Actes Sud Papiers
La mathématique théâtrale de Wajdi Mouawad, somptueuse, tragique, géopoétique et percutante, nous entraîne dans le carrousel à grand tournoiement des vies possibles de Talyani Waqar Malik, alter ego de l'auteur : neurochirurgien italien, chauffeur de taxi parisien, peintre québécois, condamné à mort texan, boutiquier de jeans libanais. Cinq destinées en autant de lieux différents, mais lestement croisées en un même espace-temps halluciné.
"Je dois savoir tous les goûts de vie. Tristesse. Mélancolie. Lenteur qui rend lourd, ça fait partie du tout. Je dois vivre et connaître tout ça, l'un et l'autre. La peur, la joie, le vague à l'âme de vie. Tout." 17 août, 17 h 58 : c'est la date et l'heure de la fin du monde, annoncée par les scientifiques. Au milieu du chaos provoqué par cette prédiction, une femme attend un enfant qui ne naîtra pas. Vient alors pour elle l'urgence de le mettre au monde et pour lui de vivre toute une vie en seulement quelques jours.
À la suite d'À vif, Kery James convoque à nouveau, pour À huis clos, son personnage fétiche, Soulaymaan, et le place au coeur d'une France meurtrie par une justice défaillante. Après le meurtre de son grand frère par la police, le jeune avocat décide de prendre les armes pour un face-à-face avec le juge qui a innocenté l'assassin de son frère.
La nouvelle pièce tragicomique de Jean-Claude Grumberg. Un couple, Le Vieux et La Vieille, voit son quotidien bousculé lorsque leur fils, quarantenaire, revient vivre chez eux et passe son temps enfermé dans sa chambre.
En 2023, pour la première fois, la spécialité théâtre des classes de terminale propose d'étudier ce qu'est le travail de l'acteur. Le choix s'est porté sur le parcours et certains rôles de l'actrice de la Comédie-Française, Dominique Blanc. Une plongée dans trois rôles emblématiques de la comédienne : Suzanne dans "Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais mis en scène par Jean-Pierre Vincent, "Phèdre" de Racine dans la mise en scène de Patrice Chéreau et six rôles qu'elle tient dans "Angels in America" de Tony Kushner mis en scène par Arnaud Desplechin à la Comédie-Française.
À l'occasion des quarante ans de la compagnie Zingaro, Fabienne Pascaud en écrit l'histoire. Complice de Bartabas depuis ses débuts, fine connaisseuse de son oeuvre, elle revient sur les influences, les tendances, les ruptures et les mouvements de ce théâtre transdisciplinaire. Un cahier hors texte contient une vingtaine de photographies inédites de la compagnie, et une chronologie exhaustive des créations de la compagnie clôt l'ouvrage.
Cet enfant: Une succession de scènes courtes autour de la relation parents-enfants, avec des personnages durs et fragiles, terriblement humains. Sans jugement moral, ils interrogent la norme sociale d'un impossible modèle idéal de bonheur familial. «Né en 1963, Joël Pommerat, auteur et metteur en scène, a fondé la compagnie Louis Brouillard en 1990. Au théâtre, comme pour ses collaborations à l'opéra, il a la particularité de ne mettre en scène que ses propres textes, Toute son oeuvre est publiée chez Actes Sud-Papiers.»
Un guide adressé à tous les professeurs de français du secondaire pour la mise en pratique du théâtre en classe entière.
"Dréville témoigne d'un dévouement admirable à sa profession, qui est loin d'être évident. Elle décrit ce métier artistique comme un processus, jamais achevé, une série d'expériences qui se construisent les unes sur les autres, se considérant elle-même comme une apprentie permanente, qui souhaite désormais transmettre un peu de ce qu'elle a vécu à la génération suivante d'acteurs. " Thomas Ostermeier Nourriture intellectuelle, méthodes de jeu dramatique, dévoilement métaphysique et exploration intérieure : autant de denrées rares que Valérie Dréville a recueillies tels de précieux enseignements, lors de ses collaborations avec les metteurs en scène Antoine Vitez, Claude Régy, Anatoli Vassiliev, Thomas Ostermeier ou encore Krystian Lupa. À ses maîtres - notion qu'elle rétablit -, elle voue une profonde reconnaissance.
À l'aube des 80 ans de la Libération, Éva Doumbia livre un diptyque sur les tirailleurs sénégalais, longtemps oubliés de l'histoire. Elle ancre les pièces dans deux temporalités différentes, en 1940 et en 2012, continuant ainsi sa fresque familiale initiée avec Le Iench, publié en 2020, chez Actes Sud-Papiers.
