FeniXX réédition numérique (Petit Véhicule)
Entre ombre et lumière, Entre le Jour et la Nuit mes Chemins... invite à une introspection poétique sur les choix de vie et les bifurcations qui dessinent notre destin.
- Tu as pris ton petit couteau et tu as ciselé les mots... - C'est cela, l'émail posé sur la vie, une garniture pour la vitrifier. J'ai toujours admiré les artisans : ébénistes, potiers, joailliers, peintres et sculpteurs qui ciselaient, modelaient et façonnaient dans la matière les instants de la beauté. Telle est la poésie : une sculpture de l'ivoire intérieur sous l'émail du langage, une pensée captée sur les joyaux d'une existence interne. Elle est la captive libérée pour le plaisir admirateur, miroir de la mémoire et du regard de chaque instant. Le créateur répond à sa propre problématique, celle de chacun d'entre nous : recouvrir d'émail le fugitif. Le peintre et le photographe sont parvenus à des instants tannés sur peau de toile ou de papier. Mais le temps, toujours, nous échappe... Les mots, les maux... Toujours cet émail des mots. La poésie du « coût-haut ». La trace humaine n'a pas de prix. Elle vaut bien tout ce temps passé à la ciselure de l'émail.
Marcel Proust (1871-1922) est l'un des plus grands écrivains de la littérature universelle. Proust, comme on a pu le suggérer, c'est aussi « l'histoire réussie d'une vie ratée ». L'auteur de cet essai s'est attaché particulièrement à l'oeuvre de Proust plus qu'à sa vie ; il appartient aux « hommes de grand format » dont parle Jean Guéhenno. Proust fut à la même époque que Freud le seul auteur à nous ouvrir les portes de la psychologie, de la sexualité et de la libido. La Recherche est redevable de la même façon des oeuvres de Baudelaire et Bergson, et dans une non moindre mesure de celle de Saint-Simon. Jean-Marc Morio, à travers cet essai original et singulier, a cru percevoir dans À la recherche du temps perdu une métaphysique sous-jacente à l'oeuvre de Proust, tacitement exprimée mais non systématique. D'autres biographes de Proust nous ont suggéré des remarques pertinentes sur sa vie et son oeuvre, mais pour la première fois un auteur s'est souvenu qu'il n'y a de véritable oeuvre d'art que métaphysique. Selon le mot de Malraux appliqué à l'art, « À la recherche du temps perdu » est un anti-destin.
Un texte brut, sans fard, où l'écriture devient l'exutoire d'une nuit hantée par les fantômes du passé. Opium(s) de Christophe Heridel se lit comme une confession à vif, entre rage et mélancolie, où chaque mot résonne comme un coup de poing.
Découvrez Le Bleu Chemin de l'air, un recueil de poèmes délicats où les mots de Jean-Marie Sourgens s’entrelacent aux dessins de Contesse.
Entre vagues et hellébore, Âcre de lune invite à une traversée poétique où la mer et le dessin se mêlent en une gestuelle tendre et sensuelle.
Le poète connaît les délires de la nuit, la séparation en deux morceaux orphelins de la sorgue et du jour par le couteau, sans pitié, de l'aube. Ce livre est celui d'un mangeur de sensations. Philippe Trichet parle à son gémeau des songes. Il parle de son enfance, de ce sable chaud et de ce maillot de bain jaune. Ce recueil-poème touche à l'aphorisme, à la formule nette. « Moi/Je dirais que le monde est une catastrophe/Inoubliable ! » L'ultime sensation affirmée par l'auteur est peut-être le premier pas de la raison souveraine qui guide la folie. Son jumeau des rêves préside sa destinée et la nuit conseillère d'amour n'est pas loin quand le poète écrit : « Mais les années couleront dans mon sang/Comme le vin dans la gorge/Comme les mots, les ruisseaux, la pluie et le vent ! ». Chaque texte de ces pages contient la grise nuit et les soleils amers. Alors, tranquillement, le poète nous offre les cartes du hasard, « la ponctuation des voyelles » et nous demande ainsi de nous accomplir.
Novembre 1990, Maine-et-Loire : 143 salariés de TRW Repa reçoivent un ultimatum glaçant. Licenciement ou baisse de salaire de 20 % ? Leur réponse sera un combat collectif, symbole de la résistance face à l’horreur économique.
