FeniXX réédition numérique (Robert Laffont)
Des milliers d’enfants soldats, endoctrinés et jetés dans la guerre : Alain Louyot enquête sur l’un des drames les plus méconnus de notre époque. Un témoignage poignant et nécessaire, entre reportage et analyse psychologique.
Un album de photos, une maison de famille, et soudain le passé resurgit. L'amateur d'images de Gérard Bonal explore la mémoire, la nostalgie et les silences qui séparent les frères et sœurs.
Serge Reggiani, légende du cinéma et de la chanson, se livre sans fard dans ce récit à trois voix. Entre mémoire intime et confession artistique, La question se pose révèle l'homme derrière le mythe.
Février 1956, Alger. Pendant que Guy Mollet tente de sauver l’Algérie française, trois jeunes gens — Michel, étudiant en médecine, Hélène, employée d’assurances, et Pierre Étienne, artiste aux Beaux-Arts — cherchent leur propre voie.
Et si les Phéniciens avaient traversé l’Atlantique bien avant Christophe Colomb ? Après 55 000 km d’enquête sur leurs routes maritimes, Jean Mazel révèle des indices troublants sur leurs voyages vers l’or du Sénégal et l’étain de Cornouailles.
Dans un château isolé, la vie des frères Danger bascule quand Antoine, le fils prodigue, revient après des années d'absence. Louis, le pilier du domaine, devra choisir entre loyauté familiale et ses propres convictions.
Écrit par un handicapé moteur, ce livre sans tabou aborde la vie quotidienne, les défis moraux et les victoires insoupçonnées de ceux qui affrontent un corps rebelle. Un témoignage rare, à la fois guide et leçon de résilience.
Plongez dans l’univers mystérieux des guérisseurs-exorcistes, où secrets et rituels anciens se mêlent à la vie moderne. Ce récit captivant, entre reportage et autobiographie, révèle des pratiques méconnues et des techniques de lutte contre le Mal.
Voici un livre d'aujourd'hui. Qui sonne juste et qui frappe juste, parce que la femme qui parle ici est de ces femmes d'aujourd'hui qui ont le courage des femmes de toujours, des mères de toujours et, en plus, la volonté et la force des êtres vraiment libres. Cette femme, qui va mener une longue guerre de sept ans pour sauver son enfant, jamais n'oublie d'être totalement femme. Voilà sans doute qui est neuf, et beau. Antoine naît prématuré et polymalformé, gravement, très gravement. D'hôpital en hôpital, de service en service, de chambre stérile en chambre stérile, avec parfois de brefs séjours à « la maison », des évasions, c'est la déchirante succession des alarmes, des tremblements, des attentes, des espoirs, des retombées, des alléluias et des révoltes. Une vie tendue comme un arc vers une autre vie, pour une autre vie. Et, en même temps « la vie » : le mari, les enfants (deux autres garçons), les amis, le métier - tout ce qui permet de tenir debout dans cette épreuve qui semble ne jamais devoir finir, ce combat quotidien contre la maladie et la mort. Deux héros, dans cette histoire : la mère et l'enfant, car l'une voulait faire vivre et l'autre voulait vivre. Deux héros pour une victoire. Une histoire vraie. Une histoire d'amour, du plus grand amour. Racontée sur le ton qui est le nôtre en ce temps qui est le nôtre.