Le récit de Lacrima, la commande d'une robe de mariée passée par la princesse d'Angleterre à un atelier de haute couture français, pourrait être celui d'un conte de fées. Toute fois, histoire de larmes plus que d'un vécu heureux, trajectoires de petites mains plus que d'altesse royale, Lacrima dénoue les fils qui, de génération en génération, tissent le secret, exerçant chez les êtres qui en sont le réceptacle inconscient, dans les corps qui en portent les stigmates, une violence muette. Entre Paris, Alençon et Mumbai et à travers l'éclatement des abcès putrides contenus dans ces enveloppes charnelles sacrifiées, les péripéties de cette robe-trésor provoquent dans la vie de ceux qui travaillent à sa conception des cataclysmes irréversibles.
Lorsque nous pensons à Phèdre, d'emblée s'impose à notre esprit l'image d'une fureur tragique, qui dévaste tout sur son passage. C'est oublier deux éléments : d'une part, la liberté dont use Phèdre quand elle s'oppose à l'autorité masculine, faisant d'elle une héroïne contemporaine capable de questionner les rapports de désir et de domination actuels ; et d'autre part, la puissance des passions qui aveuglent aussi bien Thésée qu'Hippolyte, conduisant tous les personnages dans le cercle infernal d'une violence indomptable. En adaptant la version de Sénèque avec audace et poésie, Frédéric Boyer parvient à rendre dans une langue française contemporaine la vigueur de ce texte, qui résonne alors étrangement avec nos propres tourments. Comme si l'histoire de cette tragédie était d'abord celle de notre parole, celle que nous taisons, que nous refusons d'entendre, et qui soudain fait irruption sur la scène.
Polar, fiction et poésie se côtoient dans cette pièce de théâtre qui éclate les genres. À partir d'un fait divers fictif, Baptiste Amann cherche à démêler les rouages qui sous-tendent les féminicides. Réaffirmant que la littérature est le lieu du pardon et de la réflexion, l'auteur restaure l'humanité des individus particuliers, perdue dans la fureur médiatique et politique, qui instrumentalise les tragédies.
"L'époque est aux acharnés, Malal. La liberté ne se donne pas, elle se prend. Quiconque marche dans la mer ne doit pas craindre de se mouiller." Fajar raconte l'odyssée de Malal, jeune homme qui décide de quitter son pays d'origine pour rejoindre l'Europe et devenir poète. Un voyage initiatique qui fait vaciller les frontières et explore les chemins de la construction de soi. L'histoire d'un exil et de la découverte d'un monde des possibles.
Les plus grands classiques de Kery James, sélectionnés par le rappeur lui-même, réunis dans ce recueil à l'occasion de ses trente ans de carrière. Des textes forts, essentiels, qui prouvent que le rap et le slam occupent une place primordiale dans la poésie contemporaine. Un cahier imprimé en couleurs réunira une vingtaine de photographies inédites dont certaines issues d'archives familiales.
Une femme raconte. Son mal de dos, les rêves de sa voisine et amie, l'usine locale menacée de disparition, les familles au bord de la catastrophe, la guerre possible. Une simple chronique de la misère ? L'histoire déborde vite la volonté de neutralité de la narratrice, le paranormal infiltre le réel, l'action des individus contredit la parole collective. Sur un mode ironique et tragique, les artisans de cette fable théâtrale Missent une comédie noire. «Joël Pommerat met en scène ses propres textes avec la compagnie Louis Brouillard qu'il a créée en 1990. Au-delà du texte, il écrit avec la présence des acteurs sur scène, la lumière et le son. »Les Marchands« est le dernier volet de la trilogie commencée avec »Au monde« en 2004 puis »D'une seule main« en 2005 .»
Fuyant la guerre civile, une mère libanaise s'installe à Paris avec ses trois enfants. Commence alors pour la famille une parenthèse absurde, rongée par la peur des dégâts irrémédiables de la guerre et alanguie par l'attente d'un père. 3 femmes, un homme, un enfant / 2 h 15
Vingt-quatre siècles après la création de Philoctète, Wahid entreprend de monter cette tragédie de Sophocle, l'immortel porteur des peines du monde. Mais le décès du poète Robert Davreu, qui devait en assurer une nouvelle traduction, complique son travail. Afin de retourner aux origines de la pièce et d'en imaginer la scénographie, il entame alors un voyage en Grèce, à la recherche des malheurs du grand Argonaute. «Connu pour la force de son théâtre épique, notamment le cycle »Le Sang des promesses« (»Littoral, Incendies, Forêts, Ciels«), Wajdi Mouawad est aussi l'auteur du roman »Anima«, traduit en plusieurs langues. Son oeuvre a été saluée par de nombreuses récompenses, dont le prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2000 et le grand prix du théâtre de l'Académie française en 2009.»
