L'Arpenteur
« Il s'asseyait tous les jours à son bureau - celui-là même où je m'assieds parfois, et où, tous les jours de ma vie où je m'y assiérai encore, je penserai que je fais quelque chose d'illégitime -, là où j'attends, d'un moment à l'autre, qu'il revienne de son pas feutré pour me signifier, par un regard moqueur, qu'il reprend sa place. Je suis prêt à plier bagage. » Le narrateur est à ce moment de sa vie où il atteint l'âge d'homme. Il sait qu'il ne trouvera sa place que lorsque son père aura laissé la sienne. Cette mort, qui est aussi celle de son adolescence, est le passage obligé qui, douloureusement, ouvre sur le réel.
« Pour moi, le lycée avait été peuplé par des gens supérieurs, qui avaient "occupé" le foyer, "bombé" les murs et mis le feu à la porte du surveillant général, monsieur Lesourd. Je compris vite que ni moi ni personne n'en ferions autant. » Une adolescence au début des années 70.
«C'est facile, d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. Ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelques carottes nues brillent sur un torchon, finissent de sécher. Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière. On parle de travail, de projets, de fatigue - pas de psychologie.»
"Toute ma vie s'est réorganisée autour d'elle. Attendre un message, un appel, une visite imprévue, une invitation. À la fin, je ne dormais plus. Je me détestais d'être là, prisonnier de ce corps tendu vers elle. Rien ne calmait cette angoisse, pas même sa présence."
Ils ont grandi dans des villages, sur des routes de campagne, entre soirées improvisées et boulots de courte durée. Ils croyaient que l'amitié serait leur maison, leur refuge. Louise en faisait partie. Mais à l'heure où chacun choisit une voie, Louise vacille. Elle cherche à habiter son corps, son identité, sa place. Comme s'il fallait atténuer ce flou persistant, comme s'il fallait tout déterminer. Elle avance, travaille, roule la nuit fenêtres ouvertes, se réinvente dans la ville, dans la création, dans les gestes qu'elle apprend à refaire elle-même. Embraye, Louise est l'histoire d'une génération qui se soustrait aux trajectoires déjà tracées. Une génération qui tâtonne, qui brûle, qui chute, qui recommence. Un premier roman sur la force qu'il faut pour se transformer avec courage et détermination sans jamais renier ce que l'on a été.
Découvrez Embraye, Louise, le premier roman percutant de Clara Boussion, où une jeune femme de 20 ans prend la route pour se construire, entre doutes et audace.
Cid Sabacqs, trente-trois ans, a une idée simple et radicale : avant de mourir, trouver la phrase parfaite pour sa tombe. Car si la vie l'a trahi, il ne voit aucune raison de bâcler la conclusion. Retiré du monde et amateur de délires, il transforme son ennui en folie littéraire. Il écrit, rature, recommence, interroge les morts, les vivants, et surtout lui-même. Chaque projet d'épitaphe s'avère trop grave, trop pur, ou encore insuffisamment définitif. La mort devient un problème de style. OEuvre noire et éclatante comme du cirage chauffé, le roman nous entraîne avec Cid dans une plongée sans retour. Entre transgression et satire baroque, Felix Macherez dessine le portrait d'un jeune homme de notre temps qui prend le désespoir très au sérieux, mais pas toujours la vie.
Cid Sabacqs, trente-trois ans, a une idée simple et radicale : avant de mourir, trouver la phrase parfaite pour sa tombe. Car si la vie l'a trahi, il ne voit aucune raison de bâcler la conclusion. Retiré du monde et amateur de délires, il transforme son ennui en folie littéraire. Il écrit, rature, recommence, interroge les morts, les vivants, et surtout lui-même. Chaque projet d'épitaphe s'avère trop grave, trop pur, ou encore insuffisamment définitif. La mort devient un problème de style. OEuvre noire et éclatante comme du cirage chauffé, le roman nous entraîne avec Cid dans une plongée sans retour. Entre transgression et satire baroque, Felix Macherez dessine le portrait d'un jeune homme de notre temps qui prend le désespoir très au sérieux, mais pas toujours la vie.
