Michel Arrivé
Michel Arrivé
L'asile de vieillards de Châtel-sur-Loire : une grande bâtisse, étrangement construite, tout près du fleuve, en bordure d'un grand mail désert. Alfred Hellequin est entré dans cet hospice il y a quelques semaines, ou quelques mois, peut-être un an : il ne sait plus très bien, le temps s'écoule sur lui comme une matière morte. Il raconte sa vie au milieu des vieillards, ses semblables : les repas des vieillards, le Noël des vieillards, les joies et les peines des vieillards, les amours des vieillards et, toujours présente et toujours refusée, la mort des vieillards. Vieillard ? L'état-civil refuserait cette qualification à Alfred Hellequin : il n'a pas encore atteint la quarantaine. Pourquoi est-il entré - de son plein gré - à l'hospice de Châtel ? Il cherche à se le faire dire, dans ce texte où l'emploi constant du vous de politesse marque - entre autres choses - la distance entre deux Hellequin : le brillant professeur qu'il fut autrefois, et le sordide pensionnaire qu'il est devenu.
De quel endroit nous vient l'étrange voix d'Antoine Rousselet ? De sa retraite, il raconte sa vie : souvenirs aigres-doux d'une enfance studieuse, chronique de son amour très pur pour Semblable, anecdotes piquantes de sa carrière de comédien et de militant. Une vie très ordinaire, en somme, pour un jeune bourgeois de 1990 ? À une petite différence près : Antoine Rousselet grandit très vite, trop vite. Cela change tout : pour lui, comme pour Semblable, chaque mois vaut une de nos années. Comment vit-on et, surtout, comment meurt-on, quand on est à ce point pressé par le temps ?
La réflexion de Saussure n'est jamais close, comme la réflexion sur Saussure n'est jamais close reconnaît l'auteur. Cet ouvrage se veut une contribution à une meilleure compréhension de l'enseignement de Saussure, donc un effort de relecture et d'approfondissement du Cours de linguistique général (cours publié à partir de l'enseignement saussurien et qui parfois présente des discordances avec la pensée réelle de Saussure). Saussure (1857-1913) n'a publié que deux ouvrages dans sa jeunesse et de nombreux articles. La réflexion de Saussure est consacrée au langage et la langue. "Mais est-il possible de construire la langue en objet d'un discours scientifique ?" s'interroge l'auteur.
« L'orthographe, c'est la langue : surtout, n'y touchez pas ! » criaient les uns. « Pas du tout », répondaient les autres, « l'orthographe n'est que le vêtement de la langue ! ». C'est entre ces deux approximations que, pendant plusieurs mois, de 1989 à 1991, on s'est battu autour de l'orthographe, comme on l'a déjà fait plusieurs fois depuis le début du siècle, et comme on le refera sans doute avant qu'il ne s'achève. La visée de ce livre n'est pas seulement de faire l'histoire de la bataille, où s'engagèrent les plus puissants. Il s'agit aussi - et surtout - de décrire l'objet autour duquel on combattait : l'orthographe française. Comment s'est-elle faite ? Comment fonctionne-t-elle ? Est-il possible de la réformer ? Avec une grande sérénité - non dépourvue, parfois, d'une certaine sévérité - Michel Arrivé fait le point. On ne pourra plus parler de l'orthographe ni de sa réforme sans prendre en compte ses analyses.
Ce livre cherche à rendre compte de la démarche d'un linguiste cherchant à entrer par la voie du langage dans le domaine de l'inconscient. De ses lectures psychanalytiques, l'auteur a conservé les éléments qui lui semblent pertinents, en particulier une confrontation entre Freud et Jarry à propos d'OEdipe. Un point de vue original.
Dans un ancien hangar de la SNCF, quelque part dans la Champagne profonde, une dame brésilienne, la Senhora Doutora, exerce au noir le métier de psychothérapeute. À deux pas du hangar, dans la maisonnette où il s'est réfugié après avoir perdu sa belle ferme du Sombrevoir, le père Manouvrier essaie d'écrire le récit de ses rêves. Hélas ! ils se font de jour en jour plus rares. Pour continuer à écrire, il demande à la Senhora de lui raconter les rêves de ses patients.La Senhora Doutora, qui fut l'épouse d'un illustre analyste, et le père Manouvrier, qui regrette toujours de n'avoir pas pu être instituteur, s'entendent au mieux : leur petit commerce de rêves s'accompagne d'aimables privautés, autour de plantureuses feijoadas arrosées de cachaça.Mais ces excellentes relations courent un risque mortel : la Senhora menace de révéler les infidélités conjugales du seul ami de Manouvrier, le pharmacien du lieu. Pour échapper à son chantage, il songe à utiliser contre elle les talents de sorcier que Manouvrier a hérités de son grand-père, le vieux Béhanzin.Que va-t-il se passer ?