Après "Électre des bas-fonds", Simon Abkarian s'inspire d'un nouveau mythe antique, l'histoire d'amour entre Ménélas et Hélène, en conservant sa dimension épique et tragique, mais en le plaçant dans une criante modernité, faisant la part belle aux questionnements des femmes de notre temps. Hélène, loin de la lascive passivité dont elle fait preuve dans le texte d'Homère, confronte Ménélas à ses abus et l'oblige à constater les dégâts commis par ses pairs.
Ce diptyque retrace l'histoire d'amour de Paul et Liliane. Une trajectoire banale de deux personnes issues de milieux sociaux radica lement opposés. Au milieu des années 1970, leurs chemins se croisent dans un train pour ne former qu'une seule ligne de vie. Dix-sept ans plus tard, alors qu'ils sont désormais séparés, Paul et Liliane se retrouvent. Les pièces mettent en exergue l'influence des conditionnements sociaux et des rapports de classe au sein des relations amoureuses et nous interroge sur ce que l'on garde de nos utopies lorsque l'expérience de la vie les a épuisées.
A l'entrée d'une Athènes moderne en émeute, Oedipe s'arrête de cheminer en compagnie d'Antigone, à la fois sa fille et sa soeur. Ici prendra fin, selon l'oracle, la traversée des malheurs de cet ancien roi de Thèbes, dans les ruines d'un antique théâtre, au bord de l'aube. Quand s'ajoutera à la sienne la mort du jeune Alexandros Gregoropoulos, Oedipe reconnaîtra qu'en ce mélange de vies égarées et de temps confondus les aiguilles du chagrin font tourner le cadran des présages ineptes : aujourd'hui comme hier, il faut s'enfoncer dans le labyrinthe des mots pour que vibre l'écho des enfances perdues. «Connu pour la force de son théâtre épique, notamment le cycle »Le Sang des promesses« (»Littoral, Incendies, Forêts, Ciels«), Wajdi Mouawad est aussi l'auteur du roman »Anima«, traduit en plusieurs langues. Son oeuvre a été saluée par de nombreuses récompenses, dont le prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2000 et le grand prix du théâtre de l'Académie française en 2009.»
Vincenzo Mazza revient sur l'extraordinaire parcours artistique et engagé de Jacques Copeau, qui a inspiré toute une génération d'artistes contemporains (Jean-Louis Barrault, Jean Vilar, Jacques Lecoq, Ariane Mnouchkine). Ce recueil de textes vient pallier une méconnaissance du Copeau metteur en scène et entrepreneur culturel engagé pour tenter de lui rendre la reconnaissance qu'il mérite. Son petit format, sa brièveté et sa construction thématique ont été pensés pour en faciliter l'accès sur des notions essentielles.
Deux pièces, l'une tragique, l'autre comique, sur l'absolue nécessité du langage, la puissance des mots et la poésie.
Deux pièces, drôles et cyniques, mettant en scène l'auteur de théâtre dans tous ses états. Dans "Tachkent", un auteur de théâtre ne parle plus que pour dire du mal des metteurs en scène qui ont monté ses pièces. Une actrice qu'il a aimée, un acteur idolâtre et une maîtresse opportuniste essaient de le ramener à la réalité. Mais sont-ils bien réels eux-mêmes ? Dans "Comment j'ai écrit la pièce", Rémi De Vos se met en scène pour la première fois et se montre en plein processus d'écriture, révélant ainsi ses obsessions, ses craintes, ses doutes et les rouages de la création.