En France, Idir, dix-sept ans, voit sa vie bouleversée par la mort de son père sur un chantier. Alors que des émeutes éclatent dans le pays à la suite de la mort d'un jeune, le passé de l'Algérie s'invite dans le deuil de sa mère. Pour l'aider, Idir, entouré de ses amis et des bibliothécaires du quartier, entreprend de remonter le fil de ses origines. À Alger, à la fin des années 1980, l'espoir renaît dans l'élan d'ouverture qui suit les émeutes. Mais très vite, une ombre s'étend sur le pays. Dans les coulisses du pouvoir se prépare un régime de terreur. La ' décennie noire ' se profile. Les destins de Jilali et Hassan racontent la déchirure d'une nation entre lumière et chaos. De l'intimité fragile de ces deux hommes à la fureur de l'Histoire, Avant la guerre déploie une fresque bouleversante où s'entrelacent passions interdites, montée de l'islamisme et révolte contemporaine.
Plongez dans Avant la guerre, le roman poignant de Tristan Jordis, où l'histoire familiale d'Idir croise la tragédie de la décennie noire algérienne. Une fresque littéraire entre mémoire et révolte, à découvrir en ebook.
Sigmund Freud a souffert d'un cancer qui détruisait sa mâchoire. Les seize dernières années de sa vie, il a dû porter une lourde prothèse ; censée l'aider à parler, elle lui blessait la bouche et restait souvent bloquée. Ainsi, celui qui avait inventé un dispositif pariant sur les mots pour libérer l'homme, celui-là se trouvait empêché de parler. C'est un fait mal connu, y compris des psychanalystes. Depuis ma pratique du divan, je m'interroge sur la place que les intelligences artificielles prennent sur les territoires de la parole. Nous utilisons de plus en plus souvent un jargon technique : notre bouche est pleine de mots informatisés, de termes froids et blessants. J'ai fait la connaissance d'un ingénieur de recherche qui travaille chez Google sur la simulation de la parole. Il m'a raconté son métier, je lui ai parlé du mien. Pour comprendre, j'ai appris à programmer un réseau de neurones artificiels. Je vais vous raconter ma rencontre avec les savants fous de la parole, avec les Frankenstein du langage que nous sommes tous devenus. Y. D.
Sigmund Freud a souffert d'un cancer qui détruisait sa mâchoire. Les seize dernières années de sa vie, il a dû porter une lourde prothèse ; censée l'aider à parler, elle lui blessait la bouche et restait souvent bloquée. Ainsi, celui qui avait inventé un dispositif pariant sur les mots pour libérer l'homme, celui-là se trouvait empêché de parler. C'est un fait mal connu, y compris des psychanalystes. Depuis ma pratique du divan, je m'interroge sur la place que les intelligences artificielles prennent sur les territoires de la parole. Nous utilisons de plus en plus souvent un jargon technique : notre bouche est pleine de mots informatisés, de termes froids et blessants. J'ai fait la connaissance d'un ingénieur de recherche qui travaille chez Google sur la simulation de la parole. Il m'a raconté son métier, je lui ai parlé du mien. Pour comprendre, j'ai appris à programmer un réseau de neurones artificiels. Je vais vous raconter ma rencontre avec les savants fous de la parole, avec les Frankenstein du langage que nous sommes tous devenus. Y. D.