Le désir de toi. La brèche du coeur S'élargit de ton nom. L'exil de nos caresses Défeuille le visage. Suffocation du corps. Je pars dans l'impossible pour la soudaine nuit. Lire L'échappée belle d'Élisabeth Aragon, c'est voir « la soudaine nuit », c'est respirer des bouquets subtils de mots. Poèmes flashs, au pays du lyrisme, ce livre donne l'espérance. « Il reste l'aube claire/pour entrer dans la soif. » Des nostalgies d'enfance teintent les rivages de L'échappée belle L'auteur fait tressaillir notre coeur.
Et si le premier mot était un acte de magie ? La Parole dérisoire explore, entre désespoir et espérance, la quête infinie du poète pour capturer l’indicible.
Aux différentes fonctions du langage que propose Roman Jakobson dans ses Essais de linguistique générale, on pourrait en rajouter une, la fonction curative. D'autres formes d'art ont aussi cette fonction, Eugène Ionesco, pressé par son médecin et désireux de soigner son alcoolisme, se lança dans la peinture. Certains psychiatres américains sont persuadés que la plupart des grands écrivains souffrent de névroses et de dépressions, et qu'il faut voir là la cause, ou la raison, de leur génie. L'expérience tentée par Robert Dupont, et réussie, témoigne de l'intérêt du langage comme moyen de remise en forme. Il existe en France de nombreux ateliers d'écritures ; certains sont des arnaques au naïf imbu de soi, d'autres destinés à occuper ses loisirs sans grand espoir de progresser, peu sont sérieux. Celui auquel a participé l'auteur de ce livre présente un intérêt thérapeutique doublé d'un véritable effort de création littéraire par des exercices méthodiques et un travail sur la langue. Écrire permet de ne plus penser mais de réfléchir. C'est une dérive salutaire où l'esprit n'est plus aliéné par l'incessante résurgence des obsessions, mais libéré paradoxalement par les contraintes de la création. L'écriture, c'est un peu d'inspiration et beaucoup de transpiration ; l'effort permet aux tourments d'être ainsi exsudés. CHRISTIAN DENIS
Et si une simple rencontre pouvait tout changer ? Les Voies du hasard explore ces instants où le destin bascule, portés par des personnages ordinaires confrontés à l’extraordinaire.
Entre la pénombre d’un couloir d’obstétrique et la lumière de l’Odet, Mises au monde capture l’éphémère et l’essentiel. Pierre Tanguy y mêle poésie et réalité, offrant une méditation délicate sur la naissance, la vie et les paysages bretons.
Et si une pochette d’allumettes pouvait raconter ses aventures érotiques et philosophiques ? Une allumeuse nommée Vendôme donne la parole à un objet insolite, témoin de rencontres sensuelles et de destins croisés.
À travers des vers évocateurs, À l’aurore de la folie boréale plonge le lecteur dans une atmosphère poétique où la nature sauvage et l’introspection se mêlent. Ce recueil rare, réédité en numérique, invite à une lecture contemplative et intense.
« La nuit est belle, à peine troublée par les lumières bleutées des postes de télé qui rythment notre chevauchée fantastique vers le Grand Sud. Aucun express ne m'emmènera vers la félicité. Aucun tacot n'y accostera. Aucun Concorde n'aura ton envergure. Aucun navire n'y va... Et si mon petit Bashung, nous sommes en route vers la félicité et à vitesse grand V. » Julien et sa bande foncent fêter le Nouvel An à Madrid à bord d'un véhicule « emprunté » chez un concessionnaire. Quelques rencontres - une serveuse en bord de mer, une prostituée sur un parking, un ministre de la danse et un photographe au bout du rouleau - ralentissent à peine ce récit rythmé par le défilement des kilomètres affichés par le compteur de la voiture. Philippe Schweyer est né en 1966. « 666 kilomètres de bonheur » est son premier roman.
Entre Annaba et Paris, Arkhabar de Montrevel tisse le récit d’une jeunesse algérienne et d’une quête d’identité à travers le prisme du haut Moyen Âge, époque qui fascine l’auteur.
Plongez dans l’univers poétique et envoûtant d’Aube de peau, où chaque mot devient une caresse sur la mémoire et une invitation à l’introspection.
À travers une lecture subtile de l’œuvre de Yannis Ritsos, D’après Ritsos de Jean-Paul Mestas interroge le lien indéfectible entre l’homme et les choses.
« Le sommeil nous ouvre ses bras/et je m'y fonds avec solitude ». Dans ces pays-là, les douleurs, les angoisses du poète défont leurs noeuds. Les espoirs renaissent au creux de sa maladie. Ce livre est le manuscrit de ses états d'âme. « Sereine et innée sera la nuit ». C'est une plume désinvolte qui délivre le doute et l'exprime aussi. Le sens se révèle au profond de la vie. « Les astres jouent entre eux/à déterminer les parfaits amoureux. » Ce n'est que Stéphane. C'est Nicolas. C'est une petite fleur qui n'a rien demandé. C'est écrit comme une chanson. « On n'est pas sérieux quand on a 17 ans. » Arthur Rimbaud.
