Formes sémiotiques
Loin d'être dépassé, le texte est devant nous. Même agrémenté d'images ou de musique, il ne se réduit évidemment pas à une suite de sons ou de caractères, mais demeure la dimension essentielle de la culture et de sa transmission. La linguistique a longtemps évité de prendre les textes pour objet, alors que les études littéraires, longtemps tributaires du romantisme tardif, ont mille fois préféré l'esprit à la lettre. Pour renouveler leurs problématiques et mettre fin à de stériles divisions académiques entre lettres et sciences, ce livre présente, parmi diverses approches des textes, des développements récents et inattendus, de la philologie numérique à l'herméneutique matérielle. Pour mieux comprendre les textes, rendre compte de leur complexité singulière, des attentes et des questions qu'ils suscitent, un remembrement des disciplines s'impose. Il appelle à la fois la précision de la linguistique et l'intuition critique de l'herméneutique ; la rhétorique, la stylistique, la thématique, la poétique seront aussi mises à l'épreuve. Qu'est-ce qu'un style, un thème, une figure ? En proposant de nouvelles réponses à ces questions qui intéressent toutes les oeuvres voire tous les objets culturels, cet ouvrage veut contribuer à une sémiotique des cultures.
Cet ouvrage, le premier livre de sémantique depuis Bréal, a été le texte fondateur de l'école française de sémiotique. Il demeure l'ouvrage de référence pour l'étude du « plan de la signification » du langage : on y lira les concepts inauguraux de la méthodologie sémiotique en même temps que l'instauration des études narratives et discursives des textes. Un manuel classique indispensable dans les études de linguistique.
Cet ouvrage étudie la signification des meubles et s'attache spécialement à la chaise. Pour cela, il explore les catégories d'objets. En quoi la présence d'une chaise diffère-t-elle de celle d'une sculpture ? En quoi la chaise se distingue-t-elle d'un autre siège ? Comment les scènes domestiques s'organisent-elles dans la maison ? Quel supplément de sens le designer confère-t-il à l'objet de design ? En déclinant ces diverses facettes des objets, l'ouvrage dévoile une à une les contraintes faites au designer en même temps qu'il situe les points d'appui de la créativité qui contiennent déjà l'esquisse d'objets nouveaux. Pour caractériser la chaise, on mobilise ici des notions fondamentales de la sémiotique, telles la présence, la valeur et la factitivité, ce qui permet, bien au-delà de la simple description d'un objet exemplaire, de concevoir la relation qu'entretiennent les corps et les objets, et de saisir quelques ressorts essentiels de la créativité. Sortie de la familiarité qui nous empêchait de la voir, la chaise rendue à la signification offre ainsi quelques précieux prolégomènes à une sémiotique du design.
Longtemps en linguistique, la sémantique a voulu reléguer la pragmatique au rang de discipline marginale. La pragmatique a enfin acquis droit de cité et consistance théorique, elle est un cadre général dans lequel les analyses traditionnelles du langage doivent être interprétées. Ainsi conçue, la pragmatique est un carrefour, point de rencontre des disciplines traitant du langage, approche actionnelle des phénomènes langagiers et communicationnels.
Les six essais qui composent cet ouvrage portent sur des objets de sens bien particuliers et apparemment très différents : des logos, un « total look », un concept de magasin et un couteau. Si ces objets sont ici soumis à une analyse sémiotique, c'est qu'ils illustrent tous, au-delà de leur commune appartenance à la culture matérielle contemporaine, un même mode de production du sens : une même façon de concevoir et d'affirmer son identité par un bricolage de signes préexistants.Le terme de bricolage est pris ici dans le sens précis que lui a donné Lévi-Strauss dans les fameuses premières pages de La Pensée sauvage, où l'anthropologue oppose la démarche du bricoleur à celle de l'ingénieur pour montrer en quoi le bricolage est une démarche qui peut être rapprochée de celle de la pensée mythique. Les six identités visuelles concrètement analysées au cours de ces pages apparaîtront comme autant de manifestations, dans notre culture contemporaine, de cette façon si particulière d'articuler le sensible et l'intelligible, dont Lévi-Strauss a pu dire qu'elle était essentielle dans le fonctionnement de l'esprit humain.