L'homme a toujours été persuadé que la douleur était inhérente à son existence, mais aujourd'hui il découvre qu'il n'en est rien. Si toutes les maladies ne sont pas encore vaincues, la plupart des douleurs peuvent l'être. Une fois son « message d'alarme » donné, la souffrance devenue inutile peut être combattue et souvent annihilée, même dans les cas les plus graves. Le malade, et il a raison, ne veut plus souffrir, mais il ne sait pas toujours ce qu'il faut faire pour y parvenir. Assurément le médecin, le chirurgien sont là, mais essentiellement pour soigner et, si possible, guérir. En attendant, la douleur est là, taraudante, inutile. Et puis la souffrance ne choisit ni son lieu ni son temps pour se manifester. Elle peut surgir en voyage, à la campagne, un dimanche, loin de tout... Dans ce livre, Pierre Fournier explique de cette manière claire qui a fait le succès de « Que faire en attendant le docteur » : comment localiser l'origine d'une douleur et comment l'identifier et l'interpréter, ce qu'il faut faire, maladie par maladie, d'abcès à zona, des gestes les plus simples ou des traitements ancestraux, aux méthodes les plus modernes, non pour guérir (c'est le fait du médecin traitant), mais pour soulager, voire supprimer la douleur. « Que faire pour soulager vos douleurs » : un livre chaleureux, véritablement utile, qui a sa place dans toutes les familles.
À l'horizon nord de la Côte d'Azur, majestueux et sombre, se dresse le mont Bégo, point de convergence d'un culte remontant aux origines de l'humanité. Plus de cent mille gravures rupestres couvrent les dalles sanguines des vallées périphériques. La mieux connue, la Vallée des Merveilles, rassemble les plus exceptionnelles : le Sorcier, le Mage, le Chef de tribu... Ce vaste musée à ciel ouvert, perdu dans un site dantesque à plus de 2 000 mètres d'altitude, n'est accessible à pied ou en jeep que trois à quatre mois l'été, les neiges le recouvrant le reste du temps. Cependant, plus de quinze mille visiteurs se pressent annuellement sur ces lieux insolites, sensibles à l'étrange beauté du décor ou curieux de retrouver le sens de ces messages gravés dans la pierre. Depuis un siècle, les chercheurs interrogent cette énigme, mais ce n'est qu'au cours de ces dix dernières années que de nouvelles méthodes d'investigation ont permis d'apporter des éléments inédits sur les peuples de la préhistoire qui tracèrent ces images et sur le culte qu'elles célèbrent. Edmond Rossi raconte ici cette aventure archéologique et recrée le passé fabuleux d'une civilisation qui périt écrasée sous les pas des légions romaines... Aujourd'hui, la Vallée des Merveilles livre enfin ses secrets.
Prendre conscience des choses de la vie, au gré des événements du quotidien, c'est s'ouvrir à une nouvelle vision du monde. Accéder à la compréhension des problèmes de notre temps et trouver, dès lors, des solutions adaptées à leur complexité, c'est libérer l'Esprit d'un tissu épais de fausses notions. Par la libération de l'Esprit, encombré de concepts périmés, pourra éclore une civilisation plus fraternelle, favorable à l'épanouissement de l'homme. Elle lui permettra de maîtriser son destin en manifestant l'Intelligence de celui qui l'habite. L'auteur, conscient des profondes transformations qui journellement se poursuivent, relate en cet ouvrage des faits ou péripéties authentiques pour servir d'arrière-plan à une quête fondamentale, nécessaire au déchiffrage de l'Énigme que nous sommes, en notre Essence.
« La jeune fille me sourit. Je me sentis délicatement étreint par son regard, comme un animal qu'on lui aurait donné à tenir, et malgré moi je me laissais prendre à ce sourire et à cette douceur qui m'anéantissaient... Je pris gauchement la main qu'elle me tendit, je l'effleurai plutôt, surpris et quelque peu alarmé qu'il fût si facile de toucher cette main. La jeune fille avait certainement senti mon trouble. Quelque chose en elle venait peut-être d'entrevoir toute la violence de mon émotion. Il passa dans ses yeux, à nouveau, cette lueur très tendre qui était comme un roucoulement. Ce furent mon premier bonheur et ma première victoire. » D'autres passions naîtront en nous, d'autres désirs viendront nous surprendre jusque dans notre âge mûr, mais chacune de ces aventures ne sera qu'une métaphore, pour ainsi dire, de notre premier amour : toutes les rencontres que nous ferons désormais seront empreintes de la même nostalgie, et formeront comme un éternel adieu à ce seul amour.
