalité du travail ici présenté est de faire référence à de solides approches théoriques tout en exposant très concrètement comment une institution peut tenter de répondre aux besoins de ces enfants étranges. Une approche pédagogique et une forme originale d'approche psychanalytique se conjuguent. Un internat et un placement familial spécialisé travaillent de façon complémentaire, en liaison, dans toute la mesure où l'état de l'enfant le permet, avec des écoles où se réalise une intégration scolaire tandis que les soins se poursuivent dans l'institution. Les résultats sont là pour montrer que, grâce à une telle action et au travail avec les familles naturelles, des enfants qui semblaient voués à une existence asilaire ou, tout au moins, à une existence assistée, ont pu sortir de leur angoisse et s'intégrer dans notre monde.
Notre temps est-il en train d'inventer des valeurs nouvelles, de redécouvrir des valeurs éternelles ? La jeunesse d'aujourd'hui est-elle sensible aux valeurs ? Si oui, à quelles valeurs ? Y a-t-il ou non chez l'homme un sens inné des valeurs ? Les adultes enfin, les éducateurs actuels sont-ils, à cet égard, des éveilleurs ? D'aucuns, semble-t-il, se laissent décourager par les obstacles, que ceux-ci soient d'ordre sociologique, psychologique, voire psychopathologique. L'enfant, l'adolescent, le jeune adulte, qu'on les considère comme normaux ou comme handicapés, inadaptés, sont-ils susceptibles d'accueillir de telles propositions, de telles exigences, de telles ambitions ? D'autres paraissent hésiter quant au choix des valeurs à présenter. Y a-t-il des valeurs essentielles ? Si oui, quelles sont-elles ? Peut-on même aller jusqu'à parler de « la Valeur », d'un absolu dans cet ordre ? Comment alors le définir, le nommer, le révéler, pratiquer, en un mot, l'éducation sinon la rééducation aux valeurs ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles n'a pas craint de s'affronter Henri Bissonnier et auxquelles il propose ici des éléments de solution pratique destinés aux parents, aux éducateurs spécialisés ou non, à tous ceux aussi qui se trouvent associés à la pastorale comme à l'action psychopédagogique. Face à ce que l'on nomme la crise des valeurs, ce livre peut apparaître comme une sorte de défi. L'auteur a souhaité en faire un acte de foi.
Ce livre ne vise point à plaire ou à déplaire à quiconque. Il met en cause nombre d'idées reçues, mais en entérine d'autres qui peuvent être ouvertes à la discussion. Il ne se rattache à aucun dogme. Il prétend plus à l'honnêteté qu'à l'habileté. Il est fait d'une longue réflexion de médecin, de psychiatre et de psychanalyste sur ce que peut être la psychopathologie de l'enfant. Il rend compte en somme d'un effort pour comprendre en un champ qui demeure particulièrement obscur ; où la première constatation à faire est qu'un enfant est un enfant et non un petit adulte ; l'autre étant que les adultes ont été enfants et préfèrent l'oublier. Ceci les amène à oublier qu'ils ont eu à voir, durant toute leur enfance, avec ce qui fait le fond de la vie de l'enfant : la loi celle du langage, telle que la donnent l'adulte et la mort. Il peut intéresser ceux qui sont amenés à se poser la même question que l'auteur sur ce que l'enfant donne, à savoir de son désir, de l'amour et de la mort.
