Pierre Caminade
Pierre Caminade
Ce livre analyse les deux événements qui ont scellé le sort de Mayotte : son arrachement en 1975 au reste de l'archipel des Comores au mépris du droit international, puis sa progressive départementalisation. Depuis lors et encore aujourd'hui, les Comoriens sont considérés comme des étrangers sur le sol de Mayotte. L'auteur retrace les motivations de l'État français dans cette scission forcée et nous rappelle que la France est loin d'être sortie de son statut de puissance coloniale. L'île de Mayotte se trouve ainsi au carrefour des problématiques de la politique africaine de la France et de sa politique outremarine. Pierre Caminade propose un examen de ce processus de « domtomisation » et de ses conséquences sur l'ensemble de l'archipel. Vingt ans après sa première publication et entièrement revisée, cette actualisation est historiquement indispensable pour qui souhaite comprendre les dynamiques de mépris colonial et d'impérialisme encore à l'oeuvre dans les révoltes qui secouent régulièrement Mayotte contre l'État français, mais aussi dans d'autres outremer, comme la Kanaky (Nouvelle-Calédonie). « Il serait bon que le monde politique et médiatique prenne conscience de la vraie situation de Mayotte, avec ses véritables tenants et aboutissants, au lieu de continuer à valider la version officielle d'une augmentation des expulsions qui résoudrait les problèmes des Mahorais, alors que c'est ce qui les crée. Il est particulièrement choquant de voir à quel point l'argument d'une "submersion" serait accepté pour Mayotte, suite aux déclarations du Premier ministre François Bayrou en janvier 2025, alors que la circulation entre les îles est justement la respiration qui contribuerait à diminuer les problèmes. Mayotte se noie à cause des tentatives de l'empêcher. C'est d'un autre imaginaire politique dont Mayotte a besoin. »
En hommage à douze poètes initiateurs. Un vers (ou un extrait) des uns et des autres. Chaque lettre donne l'initiale d'un mot à trouver, - trois fois successivement : trois strophes donc. On cherche, semble-t-il, à faire écho à ces poètes et à dire un accueil, une hospitalité. Une des possibles rencontres du vouloir-faire et du vouloir-dire ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Nombreux sont, aujourd'hui, les écrivains, les linguistes et les étudiants, que séduit la renaissance de la réthorique. Ils sont sensibles à la rigueur de son vocabulaire, aux « figures » qu'elle découvre dans le langage et, particulièrement, à son approche de la métaphore. Est-il besoin de rappeler que cette renaissance (à laquelle les difficultés de programmation des ordinateurs ne sont pas étrangères), survient après l'exaltation surréaliste de l'image ? En général, image et métaphore constituent également une alliance de mots originale et brève. Là semble s'arrêter leur similitude. En elles se manifeste, sur un espace littéraire étroit, le conflit qui oppose, d'une part, les partisans de l'imagination libre, de l'écriture automatique et de la « terreur » (au sens que Jean Paulhan donnait à ce terme) et, d'autre part, ceux qui prétendent connaître systématiquement - et maîtriser - le langage poétique. Ce conflit, on n'avait pas encore tenté de le saisir dans ces deux cellules initiales que sont l'image et la métaphore, ni de s'interroger sur la dialectique de l'irrationnel et du rationnel, dont elles sont le lieu privilégié. À partir des propriétés qui leur sont attribuées dans chacun des deux camps en présence, il était possible d'envisager aussi les alternatives fondamentales : la valeur de l'image et de la métaphore est-elle déterminée par l'arbitraire de l'esprit, ou doit-elle satisfaire à l'exigence de la justesse ? L'alliance de mots doit-elle être entendue dans un sens littéral, ou peut-elle être traduite en langage pratique ? Pareille entreprise de « nettoyage de la situation verbale » (selon le mot de Valéry), ne va pas sans réserver des surprises. Conduite avec le souci de préserver les chances du jaillissement poétique et de la communication vitale, elle se conclut - tout naturellement - par le rappel du parti qu'a adopté l'auteur de « Reliefs » et du « Don de Merci » : l'animation réciproque du langage et de la sensibilité.