FeniXX réédition numérique (Christian Bourgois)
1982, Brésil : et si la canne à sucre devenait l’or vert de demain ? Alcool révèle comment ce pays pionnier a transformé ses cultures en carburant, entre espoir écologique et enjeux économiques brutaux.
Dans un monde post-apocalyptique où les villes ne sont plus que cendres, une horde en fuite traverse déserts, montagnes et océans, mêlant leurs destins aux grandes épopées de l’histoire.
Paris, demain. Un psychiatre manipule huit destins à l’aide d’une intelligence artificielle, où le pouvoir des algorithmes dépasse celui des liens humains. Une dystopie visionnaire sur la dépendance technologique et la solitude urbaine.
Chaque année, Yann Gaillard rend hommage aux figures marquantes disparues, mêlant choix subjectif et hasard.
Et si la littérature contemporaine s’était endormie sur ses propres dogmes ? L’Opium des lettres déconstruit avec brio les illusions de l’écriture moderne.
Des Ardennes à la Bretagne, La Grève et la Ville retrace les luttes méconnues de territoires ouvriers refusant l’anonymat imposé par l’État et le capital. Un récit puissant où l’identité locale défie l’ordre industriel et redéfinit l’espace social.
Quelle place pour la théorie révolutionnaire face au révisionnisme ? Révisionnisme et philosophie de l'aliénation propose une analyse critique des dérives idéologiques au sein du marxisme.
Une station de métro aérien devient le théâtre d’une expérience littéraire onirique, où Paris, New York et Louqsor se croisent hors du temps.
Et si Descartes avait caché une rose dans son crâne ? Ce roman audacieux mêle philosophie, poésie et mystère, explorant les liens secrets entre le père du rationalisme et lésotérisme.
J'ai écrit ce récit pour revenir à mes amis, au pays, aux paysages de mon enfance. J'ai rencontré Théo avant de rencontrer Alexandre, mais d'une rencontre à l'autre, c'est le temps-qu'il-y-a dont il s'agit, le temps ou parvenir au but et ne pas parvenir au but sont le temps qu'il fait, depuis longtemps déjà, en France. Je me suis donc rencontré, comme Théo s'est rencontré lui-même : à travers la peinture. Du même coup, nous avons rencontré notre sortie. Mais cette sortie, avant de la trouver dans sa peinture, Alexandre, jeune peintre de la périphérie, jeune peintre du pays de Géricault, l'avait trouvée dans une femme : Mona. Ainsi, la peinture et la femme, une seule et même chose, seront ce qui nous reste. L'espace du malentendu, celui où l'on ne s'entend pas, c'est ce qu'il nous faut traverser, pour passer de ce côté-là, où la foudre tombe sur les événements. J'ai écrit ce récit pour revenir à mes amis, à ce silence hanté par les mots : le sens. Alain Jouffroy, 1987.
Les sons et les parfums ne tournent pas dans l'air du matin, mais se pressent dans une odeur de fumée et de piscine vide, drus et parallèles, repus d'eau, prêts pour l'avenir de la journée. Le canard cancane et l'oie cacarde, le chameau blatère et l'aigle glatit ; un cygne nasille dans le caniveau, et bleu sur le vert de la pente murmure le perroquet. Sa langue est dans sa cosse. De temps à autre une cisaille de cuivre déchire ce fin grillage d'occupations ménagères.
« On admettra aisément, écrit l'auteur, que les brèves aventures d'une actrice de cinéma dans les années trente et celles d'une femme jalousée dans les années soixante n'ont de rapport que la volonté de parallélisme de l'auteur saisi de frénésie ubiquitaire ; ou bien, et serait-ce là le véritable propos, l'expression d'une maladie de la conscience naviguant entre deux pôles de douleur : un personnage parfait mais fictif et une personne de chair fort décevante. » Ces lignes donnent une idée de cette rêverie poétique où les mythes de l'amour fou, de l'impossible quête et de la galerie des glaces retrouvent, dans le prestige de l'écriture, une jeunesse intacte.
