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Ce livre permet d'établir la distinction entre la clinique du désir et la clinique du trauma. Ces cliniques longtemps confondues ont été la source d'un véritable gâchis psychanalytique dans la prise en charge du trauma. La clinique du désir est celle du respect des tabous du meurtre et de l'inceste, et caractérisée par le fantasme, l'ambiguïté, l'ambivalence, le refoulement, la conflictualité intrapsychique. Les rapports intergénérationnels sont dans l'ordre des choses. La clinique du traumatique, quant à elle, transgresse ces tabous. Elle est caractérisée par des rapports intergénérationnels renversés et paradoxaux, comme : la relation à un père incestueux, à la fois père institué et père prédateur transformant sa fille en non-fille ; une famille non-famille dont le système ne permet pas de développer une identité propre, une autonomie normale ; le couple anti-famille ; la famille anti-couple ; le couple anti-couple... Dans cette réflexion sur le traumatisme, l'auteur examine les modes de fonctionnement psychique du traumatisé et du traumatisant avec ses rapports de domination/soumission, de possession/dépossession. Ce contrôle extrême détermine chez l'abusé un vécu d'impuissance absolu. Ces situations incontrôlables génèrent des sentiments de détresse, d'abandon, de mort imminente terrorisante. Le travail de l'auteur est à la fois pédagogique, théorique et concret. Les très nombreux exemples cliniques qui accompagnent l'exposé des concepts permettent une compréhension concrète du travail psychanalytique avec le traumatique. Des liens sont ainsi établis entre les scénarios de répétition traumatique et les relations passées.
Dans le prolongement du Moi-Peau, D. Anzieu et Didier Houzel ont élaboré le concept d'enveloppes psychiques qui s'est imposé comme un processus de contenance (Les enveloppes psychiques, 1re éd. 1992, Dunod). En effet, ce qui soigne n'est pas tant de décharger sa souffrance par la parole. Ce qui soigne est l'expérience selon laquelle la vie émotionnelle trouve un espace dans lequel elle puisse être reçue et contenue. Ce qui dans l'analyse soigne le patient, c'est la capacité de l'analyste à contenir/héberger les émotions, les pensées que le moi trop fragile du patient, ne peut tolérer, ne peut penser. En psychopathologie ce concept d'enveloppes psychiques s'est développé dans le travail auprès des patients psychotiques, limites, des enfants, des bébés, des familles, des groupes. Cet ouvrage réunit de grands psychanalystes autour du « singulier » de cette notion d'enveloppe et incite à revenir sur sa nature conceptuelle, puis à la placer au coeur de la psychopathologie psychanalytique actuelle. En quatre directions il développe : 1. les particularités de sa corporéité : la transformation de l'enveloppe psychique à chaque crise développementale ou environnementale (petite enfance, adolescence, parentalité, vieillesse...) mais aussi suivant les « accidents » du sujet (maladie, handicap, échecs scolaires, précarité, insertion...) ; 2. sa spécificité avec les différents niveaux de l'intersubjectivité : l'individuel, le groupal, le couple, le fraternel et le familial, l'équipe et l'institutionnel, le sociétal et le transculturel ; 3. sa congruence avec la variété des dispositifs d'intervention de prévention, de soin et de thérapie : accueil, consultations, groupes, médiations, réseaux ; 4. les caractéristiques selon les diverses voies de la psychopathologie : mentale, comportementale, somatique, addictive, sociétale...
Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité des travaux sur les aspects infantiles et bébés : La Psychanalyse à l'épreuve du bébé, La Part bébé du soi, et fait suite plus particulièrement aux ouvrages collectifs Les Traces des expériences infantiles et Les Expériences ludiques infantiles. Les ouvrages précédents étaient centrés sur les traces des expériences infantiles, heureuses ou traumatiques, dans la subjectivité et dans les contextes cliniques ou psychopathologiques. Cet ouvrage explorera le devenir des expériences infantiles dans les liens entre les sujets. Comment s'exprime l'infantile dans les liens sociaux, groupaux, familiaux ? De quelle manière les liens que tissent deux ou plusieurs personnes sont-ils tributaires des expériences qu'elles ont connues dans leur enfance et leur petite enfance ? Comment ces liens traitent-ils les effets, plus ou moins traumatiques ou plus ou moins heureux, de ces expériences de l'enfance ? Qu'est-ce que le lien contient, travaille, transforme pour chacun et pour l'ensemble, qui a trait à ces expériences ? Qu'est-ce que les sujets mettent en commun, en partie consciemment mais pour une grande part à leur insu, dans un lien intersubjectif ? Les co-auteurs s'attachent à mettre en évidence les traces des expériences infantiles dans l'espace social, politique, institutionnel, et dans le champ groupal, familial, conjugal.
Les symbolisations entendues comme processus de transformation impliquent l'inter-subjectivité ainsi que les parts archaïques de la psyché. Cette symbolisation s'effectue à partir de la transformation et de l'appropriation des objets premiers de l'environnement qui vont de la contextualisation familiale des origines jusqu'à la configuration socio-culturelle. Cette thématique réunit les principaux théoriciens de cette clinique de la symbolisation et clôture ainsi les 20 ans de travaux du laboratoire de psychopathologie Lyon 2.
Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité des ouvrages d'Albert Ciccone sur les expériences infantiles traumatiques que la psychanalyse a mises en évidence : La psychanalyse à l'épreuve du bébé, La part bébé de soi, et dernièrement, Les traces des expériences infantiles. Si ces ouvrages étaient plus centrés sur l'aspect traumatique de l'expérience infantile, celui-ci aborde les expériences infantiles ludiques, heureuses et jubilatoires, qui ont un poids essentiel parce qu'elles donnent en partie les appuis nécessaires pour faire face aux épreuves ultérieures. Des auteurs de renom spécialistes de l'enfant, avec leur approche complémentaire, abordent les questions suivantes : - Quelles traces les expériences ludiques laissent-elles dans la personnalité ? - Quelle place la capacité de jouer a-t-elle dans le travail auprès de tout patient, quel que soit son âge ? - Quelle fonction remplit l'humour dans le soin, dans l'éducation ? - Comment et à quelles conditions les caractéristiques du jeu - le faire semblant, la métaphorisation, la psycho-dramatisation, mais aussi le rire, la surprise, la spontanéité - sont-elles utiles dans les pratiques ?
Le mot de virtuel a plusieurs définitions possibles. Il désigne ce qui est potentiel et en devenir, ce qui est présent mais non actualisé, ou encore ce qui exclut le corps et les émois pour s'en tenir au domaine des pures représentations. Mais dans tous les cas, le virtuel s'impose comme un fantasme autant que comme une réalité. A ce titre, il constitue parfois un territoire dans lequel on peut se perdre, mais aussi un espace transitionnel qui peut être utilisé à des fins de symbolisations personnelles. Comment les enfants et les adolescents gèrent-ils spontanément cet espace ? Quels sont les fantasmes qui lui sont associés ? Et comment les thérapeutes peuvent-ils faire en sorte que son usage soit structurant ? Tels sont les principaux thèmes qui seront abordés dans cet ouvrage.