Fiction et Cie
Dépêches de Somalie. Les premiers Somaliens, je les ai rencontrés dans des camps de réfugiés de l'Ogaden éthiopien, à la chute du Négus rouge Mengistu. En mai 1991, et déjà affamés. Je suis allé ensuite dans le nord de la Somalie, en novembre. J'ai découvert un champ de ruines à la place d'une ville, Hargeisa. Puis j'ai été à Mogadiscio, pendant les combats entre le général Aidid et Ali Madhi. Les obus pleuvaient. Dans le sud, j'ai assisté à la prise de la ville de Kismayo le 15 mai 1992 par les combattants du général Aidid alliés à ceux du colonel Jees. Effet de la guerre civile, la famine ravageait le pays. Après il y a eu Baidoha où les enfants agonisaient au ralenti sous mes yeux. Bardéra, la plus insalubre, avec épidémies et assassinats. Huddur et ses suceurs de peaux de bêtes. Merca, ses tueurs et ses tuberculeux. Les chefs de guerre ont bien fait leur travail. Le pays est détruit. Pendant ces deux années, j'ai envoyé plus d'une centaine de dépêches d'agence : infos brutes, reportages, et quelques analyses. Ces textes sont d'une autre nature. Scènes, personnages, lieux, émotions de la tragédie somalienne, donnés à voir et à ressentir. Parce que la guerre et la famine sont affaire de sens. De coeur et d'estomac. Jean-Pierre Campagne.
À trente ans, Dounya voit sa vie basculer : rupture, licenciement, expulsion. En rangeant ses affaires, elle dialogue avec Darya, l’adolescente rêveuse et rebelle qu’elle a été.
Richard Zenith comble enfin une immense lacune et livre la foisonnante et passionnante biographie tant attendue de Fernando Pessoa. Vie et oeuvre y forment un écheveau dont l'auteur tire les fils, par chronologie et extrapolations. Tout un voyage immobile. « Une immense malle d'archives a continué à fournir de nouvelles informations sur Pessoa jusqu'au début du XXIe siècle, et cette biographie colossale de Richard Zenith en bénéficie comme aucune autre auparavant.» EL PAÍS « Pessoa est un triomphe d'érudition et de verve qu'il n'est pas facile de lâcher. » ANTONIO DAMASIO « Quand on considère les incroyables détails si vivants de la curieuse vie de Fernando Pessoa contenus dans cette biographie, et la qualité à la fois énergique et élégante de son écriture, on se pose simplement la question de savoir s'il ne s'agit pas en réalité d'une autobiographie qu'on viendrait de découvrir, écrite par un des hétéronymes de Pessoa, "Richard Zenith". Personne, semble-t-il, ne pourrait en savoir autant ou raconter cela si merveilleusement à moins de vivre à l'intérieur de la tête de Pessoa. » FORREST GANDER prix Pulitzer pour Be with Insomniaque, alcoolique et grand fumeur, Fernando Pessoa s'installait à toute heure du jour et de la nuit chez ses employeurs, pour y gagner sa modeste vie en rédigeant des lettres commerciales et y taper ses innombrables textes dont un seul, Mensagem (Message), fut publié de son vivant. Tout le reste, dont de splendides odes, d'innombrables quatrains, des suites de poèmes, des essais, des manifestes, et l'extraordinaire Livre de l'intranquillité, fut amassé dans une malle en bois pour être transmis à la postérité. Comme Rimbaud pour le XIXe siècle, Pessoa est la figure majeure, énigmatique, du XXe siècle. Richard Zenith en donne enfin la grande et subtile biographie qu'on attendait depuis longtemps. RICHARD ZENITH est un traducteur et critique littéraire reconnu. Ses traductions comprennent Le Livre de l'intranquillité de Pessoa ainsi que Fernando Pessoa & Co.: Selected Poems, qui a remporté le prix PEN de poésie en traduction. Lauréat du prix Pessoa au Portugal, il vit à Lisbonne.
