Académie royale de Belgique
L’intelligence artificielle générative bouleverse nos sociétés : ce livre collectif, signé par des experts de l’Académie royale de Belgique, décrypte ses enjeux historiques, éducatifs, économiques et juridiques.
En ce début de XXIe siècle, l'affaire des caricatures et l'apparition de Daesh ont replacé Muhammad et le califat au coeur de notre actualité et ont provoqué dans nos esprits stupeur et tremblement. Mais que savons-nous au juste de Muhammad et du califat ? Ce petit ouvrage tentera de répondre à la question en replongeant dans les origines de l'islam non avec la prétention d'épuiser un sujet si complexe mais avec l'ambition de fournir au lecteur quelques clés pour comprendre notre époque. Une fois qu'il aura réalisé que les obscures silhouettes effrayantes qui s'y agitent ne sont que la projection des ombres du passé, le lecteur pourra sans doute observer le tableau du présent avec sérénité... Hela Ouardi est Professeur des Universités à Tunis et membre associée au Laboratoire d'Études sur les Monothéismes au CNRS. Elle a été titulaire de la Chaire des Mondes francophones (A.U.F.) en 2021-2022 et lauréate du prix Avicenne de l'Académie royale de Belgique. Étudiant l'histoire de l'islam des origines, elle est l'auteur d'un ouvrage sur Les derniers jours de Muhammad (Albin Michel, 2016) et d'une trilogie intitulée Les Califes maudits (Albin Michel, 2019 et 2021) qu'elle a consacrée aux règnes des deux premiers successeurs du prophète de l'islam.
Les marchés de l'art peuvent-ils participer aux enjeux sociétaux de demain ? Loin de l'élitisme qui souvent le caractérise, le négoce de l'art fait état d'une hétérogénéité d'objets, d'acteurs et de pratiques qui forge nos écosystèmes culturels. Patrimoine, diversité, participation, intégrité, innovation, éducation et durabilité sont autant de principes auxquels les art market studies peuvent contribuer moyennant une distanciation vis-à-vis du haut de gamme et des traditionnels beaux-arts. Historienne de l'art de formation, Anne-Sophie V. Radermecker est titulaire de la Chaire d'économie des arts et de la culture à l'Université libre de Bruxelles. Ses recherches portent sur le marché des arts visuels, les pratiques de consommation, les mécanismes de formation des prix et une approche quantitative de l'histoire des arts.
Le phénomène religieux est fascinant. Depuis longtemps, il est abordé dans la littérature, qu'elle soit philosophique, religieuse ou scientifique. Mais son explication demeure l'objet de controverses. Face à ce constat, le présent ouvrage tente d'apporter un regard objectif et de proposer une synthèse cohérente, se focalisant sur l'émergence de la religion vue par des scientifiques. Il se base sur des études récemment réalisées dans des disciplines variées, tout en rappelant aussi certaines affirmations déjà formulées au XIXe siècle par Darwin. À la double question : « Pourquoi et comment sont nées les religions ? », l'auteure apporte des éléments de réponse qui se révèlent étonnamment complémentaires. Anthropologue, zoologiste et aussi informaticienne, Marie d'Udekem-Gevers a enseigné l'anthropologie des religions ainsi que celle de l'informatique, à l'Université de Namur. Elle est vice-présidente de l'ASBL NAM-IP (Numerical Artefacts Museum - Informatique Pionnière). Passionnée d'histoire longue, elle poursuit des recherches tant en informatique qu'en anthropologie.
Né à Liège, naturalisé français, César Franck a marqué l’histoire musicale du XIXe siècle. Mais que reste-t-il de ses racines belges ?
Mahsa Jina Amini meurt le 16 septembre 2022 et devient l'étendard d'un mouvement révolutionnaire inédit en Iran. « Femme, vie, liberté » : les Iraniennes, reléguées dans une position de citoyennes de deuxième zone disent non ! Indéniablement, une mutation qualitative s'est produite dans leur positionnement. La deuxième édition de ce livre intègre les dernières évolutions, tout en reprenant l'analyse de la complexité et des paradoxes qui ont caractérisé la situation des femmes. Il présente la diversité de leurs luttes et de leurs résistances dans le cadre d'un régime islamiste et patriarcal dont l'objectif était de transformer les femmes en vitrine de l'authenticité et de l'islamité et en symboles de la lutte contre l'occidentalisation et l'impérialisme. Seront-elles les vecteurs du changement ? Firouzeh Nahavandi est professeur émérite de l'Université libre de Bruxelles où elle a fait toute sa carrière. Elle est co-présidente de l'Institut de Promotion des Formations sur l'Islam et membre de l'Académie Royale des Sciences d'Outre-Mer. Auteur de nombreuses publications sur les questions liées au développement et au Moyen-Orient, elle s'est particulièrement focalisé sur l'Iran, l'Afghanistan et l'islamisme.