« À bientôt quatre-vingts ans, je découvre que dès l'âge de trois ou quatre ans, je me formais, sans le savoir, à devenir ce comparatiste qu'officiellement je ne serai qu'en 1956 : j'avais alors accompagné René Caillié à Tombouctou, les explorateurs aux deux pôles, ne retenant guère de mes lectures que les phrases d'arabe ou de russe. C'est pourquoi je refusai de me présenter à une agrégation qui s'intitulait orgueilleusement de "philosophie", bien qu'elle ignorât cette philosophie chinoise que m'avait révélée Marcel Granet, l'arabe aussi, et toutes les autres. Alors que le comparatisme à la française, qu'enseignent le plus souvent des agrégés de langue vivante, se borne à exploiter un comparatisme bilingue, mes voyages, mes errances, ma curiosité disons pathologique, et la connaissance passive d'une quinzaine de langues m'ont permis de déceler, sous les diversités de mainte et mainte culture, de nombreux invariants, qui me prouvaient, contre tous les racismes, l'unité de notre fragile espèce. » Étiemble
Comme George Orwell en son temps qui, à la fois fasciné et craintif, prévoyait ce que serait 1984, François Valorbe nous décrit l'Eps comme on y sera... Mais ce n'est pas une anticipation, c'est un futur probable poussé aux limites de ses conséquences, donc de l'horreur. Voulez-vous vivre en Eps ? nous demande Valorbe, sous-entendu : si peu que ce soit ? La réponse est non évidemment, mais craignez un jour d'y vivre, ne vous aveuglez pas. Sachez qu'Eps est au fond de chacun de nous, et pour en sortir peut-être un seul remède : l'humour... noir.
L'aventure exemplaire d'un homme qui, fuyant les « agités infatigables » (selon la formule de Kierkegaard), veut s'épuiser parfaitement. L'ascèse d'un homme, d'un « étranger », qui, à partir de la révélation éblouissante d'un phénomène physique aberrant, veut affirmer sa différence essentielle, sans pour autant tout à fait y parvenir. Une voix précise, minutieuse même, insistante, et de telle sorte qu'il semble qu'elle ne cessera plus de nous solliciter.
« Bruit et Fureur qui dissimulent des nostalgies et des hantises, nostalgie du passé, hantise d'enfance douloureuse et traumatisée. Aussi placerais-je X aux côtés de la « Maison d'Haleine », l'admirable roman de William Goyen, la demeure dont le héros ne peut se détacher, pleine encore des voix de ceux qui l'habitèrent et d'où les morts accourent au moindre appel. Mais, dans les évocations de X, il y a plus de démesure, une sorte d'ivresse du verbe, d'où les jaillissements de poésie avec des relais de cynisme amusé, un peu de malice peut-être pour lutiner un lecteur impatient et des brassées d'images rutilantes et sonores pour celui qui aime (et qui sait encore) lire. » Maurice-Edgar Coindreau.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Jean Simon Castor court toujours au moins deux lièvres à la fois ; et lorsqu'il revient de la chasse il porte souvent dans sa gibecière un faisan auquel d'abord il n'avait pas songé. Il ne bat pas le fer pendant qu'il est chaud, car il ne tient pas à changer la forme première du fer. Il ne met la charrue ni avant, ni après les boeufs. Il laisse les boeufs paisibles brouter autour des charrues rouillées. L'hiver, il aime se sentir sur des charbons ardents. Quand il lave un corbeau, il n'espère pas le rendre blanc. Il chatouille le ventre des truites sans chercher à les attraper. Jamais il ne ressemble à l'ombre d'un cadran. Jamais il ne se chauffe au feu d'une maison qui brûle.
« Cette entreprise, certes, est hors du commun : j'entends par là que l'idée d'écrire, de cinq en cinq ans, sur un quart de siècle, une sorte de bande dessinée des morts illustres devrait tout de même valoir à celui qui l'a eue, à défaut de considération, du moins le genre de sympathie qui va à tout pari un peu bizarre, quand l'obstination finit par le rendre méritoire : ainsi du menuisier qui consacre trente ans de sa vie à sculpter le moindre centimètre carré d'une porte de buffet d'église, du collectionneur de marrons d'Inde qui n'aura pas manqué une seule nuance de brun, du plus clair au plus foncé, ou du facteur Cheval en son palais. Cette bizarrerie n'est pas sans charme. Eh bien, je voudrais bien que ces « Morts illustres » soient admis dans cette catégorie de bizarreries inoffensives. Y.G.