FeniXX réédition numérique (La pensée moderne)
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En 1931, Paul Doumer était élu à la Présidence de la République. Un humoriste disait alors : « L'ancien Président s'appelait Doumergue, son successeur s'appelle Doumer. Le prochain s'appellera Dou, l'autre après ne s'appellera plus rien du tout. Quand on aura besoin de lui, on lui fera : Hep, là-bas !". Longtemps différée, la prédiction s'est enfin réalisée. Presque ! Le Pompidou qui s'est donné à nous, semble assez proche du Dou tout court qu'on nous avait promis. » L'humour de Robert Rocca, chansonnier français - qui nous a quittés le 11 avril 1994 - servi par le talent du caricaturiste Calvi.
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Un jeune Parisien décide de rompre toutes ses attaches, sentimentales comme professionnelles, pour tenter l'expérience dont chacun a rêvé, ne serait-ce qu'un jour : celle de l'île aux cocotiers, l'île carte postale, dans le Pacifique. Il part et veut s'y ensevelir, rompre avec le passé de la guerre, le quotidien sordide de la vie aux rues embouteillées, et à l'horizon encrassé, fatigant du non-sourire. Que trouvera-t-il dans le cadre de l'une des plus lointaines des îles sous le vent : Maupiti, aux 750 habitants, dont il sera le seul « popaa » durant près d'une année ? Dans ce site parfait de beauté et de gentillesse, il vivra en Polynésien. Du moins, il essaiera : honnêtement, totalement. Il restitue sa vie au jour le jour, avec sa Vahiné, sa nouvelle famille. Il raconte sa vision du Tahiti d'antan, où il ira avec la troupe de danse (« otea ») de son île participer aux fêtes du 14 Juillet. Il vous fera partager son rêve et la réalité. La coexistence pacifique de deux civilisations éloignées. À tort ou à raison, mais bien entendu sans juger quiconque « resterait », il revient, lui, bien qu'attristé, mais ayant ôté cette épée de Damoclès : vivre dans la douceur ouatée de l'Océanie, ou au coeur des problèmes et de l'existence plus « réelle », et le souci d'autrui.
L'Espagne, l'apprentissage des armes, l'odeur de la guerre. C'est là où commence la carrière, non pas la carrière, la vie de ces fous. On ne peut pas dire qu'ils soient personnages réels, et pas non plus qu'ils soient mythiques. L'auteur a pris un morceau de chair à l'un, le cerveau de l'autre, une histoire au troisième, et il a travaillé le tout à mains nues, comme un sculpteur sa glaise. Pas dans le pointillisme : les hommes, ça ne se peint pas avec un pinceau pour estampes japonaises, mais à grandes plaques de couleurs, à larges grumeaux de pâte rouge. Soldats anonymes, fous toujours courant derrière une laisse magique, ils sont sur la croûte glacée du lac Ilmen. Celui qui parle s'appelle Charly Maser, et vous n'oublierez jamais, lecteur, la cathédrale de Vsvad... Il avance, ou il recule, comme on voudra, à mesure que la gueule orange de la guerre flamboie quelque part. Quand on a connu les copains-sentinelles gelés au sol par leurs sabots fourrés de paille, on peut tenir dans la brousse pourrie, non ? L'Indo, avec la Légion, et l'histoire de la patrouille que l'on ne retrouvait pas, bien que l'on entende ses cris. Ils en ont trop vu, ces fous de guerre, mais ils sont restés tendres à leur manière. Vous pourriez soutenir que vous n'auriez pas tremblé, vous, en même temps que cette fille de Tipaza devant six familles égorgées, disposées en rangs, comme on « fait le tableau » aux soirs de chasse ? Et la caravane des chameaux sans cavaliers, le campement des Nomades fantômes, la guerre du désert au Yémen... On est secoués par ces bouffées d'images fortes, frappés sans cesse, martelés par ce récit à coups de poings. Quelquefois, après la pluie, les odeurs s'amplifient, deviennent si puissantes qu'elles sont presque insoutenables. On sort de ces pages, de ce compagnonnage avec les fous de guerre, saoulés, éperdus, clignant des yeux devant la lumière pauvre de la vie quotidienne.
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On sait qu'il existe beaucoup d'hommes exhibitionnistes. Par contre, on connaît peu de femmes atteintes du même besoin. Ou, tout au moins, peu qui l'avouent. L'héroïne de l'Archisexe, elle, avoue tout ce qu'on veut - et plus encore. Comment, dès l'âge le plus tendre, en classe, elle se livrait aux délices du plaisir solitaire, en prenant bien garde que ses camarades la voient. Comment, toujours, le plaisir - pour elle - est d'abord d'être vue. Dans les situations où, en général, on ne cherche pas une audience, dans les moments où l'on se contente - généralement - d'être soi et l'autre. Un très beau livre, d'une audace intelligente, et aussi un très beau film.