Chacun craint pour soi, pour l'autre, pour l'enfant en particulier, le risque d'être malade, gravement malade. Mais le risque de guérir ? Sous ce titre, quelque peu paradoxal, voire provocateur, Marie-Bernard Chicaud, psychologue, psychothérapeute et auteur de plusieurs ouvrages dans la présente collection, nous fait d'abord découvrir l'univers de l'enfant gravement atteint dans son intégrité corporelle et psychosomatique. Rarement, on a pénétré aussi profondément dans le vécu de l'être jeune, confronté, non seulement avec le spectre de la maladie, mais avec l'appareil sophistiqué de la thérapeutique moderne, notamment dans le cadre hospitalier. Marie-Bernard Chicaud y travaille. Elle le voit non seulement avec ses yeux, mais avec ceux de l'enfant, vision à laquelle elle communie intensément, tout en l'analysant de façon lucide. Or, l'auteur nous fait aussi prendre conscience de ce que la question est loin de s'avérer résolue, lorsque l'enfant se trouve cliniquement guéri. C'est, bien au contraire, ici qu'il lui faut s'affronter souvent aux plus complexes des problèmes. Que faire alors, pour répondre vraiment aux besoins de l'enfant et, ce, sans omettre ses interrogations les plus profondes ? C'est ce qu'à nous, adultes, parents ou professionnels, Marie-Bernard Chicaud, dans ses dernières pages, sait révéler. Un livre émaillé de faits relevés par l'auteur dans sa pratique quotidienne, livre qui fait réfléchir, incite à écouter, à agir et qui vient, magnifiquement, clôturer la collection « Pédagogie psychosociale ».
Qui permettra - aux jeunes engagés dans la voie de la violence et de la délinquance - de retrouver l'estime d'eux-mêmes et d'engager de nouveau le dialogue ? Après avoir analysé la mentalité du jeune dit « criminel », en particulier du récidiviste, Noël Mailloux propose des principes de rééducation, sans dissimuler les obstacles auxquels se heurte le psychologue, l'éducateur spécialisé, le travailleur social dans sa tâche de « réhabilitation ». Mais ce que l'auteur de ces pages nous dit des « jeunes sans dialogue » que sont les délinquants de Montréal, vaut aussi pour mieux comprendre et aider toute la jeunesse d'aujourd'hui en peine de renouer, avec le monde adulte, des relations humaines. Allant du pathologique au normal, Noël Mailloux nous aide finalement à mieux nous connaître nous-mêmes, en tant qu'éducateurs et en tant qu'hommes.
« Le regard des autres » sur celui ou celle qui est différent de ces autres, parce que marqué par le handicap physique, sensoriel ou psychique. C'est ce qu'a tenté de percevoir l'équipe rédactrice du présent ouvrage. Ce regard, elle-même l'a vécu à travers l'oeil de la caméra. Avec un rare souci de vérité et, en même temps, de respect des personnes impliquées, cet oeil - et aussi le micro - ont interrogé attentivement ceux que frappe maladie ou infirmité, et ceux aussi qui les entourent : milieu familial, entourage médical, collègues de travail, grand public... Mais à quelles conditions et à quelles exigences un tel travail ne doit-il pas se plier ? On découvre, au fil de ces pages, écrites avec couleur, émotion, parfois une certaine crudité, sinon même de la violence, à quel point la tâche de celui qui doit filmer, enregistrer, peut être ardue, délicate, décevante à certains moments, exaltante à d'autres. Une véritable aventure. Passionnant, ce récit ne doit cependant pas faire méconnaître la valeur scientifique du travail ainsi accompli. Les titres et qualités des auteurs en sont le garant. La confirmation en est finalement donnée par l'étude critique et l'oeuvre de synthèse qui achève cet ouvrage. Un livre tonique, d'un genre nouveau, qui est, à sa manière, une des plus précieuses contributions de notre temps aux efforts actuels concernant l'insertion et l'intégration des personnes dites handicapées.
Annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à des enfants et des jeunes en difficulté scolaire ou sociale, à des personnes handicapées physiques, sensorielles ou mentales, est une tâche difficile, mais passionnante. Ce livre s'adresse à tous ceux et celles qui ont le désir de l'entreprendre ou de mieux la remplir : catéchistes, prêtres, parents, animateurs. Il donne des repères pour mieux connaître les handicaps, afin d'adapter la démarche pédagogique et catéchétique selon leur diversité et leur spécificité. Repères psychopédagogiques : développement corporel, intellectuel et affectif, et relation au monde environnant, aux autres et à soi-même. Repères catéchétiques et pastoraux : le groupe, le lieu, le déroulement de la rencontre, les documents, la place et le rôle de chacun, le lien avec la communauté chrétienne élargie. Il offre plusieurs entrées selon les questions des lecteurs et veut être un instrument de travail, tant individuel que collectif. Une table analytique en facilite l'usage. La réflexion biblique, qui ponctue l'ouvrage, met en lumière le sens d'une démarche, dont la justification se trouve dans le Dieu-Amour, attentif aux pauvres et révélant que chaque personne est créée à son image.