Pour la première fois, un agent de terrain de la DST livre les secrets et les clés de quelques-unes des affaires les plus importantes et des attentats les plus meurtriers de ces dernières années. Comment devient-on « antiterroriste » ? En quoi consiste cette activité ? Quelles sont les sources d'information, et quelles sont les méthodes employées ? C'est ce que révèle Daniel Burdan. Chargé de dépister et de « piéger » les groupements terroristes téléguidés et financés notamment par la Syrie, l'Iran et la Libye, il vit la série d'attentats qui, de 1982 à 1986, ont ensanglanté la capitale. Et où l'on retrouve le mystérieux Carlos et l'impitoyable Abou Nidal. À l'occasion de ces affaires, l'auteur se rend compte que l'activité antiterroriste suscite rivalités internes et guerre des polices ou des services : la DGSE, la DST, la police criminelle, la gendarmerie nationale... et depuis peu la cellule antiterroriste de l'Élysée s'épient, se jalousent et se disputent les « clients ». Et c'est bien pour avoir répondu à l'appel de sirènes concurrentes que Daniel Burdan, en pleine manipulation d'une « source » haut placée, a signé son arrêt de mort... professionnelle et décidé par là même d'écrire ce livre. Si la guerre froide est finie, celle que se livrent les terroristes -ou preneurs d'otages- et les services secrets, ne semble pas terminée. L'auteur s'est trouvé mêlé intimement aux épisodes les plus spectaculaires de cette guerre.
Parmi les images lointaines que l'homme garde confusément au plus profond de sa mémoire, le labyrinthe a de tout temps fasciné son imagination, tant par son ancienneté qu'à cause de son caractère mystérieux. On rencontre dès la Préhistoire son tracé immuable gravé dans la pierre sur le littoral, des Canaries à la Baltique. Et que ce soit en Europe, aux Indes, de la mer Blanche à l'Amérique, l'étrange figure obéit inexplicablement au même algorithme compliqué, impossible à reproduire sans en posséder la clé. Par quels étranges chemins celle-ci a-t-elle fait le tour du monde ? L'étymologie même du mot est déjà un mystère. Mais pourquoi lui chercher cent significations, contradictoires et parfois farfelues, alors que le terme grec veut tout simplement dire, et de manière combien évocatrice : la danse du poisson prisonnier de la nasse ? Quant au dessin du labyrinthe, est-il un repère ou le souvenir d'un instrument de navigation ? Retrace-t-il quelque antique périple maritime ou le voyage de l'âme vers un autre monde ? Est-ce un symbole de vie ou un symbole de mort ? Ou bien encore un simple divertissement de l'esprit ? Pour le comprendre, il fallait d'abord établir un inventaire détaillé de tous les labyrinthes connus en Occident comme ailleurs, avec leurs caractères propres, formes, dimensions et couleurs. Pratiquement, aucun ouvrage de vulgarisation n'avait été jusqu'ici consacré à cette troublante énigme. C'est chose faite. Un catalogue raisonné de près de 500 figures labyrinthiques accompagne cette étude fouillée que présente Paul de Saint-Hilaire, connu comme un spécialiste des grandes énigmes de l'Occident.
Elle s'avance vers lui. L'inconnue a la grâce insolente de Saint Germain des Prés ; il est le maître de la mode. La tête penchée, Christian Dior l'observe longuement : « Vous serez mannequin, dit-il, et je vous nomme Victoire. » Victoire va connaître la gloire et apprendre à l'affronter : quel combat contre la jalousie des femmes, les appétits des hommes, les pièges de Paris... À travers la plus célèbre maison de couture, elle accompagne la valse des célébrités, de la princesse Margaret à l'impératrice du Japon, d'un prince arabe au dernier magnat de la presse. Elle découvre les frénésies de la nuit parisienne avec ses complices, deux créateurs inconnus de vingt ans Karl Lagerfeld et Yves Saint Laurent. Ce livre est un hymne à la plus belle époque de cette Haute Couture où les créateurs d'aujourd'hui puisent encore leur inspiration. Il nous ouvre les coulisses des collections et nous conduit derrière le décor, à travers les dédales d'un théâtre de folie. Sous l'éclat du vêtement, il nous fait partager comme aucun autre récit les palpitations de la chair, ses exaltations et ses blessures.