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Dans une station de sports d'hiver à la mode, une jeune montagnarde est confrontée au monde réaliste des promoteurs et des « locomotives ». Elle a plusieurs atouts : elle est jolie et pas sotte. Mais un défaut - ou une qualité, comme on voudra : elle aime violemment, farouchement les hommes, au point, justement, qu'on l'a surnommée Sensuella. Une certaine malchance semble s'acharner sur elle : tous les hommes qu'elle rencontre ont des goûts particuliers. Le promoteur immobilier n'aime faire l'amour qu'au douzième étage des immeubles en construction, le lieutenant de gendarmerie exige qu'elle se déguise en étudiante contestataire. Et bien d'autres...
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Frieda est élevée dans un collège, dirigé comme l'entendaient les maîtres du Reich : rigueur et punitions corporelles étaient monnaie courante. Lorsque la guerre éclate, elle a presque l'impression d'une délivrance. La vie dans une « unité » ne peut être plus dure que ce qu'elle a connu. Versée dans une section d'ambulancières, elle se trouve enfermée dans un fourgon, avec une amie, pendant une attaque russe. Elles se blottissent l'une contre l'autre, dans un réflexe de protection, qui se transforme vite... Comme déclenchée par cet incident, Frieda accepte alors les amour hétérosexuelles, en gardant toujours un faible, justement, pour les partenaires du sexe dit faible. Avec Frieda, on fréquente les cercles d'états-majors, on assiste aux complots contre Hitler, et on vit même avec les officiers russes. Tant il est bien vrai que le petit côté de l'Histoire, celui de l'alcôve, est celui qui est le plus agréable à connaître...
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« Quand j'étais très jeune, dit Christian Vebel, la bouche plissée d'un sourire, on conduisait les enfants à Guignol. De nos jours, ce n'est plus la peine de se déplacer, Guignol est partout. À l'église, dans les prisons, à l'école, dans les casernes, à la télévision... » Avec l'esprit acéré que connaissent bien les spectateurs du Théâtre des Deux-Ânes, Christian Vebel épingle les protagonistes tristes de cette époque bouffonne, ces spécialistes du monde à l'envers, ces champions de la loufoquerie construite d'un ton dogmatique, ces diamantaires de la niaiserie. Le résultat le plus sûr, c'est que les gens normaux n'ont pas fini d'en rire...
Isidore Isou, pape du lettrisme, n'a pas dû sa célébrité à ce seul titre. C'est un de nos jeunes romanciers les plus doués, connaissant merveilleusement la minutieuse mécanique des femmes, qu'il a su démonter adroitement, qu'il s'agisse du corps ou de l'esprit. Il a observé que le français - ou, pour être plus précis, le mâle français - bénéficiait d'une réputation plus que flatteuse à l'étranger, qui en faisait l'amoureux-type, l'amant idéal. "Étrangères à Paris" est l'histoire savoureuse, pimentée, d'un jeune Suédois que sa fiancée abandonne pour un Français. À son tour, il vient à Paris dans le but d'étudier ces docteurs ès-amour et d'utiliser, à son tour, leurs recettes, pour que les femmes ne lui soient pas plus longtemps cruelles. Mais un hasard malicieux veut que les oiselles qui se prennent à ses filets finissent par apprendre sa véritable nationalité. Cascades de situations, guirlandes de femmes sainement sensuelles. Isidore Isou est bien le romancier d'une nouvelle forme de l'amour.
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Le métier "professeur de strip-tease" figure-t-il dans le sérieux "Guide des carrières pour les jeunes" ? On peut en douter. Pourtant il existe. Paul Alt a appris, pendant plusieurs années, aux plus grandes vedettes du strip comment se déshabiller pour mieux exciter les hommes. Mais ces élèves-là étaient, finalement, les moins nombreuses. Sur sa renommée, le professeur vit arriver grand nombre de femmes, généralement mariées, qui trouvaient que le tonus de leur mari avait fâcheusement baissé et que des épices seraient bien utiles pour raviver la flamme. Professionnelles ou amateurs, ces élèves de cours du soir pour personnes averties étaient pareillement avides d'apprendre. Et vous verrez que ce petit monde du nu est secoué par autant de comédies, d'incidents burlesques, voire tragiques, que le monde tout court !
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En Russie le bolchévisme succède au tzarisme, tandis que l'Autriche-Hongrie, « cette nécessité européenne qui, si elle n'eut existé, aurait dû être inventée », est morcelée, et ses débris en proie à l'anarchie. Le comte Golchowski qui est capitaine de réserve après la débâcle des troupes tzaristes, s'engage dans l'armée blanche, et est tué en Crimée, où le général Wrangel lutte sans espoir contre les bolchéviks. En 1918, sa femme, née comtesse Fédora Ramotschine, met au monde une petite fille à laquelle elle donne le nom de Nadia