La passion de Claudio Magris pour la mer, déjà manifeste dans plusieurs de ses livres, apparaît de nouveau au grand jour dans cet essai splendide qu'il consacre aux figures de proue des anciens navires. Soutenu par une immense culture et le souvenir de visites dans de nombreux musées de la Marine, ce livre nous emmène vers des horizons lointains qui sont aussi ceux de l'Histoire, de la littérature et des mythes. Les figures de proue étaient censées conjurer les dangers et les maléfices de l'élément marin. Sculptures aux traits féminins de sirènes, de déesses ou de créatures réelles, elles étaient les yeux de la mer, fixant sans trêve les profondeurs que le regard des navigateurs devait s'abstenir de longuement sonder. Pour Claudio Magris, la relation des humains avec la mer est de celles qui peuvent donner lieu à une expérience du sublime. Et le regard de la figure de proue est celui de la stupeur, de l'épouvante et de l'enchantement, d'où naissent la poésie, la magie des choses vues pour la première fois ou comme si c'était la première fois.
La passion de Claudio Magris pour la mer, déjà manifeste dans plusieurs de ses livres, apparaît de nouveau au grand jour dans cet essai splendide qu'il consacre aux figures de proue des anciens navires. Soutenu par une immense culture et le souvenir de visites dans de nombreux musées de la Marine, ce livre nous emmène vers des horizons lointains qui sont aussi ceux de l'Histoire, de la littérature et des mythes. Les figures de proue étaient censées conjurer les dangers et les maléfices de l'élément marin. Sculptures aux traits féminins de sirènes, de déesses ou de créatures réelles, elles étaient les yeux de la mer, fixant sans trêve les profondeurs que le regard des navigateurs devait s'abstenir de longuement sonder. Pour Claudio Magris, la relation des humains avec la mer est de celles qui peuvent donner lieu à une expérience du sublime. Et le regard de la figure de proue est celui de la stupeur, de l'épouvante et de l'enchantement, d'où naissent la poésie, la magie des choses vues pour la première fois ou comme si c'était la première fois.
Marie Talbot. Femme, paysanne, bâtarde. Sculpteur. Une des plus grandes artistes du XIXe siècle dont on découvre seulement aujourd'hui le talent. Sa matière : le grès, une argile particulière, utilisée par les potiers du Berry. Une terre qui, à la cuisson, devient dure comme la pierre. Rebelle à toute coloration. Brute. Éternelle. Marie Talbot va inscrire dans cette matière sauvage ses idéaux, ses blessures, ses combats. Elle choisit de représenter les femmes. Toutes les femmes. D'inscrire dans la durée leurs luttes, leurs souffrances et leurs espoirs. Ses sculptures sont quasiment le seul témoignage de la vie de Marie Talbot. La poète aux mains noires lui donne enfin une voix et un visage. Dans ce texte inspiré et au moyen de la fiction, Ingrid Glowacki tente de percer le mystère de cette oeuvre puissante. Elle donne à ce destin de femme et d'artiste la place qui lui revient. Universelle.
Marie Talbot. Femme, paysanne, bâtarde. Sculpteur. Une des plus grandes artistes du XIXe siècle dont on découvre seulement aujourd'hui le talent. Sa matière : le grès, une argile particulière, utilisée par les potiers du Berry. Une terre qui, à la cuisson, devient dure comme la pierre. Rebelle à toute coloration. Brute. Éternelle. Marie Talbot va inscrire dans cette matière sauvage ses idéaux, ses blessures, ses combats. Elle choisit de représenter les femmes. Toutes les femmes. D'inscrire dans la durée leurs luttes, leurs souffrances et leurs espoirs. Ses sculptures sont quasiment le seul témoignage de la vie de Marie Talbot. La poète aux mains noires lui donne enfin une voix et un visage. Dans ce texte inspiré et au moyen de la fiction, Ingrid Glowacki tente de percer le mystère de cette oeuvre puissante. Elle donne à ce destin de femme et d'artiste la place qui lui revient. Universelle.