Quatre femmes âgées vivent dans un appartement, ont leurs petites habitudes et se satisfont de l'équilibre sain qu'elles ont construit jusqu'à ce que Victoria, la fille de Rosa, vienne perturber leur quotidien. 5 femmes / 2 h
Maria Casarès, André Gide, Jeanne Laurent, André Malraux, Gérard Philipe, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre et bien d'autres forment la constellation artistique et intellectuelle qui gravite autour de l'une des figures essentielles du théâtre moderne, Jean Vilar. Metteur en scène, comédien, directeur du Théâtre national populaire de 1951 à 1963, fondateur du Festival d'Avignon, Jean Vilar a oeuvré toute sa carrière à rendre accessible au plus grand nombre un théâtre de qualité. Exigeant et engagé, nourri des valeurs de la décentralisation théâtrale et du théâtre populaire, il a également défendu, avec acharnement, les auteurs dramatiques de son temps. Les deux cent soixante lettres qui composent cette correspondance dévoilent les différents visages d'un Vilar méconnu, parfois rêveur, souvent solitaire, séducteur mais aussi autoritaire, par-dessus tout homme de théâtre et écrivain. "Sachez que je vous admire, parce que vous avez magnifiquement réussi l'impossible, et que vous le faites chaque jour. Ce ne sont pas des paroles de politesse mais d'amitié réfléchie." Marcel Pagnol à Jean Vilar
"C'est quoi le chemin des mots d'un personnage au-dedans de soi ? Ces mots, dans lesquels on a une foi totale. D'autant que lorsqu'on joue certains grands textes, on se rend compte qu'il n'y a presque rien d'autre à faire que de les dire, ces mots, parce que le seul fait de dire ces mots-là, agencés de cette manière-là, suffit à nous modifier, à nous agiter l'âme et le corps. Ces mots, quels sillons creusent-ils au-dedans du corps des acteurs et des actrices ?"
Aujourd'hui. Dans un night-club de la péninsule arabique. Alors que la Vierge-immaculée-miraculée essaie de réécrire l'Historie pour se réapproprier son corps et les plaisirs qui lui reviennent, alors qu'Aphrodite-désir-du-monde se tourne vers le cinéma, Phèdre toujours passe du corps du père à celui du fils. Humiliée par Thésée, mais incapable de résister à la terrible inflammation de son coeur et au regard d'Hippolyte, elle repasse et trépasse - depuis que les dieux ont fermé boutique - à travers les siècles de l'odyssée féminine. «Comédien, metteur en scène, romancier d'»Anima« (2012) et directeur de La Colline - théâtre national, Wajdi Mouawad est l'auteur du quatuor épique »Le sang des promesses« (»Littoral, Incendies, Forêts, Ciels«). Son oeuvre, traduite en plusieurs langues, a été saluée par de nombreuses récompenses internationales.»
Acteur, scénariste, metteur en scène de théâtre et d'opéra, réalisateur, Patrice Chéreau (1944-2013) a joué un rôle majeur sur la scène artistique et culturelle européenne durant plus de quarante ans. Ce nouvel opus de la série consacrée à ses notes de travail revient sur ses films "Judith Therpauve", "L'homme blessé", sa mise en scène de "Peer Gynt" de Ibsen et tous les projets menés entre 1977 et 1981. Une sélection de notes, restituées chronologiquement, dans lesquelles le metteur en scène pense son travail, cherche son geste artistique et évoque ses collaborations.
À quinze ans, lorsque Stanislas apprend qu'il est diabétique, son insouciance s'envole. Sa rencontre avec Fleur, jeune femme éprise de liberté et de mots, va bouleverser son adolescence. La puissance de la poésie et de la littérature réenchante alors sa vie en lui redonnant un sens face à l'épreuve. "Elle a passé, la jeune fille, Vive et preste comme un oiseau, À la main une fleur qui brille, À la bouche un refrain nouveau."
"C'est quoi être flic pour toi ? - La loi et l'ordre. - C'est tout ? - Ben, c'est déjà pas mal. Tu dis quoi, toi ? - Protéger les gens. Les citoyens. - Oui, c'est ça. On est d'accord. J'ai l'impression de faire ça toute la journée. - Ça veut pas dire rajouter la merde à la merde. - Tu me fais rire. Allez, on va boire une bière." Avec un humour cinglant, Rémi De Vos fait dialoguer des policiers, témoins de la débâcle du monde.
Louise aura bientôt cent ans. Julie en a huit. Louise est une artiste célèbre. Chez Julie, il n'y a pas de tableaux aux murs et on lui a toujours dit qu'elle ne savait pas dessiner. Louise n'aime pas beaucoup les enfants. Julie pense que la maison de Louise n'est qu'un grand désordre, avec des araignées cachées dans tous les coins. «L'Éloge des araignées» est inspiré de l'enfance et de l'oeuvre de la sculptrice Louise Bourgeois. La rencontre entre Louise et Julie n'a jamais vraiment eu lieu, et c'est peut-être dommage. Car il faut bien que quelqu'un garde les enfants quand leurs parents sont au travail. Et qui s'occupe des vieilles personnes quand elles ne peuvent plus se débrouiller toutes seules ? Un jour, elles fuguent ensemble et découvrent qu'elles ont beaucoup à apprendre l'une de l'autre... et des araignées.