FeniXX réédition numérique (Union générale d'éditions)
« Ces vers sont faits de rigueur, mais aussi de mélodie, de sensibilité, d'élégance et d'enthousiasme. » André Boucler, Le Figaro ; « Elle est toute la poésie dans une expression si ardente et si naturelle...» Jean Guirec, Le Cerf-Volant ; « L'Orient et l'Occident, la joie d'être et, en même temps, une secrète et divine mélancolie...» Jean Guitton, de l'Académie française ; « Poète et artiste à la pensée profonde et raffinée. » Louis Leprince-Ringuet, de l'Académie française ; « L'authenticité de l'inspiration, la beauté harmonieuse des vers... la simplicité et la cadence du style...» Léopold Sedar Senghor
« Ces vers sont faits de rigueur, mais aussi de mélodie, de sensibilité, d'élégance et d'enthousiasme.» André Beucler, Le Figaro ; « Éprise de perfection, découvrant sa liberté dans les contraintes les plus sévères...» Philippe Chabaneix, La revue des deux mondes ; « Poète d'un souffle puissant, à l'âme généreuse...» Jacques Chastenet, de l'Académie française ; « Je garde votre recueil sur ma table de chevet et le lirai au fil des jours, avec une joie toujours renouvelée. » Lucie Faure ; « Poète et artiste à la pensée profonde et raffinée. » Louis Leprince-Ringuet, de l'Académie française ; « L'authenticité de l'inspiration, la beauté harmonieuse des vers... la simplicité et la cadence du style. » Léopold Sedar Senghor.
Quelques esprits libres, en avance sur leur temps, ne seront pas choqués de voir dans ce livre, sous la forme fragmentaire et polytonale d'une fiction réfléchie (d'une théorie fabuleuse), un auteur peu connu s'interroger sur la notoriété. Ce qui mène loin (plus loin que ne le ferait une sociologie de la production symbolique, décrivant les voies d'accès à la notoriété ou la fonction sociale des hommes illustres). Où ? Dans l'écriture et dans l'époque. Dans l'écriture de l'époque, au moment même où prend fin - visiblement - l'époque de l'écriture. Pas étonnant qu'en avançant dans l'imaginaire de l'écrivain, on découvre - déniées ou déplacées - les structures mêmes du champ ; qu'en remontant le cours du narcissisme d'auteur, on aboutisse au marché du livre. Donc ceci : le génie ne s'illustre qu'autant que l'époque et le marché le veulent. À la longue, il n'y a pas d'illustre qui tienne, comme - à la réflexion - pas de génie qui vaille. Cela pourrait soulager. Mais non - pensée intolérable. Comment supporter les limites de l'espèce, s'il n'est pas permis d'y postuler - tératologique et fascinante - l'image de l'homme illustre, dans laquelle s'est reconnue l'époque qu'il résume ? De tout cela, bien sûr, il n'est pas interdit de rire : de l'illustre, de l'inconnu, du livre, de l'auteur, de son rire même.
Ce qui, du langagier, non pas fantasmé sous quelque absolu, mais compris selon ses déterminations mortelles et historiques - encore qu'au-delà de tout historicisme travaille à la reproduction de l'organisation sociale comme il en porte la marque discrète et en subit la loi occulte, ceci qui se constitue en discours de l'ordre du pouvoir, appartenant à cet ordre pour autant qu'il sert, mais aussi effectue sa conservation et son emprise, les articulations de ce discours, avec différentes figures de la domination, les implications économico-politiques qui sont siennes, la place échue dans ce cadre au sujet, les procès formels ainsi mis en jeu : tels sont les propos directeurs de ces pages.
Pour la première fois en France, un ouvrage synthétique sur l'économie des communes rurales chinoises, est publié. Assurant un cours à l'Université de Paris X sur l'histoire et l'économie des pays socialistes d'Asie, Patrick Tissier travaille, depuis de nombreuses années, sur les questions chinoises. Un séjour en Chine, en septembre 1975, lui a permis d'approfondir ses recherches, et d'illustrer l'analyse présentée dans cet ouvrage. Premier contact avec la Chine pour les uns, instrument de travail pour les autres, ce livre intéressera tous ceux qui manifestent de la curiosité pour la société chinoise et, notamment, pour l'un de ses traits les plus originaux : l'instauration de communes populaires dans les campagnes.