À Trieste et dans ses environs, mais aussi dans le Piémont et au bord du Danube, un écrivain au sommet de son art déroule ici cinq histoires sur le thème de la vieillesse. Cet âge de la vie pourrait-il receler une forme de bonheur et de liberté secrète ? C'est un temps où l'horizon se resserre, mais où l'attention aux épiphanies des choses immédiates nous ouvre à un rapport différent au mouvement du monde. La vieillesse, aux yeux de Claudio Magris, est aussi un temps de retrait et de furtive dissidence face à la part de comédie sociale qui accompagne nombre d'entreprises humaines. Entrelaçant le dit et le non-dit, l'ambiguïté et l'ironie, les nouvelles de Temps courbe à Krems varient les éclairages sur la "guérilla de la vieillesse", une bataille infime mais de longue portée, toujours menée à bas bruit. L'autre grand thème du livre est celui du temps et de ses énigmes, de son mouvement qui conduit aussi bien vers la source que vers l'embouchure. Le recueil prend l'aspect d'un petit kaléidoscope déroulant cinq histoires d'une admirable richesse dans la perception des destins et la connaissance de l'humain.
À Trieste et dans ses environs, mais aussi dans le Piémont et au bord du Danube, un écrivain au sommet de son art déroule ici cinq histoires sur le thème de la vieillesse. Cet âge de la vie pourrait-il receler une forme de bonheur et de liberté secrète ? C'est un temps où l'horizon se resserre, mais où l'attention aux épiphanies des choses immédiates nous ouvre à un rapport différent au mouvement du monde. La vieillesse, aux yeux de Claudio Magris, est aussi un temps de retrait et de furtive dissidence face à la part de comédie sociale qui accompagne nombre d'entreprises humaines. Entrelaçant le dit et le non-dit, l'ambiguïté et l'ironie, les nouvelles de Temps courbe à Krems varient les éclairages sur la "guérilla de la vieillesse", une bataille infime mais de longue portée, toujours menée à bas bruit. L'autre grand thème du livre est celui du temps et de ses énigmes, de son mouvement qui conduit aussi bien vers la source que vers l'embouchure. Le recueil prend l'aspect d'un petit kaléidoscope déroulant cinq histoires d'une admirable richesse dans la perception des destins et la connaissance de l'humain.
Des atmosphères raréfiées et surréelles servent de cadre aux récits de Dépouillée. En suivant cette touche légère qui distingue le réalisme magique de Dario Franceschini, nous rencontrons des hommes étourdis par l'immensité de la mer, nous nous perdons dans le brouillard qui enveloppe la grande plaine, nous découvrons des souvenirs et des amours lointains, nous voyons les histoires à travers les yeux de leurs protagonistes. Sans se départir d'un fin sourire de tendresse ou d'ironie, Dario Franceschini observe le monde ordinaire d'un regard oblique, décentré. Il lui suffit de peu de mots pour suggérer beaucoup, son art est celui d'une magie sans ornements. Plusieurs récits de Dépouillée se concentrent sur les âges les plus fragiles et sans doute les plus riches de l'existence : l'enfance et la vieillesse. Peut-être, nous dit l'auteur, est-ce dans les choses les plus simples de la vie que se cache le bonheur.
Des atmosphères raréfiées et surréelles servent de cadre aux récits de Dépouillée. En suivant cette touche légère qui distingue le réalisme magique de Dario Franceschini, nous rencontrons des hommes étourdis par l'immensité de la mer, nous nous perdons dans le brouillard qui enveloppe la grande plaine, nous découvrons des souvenirs et des amours lointains, nous voyons les histoires à travers les yeux de leurs protagonistes. Sans se départir d'un fin sourire de tendresse ou d'ironie, Dario Franceschini observe le monde ordinaire d'un regard oblique, décentré. Il lui suffit de peu de mots pour suggérer beaucoup, son art est celui d'une magie sans ornements. Plusieurs récits de Dépouillée se concentrent sur les âges les plus fragiles et sans doute les plus riches de l'existence : l'enfance et la vieillesse. Peut-être, nous dit l'auteur, est-ce dans les choses les plus simples de la vie que se cache le bonheur.