L'époque est heureusement révolue, où l'on estimait que l'enfant dit "retardé" n'était pas - ou n'était guère - destiné à évoluer. La psychothérapie semblait réservée à des sujets d'intelligence normale, voire supérieure. Elle revendiquait d'ailleurs d'être profondément distincte de l'éducation, voire opposée, dans l'attitude qu'elle semblait requérir, comparativement à celle que l'on attendait du pédagogue. Madeleine Natanson fait partie de ceux qui, par son expérience et sa qualification, par les résultats aussi qu'elle a obtenus, s'inscrit en faux contre une telle vision pessimiste et dichotomiste. S'adressant à des enfants qui présentent un retard caractérisé, sans exclure une base organique, elle a - dans sa relation à de tels sujets et à leurs familles - fait appel à une double approche : celle du thérapeute et de l'éducateur. Courageusement et avec une double qualification, elle a entrepris de faire tomber ici des barrières, et de vaincre "bien des préjugés qui nous ont coûté cher", comme aux enfants qui en furent les victimes. Cet ouvrage, qui présente - à partir de cures d'enfants trisomiques - une réflexion théorique concernant le débat - toujours ouvert - sur les rapports de la psychanalyse et de l'éducation, est à la fois vivant et savant ; il devrait passionner parents, éducateurs et thérapeutes.
Quand la morale se trouve contestée, confondue avec les interdits sociaux, réduite aux tabous, la nouvelle édition du présent ouvrage, édition revue, mise à jour et complétée, vient bien à son heure. Au terme de longues années d'expérimentation et d'enseignement universitaire, Henri Bissonnier, déjà connu pour ses ouvrages tels que : « Pédagogie de Résurrection » et « L'expression, valeur chrétienne », s'est attaqué à l'un des phénomènes les plus préoccupants de notre temps : la remise en question de la conscience morale en regard des découvertes de la psychologie normale et pathologique, aboutissant parfois à la démission des éducateurs devant leurs responsabilités dans ce domaine. Il suggère une sorte d'échelle de développement de cette conscience, à travers un certain nombre d'étapes pré-morales, pour accéder à la morale proprement dite qu'il s'efforce de dégager, dans son originalité, de ce qui en a préparé l'éclosion. Parallèlement, une pédagogie progressive de la conscience morale est proposée à tous ceux qui assument, dans le monde d'aujourd'hui, la charge directe ou indirecte d'enfants et de jeunes tant normaux que victimes de perturbations diverses. Ces états pathologiques sont eux-mêmes référés à des stades du développement de tout être humain, et permettent finalement à chacun de faire réflexion sur soi-même.
Sous ce titre de « L'enfant fou », Bruno Castets parle de ceux que l'on dit « autistiques » ou « psychotiques », de ceux pour qui l'on discute de « troubles de l'organisation de la personnalité » ; à ce propos, il reconsidère la distinction, devenue classique depuis Esquirol, entre « dément » et « arriéré ».
L'auteur bien connu de Psychopédagogie des débiles profonds, un des best-sellers de la présente collection, nous apporte aujourd'hui le fruit d'une expérience renouvelée qui, sans rien renier de la réflexion précédente, fait état d'une conception, en appelle à une approche, et emploie des méthodes notablement différentes. Celles-ci, en effet, ont été laborieusement pensées et mises au point pour s'adresser à ces enfants, bien plus nombreux qu'on ne le pense, et qui souffrent de psychoses déficitaires, enfants que l'on a trop longtemps considérés comme des arriérés mentaux incurables. Dans l'établissement que dirige, depuis de longues années, Denise-Delphine Rouquès, l'équipe médico-psycho-pédagogique est sans cesse préoccupée d'aborder l'enfant d'une façon globale : l'approche pédagogique, et une forme originale d'approche psychanalytique, se conjuguent. Les résultats sont là pour montrer que, grâce à une telle action, et au travail avec les familles naturelles ou avec des familles d'accueil, des enfants qui semblaient voués à une existence asilaire et à demeurer en quelque sorte des morts-vivants, ont pu vivre enfin pleinement, se trouver heureux et s'intégrer dans notre monde.