Qu'on les accepte ou qu'on les critique, les hypothèses de travail de Matvejevitch invitent à une discussion fondamentale, qui enveloppe aussi bien les oeuvres classiques du marxisme, que les écrits esthétiques de Lukacs, Brecht, Bloch et Adorno. Écrivain et essayiste partagé entre le rêve et l'action quotidienne, Matvejevitch est - sans doute - l'un de ceux qui, dans les pays socialistes, représentent cette conscience critique radicale qu'il exige de l'intellectuel tel qu'il le conçoit : aussi étranger à l'irresponsabilité satisfaite, à la douce quiétude morale des signataires de pétition occidentaux, qu'au sérieux morose des intellectuels militants professionnels des pays socialistes. Ironique, enjoué, toujours hanté par le souvenir d'Essénine et de Maïakovski, il garde - dans la satire comme dans l'analyse la plus théorique - une qualité fondamentale : une intransigeante honnêteté.
La ruse, c'est bien plus que la ruse... Un livre récent de J.-P. Vernant et M. Detienne - La métis des Grecs - attire l'attention sur cette catégorie de l'expérience collective et individuelle, généralement escamotée par la philosophie ou l'anthropologie, et dépréciée par l'Histoire. Dans ce volume de Cause Commune, urbanistes, politicologues, diplomates, anthropologues, juristes, écrivains - G. Balandier, Y.Delahaye, L. Sfej, P. Virilio, P. Mayer, J.-P. Corbeau, J. Duvignaud, G. Pérec - examinent la procédure et la stratégie de la ruse... et qui concerne aussi bien le rêve, que la politique. Entre le code et l'hystérie, les hommes ne cherchent-ils pas à frayer un chemin à leur liberté au milieu des coercitions et des discours impérieux ? Ces études constituent la première approche systématique de la ruse.
"Rares qualité de musicienne du langage." Philippe Chabaneix, Mercure de France - "Poète de haute classe, d'un souffle puissant, à l'âme généreuse." Jacques Chastenet de l'Académie française - "Son ardente sensibilié, sa perfection humaine, sa méditation généreuse, cette sorte d'étreinte du monde qu'elle porte en elle." Jean Guirec, président honoraire de la Société des gens de lettres - "Poète et artiste à la pensée profonde et raffinée." Louis Leprince-Ringuet, de l'Académie française - "J'ai admiré votre puissance d'évocation et profondément savouré la musique de vos vers." Jacques Rueff, de l'Académie française - "L'authenticité de l'inspiration, la beauté harmonieuse des vers... La simplicité et la cadence du style..." Léopold Sédar Senghor - "Je vous prie de croire à ma vive admiration pour tout ce que vous avez réalisé et ce que vous nous apportez." Simone Veil - "Katia Granoff est un personnage historique de notre temps, elle est un océan de vie, d'art et de poésie." Robert Vrinat, Nouveaux Jours
« La lumière écrit » est le cinquième volume d'articles consacrés par Jean-Louis Bory au cinéma. On trouvera ici les textes publiés dans Le Nouvel Observateur de juin 1971 à décembre 1972. Ils font suite aux textes recueillis dans Des yeux pour voir (Cinéma I), La nuit complice (Cinéma II), Ombre vive (Cinéma III), L'écran fertile (Cinéma IV).
Qu'en est-il, aujourd'hui, de la psychanalyse en France ? Si répandue dans les appareils sociaux et institutionnels les plus divers, si triomphante de par sa doctrine, son vocabulaire et ses rituels, sous ses formes tantôt initiatiques, tantôt terroristes d'anti-intellectualisme, sur ses modèles - désormais universels - mis en oeuvre et partagés par l'université, les journaux et la politique, n'est-elle pas en train de se jungiser ? Sa provocation, où est-elle ? Où est le caractère impossible de son art ? Les analystes n'ont-ils pas l'air de se respecter, de s'accorder à l'intérieur d'une communauté aussi vaste que grotesque, où il y aurait de la place pour tout le monde, et où il serait possible de tout faire, à condition qu'il en sorte l'assurance que rien ne se produise ni ne s'invente, à condition qu'il n'existe aucune pratique de langage, que chacun soit réconforté de ce qu'au fond l'inconscient n'existe que comme mystère ou lieu d'un savoir commun ? Épistémologie d'un côté, pédagogie généralisée de l'autre, la psychanalyse ne vient-elle pas de perdre sa spécificité ? À cette époque où les groupes culturels institués, les scolastiques, et les avant-gardes, se sont dissous en Europe occidentale, ne participe-t-elle pas d'une stagnation, où la mélancolie prend la place de l'inquiétude ? Ce livre, qui vient d'ailleurs, relève du geste d'une expérience à son début. C'est un autre Moïse, et le monothéisme qui commence ici à s'écrire. Jeu sérieux, où la psychanalyse propose cette aventure qui est la sienne.