Argentine, un jour de printemps. La narratrice se souvient des vacances passées dans la famille de sa mère lors de son enfance. Aujourd'hui âgée de trente ans, elle ne peut revenir à Buenos Aires sans penser à son rapport passionnel et irrésolu avec ce pays, où son grand-père polonais avait trouvé refuge pour fuir les persécutions en Europe et où sa mère fut élevée. Terre d'exil, de recommencements, l'Argentine est une nation qui accueillit toutes les cultures, toutes les ruptures, telle la fameuse place de Mai où se déployèrent les grandes manifestations de sa bouillonnante existence. Dans ce roman fiévreux, traversé par un style lumineux, Frederika Amalia Finkelstein interroge l'impact de l'Histoire et des événements intimes sur le destin des vies : géographie, langues, mémoire, appartenance, vide, liberté. Il s'agit ici d'une quête poétique sur le mystère d'être soi et d'être de quelque part.
Argentine, un jour de printemps. La narratrice se souvient des vacances passées dans la famille de sa mère lors de son enfance. Aujourd'hui âgée de trente ans, elle ne peut revenir à Buenos Aires sans penser à son rapport passionnel et irrésolu avec ce pays, où son grand-père polonais avait trouvé refuge pour fuir les persécutions en Europe et où sa mère fut élevée. Terre d'exil, de recommencements, l'Argentine est une nation qui accueillit toutes les cultures, toutes les ruptures, telle la fameuse place de Mai où se déployèrent les grandes manifestations de sa bouillonnante existence. Dans ce roman fiévreux, traversé par un style lumineux, Frederika Amalia Finkelstein interroge l'impact de l'Histoire et des événements intimes sur le destin des vies : géographie, langues, mémoire, appartenance, vide, liberté. Il s'agit ici d'une quête poétique sur le mystère d'être soi et d'être de quelque part.
Fodé et Bouhel sont des frères jumeaux sénégalais que la vie a mis sur des chemins initiatiques différents. Fodé doit reprendre la charge spirituelle de veiller sur le Ndut du pays sérère après la mort de Ngof, le maître des initiations. Pour cela, il devra apprendre à transcender toutes les limites physiques. Sortir de son corps et devenir souffle. Bouhel part étudier en Europe. Il se retrouve à Orléans et y rencontre Ulga, une jeune étudiante polonaise. Une histoire d'amour le mène en Pologne où sa vie bascule. Il sera occupé à une lente remontée à la surface. Du pays sans fin, les ancêtres suivent du regard les tribulations de Fodé et de Bouhel sur leur chemin d'apprentissage. Les personnes rencontrées - Ulga, frère Tim, Ngof, Marème, Martha, Vladimir, Na Adama - et les lieux traversés - le pays sérère, la Poméranie, le cloître du Marmyal, la prison de Mokotów, le pays sans fin - sont autant de vigies qui accueillent ces marcheurs partis à la rencontre des lieux qu'habitent leurs rêves. Comme des feux follets, ceux-ci se dérobent parfois et réapparaissent au détour d'une sente. Déambulation poétique sur l'amour, la mort, la transmission et l'apprentissage, Les lieux qu'habitent mes rêves est un roman sur la métamorphose, la fraternité, la guérison et les chemins qui mènent à l'apaisement.
Fodé et Bouhel sont des frères jumeaux sénégalais que la vie a mis sur des chemins initiatiques différents. Fodé doit reprendre la charge spirituelle de veiller sur le Ndut du pays sérère après la mort de Ngof, le maître des initiations. Pour cela, il devra apprendre à transcender toutes les limites physiques. Sortir de son corps et devenir souffle. Bouhel part étudier en Europe. Il se retrouve à Orléans et y rencontre Ulga, une jeune étudiante polonaise. Une histoire d'amour le mène en Pologne où sa vie bascule. Il sera occupé à une lente remontée à la surface. Du pays sans fin, les ancêtres suivent du regard les tribulations de Fodé et de Bouhel sur leur chemin d'apprentissage. Les personnes rencontrées - Ulga, frère Tim, Ngof, Marème, Martha, Vladimir, Na Adama - et les lieux traversés - le pays sérère, la Poméranie, le cloître du Marmyal, la prison de Mokotów, le pays sans fin - sont autant de vigies qui accueillent ces marcheurs partis à la rencontre des lieux qu'habitent leurs rêves. Comme des feux follets, ceux-ci se dérobent parfois et réapparaissent au détour d'une sente. Déambulation poétique sur l'amour, la mort, la transmission et l'apprentissage, Les lieux qu'habitent mes rêves est un roman sur la métamorphose, la fraternité, la guérison et les chemins qui mènent à l'apaisement.