La sémiotique est une discipline de recherche qui procède par intégration. Ce qui signifie qu'au cours de la procédure qui conduit de l'objet visé à l'objet circonscrit pour l'analyse, ce dernier a intégré tous les éléments nécessaires à son interprétation et cette procédure agglomère plusieurs modes d'expression différents. L'approche sémiotique des pratiques doit par conséquent répondre à la fois à une exigence concrète, celle de la prise en charge de nouveaux champs d'investigation, et à un impératif épistémologique, celui de la définition des limites de leur propre immanence, condition nécessaire à une modélisation. L'ouvrage est structuré en trois parties : la définition des pratiques et leur situation comme un des plans d'immanence de l'analyse sémiotique, l'exploration des diverses pratiques pour en dégager leur organisation spécifique, les dimensions propres au plan d'immanence des pratiques.
La réflexion de Saussure n'est jamais close, comme la réflexion sur Saussure n'est jamais close reconnaît l'auteur. Cet ouvrage se veut une contribution à une meilleure compréhension de l'enseignement de Saussure, donc un effort de relecture et d'approfondissement du Cours de linguistique général (cours publié à partir de l'enseignement saussurien et qui parfois présente des discordances avec la pensée réelle de Saussure). Saussure (1857-1913) n'a publié que deux ouvrages dans sa jeunesse et de nombreux articles. La réflexion de Saussure est consacrée au langage et la langue. "Mais est-il possible de construire la langue en objet d'un discours scientifique ?" s'interroge l'auteur.
Pour la sémantique moderne, le sens d'un texte n'est pas seulement accessible à l'intuition, il peut se décrire rationnellement. L'analyse reconnaît d'abord dans chaque mot des composants élémentaires propres à la langue, microsémantique initiale qui permet de fonder la sémantique textuelle. Mais le sens du texte n'est pas donné, il est construit par des stratégies de lecture. C'est pourquoi cette recherche s'ouvre sur une théorie de l'interprétation qui va de l'assignation du sens lexical à la construction des grandes unités textuelles. Elle ne cherche pas à énoncer le sens, mais à évaluer la plausibilité de divers parcours interprétatifs. Ce traité propose des outils descriptifs opératoires.
Et si la philosophie de Descartes se révélait aussi par son langage et ses stratégies discursives ? Descartes de Jean-François Bordron explore les contraintes sémiotiques qui façonnent la pensée cartésienne.
Comment naît le sens ? Intermittences du sens explore cette question à travers une analyse fine de textes littéraires, de conversations et d’objets esthétiques.
Les enjeux de ce livre sont clairs : on vise à proposer la présentation d'une sémiostylistique, relativement à deux projets précis. D'abord, une théorie intégrée de l'art (verbal et non verbal) ; commandée par l'idée qu'il n'y a d'art qu'en effet (sur et par le public). Cette théorie est reliée à un système sémiotique global de production et de réception des échanges, construit sur le modèle du simulacre érotique. Ensuite, attaché à cette réflexion, un essai de prise en compte, en sémiotique générale de la culture, et après l'effondrement des idéologies, de l'après-Auschwitz, par La tentative d'un recentrement sur la pensée du corps, à l'inverse de l'héritage dominant en anthropologie culturelle. Il s'agit ainsi d'une hypothèse concernant la signification et la valeur sociale.
Découvrez La maison de l'orage, une nouvelle envoûtante où Christian Laborde célèbre le corps féminin avec une langue musicale et sensuelle.
En analysant plusieurs contes merveilleux, ce livre montre clairement l'unité profonde de nos traditions populaires, leur cohérence, leur immense richesse. « Copyright Electre »
La sémiotique au service de la littérature : Sémiotique et Littérature de Jacques Fontanille propose une analyse rigoureuse des outils critiques utilisés en littérature.
Le livre s'inscrit dans une perspective sémiotique. Il propose :- des analyses d'images (Poussin, Rothko, Dubuffet) selon la méthode de l'analyse sémiotique ;- des études de sculpture et d'architecture (Dubuffet) où l'on tente de comprendre le sens attribué à des formes d'expression relevant de la spatialité ;- des analyses de textes philosophiques et littéraires (Descartes, Maine de Biran, Bergson) qui montrent que les textes sont pour une bonne part régis dans leur articulation la plus fondamentale par des images, fait qui se rencontre tout particulièrement dans les textes philosophiques ;- une théorie générale de l'image, celle-ci se comprenant à partir de la notion plus technique d'iconicité, notion empruntée à Peirce mais recevant ici une nouvelle élaboration d'inspiration plus phénoménologique.