Après avoir, dans ses divers ouvrages, envisagé bien des aspects de la pédagogie des enfants, adolescents et adultes dits « handicapés » ou « inadaptés », Henri Bissonnier livre ici l'expérience que lui ont fournie de longues années de contacts réguliers avec des jeunes privés de milieu familial normal, et de multiples rencontres à travers le monde. L'auteur entend, essentiellement, donner le témoignage de l'éducateur et d'un éducateur qui, devant les conséquences cruelles - voire dramatiques - de frustrations radicales, aux divers niveaux du psychisme, ne se laisse pas décourager, mais garde sa foi en l'homme et en sa capacité de résurrection. Ces pages, d'autant plus d'actualité que le problème des « dissociations familiales », est davantage à l'ordre du jour, se proposent de constituer un guide - et un soutien - pour tous ceux qui se soucient de venir en aide aux enfants, adolescents et adultes que l'on range parmi les « handicapés sociaux ». Ainsi, cet ouvrage s'adresse-t-il aux éducateurs et travailleurs sociaux, aux médecins et thérapeutes, aux ministres religieux et catéchistes, finalement aux parents subsistants et aux amis de ceux auxquels « l'amour a manqué ». Un livre qui tente d'associer, à la lucidité, l'espérance.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Les migrants sont parmi nous ; ils viennent du Sud-Est asiatique, du Moyen-Orient, du Maghreb ou de l'Europe méditerranéenne ; ce sont aussi ces "Français de la frange" qui n'ont pas d'autre histoire que des exils répétés, des séparations aggravées par des secrets, des non-dits ou plus simplement des "dossiers égarés". Au-delà d'études statistiques et techniques déjà existantes, l'auteur a cherché la rencontre, privilégié l'écoute de nombreux enfants, venus de tous les horizons, issus de cultures très diverses. Leur rassemblement dans une même institution, a permis un certain nombre d'observations et de réflexions qui pourront aider à ce que tombent certaines idées reçues. Le dynamisme, les puissances de vie de ces jeunes qui ont traversé des épreuves parfois incroyables, est source d'espoir pour ceux qui peuvent l'entrevoir. Les enfants sans racines sauront créer leur avenir. Mais une chose est sûre aussi : l'avenir de nos sociétés ne se fera pas sans eux et, qu'on le veuille ou non, elles seront de ce fait différentes, tissées de traditions et de cultures nouvelles. Cette certitude est peut-être à l'origine de la peur de beaucoup. Elle est pourtant porteuse d'une vie encore inconnue, riche de promesses, si nous savons donner à ces jeunes le temps d'être et de créer.
Signe des temps ? Chacun de ceux qui oeuvrent, aujourd'hui, dans le vaste domaine de l'inadaptation et de la psychopathologie, s'interroge sur son identité. Dans ce que Jacques Rudrauf appelle le métier médico-psycho-pédagogique, médecin, psychiatre, psychologue, éducateur spécialisé, travailleur social, auxiliaire dit « para-médical », reconsidère sa fonction et, souvent, la conteste ou se trouve contesté. Au sein de l'équipe, on se demande de façon quasi-permanente : qui fait quoi ? C'est à cette inquiétude que le présent ouvrage voudrait apporter les éléments de réponse. Il le fait en adoptant une attitude chère au psychanalyste : laisser à l'autre la chance de se dire et de se reconnaître lui-même. D'où le titre de ce livre, qui se veut bien plus une invitation à la réflexion personnelle, ou d'équipe, qu'une solution toute faite à accepter ou à refuser. Mais nul ne niera que cette réflexion ne soit urgente, tant le malaise est réel à l'heure présente, voire paralysant, dans un domaine où, pourtant, on ne saurait attendre. Le débat est, d'ailleurs, sur la place publique...