« La place du Palais Bourbon va être rénovée. Le président de l'Assemblée nationale a demandé, entre autres, à ce que la statue de la Loi soit retournée, de façon à ce qu'elle regarde la démocratique institution au lieu de lui tourner le dos. Si la statue de la Loi regarde désormais l'Assemblée nationale, c'est qu'elle entend la surveiller. Mais si dans le même temps elle nous tourne le dos, c'est qu'elle ne s'intéresse plus à nous. Pour que la Loi consente à nous accorder un regard, il faudra que nous nous placions entre elle et l'Assemblée nationale. Si nous interrogeons ceux que nous avons élus, nous aurons la Loi dans le dos. Si nous nous adressons à la Loi, nous ne verrons plus les députés. Ça n'a l'air de rien, les symboles... Pourtant si on fouille un peu, ça devient vite angoissant. »
On a vingt et un ans, à Turin, au début des années soixante. On est fils de famille, avec sur les épaules un destin d'héritier, un père écrasant, une mère possessive. Et des rêves aussi, des révoltes étouffées, des désirs inavoués. Et, soudain, pour Ugo Barella, le destin prend les traits de Manuela, quarante-trois ans, qui sera pour lui la première femme, l'initiatrice. Une femme du Sud qui, depuis 1943, fille à soldats de l'armée américaine dans la Naples de Malaparte, poursuit elle aussi, obstinément, son rêve à elle : être aimée d'un homme du Nord. Renouant avec la veine italienne qui fit le succès de Tota Rosa, Jacqueline Dana croise ces deux destins en une trame romanesque où l'éducation sentimentale du jeune Ugo nous fait retrouver cette Italie contrastée - qui n'est pas sans rappeler le climat des premières oeuvres de Bertolucci ou du Visconti de Rocco et ses frères -, une terre partagée entre les traditions rigides d'un Nord, où germent les ferments de grands bouleversements sociaux, et la pauvreté d'un Sud isolé, exclu... Mais, au-delà des soubresauts de l'Histoire, c'est bien la passion de Manuela qui domine le récit - et la femme du Sud, même disparue, continue de guider, dans sa vie et ses amours, Ugo, dont elle aura fait, tout simplement, un homme.
Grâce à une subtile et brillante manipulation financière, Jean Feldwald, le héros du Piège suisse, a réussi à récupérer les dix millions de dollars volés à son père. Sa vengeance n'est cependant pas totalement accomplie. Son but : ruiner définitivement l'assassin de son père. Le moyen : devenir immensément riche, que l'on dise « riche comme Rothschild ». À la suite d'étonnantes tractations financières - en particulier avec un assureur qui garantit votre vie contre tout risque d'assassinat, ainsi qu'avec un homme d'affaires dont les pratiques s'inspirent curieusement de celles du célèbre Bernie Cornfeld - il va racheter une petite banque genevoise. Associé à l'Union soviétique, Feldwald va monter une extraordinaire opération qui va secouer le marché monétaire international et le roi dollar. Garanti sur les immenses réserves d'or de l'URSS, le rouble convertible va devenir la valeur vedette de toutes les places financières. Mais l'on ne s'associe pas impunément avec les Soviétiques, surtout lorsque leur arme a le visage de la seule femme que Jean Feldwald ait jamais aimée. Avec « Le jour du rouble », Édouard Chambost nous offre un nouveau roman captivant. Tous les mécanismes financiers mis en scène sont réalisables, et si le rouble convertible n'existe pas encore, les Soviétiques disposent de toutes les compétences nécessaires pour déclencher une opération de cette envergure... demain ?