Pendant plus de vingt années, Jean-Marie Floch fut captivé par la puissance, par la force de signification de l'icône connue comme la Trinité d'André Roublev. Il tenta d'en rendre compte par les moyens que lui donnait la sémiotique. Le destin a voulu qu'il n'ait pas la possibilité d'aller jusqu'au bout de son travail sur la Trinité. À sa mort, en 2001, il ne laissait sur ce sujet qu'un épais dossier de notes éparses qu'il n'avait pu ressaisir selon les voies hypothético-déductives de la sémiotique. Naquit alors l'idée qu'il fallait confier le dossier Roublev à un chercheur jeune, assez scrupuleux pour accompagner jusqu'au bout, sans jamais la trahir, la réflexion de Jean-Marie Floch, et assez qualifié en sémiotique générale pour achever ces calculs de sens et composer la rédaction synthétique qui en expose les résultats. C'est ainsi que Jérôme Collin publie aujourd'hui une véritable « Petite fabrique de sémiotique visuelle », livrant l'intégralité de ce dossier classé et ordonné chronologiquement, en même temps qu'une passionnante proposition de « Synthèse » rédigée dans une langue claire et sans jargon.
La question du proverbe et plus généralement celle des formules sentencieuses, fait aujourd'hui l'objet d'un nouvel intérêt, car lieu privilégié d'une articulation entre analyse linguistique et représentations collectives. L'étude des proverbes, nommée parémiologie, est ainsi remise à l'honneur. Ce qui est d'autant plus remarquable que le proverbe, jadis porteur d'une sagesse qui faisait autorité, "est souvent dénoncé comme résidu déplaisant de traditions ridicules"(in Préface du Robert Dictionnaire des proverbes et dictons). Cet "objet" intéresse donc de nouveau linguistes, sémioticiens et anthropologues. Cette étude est naturellement une étude linguistique faisant appel à la sémantique linguistique, à la sémiotique textuelle et à la phénoménologie du langage, dans le prolongement de l'ouvrage précédent de ces deux auteurs : Pour une théorie des formes sémantiques, 2001.
Le corps n'est pas, pour la sémiotique, un domaine d'analyse parmi d'autres ; il est au coeur d'une hypothèse théorique qui renouvelle notre conception des processus de signification. L'incarnation des processus signifiants leur procure un substrat qui s'impose à toutes les élaborations cognitives et émotives : les rôles narratifs sont portés par des corps ; la production des discours émane d'une activité corporelle ; les émotions et les passions, de même que les manifestations sensibles et perceptives impliquent des corps. Des corps qui interagissent conservent dans leur chair ou sur leur enveloppe corporelle les empreintes de ces interactions, et ce sont ces empreintes porteuses de significations à découvrir qui doivent être identifiées, extraites, déchiffrées et interprétées. La sémiotique de l'empreinte éclaire alors d'un nouveau jour l'énonciation, la narrativité, le jeu figuratif, la mémoire et l'anticipation des formes, le sens des textes, des images et des objets.
Ce livre cherche à rendre compte de la démarche d'un linguiste cherchant à entrer par la voie du langage dans le domaine de l'inconscient. De ses lectures psychanalytiques, l'auteur a conservé les éléments qui lui semblent pertinents, en particulier une confrontation entre Freud et Jarry à propos d'OEdipe. Un point de vue original.
À partir de quel moment la critique littéraire a-t-elle frayé avec la linguistique ? On pourrait, si l'on accepte de voir les choses de manière approximative, répondre à cette question en évoquant Ferdinand de Saussure lui-même : « il semble n'y avoir aucune raison valable pour séparer les questions de littérature des questions de linguistique en général ».Chaque moment historique a donné à la critique un « outillage » herméneutique différent. Flaubert résume parfaitement la situation en émettant un voeu que les essais ici rassemblés ne sauraient combler : « Du temps de La Harpe, on était grammairien ; du temps de Sainte-Beuve et de Taine, on est historien. Quand sera-t-on artiste, rien qu'artiste, mais bien artiste ? Où connaissez-vous une critique qui s'inquiète de l'oeuvre en soi, d'une façon intense ? On analyse très finement le milieu où elle s'est produite et les causes qui l'ont amenée ; mais la poétique insciente ? d'où elle résulte ? sa composition, son style ? »
Les recherches cognitives, certes prometteuses mais difficiles à cerner, peuvent être ici présentées et évaluées, car le point de vue du linguiste les ordonne et les met en perspective, loin d'une interdisciplinarité sans principe. Par une réflexion historique et épistémologique, le statut de la linguistique en leur sein se précise, jusque dans les débats entre cognitivisme et connexionisme.La sémantique est mise en jeu au premier chef, et d'abord dans ses rapports avec l'Intelligence artificielle, définie comme technologie. En second lieu, la sémantique se trouve bouleversée par les progrès de la psychologie cognitive et de la neuropsychologie. Les données expérimentales sur la catégorisation et la typicalité éclairent d'un jour nouveau la sémantique componentielle. En deçà, la neuropsychologie étaye une théorie originale de la perception sémantique. Rompant avec la problématique classique des rapports entre langage et pensée, une nouvelle sémantique peut ainsi aider l'ensemble des sciences sociales à relever le défi des recherches cognitives.
