FeniXX réédition numérique (Alfil)
Fils de Déportés acadiens, Olivier Barillôt, dit Tipon, débarque à Paspéya en 1774, sur une des trois goélettes de la Robin Pipon Company, qui exercera le monopole des pêcheries en Gaspésie - et dans toute la baie des Chaleurs - pendant près de deux siècles. La Belle Embarquée, c'est bien plus que le récit d'un retour, c'est également celui du peuplement de la Gaspésie, de l'esclavagisme jersiais, de la guerre des Corsaires, et de la longue quête de ce peuple de la mer vers la liberté et l'autonomie - quasi mystique - de ce pays encore à faire... un demi-siècle d'Histoire, qui coïncide avec le premier contingent acadien arrivé en Gaspésie au service de la firme jersiaise, jusqu'au départ de son dieu tout-puissant : Charles Robin. La Belle Embarquée est un roman historique et social, mais aussi un vrai livre d'aventures sur la difficile réinsertion des Acadiens dans le Canada de la fin du XVIIIe siècle, après leur déportation, sous la houlette douteuse des Robins, à l'heure du capitalisme naissant.
"Il appartenait à Anton de Hay de clore cette période funeste par le châtiment exemplaire des coupables. Le sang avait déjà tant coulé, qu'il eût été vain d'espérer frapper les esprits en en répandant encore. La mort n'effrayait plus personne. Il fallait inventer une grâce pire que tout supplice, quelque chose qui ressemblât à l'éternité"...
Rachid a du mal à quitter son enfance. Il est dur de se rendre compte qu'en dépit de sa vigilance, les tapis volants n'existent pas. Dans cette "Tour de Babel" d'une cité, où même le soleil a peur de se montrer, le monde des adultes lui paraît incompréhensible, méprisable, invivable. Il préfère les rêves que lui procure la poudre blanche, au monde si ingrat qui l'entoure. Mais il y a la rencontre avec Abraham, l'aveugle, qui le guide, pas à pas, vers les autres, et vers la compréhension d'un monde a priori si hostile. Sans mièvrerie, avec une humanité infinie, il lui fait percevoir toute la cruauté du monde, mais aussi toute sa beauté. Lui, l'aveugle, lui enseigne la clairvoyance. Au cours de ce long voyage initiatique, Rachid apprend à accepter sa douleur, et à accueillir la douleur de l'Autre, à découvrir la beauté cachée sous la laideur. Tout fait sens. La vie n'est pas un rêve, "elle est le sens du rêve", et elle n'a de sens que si l'on n'omet aucune de ses facettes, la haine comme l'amour, la beauté comme la laideur, la culpabilité comme le pardon. Elle n'a de sens que dans la lucidité. Une leçon de vie sans complaisance, où le réalisme côtoie sans cesse la métaphore, dans un langage d'une poésie tout orientale.
Encore une histoire d'amour. Il n'y a que des romans d'amour. Tout le reste est littérature. Ici, Monsieur Jean aime Daisy, une poupée gonflable. C'est un jeu. Un roman donc. Il voudrait faire de son couple un couple sans histoires. Folie ? Non, plutôt une sotie. C'est-à-dire une fable. Monsieur Jean est un Folantin d'aujourd'hui. L'aigreur spleenique en moins. Un roman, c'est comme une lettre d'amour qu'on s'envoie. Une fois dans sa vie...