Les espions aussi regardent la télévision. Mais ce qu'ils y voient a peu de rapport avec ce que perçoit le commun des mortels : derrière le documentaire le plus anodin peut se cacher un message aux répercussions terribles... Quand vous aurez refermé ce livre, vous ne regarderez plus la télévision de la même façon. Depuis plusieurs mois, un taux de mortalité étrangement élevé a été remarqué dans les milieux de l'audiovisuel : de hauts responsables meurent de crise cardiaque ou lors d'accidents aux causes inexplicables. Personne ne prend au sérieux Peter Greenside, un agent antiterroriste de l'OTAN, lorsqu'il entreprend son enquête. Épaulé par un homme du MI 5 britannique et un ex-agent de la « Piscine », il va pourtant découvrir un formidable complot aux ramifications planétaires. Paris, Monte-Carlo, Milan, Londres, Amsterdam : les cases de la partie d'échecs qui s'engage sont nombreuses. Et les risques, terrifiants... « Spy Channel », un grand roman d'espionnage à l'heure de la révolution audiovisuelle et des satellites.
Descartes, tel qu'on ne l'a jamais raconté. Descartes, tel qu'il fut. Une révélation ! Philosophe, oui, mais libre, hors des systèmes - aujourd'hui, on dirait : marginal. Et mathématicien, et physicien, de même. Surtout un homme plein de sève, qui aimait le jeu, la ripaille, le vin et l'amour. Un libertin, un bretteur, un homme de guerre qui aimait vraiment la guerre. Un aventurier sans cesse sur les routes d'Europe, l'épée au côté et sachant s'en servir. Un mondain. Un amant redouté des hommes, aimé des femmes, des plus humbles aux plus célèbres : la princesse Palatine, la reine Christine de Suède. L'homme d'un temps - la première moitié du XVIIe siècle - de folie, de liberté, de tumultes et de guerres. Un homme qui se sentirait plus à l'aise dans les romans de Dumas que dans les manuels de philosophie. Ce Descartes-là, le vrai, on nous l'avait caché. Le voici tout nu, tout armé, glorieux d'une gloire nouvelle. Nous allons commencer à l'aimer.
« Tu vas apprendre la danse indienne, tu vas devenir une danseuse indienne, une danseuse sacrée ! » Menaka de Mahodaya n'a pas vingt ans quand une voix intérieure lui dicte cet ordre surprenant. Pure folie de la part d'une adolescente qui a grandi boulevard des Batignolles ! La voici devenue l'élève d'un professeur de danse indienne. L'apprentissage, très rude, exige une obéissance aveugle, une constance sans faille, une discipline de fer. Menaka bronche, se révolte, s'enfuit. Mais elle revient, et persévère. Le pas décisif est franchi. Dès lors, elle n'a plus qu'une idée en tête : partir en Inde, aller à la source, entendre les grands maîtres de danse indiens. Contre vents et marées, elle réussit à financer son voyage. Elle s'envole pour Madras. Là, tout l'attire, la musique, le yoga, la beauté des temples, les rites et bien sûr la danse, qu'elle apprend avec avidité. Ces années de travail acharné sont traversées par plusieurs crises sentimentales qui la blessent au plus vif. L'amour passionné de la danse l'aide à les dominer. Vient le jour de la consécration : la cérémonie de l'arangetram, où la nouvelle danseuse se présente pour la première fois au public. Souvenir ineffaçable, qui la marque à jamais. Elle se produit ensuite sur les plus grandes scènes de l'Inde, à Bombay, Calcutta, Madras, New Delhi. Après des années, la voici de retour à Paris, où elle compose des ballets avec l'homme qu'elle aime. Mais une crise se prépare, insidieuse. Menaka accepte une expérience qui va la détruire. C'est le doute de soi. Le sentiment de l'imperfection. Il faudra subir des années de désespoir et de souffrances, il faudra surtout reprendre le chemin de l'Asie, pour sortir enfin des ténèbres. L'Inde retrouvée, ce sera à nouveau la passion de danser, d'inventer, d'imaginer, qui brûle et qui crépite : la plénitude, où elle trouvera la force qu'exige sa vocation.
