FeniXX réédition numérique (Éditions de Paris-Max Chaleil)
-
- Préhistoire & Protohistoire
- Antiquité (jusqu'en 476)
- Moyen Âge (de 476 à 1492)
- Temps modernes (de 1492 à 1799)
- Époque contemporaine (depuis 1799)
- Histoire de France
- Histoire de l'Europe
- Histoire du Maghreb & du Moyen-orient
- Histoire de l'Afrique subsaharienne
- Histoire des Amériques
- Histoire de l'Asie
- Histoire de l'Océanie
-
- Maternelle
- Primaire
- Collège
- Seconde & Lycée voie générale
- Lycée voie technologique
- Lycée professionnel
- BTS
- DUT
- Cahiers de vacances
- Soutien & Entraînement Maternelle
- Soutien & Entraînement Primaire
- Soutien & Entraînement Collège
- Brevet des collèges (préparation)
- Brevet des collèges (annales)
- Soutien & Entraînement - Seconde & Lycée voie générale
- Baccalauréat général (préparation)
- Baccalauréat général (annales)
- Soutien & Entraînement Lycée voie technologique
- Baccalauréat technologique (préparation)
- Baccalauréat technologique (annales)
- Soutien & Entraînement Lycée professionnel
- CAP & BEP - bac professionnel (préparation)
- CAP & BEP - bac professionnel (annales)
- Prépas scientifiques
- Prépas littéraires
- Prépas commerciales
- Classiques - Textes & Commentaires
- Ouvrages pédagogiques de référence
- Pédagogie
- Concours & Examens supérieur
- Langues
Le penseur du dimanche, qu'André Gillois définit comme le fou du roi, n'est pas une variété littéraire du peintre du dimanche, mais un trublion, un empêcheur de penser en rond. À 96 ans, André Gillois, caustique et tendre, interroge notre société. Ce long regard en arrière qui, du Second Empire finissant à aujourd'hui, embrasse régimes et institutions, crises et conflits, mirages et mensonges, mêle les époques et les hommes. Sautant de Sartre à Pierre Dac, de Briand à Clemenceau, d'Herriot à de Gaulle, l'auteur rappelle à quel point la fin du XIXe siècle ressemble à notre époque. Illusions et vanités, lâcheté et opportunisme mènent toujours le monde. Bourgeois et Français moyens jouent toujours le même jeu, et il ne reste à l'homme libre d'autre place que l'impertinence et la dérision. « Est-ce le temps de rire ? » demandait Voltaire. Oui, répond André Gillois, de tout et sans cesse, pour mieux dénoncer l'hypocrisie et mettre bas les masques. Une promenade vivifiante dans la politique et l'histoire au quotidien, où les situations cocasses renvoient aux descriptions incisives et aux jugements aigres-doux : « une petite histoire de notre décadence », pour tous ceux qui savent goûter « la gaieté de l'indignation ».
Qui, mieux que Jean Markale, spécialiste de la Bretagne et de la société celtique, pouvait nous faire entendre la voix singulière d'une femme de l'Arcoat, zone frontière entre pays gallo et pays breton ? Cette voix c'est celle d'Anaïs Oliviéro, née en 1910, qui vit aujourd'hui à Quistinic, petit bourg du Morbihan intérieur, non loin de Lorient, à l'écart des grandes routes, mais au carrefour de diverses influences. Elle y tient encore le commerce qu'elle devait créer en 1944, de retour au pays après le décès de son mari, à la fois café de campagne à l'ancienne, épicerie avec étal de charcuterie et restaurant. Position stratégique pour quelqu'un à l'écoute des autres, qui, doté d'une mémoire aiguisée, restitue, de 1914 à aujourd'hui, quatre-vingts ans de vie quotidienne du monde rural. De son enfance paysanne dans la ferme paternelle de Saint-Quion à son départ, à la mort de ses parents en 1927, comme domestique pour Pontivy, puis Belle-Île, c'est déjà tout un itinéraire épousant le rythme lent des travaux et des jours : défrichage des landes, chaulage des terres ingrates, culture du seigle, élevage des moutons et des vaches, filage de la laine, fabrication du cidre, du charbon de bois... Anaïs Oliviéro n'omet rien du déroulement journalier : des cinq repas quotidiens à la lessive bisannuelle, du pétrissage et de la cuisson du pain de 6 kg au four du village à la fabrication des sabots, du passage des marchands ambulants aux errances des vagabonds... Avec la même verve, elle décrit la communauté villageoise, tant celle du bourg que celle des environs qu'elle parcourt à bicyclette, évoquant les fest-noz ou l'exode rural, le rôle du recteur, le faste des pardons, le culte des saints et le mauvais oeil, l'alcoolisme des hommes ou le travail des femmes dans les conserveries de la côte. Mais son récit est avant tout un récit de femme, typique, selon Markale, de la femme celte qui, loin de subir la vie, l'agit. Une travailleuse acharnée qui a voulu « montrer, dit-elle, qu'une femme est capable de faire tout comme un homme ».