La portée de la théorie et de l'écriture aujourd'hui. Témoignages de dissidence. Analyse des discours de Staline, des textes de Marx, Sade, Freud. Indications pour une théorie de la clinique. Ce sont là des écrits qui posent la question de la violence comme une question spécifiquement psychanalytique, à partir de quelques instances inédites du discours freudien, notamment de l'analyse de l'acte de parole. L'exploration se fait dans une condition historique précise qui, aujourd'hui, interroge différemment la psychanalyse comme dissidence de la pratique, sans rapport avec ce dissentiment consacrant les états totalitaires. Aucune dette n'est rendue à la politique en tant que spectacle de maîtrise. Aucun hommage à la candeur, dont toute tyrannie s'inspire. Loin d'un publicisme politique alimentant, entre le viol et l'économie, le monopole étatique de la violence - violence toujours posée comme la dernière, sur le principe de l'inviolable - loin des doctrines polémologiques surgissant à l'appui de l'accord et de la violence instituée, loin de la conception d'un « fait » sans langage, loin encore de la logique de la dénonciation du bouc émissaire et de la restauration de l'ordre et du sacrifice, au nom et dans la promesse de l'avenir, loin enfin du concept objectiviste de violence, de la criminologie comme fonction éminente de la théocratie, les indications d'une expérience analytique, qui sont ici fournies, concernent l'articulation de la violence du langage, du lapsus au mot d'esprit, du rêve à l'humour, du paradoxe au malaise dans la civilisation.
L'appareil musical regroupe des études sur des formes - parfois peu connues - de musiques européennes, américaines et africaines. Musiques dodécaphoniques (Schoenberg), électro-acoustiques (Stockhausen, Berio), répétitives (La Monte Young, Reich), indéterminées (Cage, Feldman), musiques de film (Adorno-Eisler, Fano), Free Jazz, danse traditionnelle d'Afrique noire, sont décrites ou analysées du point de vue d'une esthétique attentive à la force brute des sons, une esthétique à l'écoute de l'énergétique propre à chaque musique, et respectueuse de l'aspect magnifiquement différencié de l'appareil musical actuel.
Écrits de 1968 à 1975, présentés selon l'ordre chronologique, les articles réunis dans ce volume traitent d'une pratique artistique (théâtrale), dans sa durée et ses implications multiples. Notes prises au jour le jour, études consacrées à des auteurs dramatiques : Brecht, Goldoni, Labiche, Rezvani, Büchner, Vichnevsky, à des peintres contemporains : Gilles Aillaud, Lucio Fanti ; réflexions datées sur des questions d'ordre général, le traitement des classiques, le réalisme, etc. cet ouvrage tente de restituer une exigence de transformation de la pratique du théâtre. « La dramaturgie n'est pas seulement en souci de l'art, mais aussi de sa fonction sociales... »
Claude Mollard a écrit ce livre en acteur passionné qu'il est de l'opération du Centre Georges Pompidou sur le plateau Beaubourg. Il appartient à cette nouvelle génération d'administrateurs culturels, qui ne craignent pas de s'expliquer au grand jour. Son livre retrace la genèse - et la réalisation - du plus grand centre culturel, qui ait été conçu jusqu'ici. Il est aussi un témoignage unique sur les motivations, les ressorts intimes et les développements de cette grande ambition. Claude Mollard soulève un coin du voile, et nous invite à découvrir les mécanismes subtils de l'un des projets de la fin du XXe siècle, qui éclaire le mieux l'horizon de notre avenir culturel. Il faut lire ce témoignage, qui apporte des informations inédites, et qui constitue une leçon de pilotage pour les grandes réalisations de notre temps.
