Henri Weber
Henri Weber
Mai 68 a marqué l’histoire de la France et du monde. Henri Weber, acteur et témoin privilégié, en décrypte l’héritage politique, culturel et social dans une analyse aussi rigoureuse que passionnée.
1979, le Nicaragua s’embrase : découvrez l’analyse percutante d’Henri Weber sur la révolution sandiniste, ses espoirs et ses contradictions. Un essai historique incontournable pour comprendre les luttes politiques en Amérique latine.
1968-1980 : la traversée tumultueuse d'un homme de gauche. " Comment avez-vous pu être trotskistes, maoïstes, anarchistes... ? me demandent mes enfants. Pourquoi avez-vous cessé de l'être et vous êtes-vous ralliés à la gauche réformiste ? Pour quelles heureuses raisons n'êtes-vous pas passés à la lutte armée, contrairement aux gauchistes italiens, allemands ou japonais ? " " Réponds-leur à la première personne, par le récit de ton parcours ", m'a conseillé Régis Debray. C'est ce que je fais dans ce livre, qui me mène du camp de travail de Léninabad, en Asie centrale, où mes parents étaient internés et où je suis né, aux barricades de la rue Gay-Lussac, en 1968, puis à la direction du Parti socialiste et au Parlement européen, en passant par le Sénat. Cet itinéraire d'un Juif polonais né en URSS et devenu parlementaire français est une manière personnelle de raconter d'où est sorti Mai 68, ce qui s'est passé pendant ce printemps fabuleux, et de comprendre ses lendemains : de l'utopie chimérique à l'utopie réaliste, de la révolution à la réforme.
La gauche, c'est d'abord une attitude face à la société, fondée sur une certaine conception de l'homme. Sont de gauche ceux qui ne se résignent pas à l'injustice, la déraison, la barbarie du monde. Ceux qui voient dans la mauvaise organisation de la société, et non dans la nature des choses, la responsabilité du désordre existant. Ceux qui entendent changer le monde par l'action collective, et donner vie à leurs valeurs : liberté, égalité, solidarité, droits de l'homme, démocratie, justice sociale, laïcité, défense de la nature. Henri Weber explique à Inès, 13 ans, et Clémence, 15 ans, comment ces valeurs s'incarnent dans trois grands objectifs : maîtriser notre avenir collectif, harmoniser notre société, édifier une démocratie accomplie.
Sous l'effet de la Crise, la conscience ouvrière se modifie profondément, en même temps que se rapprochent les échéances. Le processus de radicalisation en cours aboutira-t-il à la résurgence d'un mouvement ouvrier révolutionnaire, ou restera-t-il contrôlé par les appareils réformistes ? La classe ouvrière demeure-t-elle potentiellement la force motrice de la révolution, ou bien n'est-elle plus qu'une force d'appoint des « marginaux », des « peuples du Tiers Monde », ou de la « classe technicienne » ? Pour répondre à ces questions, les marxistes-révolutionnaires ne partent pas absolument démunis. Ils disposent du riche apport méthodologique des classiques du marxisme. Apport généralement méconnu, au terme d'un demi-siècle d'obscurantisme stalinien. En étudiant la théorie marxiste de la formation de la conscience de classe - et son complément nécessaire, la théorie de non-formation - c'est cet apport que ce livre entend présenter. La méthode et les concepts ainsi dégagés permettent - et eux seuls - d'analyser l'évolution de la conscience ouvrière aujourd'hui, et les effets de cette évolution dans le champ politique.
« Pour les militants révolutionnaires qui l'ont voulu et préparé, le mois de mai 1968 n'est que l'affleurement d'un processus permanent de luttes, qu'un jalon posé, qu'une répétition générale où les forces d'avant-garde à peine sorties du giron stalinien ont fait leurs premières armes. Pour eux, Mai est aussi l'occasion de vérifier ou de mettre à jour la théorie révolutionnaire. Comprendre, par-delà les tentatives d'explications sociologiques, le rôle du mouvement étudiant et de son avant-garde, entrevoir ce qui était possible en mai (la constitution d'un double pouvoir) et ne put s'y actualiser, se préparer, politiquement et organisationnellement, à donner à mai les lendemains qu'il mérite, ce sont les tâches des militants... »
Le 40e anniversaire de Mai 68 s'ouvre par un procès en sorcellerie, dont Nicolas Sarkozy est le Grand Inquisiteur. A en croire le président de la République, les célèbres "Évènements" sont à la source de tous nos maux, y compris les abus les plus choquants du capitalisme financier : traitements pharaoniques, parachutes en or, retraites-chapeau, malversations de patrons voyous... Ce réquisitoire vise à unifier toutes les droites dans la détestation de ce grand moment démocratique, hédoniste et utopique que fut Mai 68. Henri Weber réfute méthodiquement les philippiques de cette droite qui veut " liquider 68 " et se livre à une défense et illustration du bilan de Mai. Il confronte son interprétation de la Révolution de Mai aux principales théories existantes : Aron et Crozier, Morin et Touraine, mais aussi Castoriadis et Debray, Ferry et Lipovetsky... Ainsi apparaissent l'ampleur du "Travail de Mai" et ses effets persistants sur la société française. Ce n'est qu'un début, le débat continue. Henri Weber, un des principaux dirigeants du mouvement de mai 68 et membre de la direction du parti socialiste et député européen.