Plongez dans les destins lumineux de six femmes d'exception, de Colette à la reine Victoria, dont la Côte d'Azur a transformé l'existence.
Découvrez comment Les Misérables de Victor Hugo est devenu un classique mondial grâce à ses innombrables réécritures. Tiphaine Samoyault explore avec brio la métamorphose des œuvres, entre adaptations, traductions et polémiques.
Entre Château Rouge et les Mille et Une Nuits, Berado, jeune Congolais rêveur, tente de s’imposer face à son frère Benoît et au mystérieux Ramsès, barman et passeur de livres.
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Clotilde, vingt ans après, revient dans la ville où Monsieur a fait d’elle sa Madame sous couvert d’amour. Entre silence et honte, un week-end entre amies va-t-il lui permettre de briser l’emprise et de libérer sa parole ?
Pourquoi tant de petites filles veulent-elles devenir danseuse ? Que signifie danser ? Est-ce célébrer la vie ? Partager son idée de la beauté ? Rechercher, dans ses ressorts les plus intimes, ce que peut et ce que veut notre corps ? Toutes ces questions, j’ai eu la chance de pouvoir les poser à Anne Teresa De Keersmaeker qui, pendant deux ans, m’a ouvert ses répétitions, ses archives et donné de son temps pour expliquer comment elle travaille, pourquoi elle travaille et comment ce travail la rend heureuse et lumineuse. L. A.
Eté 1997. Tandis que Lady Diana s'affiche avec son amant sur la Côte d'Azur, sous l’œil du monde entier, Cindy Mastriani, mère célibataire, rêve d'une autre vie. Fantasque et fragile, elle cultive une troublante ressemblance avec la Princesse, jusqu'à s'y perdre. Quand elle rencontre un riche Espagnol vivant sur un yacht dans le port de Nice, tout s'emballe. Cindy entraîne sa fille Rebecca dans une existence royale fantasmée : amours au soleil, élans de charité, traque par les paparazzis. Chacun joue son rôle. Et Rebecca nourrit le rêve de sa mère en devenant l'enfant cachée de la couronne d'Angleterre. Mais à la fin du mois d'août, la mort de Lady Diana dans un tunnel parisien vient brutalement briser leur illusion. Avec humour et tendresse, Laura Tinard signe une fable très contemporaine et tend un miroir à notre monde actuel, dont elle révèle l'obsession pour l'image et la célébrité.
Plongez dans l'univers poétique et absurde de Pierre le Gris, un fonctionnaire berlinois hanté par la perte et l'ennui. Quand un enfant lui est confié par hasard, son voyage vers Bâle devient une quête inattendue, entre tendresse et désarroi.
Plongez dans Compter les jours, une méditation épistolaire poétique où Alain Veinstein, ancien homme de radio et peintre, explore le temps, la mémoire et la résilience face à l'intemporel.
New York, années 1980. Découvrez les écrits de jeunesse de Karen Finley, artiste féministe dont la voix punk et acide dénonce sans détour les violences patriarcales et l’hypocrisie sociale.
Alors que les adultes, dans la pièce d'à côté, se livrent à la prière et à la sanctification, Barthélémy Guidal, dit Lélé, vit une étape décisive de sa vie sexuelle et littéraire. Il nous raconte les premiers grands bouleversements de son existence, dans un pays d'Haïti livré au dénuement et aux brutaux contrastes de classes. Après une découverte traumatisante de la pornographie (en plein air, dans son quartier natal de Cité Soleil), l'émancipation peut-elle venir de la littérature et de la philosophie ? Lélé en fait le pari. Lorsqu'une fille qu'il admire lui dit qu'elle ne sortira jamais avec personne parce qu'elle a « trop peur de la mort », il se voue au libertinage, à la quête de possibilités alternatives. Ce roman d'initiation nous emporte par son souffle épique et son imagination parfois fantasque.