La quarantaine, athlétique, Jean-Pierre Willem, ardennais d'origine, appartient à cette espèce de médecins que la seule idée d'ouvrir un cabinet médical emplit d'effroi ; en découdre avec la maladie, oui, mais sur d'autres terrains. Convaincu que chaque homme est son frère, il n'a qu'une raison de vivre : se vouer aux plus démunis des déshérités de la terre, soigner ceux qui souffrent, aider ceux qui meurent, apporter à chacun le réconfort d'un coeur généreux. Son livre est un reportage vivant sur les vingt-cinq années qu'il a vécues dans quelques-uns des foyers de la misère humaine : Algérie, Congo belge, Jordanie, Viêt Nam, Cambodge, Liban, Cabinda, Irak, Érythrée. Il y brosse avec vigueur une fresque hallucinante de foules hagardes, de populations déracinées, de victimes de la folie meurtrière des hommes. Par ses qualités d'observation, la vivacité de son style, le regard lucide qu'il jette sur les hommes et les événements, il nous fait partager ses émotions, ses craintes, ses scrupules, mais aussi sa tendresse pour les êtres et sa foi en la vie. Avant de repartir, demain sans doute, pour une nouvelle aventure sur la route de son destin d'homme et de médecin, le docteur Willem raconte...
Janvier 1981, les otages américains de Téhéran viennent d'être libérés. L'opération Recovery est lancée par le colonel Oliver North : les USA vont vendre des armes à l'Iran. Qui en a donné l'ordre ? Nul ne le sait. Commence alors la plus incroyable opération financière que l'on ait connue. Frédéric Detmer, banquier suisse, agent non officiel de la C.I.A., est chargé de suivre toutes les phases de la vente et du transfert des fonds vers l'Amérique, fonds qui serviront à alimenter la guerre au Nicaragua. Combien sont-ils dans son cas : dix, cent, mille ? Partout dans le monde, à la source des conflits, des révolutions et du terrorisme, on retrouve des banquiers, des comptes numérotés, des fausses sociétés. Les financiers sont les maîtres du globe et la machine bancaire perfectionnée à l'extrême est devenue leur instrument. Melchior Saschauer est aussi l'un d'eux. L'un des meilleurs, l'un des plus secrets. Au coeur de la folie du système, il a bâti une puissance. Mais peut-être est-il arrivé au bout de sa quête ? Peut-être que l'avidité l'a mené au dégoût ? Débute alors sa guerre. La première guerre financière contre Detmer et ses semblables, contre l'Est et l'Ouest, contre les banques. Son arme : les pays surendettés. Son but : le krach de 90.
1984, c'est demain, c'est aujourd'hui. Le moment est venu de vérifier l'exactitude du fameux roman d'anticipation de George Orwell, 1984, qui est peut-être le livre le plus important de ce siècle. Orwell n'a nullement prétendu faire une prophétie ; il a voulu nous dépeindre le monde sinistre où nous entrerions inexorablement si nous permettions, par notre passivité, le triomphe final du totalitarisme - fait politique et idéologique majeur de notre temps qui, sous les espèces du fascisme, a failli nous terrasser pour de bon. Après la défaite du fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, un nouveau danger tout aussi redoutable n'a cessé de se manifester sous la principale autre forme de structure totalitaire, le communisme. Orwell était tout sauf neutre, Il s'est « engagé », il a pris parti. Héros en 1937, et victime, des combats de la guerre d'Espagne, il s'est montré aussi, dans toute la suite de sa vie, un héros de l'esprit. La route de 1984, c'est son itinéraire intellectuel - prise de conscience graduelle, et de plus en plus approfondie, du phénomène totalitaire sous ses aspects successifs. La sonde qu'il a hardiment lancée est celle qui a le mieux atteint le fond de ce sombre océan. Réfléchir avec Orwell peut nous aider à nous sauver nous-mêmes, à éviter ce qu'il avait appelé « 1984 », et qui demeure un danger mortel et permanent - nous aider à préserver notre valeur la plus précieuse et la plus fragile : les droits de l'homme, la dignité de l'être humain et sa liberté. L'auteur de cette étude (le premier livre français sur Orwell), par son expérience personnelle pendant la Seconde Guerre mondiale et au cours de sa carrière diplomatique, a acquis du fascisme, puis du communisme, du KGB et de la politique étrangère de l'URSS une connaissance qui l'a rendu sensible à toute la profondeur de l'analyse orwellienne - connaissance qu'il propose aujourd'hui à notre réflexion.