L'idéal historique opère à un double niveau : les règles de la méthode historique se partagent toujours entre deux grandes positions résolument hostiles : l'homme (ou la praxis, ou les masses, et le monde (ou la structure, ou le mode-de-production). Entre les deux, tous les compromis qu'on voudra. Mais, dans les deux cas, l'Histoire a un sens, un idéal solidement édifié sur la méconnaissance de l'activité pulsionnelle de la libido sociale et de l'appareil de pouvoir, qui en conditionne silencieusement le régime « réactif ». Mais est-ce seulement une question de connaissance historique ? Pas du tout ! Il s'agit, là encore, de la libido dans ses modes d'existence sociale : car l'idéal historique a - pour substrat désirant - l'idéal militant et tous ses avatars, qui ont fait leur apparition depuis la naissance du mouvement ouvrier. Impossible d'éviter les impasses épistémologiques, à moins de se débarrasser des formations de désir, que le militantisme a déposées en nous comme un lourd héritage (même chez les historiens apparemment les plus éloignés du communisme ou du gauchisme). Avant d'être héritiers, rebelles ou consentants, d'un savoir marxiste et historique, nous sommes moulés dans un certain type d'éros militant.
Faut-il renoncer au mythe du local : ce petit territoire où la plupart de nos contemporains cherchent encore leurs racines ? Le centre : pouvoir anonyme et sans lieu, entité omniprésente, monstre froid, ne l'a-t-il pas englouti ? Et, avec lui, tous nos repères, terriens, affectifs ? Existe-t-il encore un « pouvoir local » ? Et, question plus troublante : existe-t-il même un objet local ? Les discussions réunies dans ce volume, attestent de la résistance à cette question même. Pour l'éviter, on déplace, superpose, attaque de biais. Débat, où chacun des participants défend son territoire, son « locus ». Administrateurs, politistes, urbanistes, juristes, sociologues, se sont réunis. Leurs interventions sont reprises ici intégralement, avec les discussions qu'elles suscitèrent, lors des deux journées du Colloque L'objet local, des 30 et 31 mai 1975.
L'étrangeté du texte (est-ce un texte ?) délimite, entre autres, le « concept » de texte, le généralise en quelque sorte et l'in-finitise, jusqu'au point où il retourne à l'étrangeté d'où il vient, et qu'il « est » dans sa fragmentation originelle, son essentielle hétérogénéité, mais aussi dans sa répétition incessante, sa dérive vertigineuse hors de la ligne du temps et de l'Être. À travers quelques textes corrosifs (en excès par rapport à la conceptualité traditionnelle), ce qui s'indique ici et se joue, comme autant de déclinaisons de l'abîme, c'est une pensée plurielle de la pluralité, une pensée affirmative et dansante de l'autre à jamais autre, ne revenant pas au même, mais préservant plutôt et dissolvant toute appropriation, toute appartenance et toute identité.
Les contributions de ce livre abordent - sous un angle spécifique, à savoir de la pratique analytique, autour du discours psychotique, du langage autiste, de l'hystérie, de la question de la psychosomatique - des aspects actuels de la civilisation. S'il y a de nombreuses contributions cliniques, même quand elles traitent de la violence dans la musique, cela se passe pour ne pas parler de la violence sous une acception générale et métaphysique. La portée de ces textes relève - justement - de la connexion avec la pratique analytique, et ils ne sauraient se traduire sous un mode analogique en un autre discours, sans une grave déformation. La psychanalyse n'a pas à dire tout sur tout, mais seulement quelque chose de spécifique, voire d'extrêmement partiel. Ce que Freud a introduit, c'est une exploration de la violence, de l'écoute de l'hystérie à l'analyse du monothéisme. L'hystérie lui a apporté avant tout cela : il y a un fantasme de violence, à savoir le fantasme de maîtriser le langage, d'exclure l'écriture en l'asservissant, de faire de la théorie une doctrine. Freud en est arrivé à considérer la violence comme pulsion, c'est-à-dire comme dualité infranchissable, le deux. D'un côté donc le rejet, de l'autre la résistance, deux fonctions constituant une spirale sans point fixe et, par là, sans aucune référence à l'immobile, qui - en Italie - est la référence majeure pour que tout changement laisse les choses comme avant.
