FeniXX réédition numérique (Sud)
La relativité, qui réinvente à sa manière l'évasion de l'esprit, paradoxalement renoue avec les modèles anciens, où d'imperceptibles déplacements de durées suffisaient à bouleverser tout l'équilibre du réel. En vérité, il n'est pas de récitation, pas de narration, qui ne se ramène à la pure vibration d'une voix, d'une lumière, ou d'une pensée. Aussi bien, depuis qu'un vaste mouvement d'exploration a fait éclater les frontières de notre connaissance, le positif et l'imaginaire, comme tout le savoir humain, sont-ils en quête d'une terre où, de nouveau, joueraient solidarités et échanges. Maintenant que s'est éclipsée leur dose d'infini et d'éternel, l'espace, le temps, ont cessé d'offrir une peinture parfaitement accomplie d'eux-mêmes ; jadis peuplés de toute une représentation, l'avant et l'après de l'existence sont devenus - ou redevenus - un insondable néant. Par une chance rare, il nous est encore loisible d'improviser la matière, l'intelligence, l'âme. Ainsi les proses et les poèmes qui ordonnent ce volume s'exercent-ils au miroir subtil des symboles et des divinations ; ils parlent de la vie et de la mort, du rêve, de l'amour - de l'aventure de l'espèce en un mot ; ils diffractent à leur manière une opacité.
Elle se nomme Marie-Louise, mais préfère, en « coquette qui admet ne pas avoir que des qualités », qu'on lui dise Marylise. Elle considère que sa vie a été un long fleuve tranquille dont les berges se sont, au fil du temps, enrichies de fleurs délicatement colorées et de fruits savoureux. Elle attend des années qu'il lui reste à cheminer la richesse des joies du coeur, la dimension des sentiments, la plénitude des amitiés. Lui, c'est Zambano, un chien curieux - qui aurait pu s'appeler « Distel » comme le compagnon qu'eut Marie-Louise (pardon : Marylise !) il y a déjà... quelques années. Doté de l'intelligence des humains, il y ajoute la résignation et l'impertinence de sa race. Ce qui donne au lecteur une nouvelle vue du monde et de la vie de tous les jours. Avec des personnages qui ont pour noms : Mémère-Chérie, Tonton Jules, Chantal, Yanneck et Sazette - la jolie « papillon »...
Un des premiers poèmes de Jean Rousselot s'intitulait Pour ne pas mourir. Une sélection de son oeuvre s'est intitulée, en 1976, Les Moyens d'existence. Il a failli baptiser ce nouveau recueil La Poésie ou la mort. Autant dire que la Poésie n'a jamais été pour lui un genre littéraire mais un engagement absolu, une irremplaçable façon de vivre, de combattre et de résister. Jusqu'au bout. Quitte - les motifs ne manquent pas de nos jours ! - à « déchanter ». Pourvu, toutefois, que ce soit « au plus juste ». C'est à cette justesse que s'efforce, en nous écrivant « comme si nous devions nous revoir » (qui, nous ? « les autres inculpés ») un poète qui se réfère aux « arguments les moins douteux de la matière » de préférence à tous « les prototypes inaccomplis de l'esprit », mais qui a « pour hygiène la pratique de toutes les jacqueries paranoïaques de l'être ».
L'auteur a fondé, en 1941, l'Ecole de Rochefort, référence de nombreux poètes contemporains comme Luc Bérimont, Jean Follain ou Jean Rousselot. « Copyright Electre »
Poète parmi les poètes, Léon-Gabriel Gros a toujours cru aux vertus du Phénix (son recueil des années 1942 et 1943 s'intitule précisément Phoenix). Et ce Phénix figure la Poésie, « immobile » et « pure transparence », « Le plus terrible des regards, Quand un monde nouveau apprend les Lois d'Avril. Quand l'esclave, brisant ses chaînes, redécouvre Les gestes maladroits de l'homme libre ». La Poésie est assurément là, dans l'élan terrible d'un feu qui renaît de ses cendres mais qui entraîne parallèlement l'éveil de l'homme à une liberté toujours à conquérir. Léon-Gabriel Gros ou le hérault d'un lyrisme lucide et conquérant : telle est bien l'impression qui se dégage de la lecture de ce volume de Poètes contemporains qui renaît, lui aussi, de ses cendres plus de quarante ans après sa première publication. La mort de Léon-Gabriel Gros, le 29 juillet 1985, n'aura en tout cas pas vaincu son oeuvre rayonnante de critique. Pour avoir été en son temps d'une haute exigence questionneuse et sincère, elle est aujourd'hui véritablement devenue un « classique ». D.L.