Fruit d'une amitié intellectuelle rare et intense entre Gerhard Richter et Hans Ulrich Obrist, Les Entretiens Richter rassemblent une série de conversations profondes et vivantes autour de la création artistique, de l'architecture, de la mémoire et du doute. À travers ces échanges menés de 1993 à 2014 dans les ateliers de Cologne et d'ailleurs, l'artiste revient sur ses inspirations majeures, ses oeuvres inachevées, son rapport au sacré et à la technique, mais aussi sur l'impossibilité d'une peinture « absolue ». On y découvre l'homme derrière l'oeuvre : son obsession pour les cycles, son goût pour l'expérimentation, sa réflexion sur le visible. Gerhard Richter explore sans hiérarchie la peinture, la photographie, le verre, la gravure, l'aquarelle ou encore le livre d'artiste. Traduit de l'anglais par Charles Bonnot
Automne 1944, Peleliu : une île oubliée du Pacifique devient l’enfer pour des milliers de soldats. Bruno Cabanes y retourne, sur les traces d’Eugene Sledge, pour en révéler les fantômes et les secrets enfouis.
Dix ans après sa disparition, Denis Roche revient à la table des vivants : un hommage vibrant, où photographies et textes de ses proches dessinent le portrait d’un artiste inclassable, à la croisée de la poésie, de la photographie et de l’édition.
À 30 ans, Clémentine Vergnaud, journaliste à franceinfo, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer rare et agressif.
Entre mémoire intime et histoire collective, Patrick Deville revisite Saint-Nazaire, ville portuaire aux destins multiples, où se croisent chantiers navals légendaires, exils et rêves d’aventure.
Le temps, nous ne le voyons de face qu’au moment de mourir mais la photographie nous a donné le pouvoir étrange de le saisir par des coupes qui l’interrompent et le suspendent. Chacune de ces coupes agit comme une césure et comme une éclosion : par le choix de l’instant et du cadre, une éruption de sens est délivrée chaque fois. Ce pouvoir, que l’exubérante quantité d’images disponibles dissimule, Une éclosion continue cherche à le comprendre, et de deux manières : tout d’abord par des réflexions de portée générique qui recoupent des problématiques liées à l’histoire de la photographie, puis en faisant la part belle à l’expérience vécue par des photographes d’aujourd’hui.
Dix lettres qui ont marqué l’histoire de la littérature : Lettres à un jeune poète révèle la correspondance intime entre Rainer Maria Rilke et Franz Xaver Kappus.
Mai 2027 : Cui-Cui, 13 ans, découvre le droit de vote des mineur·e·s et la violence familiale. Entre dystopie politique et récit intime, ce premier roman de Juliet Drouar mêle adolescence, révolte et quête d’identité.
Le brave soldat Sam ne dispose plus que de quelques fractions de secondes avant d’être enveloppé par les flammes d’une vague de napalm qui se précipite sur lui. C’est l’occasion de s’inventer en urgence une biographie et de se raconter des histoires. Il s’entoure alors de personnages féminins hauts en couleur : des grand-mères centenaires qui dirigent le clan, des cousines à la volupté épanouie, et surtout des tantes sorcières, jeunes femmes attirantes, sexuellement désinvoltes, qui tiennent à lui enseigner comment vivre dans le feu. Elles lui donnent des « leçons de feu » au cours desquelles il doit apprendre à rester indifférent au brasier qui va le transformer en torche, et aux bizarreries oniriques des derniers instants… Il aimerait poursuivre à jamais une vie à l’air libre, être bandit, échapper à la garde nationale, multiplier chevauchées et aventures amoureuses. Mais l’idée des flammes est là. Et elle le rattrape. Cependant il ne manque pas de souvenirs imaginaires pour la repousser encore et encore. Une œuvre monumentale s’est construite, sous des noms d’auteur divers (Lutz Bassmann, Manuela Draeger, Elli Kronauer, etc.), qui s’arrêtera au nombre prédéterminé de 49 livres. 22 sont signés Antoine Volodine, dont celui-ci, qui est le dernier. Parfaitement autonome, et porté par une étrange drôlerie agissant dans la noirceur des temps, Vivre dans le feu clôt une entreprise littéraire majeure et mondialement saluée. C’est un événement en soi.