Ce que l'on a appelé - mal - socialisme, est - dans son essence - le projet d'instauration d'une société autonome, par l'action autonome des êtres humains. Cette exigence d'autonomie - de liberté et d'égalité - concerne toutes les dimensions de la vie collective. Des hommes esclaves dans leur travail, qui s'endorment épuisés le soir devant une télévision abrutissante et manipulatrice, ne sont - ni ne peuvent êtres - libres. Seuls des hommes égaux peuvent être libres, et seuls des hommes libres peuvent être égaux. La suppression de la domination, de l'hétéronomie, implique la suppression du pouvoir de tout groupe particulier, mais aussi la rupture de l'asservissement de la société à l'égard de son institution. Une société autonome est une société qui s'auto-institue explicitement. Autogestion et auto-organisation, ou bien sont des vocables pour amuser le peuple, ou bien signifient l'auto-institution de la société, la participation égale de tous au pouvoir et, en premier lieu, au pouvoir instituant.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Des "moins de vingt ans" discutent sur l'Armée autour d'un magnétophone. Sujet brûlant : Dominique Jamet, meneur du jeu, n'a pas trop de toute sa diplomatie pour forcer chacun, chacune, à accuser sa position, sans envenimer le débat. Du goût des armes à l'objection de conscience, l'éventail des idées exprimées ici est largement ouvert, et le lecteur se passionne malgré lui.
Il convient de redécouvrir celui que Charlie Chaplin considérait comme le plus grand "in the world", ce Balzac du gag et du calembour, virtuose de la bouffonnerie, surréaliste sans le savoir, humoriste enfin, dont les irrésistibles personnages conduisent leurs exploits avec une logique implacable et simple "comme un oeuf de piano dans la cervelle d'une poule..."
"L'écume des jours", un million d'exemplaires. "Les bâtisseurs d'empire", diffusés à la télévision. Les livres de Vian en édition de luxe. Une médaille gravée à son effigie par l'Hôtel de la Monnaie... La gloire actuelle de Boris Vian ne se mesure pas à ces quelques preuves. De nouvelles générations se sont levées, qui ont fait de Vian leur héros. Ce "nouveau public" se compose d'étudiants, de lycéens, mais aussi d'employés, de fonctionnaires ou de jeunes ouvriers. Seule une étude sociologique peut pénétrer au coeur de ce phénomène complexe, d'envergure mondiale. Mais de quoi provient la popularité posthume de Boris Vian ?
En Malaisie, les partisans chinois harcèlent les Colons. Bernard lutte et se défend. Mais Patricia, sa femme, Américaine imbue d'esprit évangélique, secourt indistinctement tous les indigènes. Survient justement Ling, une jeune terroriste qui a été blessée... Tout est en place pour les multiples surprises d'un conflit inexorable, mais qui n'exclut pas le sourire.
Sous l'effet de la Crise, la conscience ouvrière se modifie profondément, en même temps que se rapprochent les échéances. Le processus de radicalisation en cours aboutira-t-il à la résurgence d'un mouvement ouvrier révolutionnaire, ou restera-t-il contrôlé par les appareils réformistes ? La classe ouvrière demeure-t-elle potentiellement la force motrice de la révolution, ou bien n'est-elle plus qu'une force d'appoint des « marginaux », des « peuples du Tiers Monde », ou de la « classe technicienne » ? Pour répondre à ces questions, les marxistes-révolutionnaires ne partent pas absolument démunis. Ils disposent du riche apport méthodologique des classiques du marxisme. Apport généralement méconnu, au terme d'un demi-siècle d'obscurantisme stalinien. En étudiant la théorie marxiste de la formation de la conscience de classe - et son complément nécessaire, la théorie de non-formation - c'est cet apport que ce livre entend présenter. La méthode et les concepts ainsi dégagés permettent - et eux seuls - d'analyser l'évolution de la conscience ouvrière aujourd'hui, et les effets de cette évolution dans le champ politique.