Claudio Magris a rassemblé dans Instantanés un bouquet de textes brefs qui lui ont été inspirés par une chose vue, un événement de la vie quotidienne ou un fait d'actualité relevé dans la presse. La plupart de ces microrécits se déroulent en Italie, plus particulièrement à Trieste et dans ses environs, mais il en est qui nous transportent sous d'autres latitudes, de la Scandinavie à l'Inde, de Moscou à New York et au Grand Nord canadien. Certains « instantanés » ont trait aux relations intimes entre les êtres, d'autres concernent un épisode de l'histoire du XXe siècle, d'autres encore touchent à des questions de société et aux modes de vie de nos contemporains. Chez Claudio Magris, la description d'une scène saisie sur le vif offre toujours une résonance éthique et philosophique. Ce sont d'une certaine manière des « leçons de vie » que prodigue ce livre, mais sans que l'auteur se mette dans la situation d'exercer un pesant magistère. Au contraire, un mélange unique s'opère dans ces brèves vignettes entre le sérieux du propos et les nuances de l'humour. La gravité et la légèreté font ici si bon ménage que l'on est conquis par ce petit livre captivant et savoureux. Claudio Magris, né à Trieste en 1939, est essayiste et romancier. Ses ouvrages sont traduits dans le monde entier. Il est notamment l'auteur de Danube, Le Mythe et l'Empire, Une autre mer, Utopie et désenchantement, Microcosmes, À l'aveugle et Classé sans suite.
Claudio Magris a rassemblé dans Instantanés un bouquet de textes brefs qui lui ont été inspirés par une chose vue, un événement de la vie quotidienne ou un fait d'actualité relevé dans la presse. La plupart de ces microrécits se déroulent en Italie, plus particulièrement à Trieste et dans ses environs, mais il en est qui nous transportent sous d'autres latitudes, de la Scandinavie à l'Inde, de Moscou à New York et au Grand Nord canadien. Certains « instantanés » ont trait aux relations intimes entre les êtres, d'autres concernent un épisode de l'histoire du XXe siècle, d'autres encore touchent à des questions de société et aux modes de vie de nos contemporains. Chez Claudio Magris, la description d'une scène saisie sur le vif offre toujours une résonance éthique et philosophique. Ce sont d'une certaine manière des « leçons de vie » que prodigue ce livre, mais sans que l'auteur se mette dans la situation d'exercer un pesant magistère. Au contraire, un mélange unique s'opère dans ces brèves vignettes entre le sérieux du propos et les nuances de l'humour. La gravité et la légèreté font ici si bon ménage que l'on est conquis par ce petit livre captivant et savoureux. Claudio Magris, né à Trieste en 1939, est essayiste et romancier. Ses ouvrages sont traduits dans le monde entier. Il est notamment l'auteur de Danube, Le Mythe et l'Empire, Une autre mer, Utopie et désenchantement, Microcosmes, À l'aveugle et Classé sans suite.
Après une année passée sous le soleil gris de Paris à rédiger des devoirs sans fin, Émile atterrit en Corse avec des amis. Le paysage splendide de Calvi illumine son été, ainsi qu'Andréa, une jeune Corse rencontrée au pied de la citadelle. Par orgueil, Émile refuse de tomber amoureux, quitte à en éprouver de terribles regrets. L'énigme d'Andréa ne cessera jamais de le hanter, au point de bouleverser son existence. Ce sont là les débuts d'Émile dans la vie. L'histoire d'une défaite autant que d'un succès, où il est question d'espoirs, de remords et d'envie.