Même décousue, son étoile jaune avait laissé sa griffe sur son blouson vert, et l'avait perdu. Jeté en prison à Tours, puis dans un convoi pour l'enfer, le petit garçon parvient à s'en évader, pour se hasarder une deuxième fois sur la Ligne de démarcation. Par les yeux de ce Gavroche, nous revivons l'Exode, l'Occupation, et la grande traque, où il passe entre les mailles du filet. Ainsi nous entraîne-t-il, d'aventure en aventure, et d'une ville à l'autre, sur le plateau des "Enfants du Paradis", où il a trouvé un refuge providentiel, jusqu'à la nuit du Débarquement de Provence, qui va l'arracher au joug de la milice. Le ton du récit demeure alerte et espiègle, même si parfois s'en exhale - entre rire et larmes - un arrière-goût d'amertume, presque de désenchantement. Il est vrai qu'après les émerveillements de l'enfance, une telle adolescence, parcourue d'angoisse et d'errance, était un crève-coeur. Son père l'avait pourtant mis en garde : "Non, lui avait-il-dit, la vie n'est pas un conte de fées. Nous ne sommes pas jetés dans le monde pour en goûter le miel, mais pour nous défendre et pour nous battre." Tout avait si bien commencé pourtant, mais, quelque part, là-haut dans sa cabine, l'opérateur avait emmêlé ses bobines. On était passé sans transition de Blanche-Neige et les Sept Nains au testament du Docteur Mabuse.
"...il avait compris qu'un solitaire n'a que lui-même à raconter : qui aurait saisi sa jouissance, ses hurlements, l'haleine de Dieu, les plaines ? (...) Les mots, pensait-il, sont un pont qui relie les hommes aux hommes. Ils ne désirait plus être relié aux hommes. Il n'en ressentait pas le besoin. Le pont s'avérait donc inutile, et il le délaissait. Les mots sont portés par la voix. La voix est la pile du pont. Alors, il abattit la pile, ne se parla même plus à lui-même."
Les marraines de Timla'ch, le dernier mort échoué au cimetière de Loonanne, un village de pêcheurs à la frontière du temps, le lui répètent souvent : "Meurs donc, une bonne fois pour toutes, et qu'on n'en parle pas cent sept ans !" Tandis que le nouveau mort joue à la balançoire cosmique, s'entraîne à l'édification, par la pensée, d'une chapelle gothique ou, plus simplement, se laisse aller à la contemplation de labours sous-marins, Jeepoling, l'ami de toujours et flic de son état, essaye de comprendre les circonstances de cette mort. Mais, à fréquenter le gardien de la décharge des rêves, boire l'énigmatique whiskey ambré de la belle Pankow, ou interroger l'ex-terroriste irlandais, il comprendra rapidement que le mystère se cache peut-être ailleurs. Du côté de chez Deese, le révérend entremetteur ? Dans les cales puantes des chalutiers ? Du côté des ruines de l'ancien fort ? Dans la mystérieuse cave du pub, visitée régulièrement par la marée ? Peut-être, tout simplement, dans les brumes et les pluies de "La vallée nuageuse"...
Gérard Vittori, dans ce travail, soumet l'oeuvre de Pirandello à une lecture marxiste, selon le concept central d'aliénation. Il dénoue les rapports entre concience du réel et idéalisme chez l'auteur sicilien.
Comme dans toute bonne histoire, on trouvera ici l'éternel trio, l'homme, la femme et... non vous n'avez pas deviné, ce n'est pas l'amant, mais le Diable, bien sûr, le Diable, puisqu'il s'agit de petits Faust. À certains, cet ouvrage pourra sembler peu sérieux, trop badin. Ce n'est qu'une apparence. Décortiquez-le et vous y trouverez, en cherchant bien... ce que nous nous garderons de révéler ici...
« ...On ne sait pas toujours pourquoi une oeuvre nous fascine. Ici, c'est évident. Un sentiment d'étrangeté et d'angoisse ; une fascination pour la mort, le chaos et les fins du monde ; une propension à décrire des personnages écrasés, mais néanmoins bien vivants ; un goût certain pour l'exotisme et l'érotisme - ou la pornographie après tout, quelle différence ; un romantisme exacerbé... »
Dans cet essai, Gérard Vittori propose une lecture tout à fait originale de la comédie de Goldoni "Le valet de deux maîtres", qui associe l'étude d'une thématique à celle du développement dramatique de l'oeuvre : une mise en lumière des ressorts profonds de la pièce et de leurs liens intimes.