Nous n'en avons pas fini avec les récits qui se donnent tort, et qui exposent ce qu'ils croient être leur faute et leur repentir. Nous voudrions bien pourtant retrouver, quand nous racontons des histoires, l'impiété qui nous manque, et l'humour qui nous viendra quand elle nous manquera moins. Mais c'est là, bien sûr, un voeu exorbitant : la voix narrative n'est pas impie, et ne le sera jamais. Elle peut seulement tenter de suspendre la vocation de toute espèce de narrateur, et chasser ainsi le tort hors du lit familial, et hors du foyer chrétien. Elle peut donc tout juste interdire la passion réparatrice de celui ou de celle qui raconte et, comme nous y invite l'oeuvre de Pierre Klossowski, laisser peu à peu le remords ensevelir le remords.
« Cette machine était des plus utiles. On pouvait en effet y dessiner, sur le vif, les projections des forêts, des collines, des montagnes et des plaines, des fleuves, des lacs et des ruines, ainsi que les images des hommes et des bêtes ; il suffisait de pointer sur eux la machine et voici que, sans difficulté aucune et même avec un plaisir très grand, apparaissaient - sur les parois de la boîte creuse du milieu - les simulacres des objets que j'ai dit ; ils s'offraient sur l'écran, prêts à être peints sur le vif ; et n'importe qui, n'importe quand, même s'il ignorait tout de la peinture, pouvait décalquer le tracé des images, mieux : produire des images capables d'exciter l'envie des peintres ». « Vous confondez, camarade Athanase ! Vous avez substitué à la question de l
Le critique peut se demander - un peu plus à chaque titre - comment je compte me défendre d'avoir voulu écrire des romans policiers. Bien simplement : je les ai conçus et traités de la même manière que mes autres romans. Un point de départ, un point d'arrivée. Entre les deux, entre ces deux extrémités d'un ou plusieurs destins, la soumission aux personnages, le plaisir d'en voir naître d'imprévus, et qui suscitent des épisodes aussi nouveaux qu'eux-mêmes. Parlant un jour de ses créations romanesques, Jean Giraudoux m'a dit : « Je suis mon premier lecteur, c'est merveilleusement cela. Si le roman ne m'offrait pas ses perpétuelles surprises, je n'en écrirais point. »
La drogue : un problème singulièrement actuel et qui, chaque jour, s'aggrave. J.-L. Bellanger en a fait le tour. Voici, véritable moisson de faits insoupçonnés, d'anecdotes surprenantes et mystérieuses, le premier livre qui, de manière complète et lucide, fasse le point.
La grotte de Lascaux, on le sait, présente un ensemble unique de peintures et de gravures rupestres. Elle suscite - à juste titre - une curiosité que ne saurait étancher le simple plaisir de voir. Le livre d'Annette Laming vient donc à point. Il constitue une somme indispensable, qui a le rare mérite de joindre - à la rigueur scientifique - une clarté d'exposition, qui le rend aussi passionnant que la plus patiente des visites.
"L'État c'est moi, et toi tais-toi !" aurait pu dire Lénine à sa fameuse cuisinière. L'État, capitaliste ou socialiste, peut en dire autant à ses sociologues. Alors, ces derniers s'écrasent, sifflotent des statistiques, vomissent des sondages, expectorent des rapports d'enquête soigneusement expurgés, défoulent des essais follement audacieux, signent des contrats de recherche, font passer des examens idiots. Tout cela, le sociologue peut-il le dire ? "Oui, il peut le dire !", comme hurlait si plaisamment Francis Blanche à propos de son faux guru Pierre Dac. À condition de rester dans les conversations de couloir ou de café, la plupart du temps. Contre le savoir institué, dont il est un mandarin-marginal à six mille francs par mois, un sociologue libère, en guise de livre noir, le gai savoir refoulé des sociologues.
"Des souvenirs anciens, ressuscités des limbes d'une époque morte", pour le plus grand bonheur des lecteurs des années 80, non par fascination "rétro" du Clichy des années 30, mais parce que ce copain du grand Miller sait, lui aussi, évoquer le Paris des bistrots, des petits hôtels, des bals, des filles, sur un ton désinvolte, en sourdine, qui fait contraste avec les cuivres du cher Henry. Il flotte dans ces pages une musique douce-amère, un peu triste, un peu joyeuse, comme l'andante trop aimé des amants disparus.