Né dans les premières années du siècle, le duc d'Harcourt a connu les fastes de la haute noblesse de France - sa famille comptait alors dix-sept grands châteaux et six grands hôtels particuliers à Paris ou à Bruxelles. Ce monde est aujourd'hui disparu (le château d'Harcourt lui-même a brûlé lors de la bataille de Normandie en 1944), mais le duc d'Harcourt en évoque les heures de gloire, avec la modestie et l'humour distingué de qui n'a pas besoin de montrer ses quartiers de noblesse. Parlementaire dès 1929 - une tradition familiale depuis la Restauration -, il s'est trouvé mêlé aux grands événements de l'époque et aux grands personnages : aux armées en 1940, à Alger en novembre 1942, à Vichy, en Normandie lors des combats pour la Libération, au Maroc, en Chine... D'où des portraits, des scènes, des tableaux. D'où des réflexions sur la vie, l'Histoire et les hommes qui la font, où le lecteur trouve plaisir et enseignement.
Nous sommes au Moyen Âge. Alors qu'Arnaud combat dans les brumes du Nord en pays de Flandres, Ysoarde l'attend en Occitanie, gardienne de leur territoire. Mais ne s'agit-il que de cela ? Certes, le monde que fait surgir Michel Cosem s'ancre dans le réel, en appelle au temps historique. Mais il ouvre plus encore sur le fantasme et sur le mythe. Dans les troubles atmosphères de la guerre et de l'attente, les êtres et les choses se multiplient ou se dédoublent. Ce que l'on croyait impossible se réalise soudain. Finalement, qui est qui ? Seule Ysoarde, arrimée fortement à sa terre, demeure le centre d'un univers où se partagent l'amour et la mort, le soleil et la nuit, la beauté et l'horreur. Livre donc d'entre midi et minuit, tout bruissant d'harmoniques, d'échos, de rimes secrètes. Avec lui Michel Cosem approfondit encore cette quête d'une écriture de l'imaginaire qui, depuis Haute Serre et La Chasse Artus, définit son itinéraire d'écrivain.
En quelques secondes, l'adolescence de Marie bascule. À dix-huit ans elle se retrouve responsable de Nicolas, ce frère de douze ans qui devient un peu son enfant. Malgré l'amour qui l'unit à sa soeur, Nicolas choisit, à l'adolescence, le chemin de l'aventure et des études. Il quitte Marie pour le rêve américain : l'Utah et ses forêts sauvages, ses rivières tumultueuses, ses montagnes. Il lui écrit qu'il a trouvé les grands espaces, l'amitié, l'amour... Le bonheur. Puis c'est le silence, pendant longtemps. Jusqu'à ce qu'un télégramme fasse éclater le coeur de Marie : Nicolas est porté disparu. Marie n'a plus alors qu'une obsession : retrouver son frère et découvrir la vérité. Dans ce décor de l'Utah où tout est démesure, Marie joue la brebis pour faire sortir les loups. Sans relâche elle lutte, cerne, traque. Son instinct la mène sur les traces d'un homme politique dont la soif de pouvoir n'a d'égale que la perversité. L'approcher, l'apprivoiser et le confondre, voilà le défi ! Dans le combat sans merci qui s'engage, un imprévu surgit : l'amour fou de Marie pour David. David, fils du monstre... Dès lors, Marie est confrontée à un pari cruel : assouvir sa vengeance et sauver son amour.