Visite de Nice à la recherche du passé, à la découverte du présent, à la formulation de l'avenir. Un guide qui raconte l'histoire de tous les jours, qui souligne l'anecdote, qui fait lever les yeux vers ce qu'il y a de curieux à découvrir. « Copyright Electre »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Avec Vies, Gérard Bayo, prix Artaud 1976, nous donne son septième recueil de poèmes. Comment les mots qui sont ici faits d'attention et de douceur, peuvent-ils se révéler en même temps aussi décapants ? Il semble que la musique de la vie en nous, mystérieusement claire et grave, soit en certaines heures (en permanence peut-être, à notre insu) déchirée ou magnifiée par une sorte de « vraie vie » 1 - à la fois autre et vigilante présence en elle - vie plurielle, intimement nôtre et qui porte pourtant, parfois de façon très explicite, le destin de toute une génération.
« ... Quand Yves Broussard atteint à l'ineffable - fruit d'une observation patiente qui soudain se tait - sa capture se fait voluptueusement rapide : Remuement d'étoiles dans le fond des yeux La voix se réfugie dans le regard qui objective et rassemble l'informulé. La parole se fond dans le silence pour en être à la fois l'approximation et le révélateur. Du feu nourri de ses poèmes, Yves Broussard élève la voix de l'inexprimable qui se résorbe dans l'écrit silencieux et qui salue la beauté flamboyante du jour en écoutant la nuit commencer. » D.L.
Tes lèvres ont beau marquer/l'instant de rouge/quand nous reverrons-nous/car il n'y a pas de miracle/sans poussière. « Copyright Electre »
Dans L'objet des ombres, Sud sculpte la langue comme un artisan travaille la pierre. Ce recueil de poésie, à la fois dense et lumineux, interroge l’indicible et la ténèbre qui l’accompagne.
Courts poèmes : Au trait d'une route claquent le sabot, le coeur, le corps qu'importe, l'espace cède à sa béance infinie. « Copyright Electre »
Le livre proposé ici n'a pas été à proprement parler écrit par le poète qui le signe, mais transcrit. Tout au long de la maladie où, pendant six semaines, il lutta dans les limbes de l'inconscient, une femme l'assista jour et nuit. Sans elle, ce livre eut été impossible, et cette femme s'appelle Isabelle.
Pour le Christ, dit-on, la pire des Passions serait de lire tout ce qui fut écrit sur la sienne. La nôtre n'ajoutera rien à ses douleurs. Elle n'est que liberté du poète envers toute histoire et toute tradition. Quand on entend sous « notre » Golgotha les huées d'un nomade de passage, le discours hautain d'un lettré, les jubilations d'auberge de Barabbas ou le dernier chant d'amour de Marie de Magdala pillant le cantique des Cantiques, ce n'est pas pour un dieu fait homme mais pour un solitaire saisi par le doute et l'amour de la vie. Un Méditerranéen, Un poète.
Écrit dans la clandestinité entre 1942 et 1943, Phoenix est un recueil de poésie engagée où Léon-Gabriel Gros, figure majeure de la résistance littéraire, mêle lyrisme et patriotisme. Une œuvre rare, à redécouvrir pour son souffle et son audace.
À travers Conjugaisons, conjurations, Jean Rousselot invite à une méditation poétique sur l’être et l’absence. Ce recueil, où chaque poème est un acte de résistance contre le néant, se double d’un journal intime qui en éclaire les enjeux.