Marguerite Bastard-Frétillet est native de Nantes. Après avoir publié Les rongeurs, Voyage à l'intérieur de l'être, Le mur de la félicité et, actuellement en préparation, L'encens des errances divines, Marguerite Bastard-Frétillet nous fait vivre, avec Dies irae pour un homme perdu, l'actualité - avec les couleurs inquiétantes qu'elle revêt. Dies irae pour un homme perdu possède la rigueur classique d'une tragédie des temps modernes, où le corps et l'âme demeurent indifférents aux tumultes du coeur, que le passé rattrape pour mieux l'écarteler. Dualité de l'amour et de la haine, que tempère parfois l'esprit de tolérance. Deux êtres se croisent dans les dédales de l'Histoire, à l'ombre de Berlin, Janus aux deux visages, ville mythique, démiurge d'une époque teintée du rouge de toutes les passions.
Marie Massiot est née en mai 1938, au Havre ; enfance à Ancenis ; vit depuis une vingtaine d'années dans le Pays de Retz. Recherche d'émotions esthétiques dans le voyage, la peinture. Des animations poétiques avec des enfants lui font découvrir les joies de la recherche langagière. Confie d'abord ses « maux » à la peinture. Découvre - récemment et avec étonnement - l'existence combien nombreuse et animée des revues poétiques. Y voit une possibilité merveilleuse d'expression. La lecture des poètes contemporains, les rencontres poétiques (Nantes - Pornic) l'incitent à envisager de publier. Confie ses premiers textes à Gilles Pajot. Publie dans les revues : Traces, Décharges, Le Journal des poètes, La Sape, Info/Poésie.
Les célébrités de l'Histoire n'étaient pas meilleures que les hommes d'aujourd'hui. Elles étaient pires ! Fourbes, cruelles, impitoyables, manipulatrices, criminelles, elles étaient chargées de vices et exerçaient leur tyrannie jusque dans leurs combats amoureux. Leur toute-puissance les autorisait à toutes les exactions, et elles ne manquaient pas d'imagination en la matière ! Dans cet ouvrage, sous vos yeux, défilent douze histoires vraies, où la puissance, le sang et le sexe se mêlent de diriger les destinées d'Akhénaton, Philippe de Macédoine, Jules César, Tibère, Salomé, Constantin de Byzance, Gilles de Rais, Vlad Tepes, Henri II, Elisabeth I, la reine Margot, Henri IV, les enfants Ravalet, Henriette Stuart, le duc de Vendôme... Sodomites, incestueux, fornicateurs, impies ou fous, ou tout cela ensemble, ces personnages ont agi en dehors des normes et de la morale. Ils s'étaient contentés de naître... et cela suffisait pour que tout leur soit permis.
...Que chacun se pose cette simple question : "Ce jour-là, à cette heure-là, disposé-je de la moindre preuve de mon emploi du temps ? Ai-je même le souvenir de cet emploi du temps ?" Nous sommes tous des suspects en puissance ? Si nous entrons dans une certaine logique...
Une île... au rythme des vagues et des pas effacés. Un frère et une soeur, portés au bout de la nuit... Un écrivain, à la recherche de personnages... Un homme, "confronté à la cartographie secrète de sa vie" : ses livres... Une femme, investie d'une autre image... L'île, le refuge ? Peut-être bien une utopie, puisque tous, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, cédant au jeu de l'illusion et de la désillusion, se retrouvent, amèrement parfois, face à eux-mêmes. Et tous, au fil de ces huit récits, se perdent dans l'incessant manège des désirs et des ruptures.
"J'ai pris la feuille blanche, ou la verte ou la bleue, fichée dessous ma manche, en miroir de mes yeux, elle était dure et rêche comme à son origine, avant qu'elle ne dessine toutes mes paroles sèches."