Traitée d'« oie » toute son enfance par sa mère qui la haïssait et la maltraitait, confrontée pendant trente-trois ans à un mari révoltant et à la lie d'un monde paysan souvent arriéré et sordide, Bernadette Goeury n'a pourtant jamais cessé de résister, vouloir et désirer une autre forme de vie où magie se conjuguait avec liberté. Ce qui nous est raconté ici, c'est avant tout l'histoire de sa lutte, le comment et le pourquoi de son aventure. Son pendule, arme innocente de ses détresses, est devenu en ses mains une conquête de l'esprit et une victoire sur le destin : grâce à lui, elle est devenue milliardaire. Il l'a aidée à gagner sa vie pendant quinze ans, à raison de quatre à cinq bons numéros par semaine, en traquant les combinaisons sortantes du loto. Elle avait annoncé à tout le monde autour d'elle, plusieurs semaines à l'avance, qu'elle allait devenir milliardaire. Elle a gagné quatre milliards de centimes au loto. Avec sa générosité naturelle, elle dévoile aux yeux de tous les secrets de ces quinze années de travail et de découvertes. Car ce qui l'enchante, bien plus que les milliards, c'est la confirmation de son étrange et stupéfiant pouvoir.
On croit savoir. Les journaux, la télévision paraissent avoir tout dit et tout montré du Cambodge et du martyre de son peuple. Et tout à coup un témoin surgit. C'est Pin Yathay, un rescapé, un ingénieur qui comme des centaines de milliers de citadins fut, avec sa famille, contraint de quitter Phnom Penh le 18 avril 1975, lendemain de la victoire des Khmers rouges. De déportation en déportation, il connut les travaux forcés, la famine et les deuils. Il raconte ce qu'il a vécu au jour le jour, et nous découvrons que nous n'avions de la tragédie du peuple cambodgien qu'une vision abstraite malgré tous les reportages. C'est que, pendant plus de vingt-six mois, Pin Yathay a connu l'enfer. Il a assisté à l'abolition de la monnaie ; il a perdu son identité ; il a défriché les forêts insalubres ; il a vu mourir de faim et de maladie ses enfants, ses parents, ses frères et soeurs, ses cousins. Inséparables, ils étaient partis dix-huit de Phnom Penh. Seul survivant de ces dix-huit déportés, Pin Yathay arriva miraculeusement en Thaïlande au mois de juin 1977, après avoir marché pendant quatre semaines dans la jungle. Sa femme, sa compagne d'évasion, s'était égarée dans la forêt. Elle disparut à tout jamais. Aussi Pin Yathay n'écrit-il pas un pamphlet ou un essai politique, mais le récit de sa détresse et de son entêtement à vivre. Il le dédie à ses enfants, à sa femme, à ses parents et à ses amis exterminés par la froide résolution criminelle des Khmers rouges. La vérité humaine est là. Pin Yathay nous la rapporte telle qu'il l'a vécue. Désormais nous savons.
Les temps sont durs, les idées sont molles. La guerre des looks remplace l'affrontement des projets de société. Droite et gauche se divisent sur les moyens de réaliser les mérites valeurs. Alors fin des révoltes, des utopies et des systèmes ? Fin des idéologies ? Ou, au contraire, triomphe de la soft-idéologie ? La soft-idéologie, c'est le business et les droits de l'homme, le reaganisme et la génération morale, le socialisme libéral et le libéralisme social, la Bourse et la tolérance, l'individualisme et la charité-rock, Tapie et Coluche, le minitel et le contrat social... Bricolée avec les restes intellectuels des décennies précédentes, la soft-idéologie mêle gestion conservatrice et rêves soixante-huitards, idées confuses et moralisme vague, odes à la modernité et retour aux idéaux du XVIIIe siècle. Elle assure un consensus apathique sur l'essentiel. Elle prône la résignation à la force des choses et exalte les petits bonheurs. C'est la pensée sénile d'une époque fatiguée du vacarme de l'histoire. C'est l'entracte... Pour combien de temps ?
Et si la musique pouvait s'écrire comme une partition du temps ? L'Unité Temporelle de Karim Haddad révolutionne la notation musicale en proposant une grammaire inédite pour la durée, le rythme et la forme.