En hommage à douze poètes initiateurs. Un vers (ou un extrait) des uns et des autres. Chaque lettre donne l'initiale d'un mot à trouver, - trois fois successivement : trois strophes donc. On cherche, semble-t-il, à faire écho à ces poètes et à dire un accueil, une hospitalité. Une des possibles rencontres du vouloir-faire et du vouloir-dire ?
Au cœur des déserts de la parole, Terrena, l'arbre excessif invite à une traversée poétique où la lumière ambiguë et les vents contraires dessinent un monde en équilibre entre chaos et espérance.
Qui était vraiment Jean-Joseph Rabearivelo, ce poète malgache mort trop tôt et aujourd’hui salué comme le premier moderniste africain ?
Quelle place occupe la critique dans l’univers poétique ? Poésie et critique de la poésie rassemble les actes d’un colloque organisé par l’Association Internationale des Critiques Littéraires.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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L'écorce indéchiffrable, de la naissance à la mort, nous habille et nous déshabille. Elle fait parure de tout, du pire, du tendre, de l'amer et de l'insupportable, elle nous colle à la peau comme un aveuglement et s'arrache sous les ongles vernis de la lucidité. Elle ne protège de rien, elle exige, elle revendique, puis elle abdique... Christiane Baroche la conduit au bûcher avec violence, avec un appétit tantôt méchant, tantôt émerveillé ; sans la tristesse de ces morts froides, qui ne connaîssent que la terre pour dernier refuge. Et l'écorce flambe au soleil, toujours indéchiffrable.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La mémoire, les traces que nous laissons au cours de nos périples, l'absence, la mort - toujours à l'affût - qui les accompagnent, tout fait l'objet d'une quête et l'écriture, cernant sans cesse les moindres lieux, s'efforçant de retenir l'instant, suscite plus de réponses que de questions. Aussi, les textes qui surgissent au gré de ces parcours, à l'image de la vie et de la réalité, disent-ils l'inaccompli.
La raison aimante, car on dissocie beaucoup la raison du coeur. « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas », disait Pascal. Certes, mais si la raison, une raison, se donnait un jour à coeur d'aimer... Ces textes, brefs, arrachés à la méditation d'espaces privilégiés, souvent picturaux, témoignent par éclats de la raison d'aimer. Bonheurs du regard, instants où la chance intime se dit, les poèmes un à un bâtissent et rebâtissent quelques fragments d'alliance, gagnés sur la précarité.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Chacun sait ce qu'il advint du Hollandais, ou croit le savoir. La chronique rapporte le fait et rapporte son contraire, comme si la chronique était double commère. La légende raconte l'histoire, et raconte une autre Histoire, comme s'il y avait deux conteuses, qui ne se sont point concertées ni même ne se connaissent, appelées toutes les deux légende, couchées telle la magicienne orientale sur deux lits du vaste occident. Chacun veut entendre le récit que son propre coeur a déjà préparé à son usage, et désire le réentendre. Si l'amour et la mort de Senta ont précipité le Hollandais dans sa bienheureuse mort ; si la tempête a englouti Senta au bord et le Hollandais au large, dans son ravage aveugle, sans qu'ils l'eussent su l'un et l'autre ; si Senta s'est noyée toute seule dans l'inopérance tragique de l'amour, tandis que le Hollandais ignorant poursuivait son errance invincible et la poursuit encore, effrayant les honnêtes gens de mer, nul au juste ne le sait ; et chacun croit comme il le demande. Mais ces pages monstrueuses, extraites du livre de bord du capitaine comte von Falkenberg, ou présumé tel, ont de quoi instruire l'honorable public, respectueux des commandements de Notre-Seigneur bien-aimé. Elles montrent que le sacrilège, et l'endurcissement dans le sacrilège, conduisent à la déraison ; que la haute grâce de l'amour temporel reconduit à la raison ; mais que la raison recouvrée ramène au langage connu, où nous ne trouvons plus rien des étrangetés humaines qui nous font aujourd'hui les publier.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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