Longtemps la sémiotique du discours a ignoré le temps qui pourtant se situe au coeur de la question posée par Paul Ricoeur à la sémiotique narrative. Le but de cet ouvrage est de dégager et valider le lieu sémiotique d'une approche de la temporalité, entre les modèles philosophiques et le cadrage des descriptions linguistiques centrées sur les temps verbaux. L'originalité de la sémiotique temporelle est de situer un espace de découverte de propriétés, de phénomènes, de figures et de régimes temporels que les disciplines "propriétaires" du temps ne laissent pas toujours apparaître. Le principal résultat de ces confrontations dans cet ouvrage, est d rapporter les analyses temporelles aux instances linguistiques et discursives qui les fondent et permettent de définir les figures du temps.
Tout en reconnaissant l'intérêt de ces approches, ce livre met en évidence l'inadéquation des schématismes de filiation kantienne et les dissociations qu'ils induisent dans la théorie sémantique. En s'appuyant sur des études empiriques détaillées et en revenant aux analyses de la phénoménologie et de la Gestaltheorie, il souligne la faiblesse des modèles perceptifs confrontés à la nature différentielle du sens linguistique. SOMMAIREIntroductionChap I : Critique du schématisme en sémantiqueChap II : Phénoménologie, perception et théorie des formesChap III : Motifs, profils et thèmesChap IV : Exemples et discussions Conclusion : La sémantique aux limites de la phénoménologie
« L'état du dernier exemplaire des thèses de A. J. Greimas ne permettait plus qu'une consultation sur place dans la salle de lecture des thèses de la Sorbonne... L'ensemble du recueil donne ainsi un bon aperçu de l'acheminement de la pensée de l'auteur depuis la tentative lexicologique jusqu'au projet de sémantique structurale. Selon le voeu de l'auteur nous y avons joint des illustrations des toilettes évoquées (8 pages d'ill.) en les choisissant dans les mêmes journaux de mode qui constituent le coeur du corpus dépouillé dans « La mode en 1830 ». D'autre part Greimas avait eu l'idée de rééditer des articles datant d'avant « Sémantique structurale » qui ne pouvaient être consultés que dans diverses revues. Les deux textes choisis pour figurer à la suite des deux thèses, offrent un premier échantillon de ces travaux. » Extrait de l'avertissement de Thomas F. Broden La mode en 1830 : essai de description du vocabulaire vestimentaire d'après les journaux de l'époque. Thèse pour le doctorat ès-lettres présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris, 1948 Quelques reflets de la vie sociale en 1830 dans le vocabulaire des journaux de mode de l'époque. Thèse secondaire, 1948 L'actualité du saussurisme - 1956 Analyse du contenu. Comment définir les indéfinis ? - 1963 Encore les indéfinis - 1965. Réponse de Michel Arrivé au précédent texte de A. J. Greimas Bibliographie de A. J. Greimas « Jusqu'à une date récente ces « Oeuvres de jeunesse » d'A. J. Greimas et tout particulièrement les deux thèses encore inédites sur la mode et la vie sociale auraient pu paraître des travaux de lexicologie historique bien éloignés des recherches contemporaines. Aujourd'hui ils affichent une étonnante convergence avec ce qui constitue la pointe avancée des travaux sémiotiques européens à savoir les résultats de la sémiotique des passions et toutes les études qui en ont découlé en ce qui concerne le goût, la perception, la sensibilité et leur sémantique. Ce Greimas d'avant Greimas, limpide et sensuel, surprendra les sémioticiens aussi bien que le grand public cultivé : ce livre se lit comme un roman et propose une étrange anamnèse des formes de sensualité qui avaient cours à Paris à l'époque romantique.»