Après une année passée sous le soleil gris de Paris à rédiger des devoirs sans fin, Émile atterrit en Corse avec des amis. Le paysage splendide de Calvi illumine son été, ainsi qu'Andréa, une jeune Corse rencontrée au pied de la citadelle. Par orgueil, Émile refuse de tomber amoureux, quitte à en éprouver de terribles regrets. L'énigme d'Andréa ne cessera jamais de le hanter, au point de bouleverser son existence. Ce sont là les débuts d'Émile dans la vie. L'histoire d'une défaite autant que d'un succès, où il est question d'espoirs, de remords et d'envie.
'Un soir, alors qu'elle escaladait sans assurance une paroi des calanques plus raide et plus haute que les autres, elle avait soudain réalisé l'absurdité de la chose. Le rocher était friable. Elle se mettait bêtement en danger. Si une prise cassait, elle rebondirait le long de la paroi et disparaîtrait dans la mer. Elle réalisa que, depuis son départ, elle avait inconsciemment cherché à imiter Tom, à rejouer sa vie, en empruntant une voie qui n'était pas la sienne. Cette prise de conscience l'amena à ralentir, à s'extraire d'un rythme devenu frénétique et aveugle, pour faire face au vide et à l'absence.' À la mort de Tom, Emily repart en quête de l'essentiel pour ne pas perdre pied. Son enfant, sa famille, des amis qui l'aiment et la soutiennent lui permettent de retrouver goût à la vie et de développer une nouvelle manière d'appréhender le monde. Sa rencontre avec Mark, un célèbre architecte d'intérieur qui s'interroge sur le sens de son travail, et, comme elle, porte en lui une fêlure, fera ressortir le meilleur de chacun d'eux.
'Un soir, alors qu'elle escaladait sans assurance une paroi des calanques plus raide et plus haute que les autres, elle avait soudain réalisé l'absurdité de la chose. Le rocher était friable. Elle se mettait bêtement en danger. Si une prise cassait, elle rebondirait le long de la paroi et disparaîtrait dans la mer. Elle réalisa que, depuis son départ, elle avait inconsciemment cherché à imiter Tom, à rejouer sa vie, en empruntant une voie qui n'était pas la sienne. Cette prise de conscience l'amena à ralentir, à s'extraire d'un rythme devenu frénétique et aveugle, pour faire face au vide et à l'absence.' À la mort de Tom, Emily repart en quête de l'essentiel pour ne pas perdre pied. Son enfant, sa famille, des amis qui l'aiment et la soutiennent lui permettent de retrouver goût à la vie et de développer une nouvelle manière d'appréhender le monde. Sa rencontre avec Mark, un célèbre architecte d'intérieur qui s'interroge sur le sens de son travail, et, comme elle, porte en lui une fêlure, fera ressortir le meilleur de chacun d'eux.
"Elle m'a brusquement quitté un jeudi soir. Je ne m'y attendais pas. Autour de moi, tout s'est écroulé, les murs, le ciel et mes pensées. Et puis il y a eu ce coup de fil de ma mère. En sanglots, elle m'explique qu'Adolphe, un vieux chat asthmatique, a disparu au beau milieu du bois de Boulogne. Et alors ? Elle me supplie de l'aider à le retrouver. En temps normal, j'aurais refusé. Mais je n'en avais pas la force ; c'est ainsi que l'aventure a commencé..."
"Elle m'a brusquement quitté un jeudi soir. Je ne m'y attendais pas. Autour de moi, tout s'est écroulé, les murs, le ciel et mes pensées. Et puis il y a eu ce coup de fil de ma mère. En sanglots, elle m'explique qu'Adolphe, un vieux chat asthmatique, a disparu au beau milieu du bois de Boulogne. Et alors ? Elle me supplie de l'aider à le retrouver. En temps normal, j'aurais refusé. Mais je n'en avais pas la force ; c'est ainsi que l'aventure a commencé..."