FeniXX réédition numérique (Austral)
1981-1995 : Antoine Comte révèle les coulisses d’une gauche judiciaire trahie par le pouvoir. Entre affaires d’État, combats perdus et fidélité aux idéaux, ce témoignage sans concession interroge notre démocratie.
11 septembre 1993, Port-au-Prince : deux observatrices de l’ONU assistent, impuissantes, à l’assassinat d’Antoine Izméry. Ce témoignage brut plonge le lecteur au cœur de la violence politique et de l’espoir tenace d’un peuple.
Et si l’humour télévisuel était bien plus qu’un simple divertissement ? L’humour cathodique explore comment les émissions satiriques, comme Les Guignols, ont transformé notre rapport à l’information et à la politique.
Derrière les murs des grandes écoles, une réalité choquante : Bizut révèle les mécanismes de l'humiliation institutionnalisée. Aude Wacziarg, ancienne victime, brise l'omerta sur ces rituels de soumission qui façonnent les élites de demain.
Condamné à tort, Roland Agret a lutté jusqu’à l’acquittement après quinze ans de prison, grèves de la faim et automutilation.
1993, Neuilly-sur-Seine : la prise d’otages qui a bouleversé la France. La mort hors la loi d’Erick Schmitt révèle les zones d’ombre d’une affaire judiciaire explosive.
Les années 90 ont vu éclater une violence sociale et politique inédite : émeutes, chasse aux sans-papiers, succès de La Haine, exécution médiatisée de Khaled Kelkal. Alain Brossat en décrypte les ressorts et interroge notre rapport à la démocratie.
« En proie à l'Étranger », écrit Jacques Hassoun, « en proie à la xénophobie, la République est parfois tentée de détruire ses mythes fondateurs [...] et de piétiner ses emblèmes. [...] En arriver à rabattre sur sa propre légalité au nom de ce pelé, ce galeux, par qui tous les malheurs arrivent, l'Étranger, tel est le paradoxe auquel nous sommes aujourd'hui confrontés. » Anne Longuet Marx croise sa réflexion par une fable dédiée : À ceux dont le nom à prononcer est difficile, au tailleur du Sentier qui fut leur ami, à Ulysse quand il s'appelle Personne.
« Son talent ne réside pas dans ses oeuvres mais dans le détachement qu'elles lui inspirent. » Moins il a d'usage, plus on s'y attache. C'est le sort de M. Balladur. Sa popularité célèbre son impuissance. Qu'il échoue à l'Élysée importe peu. Tant qu'on n'aura pas compris pourquoi et comment notre Premier ministre a bluffé une majorité de Français, de la droite à la gauche. Découvrant la solitude du patient qui a résisté à l'anesthésie, Titus retourne le scalpel contre le Mage de Matignon. Faux libéral, faux homme d'État, Édouard met la France en retard. « Un sot sur lequel il n'y pas de prise, c'est une cruche sans anse », disait Chamfort. Jusqu'à quand cette cruche-là aura-t-elle prise sur les Français ? Titus la réduit en morceaux. Avec une effrayante allégresse.
« Apre bal, tanbou lou » : « Après la fête, les tambours sont lourds ». C'est par cette phrase chargée de menace qu'en décembre 1990 l'ambassadeur américain accueillit l'élection en Haïti de Jean-Bertrand Aristide, prêtre et théologien de la libération. Dans ce pays ravagé par des années de dictature et de misère, la voix du peuple obtenait satisfaction pour la première fois. Climat de détente internationale oblige, les États-Unis ont tout d'abord paru soutenir le processus de démocratisation. Mais la réalité, tout au long de ces années de transition difficile, est beaucoup plus complexe. De manière très fouillée et rigoureuse, mais dans un récit vivant et coloré, Pierre Mouterde et Christophe Wargny ont démêlé l'écheveau complexe des doubles jeux : celui de la CIA, des officiels américains et des organismes internationaux, mais aussi des intérêts économiques et du Vatican. Ce décalage entre discours des droits de l'homme et déstabilisation sournoise, sur fond de dénuement et de violence mais aussi d'immenses espérances, est exemplaire de la situation de bien des pays pauvres aujourd'hui.