La remise en question de l'école est à l'ordre du jour. En réalité, le mouvement de l'éducation dite « nouvelle » n'est pas d'aujourd'hui. Mais on parle maintenant d'une véritable subversion, remettant en question l'institution scolaire en tant que telle. La thèse d'Albert Painchaud est notablement différente. Il part de faits concrets, de dialogues avec des enfants qu'il connaît bien, des parents qu'il a rencontrés, des instituteurs avec lesquels il a échangé. Il réfère cette expérience aux notions acquises durant ses études universitaires, ou à travers ses lectures spontanées. Ce qu'il propose est une manière tout autre de concevoir l'éducation, ou la rééducation, de ces enfants « que l'école n'intéresse plus » et, plus radicalement, d'envisager cette école elle-même. Chemin faisant, il nous livre ses réflexions sur la pédagogie, en tant que celle-ci repose sur les données psychologiques actuellement reçues, mais que l'auteur reconsidère. Ce livre mordant, écrit dans un style pittoresque, doit faire réfléchir tous les éducateurs, professionnels ou naturels, spécialisés ou non et, au-delà, poser une grave interrogation à ceux qui portent la responsabilité d'un certain type d'école. Or, cette responsabilité est celle de chacun d'entre nous. Ne faisons-nous pas d'enfants « normaux » des « inadaptés » à l'école ? Que préconiser pour ceux, trop nombreux qui, dans ces conditions, ont échoué ? Une solution s'impose d'urgence et l'auteur de ce livre y apporte une appréciable contribution, ne fût-ce qu'en posant courageusement et concrètement le problème.
Les enfants multihandicapés sont « les parents pauvres ». Telle institution qui accepte des jeunes privés de milieu familial normal déclare, à tort ou à raison, n'être pas équipée pour des handicapés moteurs, même s'ils sont privés de famille. Et tel établissement pour infirmes moteurs refuse tout enfant présentant des troubles de la personnalité. Or « le Reverdi » reçoit des enfants handicapés moteurs présentant des troubles d'ordre affectif, ayant des difficultés scolaires, bien que d'un niveau mental satisfaisant, et privés, parfois, de milieu familial normal. Rejetés dans le cadre d'une catégorisation trop simpliste, quels sont donc ces enfants multihandicapés ou surhandicapés ? Quels sont leurs besoins ? Quels sont leurs problèmes ? C'est ce qu'a cherché à discerner l
À la remise en question de la débilité mentale, l'équipe du Centre éducatif « La Glanée » apporte une contribution d'ordre pratique. Des adolescentes dites « débiles » ne sont-elles pas avant tout des adolescentes ? En ce cas, une éducation, voire une rééducation, s'impose qui tienne essentiellement compte d'un tel fait. A travers les moments variés et les activités multiformes d'une vie quotidienne, c'est en la traitant en jeune fille que les éducateurs et le personnel permanent, à l'action desquels s'associent les divers vacataires (psychiatre, psychologue, kinésithérapeute, orthophoniste), cherchent d'abord à connaître puis à aider l'adolescente handicapée afin qu'elle s'épanouisse dans sa personnalité propre et prenne conscience de son rôle social. Chacune de ces dimensions d'une éducation qui se veut totale a sa signification tant en considération d'un passé lourd de conséquences qu'en fonction d'un avenir qui doit être meilleur. La formule d'internat de semaine facilite cette pédagogie et cette thérapeutique institutionnelles tout en maintenant une relation constante avec le milieu familial. On dispose encore de peu d'ouvrages en langue française qui traitent des handicapés mentaux dans une telle perspective. On n'en avait pratiquement pas qui fût consacré aux problèmes particuliers des adolescentes. Ce livre répond donc à un besoin. Il voudrait ouvrir une voie ou, du moins, proposer des éléments concrets de solution aux éducateurs, aux divers spécialistes, aux parents et d'abord aux adolescents eux-mêmes.