FeniXX réédition numérique (Galilée)
Il faut apprendre à discerner les chances non réalisées qui sommeillent dans les replis du présent. Il faut vouloir s'emparer de ces chances, s'emparer de ce qui change. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt, et qui ne renaîtra plus. Il faut oser l'Exode. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la « crise », car il n'y a plus de crise : un nouveau système s'est mis en place, qui abolit massivement le « travail ». Il restaure les pires formes de domination, d'asservissement, d'exploitation, en contraignant tous à se battre contre tous, pour obtenir ce « travail » qu'il abolit. Ce n'est pas cette abolition qu'il faut lui reprocher : c'est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même « travail » dont il abolit les normes, la dignité et l'accessibilité. Il faut oser vouloir l'Exode de la « société de travail » : elle n'existe plus et ne reviendra pas. Il faut vouloir la mort de cette société, qui agonise afin qu'une autre puisse naître sur ses décombres. Il faut apprendre à distinguer les contours de cette société autre derrière les résistances, les dysfonctionnements, les impasses dont est fait le présent. Il faut que le « travail » perde sa centralité dans la conscience, la pensée, l'imagination de tous : il faut apprendre à porter sur lui un regard différent ; ne plus le penser comme ce qu'on a ou n'a pas, mais comme ce que nous faisons. Il faut oser vouloir nous réapproprier le travail.
Splendeur d'août dans la calanque. À mi-pente sur la falaise, encordés, Jérôme et Bernard. Jérôme, le peintre sans succès, désavoué par sa femme Françoise. Bernard, l'ami, l'admirateur inconditionnel, poursuivi par le fantôme de son frère Joël. Faux-pas. Hurlements. Peurs. Rêves. Vertiges. Une vedette le long de la côte. Les jumelles échappent aux mains de Françoise ; elle n'a rien vu, non, elle n'a rien pu voir. Aujourd'hui, sur la terrasse, elle attend, figée d'angoisse. Corde cassée ? Corde coupée ? Accident, lâcheté, sacrifice ?
Pour Alceste les choses, les êtres ont une saveur qualitative réfractaire aux idéologies du calcul. D'un autre âge ? Pas seulement. Nous l'avons dit : déposition, au double sens de « dépossession » et de « sans position ». Entre l'intégration curiale et le départ. Sans décision mais sans tension... Et peut-être n'est-il pas tout à fait absurde de décrire ainsi un état (d'âme) de crise. Et encore ceci : pour l'État s'ouvre désormais la crise permanente qu'en trois siècles l'Occident finira par étendre à l'ensemble de la planète. De cela on peut voir un « symptôme » dans le Misanthrope à travers Alceste qui justement, parce qu'il est l'irruption contrainte, ratée, de Poquelin (malgré Molière) produit d'aussi stupéfiantes déflagrations dans le temps de la comédie (extrait du texte de M. Deutsch). Le 4 janvier 1977 a lieu au Théâtre National de Strasbourg, dirigé par Jean Pierre Vincent, la première d'une nouvelle mise en scène du Misanthrope. Parce qu'il faut, statutairement « jouer un classique » et que l'équipe du T.N.S. est engagée à travers le métier du théâtre dans une enquête par coups de sonde dans « l'idéologie française ». Et que quelque chose d'essentiel s'y joue par cette fable d'atrabilaire amoureux : la fixation (au sens freudien) de l'intellectuel français à l'État Célimène.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Les débats sur l'énergie nucléaire, l'informatique, les manipulations génétiques divisent aujourd'hui jusqu'à la communauté scientifique elle-même. C'est que les choix faits dans ces domaines sont des choix profondément politiques. Les orientations de la recherche autant que ses applications déterminent pour longtemps et de manière irréversible la structure de la société, les instruments et la nature du pouvoir. Alliant leur pratique de chercheur (physique, psychologie, sociologie) et leur souci de philosophes, les auteurs de cet ouvrage montrent comment le pouvoir coopte ses experts et leur fait légitimer au nom de la science des choix qui en réalité sont politiques. Ils retracent l'histoire des luttes technologiques qui ont marqué l'emploi des machines à des fins de domination politique et sociale. Ils suggèrent une stratégie qui évalue les choix technologiques selon des critères politico sociaux et en assure le contrôle démocratique.
L'école, pour quoi faire ? Utile, voire indispensable pour la plupart, nocive pour quelques-uns, elle incarne tantôt la panacée, tantôt un cancer dévorant... Est-elle cette Alma Mater tant vantée chargée d'éduquer, d'enseigner, de former, en un mot de faire d'un petit animal un homme ? Ou bien n'a-t-elle d'autre fonction que celle de préparer l'enfant à la société, de le dresser en tant que futur rouage, robot dodo/métro/boulot/gogo, apte à produire et à consommer ? Faut-il donc fuir l'école puisque, de toute manière, les dés sont jetés, et que, à quelques rares exceptions près, vous êtes programmés dès votre conception ? Et ce n'est pas l'école qui redressera les inégalités sociales, comme on l'a fait croire longtemps aux naïfs ; au contraire, elle les accentue. Car, ce qu'on vous donnera en classe, c'est le bagage minimal nécessaire au citoyen moyen, mais ce qu'on vous enlèvera, c'est l'essentiel : vos rêves, votre poésie, votre liberté ! Un pamphlet documenté, alerte et incisif, où l'auteur attaque de front deux grandes institutions, tout à la fois complémentaires et antagonistes, aujourd'hui, au coeur même de la controverse : l'école et la famille. À lire et à relire avant de s'abandonner à la machine dévorante.