Au chevet de son père mourant, un homme revisite les fragments d’une vie marquée par l’absence de sa mère et l’énigme de Laure, premier amour et seule lumière dans un monde familial en lambeaux.
Dans un futur proche, la Joconde disparaît. Elle n'est pas volée. Elle n'est pas détruite par un attentat quelconque. Simplement, elle tombe en poussière. D'autres oeuvres suivent. C'est en soi un fait grave, mais les conséquences sur l'existence même de l'humanité vont se révéler immenses. L'Avenir raconte la vie de certains amoureux fervents de cette peinture : Li Fang, visiteur chinois de la Joconde ; Saverio Besagiratu, conservateur au Louvre ; Ismaël Ackerman, historien de l'art juif et allemand, spécialiste des oeuvres d'art disparues, qui part à la recherche des dernières caches nazies. Il est aussi et peut-être surtout question de Prudence, une jeune orpheline haïtienne douée d'un pouvoir d'empathie étrange, et qui ne connaît rien de tout cela lorsque cette histoire commence. Il suffirait que deux êtres trouvent à s'aimer pour qu'ils échappent au futur désastreux de la Terre et lui donnent un avenir. Il s'agit, en somme, de refaire l'amour et le monde, entièrement, comme toujours.
Le pari de ce livre est de constituer le poème comme une forme entière et autonome, à distance des marges et des formats où il est le plus souvent relégué. Il en passe pour cela par des formes d’écriture qui ne relèvent pas directement de ce qu’on a le réflexe d’associer à la poésie : notes de voyage, mode didactique ou narratif, réflexions sur le temps ou sur le langage, souvenirs, tout contribue à le relancer. L’idée est celle d’une phrase émancipée dont le poème, agissant comme le récit de son recommencement perpétué, serait l’agent. Rien de formel à cela, au contraire : ce livre qui se laisse traverser par de nombreux pays (et par leurs langues) est d’abord une longue exploration du sensible et, via tout un travail sur la résonance, une lecture des traces que l’Histoire laisse sur lui. Temps réel, qui court sur vingt-cinq ans, s’inscrit dans le sillage de Basse continue, publié dans « Fiction & Cie » en 2000, et cherche à donner corps à ce qu’indiquèrent les titres d’essais comme La Fin de l’hymne (1991) ou L’Élargissement du poème (2015).
Le 16 juin 2022, Chantal Thomas était reçue par Dany Laferrière sous la Coupole de l’Institut de France. Une semaine auparavant, le comité de l’épée s’était réuni, pour la remise, en la circonstance, d’un éventail. C’est l’ensemble des discours tenus lors de ces deux cérémonies que l’on retrouve ici.
Niki de Saint Phalle, Louise Bourgeois et Annette Messager : trois femmes, trois artistes, trois vies. Trois histoires passionnantes que tresse Nathalie Piégay, dans l'imbrication de l'existence quotidienne et de l'aventure artistique. Elle dit leur solitude et la part de folie qui les pousse à faire oeuvre, tout en cherchant à comprendre quels liens s'établissent entre elles. Peu à peu elle découvre tout ce qui les relie : la maternité, la cruauté, la révolte, la féminité, mais aussi l'invention de personnages, le recours au tissu et à la couture, et bien d'autres motifs.Le récit se tisse comme une toile d'araignée pour révéler l'être intime de femmes qui ont inventé des univers très singuliers et puissants, reconnaissables entre mille, et qui nous bouleversent. Raconter l'histoire de ces trois femmes, c'est s'approcher au plus près de la création.Nathalie Piégay est écrivaine, critique littéraire et professeure ordinaire de littérature française moderne et contemporaine à l'Université de Genève. Elle a publié aux éditions du Rocher Une femme invisible (2018), La Petite Ceinture (2020) et Le Caillou noir (2022).
