FeniXX réédition numérique (Presses du Mail)
Marcel-Edmond Naegelen a écrit des ouvrages de haute pensée et de ton grave. Homme d'action, il s'échappait de la mêlée et s'efforçait de la dominer pour méditer le sort de sa génération, de sa patrie et de l'humanité. Retiré de la vie publique, il adopte une toute autre forme pour dépeindre les événements de ces dernières années et leurs acteurs. L'ironie est à la fois vengeresse et apaisante, pénétrante et légère. La caricature instruit en divertissant. Sous des noms évocateurs, nous sont racontées les machinations qui ont abouti au gouvernement personnel, à la décolonisation et à l'Algérie indépendante. Les principaux épisodes de cette histoire récente se déroulent plaisamment décrits. Les personnages qui les ont fomentés et ceux qui se sont courbés sous « le vent de l'Histoire » s'agitent tels qu'ils sont, et non tels qu'ils voudraient paraître. Ils sont croqués sans méchanceté, mais sans complaisance. Si l'on s'amuse à leurs dépens, c'est qu'ils sont déshabillés et qu'ils se montrent avec leurs grandes prétentions et leurs petits côtés ; c'est que, les masques et les costumes d'apparat arrachés, on découvre des hommes quelconques, avec toutes les faiblesses et tous les travers qui les font grimacer. On rira à la lecture de certaines scènes vues des coulisses, ou avec les yeux et à travers les sentiments secrets de ceux qui les jouèrent. Des réflexions d'apparence modeste, d'une humble et éternelle vérité, émaillent ce récit qui veut rester drôle pour cacher une amère tristesse. Les intrigues les plus compliquées sont dévoilées avec un sourire de malice ou de pitié. Comme le héros de Beaumarchais, le lecteur de cet essai d'Histoire contemporaine s'empressera de rire pour ne pas pleurer. Qu'il rie franchement ; cela soulage, cela fait du bien.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pas de preuve, pas la moindre. Pas un semblant, pas une ombre même... Rien que des présomptions ! Des on-dit, sur des ouï-dire, quelques paroles perdues dans la nuit du passé. Et pourtant, cela faisait deux années que le Général de division Paul Vanuxem était en prison, sous l'inculpation de « complot contre l'autorité de l'État »... Robert Cario a suivi cette affaire et la relate avec son talent habituel, agrémentant ce dossier de ses commentaires propres, en rendant ainsi plus aisée sa lecture. L'auteur, tout en voulant demeurer objectif, a tenu à exposer son point de vue d'une façon très favorable au grand personnage mis en cause : Vanuxen, le premier des généraux « suspects », accusé de complot O.A.S., que l'on ait acquitté, après qu'il eut contre-attaqué au cours de son procès. C'était aussi la première fois qu'après le verdict, le public n'entonnait pas la « Marseillaise ».
La prétention du Pouvoir était que la page algérienne fut tournée au matin du 2 juillet. En fin de compte, l'hypothèque algérienne pèse plus lourdement que jamais sur notre destinée. Après avoir traversé d'affreux malheurs, et avoir - pour la plupart - tout perdu, y compris, bien souvent, des êtres chers, 800.000 Français d'Algérie ont cherché refuge en métropole, et n'y ont d'ailleurs pas toujours reçu l'accueil que leur détresse méritait. Marqués par les souffrances subies et l'injustice endurée, précairement logés, sans travail, bientôt dépourvus de leurs maigres ressources, que deviennent-ils et que vont-ils devenir ? Après un mois passé parmi eux, de Marseille à Port-Vendres, de Gaillac à Moureux, André Figueras évoque puissamment et humainement ce problème. Laissant de côté cette alacrité polémique qui l'a rendu célèbre, l'auteur cite des faits précis, relate des observations personnelles (accompagnées de clichés qu'il a pris), puis, après ce tableau, va à une conclusion au terme de laquelle il estime que, dans la calamité de notre défaite, l'arrivée en métropole de 800.000 Pieds Noirs dynamiques et courageux réussira peut-être à rénover, à galvaniser, à sauver notre pays.
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Un personnage douteux, « évadé des territoires de l'Est » : Krollendorf, ancien officier S.S., ne tarde pas à fournir les preuves de son savoir-faire dans l'ancienne zone française d'occupation en Allemagne. Maria Schopfer subit son ascendant, animée de sentiments contradictoires : sa passion d'Allemande revancharde sortira-t-elle renforcée, ou au contraire diminuée, à l'issue de la cérémonie du Souvenir ? L'amie de Krollendorf se révoltera-t-elle, lorsque François Morelles, un ancien Résistant, se trouvera dans une situation critique ? La véritable cause des ennuis de Doublet sera-t-elle Bernard, l'enfant né de sa liaison avec Ingrid Braun ? François Morelles tirera-t-il réconfort de l'épanouissement d'Annelise ? Ce roman se déroule tel un film au scénario très riche. Il passionne, et plonge le lecteur dans « la petite histoire » de la construction européenne, quotidiennement débattue dans la presse, et nul doute que son accueil ne soit aussi chaleureux que celui rencontré par Le Refus de l'aube, salué par Henry Miller, dans Jours de France, comme « le roman de l'Occupation française ».