Nantes, lundi 20 octobre 1941. Il est 7h45. Rue du Roi Albert, à proximité de la cathédrale, deux coups de feu sont tirés dans le dos d'un officier. Celui-ci s'écroule, pratiquement tué sur le coup. Ce qui n'a d'abord que l'apparence d'un tragique fait divers, se révèle être un événement de la plus haute importance, un moment de la lutte "au couteau", que se livrent - partout en Europe occupée - les Nazis et les Résistants : l'homme qui a tiré - et qui s'enfuit aussitôt en courant - est un jeune Franc-tireur parisien, Gilbert Brustlein. Celui qui est mort, est l'officier le plus haut gradé de l'armée allemande en poste à Nantes, le Feldkommandant Karl Hotz. Hitler et ses Nazis vont exiger aussitôt la mort de 50 otages, pour venger la mort de Hotz. Le hasard a-t-il pu, innocemment, diriger les pas de G. Brustlein dans le dos de K. Hotz ? Ce même hasard intervient-il dans la désignation des otages ? Que non : les 16 otages fusillés à Nantes sont des Résistants connus, arrêtés et maintenus en prison par la Gestapo ; de même pour les 5 Nantais fusillés au même moment, le 22 octobre à 16 heures, au Mont-Valérien ; dans le camp de Choisel, à Chateaubriant, on prend 27 militants communistes pour les fusiller aussitôt : ceux-là ont été désignés au bourreau nazi par les services du ministre de l'Intérieur du Maréchal Pétain, Pierre Pucheu. Les familles n'apprendront le drame que le lendemain, en lisant le journal... C'est à la fois en tenant compte de l'histoire des événements (livres et documents), et de la mémoire que les familles éprouvées ont gardée de ces terribles journées d'octobre 41, que l'auteur a voulu écrire cette histoire, tout en apportant un regard neuf sur cet événement, qui demeure un moment important de la Deuxième Guerre mondiale.
Je ne parvenais pas à y croire. Tu venais d'entrer dans ma vie et je n'avais rien fait pour ça. Si peu en tout cas. Je m'étais retrouvé dans un état d'esprit bizarre, incertain. Surpris et flatté de me sentir à nouveau désiré par une femme, mais aussi extrêmement troublé par la révélation de cet amour partagé, irréfléchi et, à vrai dire, si extravagant. Tu aimais jouer avec ton corps sans fausse pudeur et, avec ma complicité, tu ne t'en privais pas. Je te regardais, détaillant avec sollicitude chaque parcelle de ce corps, de ces membres qui s'enroulaient comme des lianes autour de mon cou et de mon buste. Je ne me lassais pas de cette observation aussi minutieuse qu'affectueuse. Tu m'y encourageais volontiers, en me susurrant à l'oreille : "Tes regards sont si tendres, mon amour, tu as tant à me donner..." Tu m'apparaissais si clairement différente des autres femmes, que j'en éprouvais jusqu'à de l'admiration pour toi, qui étais venue m'aimer "du bout des doigts", comme tu disais, coiffée d'un petit chignon sagement exécuté depuis de longues années dans la solitude de ton coeur.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Comment vivre ? « Continuel désemparé », entre aveu et silence, Pierre Maubé nous jette au coeur d'une interrogation universelle. Sa quête est celle de « la chair parfaite », du « cri réconcilié ». Mais la vie s'écoule, « rivière qui demeure infranchissable ». Malgré l'amitié, l'amour, l'écriture, la nuit est là, toujours. D'où naît l'attente. En pure perte ? Un livre fort, désespéré, tendre.
La fondation à Paris, au début du XIXe siècle, de la Société asiatique, donna une impulsion nouvelle aux études orientales en Europe. Marie-Félicité Brosset (1802-1880) comptait parmi les premiers membres de cette compagnie savante. Ayant débuté par le chinois, il s'est ensuite intéressé à la Russie et au Caucase, et s'est surtout consacré à l'étude du passé historique et de l'héritage culturel de la Géorgie. Élu à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, Marie-Félicité Brosset résida en Russie de 1837 au printemps 1880. Né à Paris, et rentré en France peu avant sa mort, il repose au cimetière de Châtellerault. Pionnier des études géorgiennes en Europe, Marie-Félicité Brosset est le Français le plus estimé en Géorgie, et le moins connu en France. Le tirage de la version russe du présent livre - publiée en 1983 à Tiflis par les éditions Mérani - fut épuisé dans l'année. Remaniée, la sélection française n'en reprend qu'à peu près la moitié. Si le livre trouve un accueil favorable auprès du lecteur, l'auteur se propose de reconstituer intégralement le texte initial, et de le compléter par de nouveaux chapitres, qui évoqueraient notamment les rapports de Marie-Félicité Brosset et du peintre russe Grégoire Gagarine (1810-1893), dont une composition illustre la couverture.
Marie-Thérèse Barbé est née le 23 décembre 1951, à Lamballe, dans les Côtes du Nord. Ce livre est le livre des couleurs indicatrices de renaissance hiver-tombeau, oui, mais hiver-gésine du printemps. Promesse et continuité.