FeniXX réédition numérique (Bonne Presse)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Avec Garrec contre la Carabassen, René Madec nous narre une course de vitesse entre le génie policier de son vieil ami, le recteur de Riélan-sur-Mer, et l'intuition jalouse de sa Carabassen. L'esprit fureteur de la vieille bonne de cure, aiguillonné par une jalousie presque professionnelle, va faire naître - dans l'esprit de Garrec - quantité de problèmes équivoques. Pauvre Carabassen ! L'auteur connaît à fond l'art d'insinuer ; sa plume au style vif et alerte conserve toute sa jeunesse et nous fournit, avec ce nouveau volume, une lecture de bonne détente, à laquelle le lecteur ne manquera certainement pas de revenir.
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Mairgand note qu'il y a une fenêtre au milieu de cette pièce. L'assassin a pu venir et s'enfuir, soit par là, soit par la porte de la cuisine, à droite, soit par celle de la chambre. Quant à situer le meurtrier dans la grande salle, il n'y fallait pas songer un instant, le nombre de témoins rendant la chose improbable, sinon impossible. La victime a de très beaux cheveux, d'un blond chaud et comme lumineux. Elle devait être grande, élancée, bien faite. Elle porte des bas de soie et des chaussures très élégantes. Dans la salle, les conversations ont repris, mais à voix basse. Le commissaire écoute. Qui est-ce qui a bien pu faire le coup ? On ne leur connaît pas d'ennemis...
Le dernier train avait sifflé depuis des heures, quand on entendit le halètement d'une auto un peu essoufflée, qui grimpait la côte. Une minute plus tard, elle stoppait ; trente secondes après, la sonnette retentissait, tirée par une main vigoureuse. Mademoiselle Catherine poussa un gémissement d'effroi, et son peloton roula d'épouvante sous le buffet. Le commandant enleva sa pipe de sa bouche, attentif. Rosenn, en deux glissades, alla ouvrir. Un jeune géant pénétra dans le vestibule, sans attendre qu'on l'y invitât. Grand, large d'épaules, il avait un visage hâlé, pas beau, mais viril et sympathique, une chevelure hirsute, couleur de châtaignes mûres, des yeux qui riaient, une bouche qui en faisait autant, un air d'insolente santé...
Vimeux est un de ces petits villages souriants, typiques de la grande banlieue résidentielle. Dos à dos, juste au centre, la mairie et l'église. Deux places devant chaque bâtiment, d'où partent deux rues courtes et larges, qui traversent donc le pays dans sa longueur. Un hôtel, le Faisan doré, reçoit, à la belle saison, une cinquantaine de citadins, qui viennent dans ce charmant petit coin, soit pour des week-end, soit pour les vacances. Ajoutons que, ce matin de juillet, le village semblait noyé dans une brume bleutée, préludant à une journée qui s'annonçait aussi torride que celle de la veille. Et ainsi, se trouve esquissé le cadre d'une histoire qui commença de façon banale : par une vitre brisée. Une affaire de quartier, en somme, avec cette différence, dans le cas qui nous intéresse, que personne n'eut connaissance, de façon précise, de la genèse de l'affaire, qui éclata comme un coup de tonnerre...
On est de plus en plus inquiets de la situation et je commence à avoir peur. Dès que mon fiancé arrive, mes regards anxieux l'interrogent. Il m'a parlé ce soir si gravement ! "Il faut envisager l'avenir courageusement Joëlle. Oui, demain est menaçant. Si nous devons nous séparer, nous ferons, l'un et l'autre, notre devoir. Le mien sera de me battre, le vôtre de prier, de seconder vos parents, d'apporter aide et consolation aux éprouvés. Voyez comme votre tâche sera belle ! Et, comme je fondais en larmes, il a ajouté tendrement : "Est-ce que l'absence pourrait changer nos coeurs, dites-moi ?"
"On vient de voler les bijoux de Barbara Landell à l'hôtel Carlton." Dès qu'elle eut entendu la réponse, Anna bondit de sa chaise, sauta au cou de son mari, et l'embrassa sur toute la figure. Bill Tomsy ne comprenait rien à cette explosion subite d'affection, mais il se laissait faire, comme un bébé que l'on éponge dans sa baignoire. Sa femme le libéra enfin. "Tu as bien dit Barbara Landell, mon Billy ? Barbara Landell du Metropolitan Opera ?"
Parce que les êtres lui manquent, Denise va se rattacher aux choses. Elle regarde ce soir, avec une sorte d'avidité, la petite salle où tout lui parle de ses parents. Le fauteuil de paille où s'asseyait Madame François... son tricot aux longues aiguilles, qui ne sera jamais terminé... Le râtelier où sont encore accrochées les pipes de son père. Par la fenêtre ouverte, elle laisse sa vue errer sur le petit jardin éclatant de lumière ; elle regarde les légumes bien alignés, et les roses soufrées, greffées par Jean François. Un bruit de voix attire son attention : son frère et le maire sont en train de causer dans le jardin. À peine si Denise s'y arrête...
Ce sont deux Savoyard authentiques, de vieille souche, deux camarades d'enfance, heureux de se retrouver, qui remontent de Chambéry à Puygris, dans une opulente Panhard, assez mal à l'aise sur ce chemin de montagne. Celui qui joue de l'accent provençal pour déguiser son inquiétude, est journaliste à Paris ; il passe, comme chaque année, ses vacances au pays. L'autre, retraite prise, vient de réintégrer la maison familiale d'été, devenue pour lui refuge de ses loisirs. Marius est bien son prénom, mais il y a presque autant de Marius en Savoie qu'au bord des calanques méditerranéennes...
Madame Marcellin, descendant au jardin, le frôla au passage, en venant chercher son éventail oublié. Cet éventail - semé de perroquets écarlates et de roses bleues - et le "comomodore", étaient les deux signes particuliers de l'opulente Isabelle. Le commodore, énorme médaillon-broche, serti de gros diamants étincelants, épinglé sur sa vaste poitrine. Un souvenir de famille, dû à un miniaturiste anglais - la grand-mère de Marcellin était anglaise - et qui représentait, à mi-corps, un superbe major de l'armée des Indes, rouge de teint, de poil, de cheveux, sanglé dans une tunique écarlate. Léo lui lança un regard en biais. C'était celle-là, si grosse dans sa robe vert saule, où le commodore faisait l'effet d'un coquelicot dans un pré, qui s'avisait de taper sur ses favoris... parce qu'elle les jalousait... sûrement...
Claude avait cru de son devoir de prévenir son oncle par télégramme, et de lui annoncer le jour et l'heure des obsèques. Il n'avait reçu que cette laconique réponse : "Pleure et prie avec toi, mais impossible de venir". Depuis, plus rien. Il en avait compris que Madame Lemonnier ne se trompait pas en traitant son frère d'original...
Son enfance indépendante et sauvage se prolongeait. Elle grandissait, n'imaginant rien de plus beau que l'existence qui lui était faite dans le décor du vieux manoir, ses meubles, ses bibelots, son portail, son puits fleuri, et le grandiose spectacle que lui offrait une nature généreuse. Certes, des affections emplissaient son coeur. Elle chérissait ardemment celui qui l'avait recueillie, orpheline de huit ans ! et Mac'harite, dont les soins lui étaient précieux ; mais l'amour, l'amour qui, déjà, asservissait Yanneck, ne la touchait pas encore. Pour elle, tout était jeux et rêves.