Découvrez Erró, l’artiste islandais qui a révolutionné la peinture du XXe siècle en transformant les images des mass-médias en œuvres vibrantes de vie et de mouvement. Ce livre de Pierre Tilman explore son génie unique, entre collage et subversion.
Entre elle et lui, un territoire sauvage où l’amour fou défie les limites. Le Territoire de l’autre explore la quête de l’essentiel, là où les masques tombent et où tout se joue entre vide et plénitude.
1976, Languedoc-Roussillon : la révolte des vignerons embrase la région et choque la France. Le Vin de la colère plonge au cœur de cette crise sociale explosive, entre barricades, incendies et revendications désespérées. Pourquoi cette violence ?
Rome, éternelle source d’inspiration. Le Voyage à Rome de Pierre Maranzat vous invite à redécouvrir la Ville éternelle à travers un regard littéraire et intemporel.
Les morts, les mots, les appareils d'État Des ouvriers sont tués dans un incendie, sur les chantiers de Dunkerque. Qui est responsable ? La direction des chantiers ? Mais, dans les jours qui suivent, un singulier « spectacle » est monté, qui aura pour effet de déplacer la responsabilité, en guise de boucs émissaires, sur un groupe d'extrême gauche. Au terme d'une escalade qui gagnera une grande partie de la presse et de l'opinion, ce groupe - la « G.P. » - va être frappé d'interdiction. Des accidents du travail ayant pour cause, affirme la CGT, la course aveugle à la productivité. Une propagation aveugle et paradoxale du langage idéologique. Un mécanisme précis de répression politique. Sur ces trois niveaux se déploient les luttes de classes à Dunkerque - et en France. La critique du langage et de son économie va être décisive, sur ce terrain, à l'intérieur de la théorie et de la pratique révolutionnaire.
Le monde est un carrefour, et ce carrefour c'est l'Islam. Les États-Unis ne sont pas encore revenus de leur surprise à Téhéran ; les Russes reprennent déjà haleine à Kaboul avant d'apprivoiser leurs déboires. L'Islam est la grande surprise du monde industriel. Aussi a-t-on tendance à le réduire à des schémas ingénus ou faciles, quand il est mouvant, paradoxal, actif et en révolution. Dans la Presqu'île arabe les gros bataillons de l'Islam marchent encore au pas cadencé de West Point et des officiers de sa Majesté britannique ; à Bagdad, on essaye d'instaurer un régime autoritaire de séparation avec l'Église ; à Aden, on publie les oeuvres complètes de Lénine et on mesure, à l'applaudimètre, les hourras au Secrétaire général du parti marxiste au pouvoir. Où tout cela mènera-t-il le monde ? À ces questions, le présent ouvrage essaye de répondre par l'exposition de certains faits, survenus, durant trois décennies environ, dans le Moyen-Orient arabe.
La Ve République a beaucoup rabattu de sa superbe Qui parmi les princes et barons de la prétendue majorité ose encore prédire vingt ou trente ans de prospérité ou de pouvoir sans partage ? À peu près personne. Tout le monde se rend compte que la progression de l'Union de la gauche les affrontements entre Giscardiens et Chiraquiens annoncent une période troublée et difficile. Rien ne peut plus rester comme avant, parce que la société française est traversée par une crise profonde, parce que le régime est incapable de maîtriser les problèmes les plus graves.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Dans notre société industrielle dite développée, machiste et nucléo technocratique, l'agriculture, tout comme la femme, est protégée, dominée, mythifiée. Faut-il changer l'agriculture pour changer la société, ou l'inverse ? L'agriculture n'est qu'à demi intégrée à la société du profit, du travail aliénant, du loisir commandé, de l'endoctrinement ; suffisamment mal intégrée pour élaborer une pensée, un jugement, une recherche, et peut-être de nouveaux modèles de société. Riche d'utopies, d'hérésies, de paganismes, fourmillant d'innovations, elle peut aider ceux que passionnent les vrais débats de l'avenir, à opposer à la société dure, aliénante et répressive, une société « douce », écologique et autogestionnaire. Le territoire rural est l'enjeu d'une lutte entre la société globale, urbaine, industrielle et dominatrice, et les sociétés locales, plutôt rurales et dominées. La révolution post-industrielle commence par la conquête du pouvoir de décision sur la terre agricole. Ce pouvoir appartient aujourd'hui soit aux marchands, soit à l'État monopoliste ; il doit appartenir aux paysans, regroupés en organisations mutualistes pour l'autogestion du sol.