La gauche doit faire face à de nouveaux enjeux. Les idées de Jean Jaurès ne suffisent plus. La gauche est confrontée à un nouveau tournant de son histoire. Sans réalisme, la gauche ne survivra pas.La crise que connaît la gauche européenne n'est ni une crise d'agonie, ni une crise de croissance, mais une crise de refondation, la troisième de sa longue et tumultueuse histoire. A l'âge utopique et révolutionnaire du socialisme des origines (1860-1914) a succédé un âge réformiste et parlementaire (1920-1950) puis un âge keynésien et gouvernemental (1950-2000). Aujourd'hui, des évolutions majeures - la mondialisation et la financiarisation du capitalisme, la troisième révolution industrielle, l'urgence écologique, le retour de la guerre en Europe, l'avènement de la démocratie médiatique et numérique - contraignent la gauche réformiste à une nouvelle mutation. Plusieurs partis socialistes s'y sont attelés, à la fin du siècle dernier. Mais les " nouvelles voies " qu'ils ont mises en oeuvre étaient étroitement nationales, alors que les défis de notre nouveau monde appellent des réponses internationales, ou au moins européennes. Après de premiers succès, ces stratégies du chacun pour soi ont débouché sur l'échec de tous. Le PS français n'a pas fait exception : sous la mandature de Lionel Jospin, il a mis à jour, en théorie et en pratique, son socialisme républicain, hérité de Jean Jaurès. Malgré des succès économiques remarquables et de nouvelles conquêtes sociales, cette expérience a débouché sur le désastre de 2002. La réflexion et l'expérimentation se poursuivent sous la mandature de François Hollande, à laquelle l'auteur consacre plusieurs chapitres. Après les compromis conquérants des " trente glorieuses ", les compromis défensifs de crise, s'affirme un compromis social-démocrate de troisième type : celui d'une réponse progressiste au nouveau capitalisme et au nouveau rapport de puissance.
La Ve République a beaucoup rabattu de sa superbe Qui parmi les princes et barons de la prétendue majorité ose encore prédire vingt ou trente ans de prospérité ou de pouvoir sans partage ? À peu près personne. Tout le monde se rend compte que la progression de l'Union de la gauche les affrontements entre Giscardiens et Chiraquiens annoncent une période troublée et difficile. Rien ne peut plus rester comme avant, parce que la société française est traversée par une crise profonde, parce que le régime est incapable de maîtriser les problèmes les plus graves.
La gauche se meurt, la gauche est morte! Dissoute dans le libéralisme, asphyxiée par la mondialisation, ou encore morte de vieillesse. Comme après chaque défaite électorale, les constats de décès fleurissent. Aux fossoyeurs trop empressés, Henri Weber rappelle que le socialisme est un mouvement international qui vient de loin et qui va loin. Né au XIXe siècle de la rencontre entre l'idéal démocratique et le mouvement des salariés, il se définit par trois grands objectifs qui conservent aujourd'hui toute leur acuité: l'avènement d'une démocratie accomplie, la maîtrise de notre avenir collectif, l'humanisation de la société. Henri Weber explore les moyens de poursuivre ces objectifs dans les conditions, profondément nouvelles, du XXIe siècle. La lutte pour une autre mondialisation maîtrisée et solidaire, est aujourd'hui la Nouvelle frontière de la social-démocratie. L'ambition d'une société du "bien vivre" s'ajoutant à celle du bien-être, constitue l'utopie réaliste du nouveau réformisme. Le rayonnement de l'idéal démocratique et l'expansion internationale du salariat portent la promesse du "bel avenir de la gauche".
La gauche en ce début du XXIe siècle est confrontée à de nouveaux défis : mondialisation et financiarisation de l'économie, fragmentation de la société et du salariat, montée de l'individualisme moderne, avènement de la " vidéocratie ", surgissement de " l'urgence écologique ". Dans ce contexte mouvant, ce livre affiche son ambition : montrer quel est le nouvel horizon de la social-démocratie européenne. Il est temps d'analyser les réussites et les échecs de la gauche lors des deux dernières décennies : du blairisme à la social-démocratie nordique en passant par le socialisme méditerranéen ou le socialisme républicain à la française. Henri Weber, acteur et penseur de la gauche, plaide pour une refondation de la social-démocratie européenne : renouer avec l'internationalisme des origines en s'affirmant d'emblée comme un acteur transnational et, au moins, européen ; réussir l'éco-socialisme, synthèse entre la doctrine social-démocrate et l'apport de l'écologie politique ; inventer les modes d'organisation et d'action adaptés au nouvel âge de la démocratie ; réussir l'alliance des classes populaires, des classes moyennes et des exclus. Ce livre trace pour la gauche européenne le chemin pour atteindre cette nouvelle frontière. Henri Weber est député européen et secrétaire national-adjoint du Parti socialiste, chargé de la mondialisation. Docteur en Philosophie et en Sciences politiques, il a enseigné à l'Université Paris VIII jusqu'à son élection au Sénat, en 1995, et publié de nombreux essais.