Dans ces entretiens avec Laure Adler réalisés peu de mois avant sa mort en automne 2021, Etel Adnan retrace avec profondeur et émotion les expériences fondatrices de sa démarche artistique, entre la poésie et la peinture. De sa jeunesse au Liban à sa reconnaissance tardive (et « fatigante ») lors de la Documenta en 2013, en passant par ses années américaines à New York et surtout en Californie, la conversation devient vite complice, et c’est le destin parfois difficile des femmes qui est revisité, questionné. Ce qui est étonnant, c’est la tonalité vivifiante et primesautière du livre, et l’absolue croyance en la beauté qui l’habite : la beauté du monde, la beauté de l’art. La conclusion est en vérité une magnifique ouverture : « Aujourd’hui, c’est le printemps. Il y a cette belle lumière. Regardez, les fleurs dans le vase. L’olivier sur le balcon. C’est une bonne journée. »
Caractériser la force avec laquelle une image, devant nous, se souvient et celle avec laquelle elle nous demande d’identifier ce dont elle est le souvenir : tel est le propos de ce livre – ce qui veut dire qu’il considère l’image, toute image, comme une énigme et comme l’espace incarné d’une expérience qu’il appartient à ceux qui la voient (regardeurs de Duchamp, regardants de Poussin !) de refaire. L’imagement nomme aussi bien les processus qui conduisent aux images que les chemins qu’elles suivent pour instiller dans la pensée la puissance de leur silence. « Toute image est une maison hantée, toute maison est hantée par les images. » Étoilée en treize chapitres, l’enquête traverse toutes les époques de l’art et parcourt les modes les plus variés de constitution de l’image.
Voici une enquête littéraire et historique qui s'intéresse à un objet aussi singulier que révélateur de l'époque qui l'a vu naître : le masque mortuaire du philosophe Hegel. Conservée aux Archives littéraires allemandes à Marbach, cette empreinte faciale en plâtre pose bien des questions, d'authenticité, ou de conditions de réalisation. Mais, avant tout, elle retrace l'histoire des vivants qui ont cherché à s'approprier l'héritage, le capital et l'énergie dont ce masque était à la fois l'emblème et la trace tangible. Une histoire à cheval sur deux siècles, le XIXe et le XXe, pleine de rebondissements, où se côtoient des mouleurs et des collectionneurs, des juristes et des politiciens, des philosophes et des artistes, d'Elias Canetti à Virginia Woolf, d'André Breton à Paul Éluard. Thomas Hunkeler est critique littéraire et professeur à l'Université de Fribourg, en Suisse. Il est l'auteur d'Échos de l'ego dans l'oeuvre de Samuel Beckett (L'Harmattan) et de Paris et le nationalisme des avant-gardes (Hermann). Il poursuit depuis de nombreuses années des recherches sur le modernisme européen.
1982, Tucson. Chantal Thomas quitte New York pour enseigner en Arizona et découvre, entre désert et tequila, une liberté aussi intense qu’éphémère.
Alors que la traduction assistée par ordinateur est sur le point de provoquer une mutation majeure dans nos façons de communiquer et dans notre relation aux langues, cet essai veut renouveler la pensée de la traduction. La sortir de l’éloge ou du consensus implique de ne plus voir en elle le seul espace de la rencontre heureuse entre les cultures mais de la comprendre comme une opération ambiguë, complexe, parfois négative. Tiphaine Samoyault étudie les histoires de violence dans lesquelles la traduction a pu jouer un rôle (la domination coloniale, les camps d’extermination, les sociétés d’apartheid, les régimes totalitaires), ainsi que des cas littéraires qui illustrent les violences propres à l’espace du traduire. Mais parce que la traduction a aussi à voir avec la justice et la justesse, avec l’imprévisibilité de la rencontre et les transformations dans l’espace et le temps, la séparation qu’elle entraîne peut s’inverser en réparation de la violence commise. Au-delà de la question de la traduction, ce livre s’adresse à toutes celles et à tous ceux qu’intéressent les dialogues entre les cultures, les littératures et les langues, et la possibilité politique de faire des mondes communs.