Jorge Luis Borges imagine, dans une de ses nouvelles, un univers-bibliothèque contenant tous les livres pouvant être produits par combinaison aléatoire des lettres d'un alphabet choisi. Cet essai considère la Bibliothèque de Babel sous différents angles (mathématiques, cryptographie, cosmologie, architecture, histoire de la littérature et des idées) mais cherche avant tout à élucider une question paradoxale : la bibliothèque, précisément parce qu'elle contient tout, n'est-elle pas parfaitement dénuée de sens ? Par sa volonté totalisante, Internet est une ébauche de bibliothèque totale ; ce rapprochement donne à l'essai toute son actualité. Jean-Louis Migeot est membre de la Classe Technologie et Société de l'Académie royale de Belgique et professeur d'acoustique à l'Université Libre de Bruxelles et au Conservatoire de Musique de Liège. Les modèles mathématiques qu'il a contribué à développer décrivent la génération et la propagation des sons ; ils sont utilisés par les industriels du monde entier pour développer des produits plus silencieux.
Le livre est une introduction, sous forme de bilan critique, à la recherche en spectacle vivant. Il met en perspective les différentes attitudes disciplinaires qui ont permis de penser le spectacle vivant et d'en définir la spécificité comme champ innovant. Il pointe les déplacements épistémologiques, interroge les enjeux et la valeur heuristique du concept. Il propose un cadre d'étude et débouche sur la question de la fonction du spectacle vivant dans la société d'aujourd'hui. André Helbo est professeur émérite à l'ULB, où il a créé la filière et le programme Erasmus Mundus d'étude des arts du spectacle vivant. Président de l'Association internationale pour la sémiologie du spectacle. Membre de l'Académie royale de Belgique.
Prince des humanistes, Érasme règne par le livre. Ses ouvrages circulent dans toute l'Europe, au vif déplaisir de ceux qui, au sein de l'Église, se sentent visés par ses critiques et menacés dans leur pouvoir. Le dialogue de sourds entre l'infatigable censeur et les plus résolus de ses adversaires conduira, après sa mort, à sa mise à l'Index, à l'effacement de son influence et même, pour un temps, de son souvenir, en particulier dans les pays catholiques. Chaque époque, depuis, a vu Érasme à son image. La nôtre en a fait la figure emblématique de la citoyenneté européenne ; elle a surtout retrouvé un important penseur religieux et un témoin éclairé de son temps. Il parle encore au nôtre. Professeur émérite, Franz Bierlaire a enseigné l'Histoire de l'humanisme et l'Histoire moderne à l'Université de Liège, ainsi que l'Histoire des Églises chrétiennes (Temps modernes) à l'Université libre de Bruxelles. Ses travaux portent sur Érasme et l'érasmisme, l'histoire du livre scolaire et l'histoire de l'éducation à l'époque de la Renaissance.
Ce petit ouvrage relève le défi de raconter brièvement l'histoire de notre planète depuis sa formation il y a 4,57 milliards d'années jusqu'à nos jours. Pour une bonne compréhension des phénomènes géologiques impliqués, l'introduction fait le point sur les familles de roches et la mesure du temps. Il révèle également la façon dont a été calculé l'âge de la Terre et les grandes étapes du développement de la vie. Frédéric Boulvain est spécialiste des récifs dévoniens. Il est membre de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique et professeur ordinaire à l'Université de Liège où il dirige le laboratoire de pétrologie sédimentaire et enseigne la géologie générale, la pétrologie sédimentaire et la géologie de la Wallonie.
Une réappropriation de la Constitution par les citoyens s'impose aujourd'hui plus que jamais. Notre Constitution n'est plus adaptée à la société qu'elle entend piloter, tant elle est ébranlée dans sa suprématie et souffre d'insuffisances. Dès lors, avant de mener une autre réforme de l'État, le moment n'est-il pas venu d'envisager une modernisation du texte constitutionnel ? Certes, la Constitution ne peut garantir seule la cohésion de la société, spécialement lorsque celle-ci est plurielle. Mais elle peut favoriser une citoyenneté démocratique et contribuer au renouvellement du contrat social entre l'État et les citoyens. Cette conviction est au coeur du présent ouvrage. Il entend démontrer l'urgence d'un profond débat constituant qui, en associant directement le peuple, viserait à réenchanter la Constitution. Marc Verdussen est professeur de droit constitutionnel à l'Université de Louvain (UCLouvain). Il y dirige le Centre de recherche sur l'État et la Constitution.
Et si la Constitution était bien plus qu’un texte juridique ? L’horloge constitutionnelle révèle comment elle rythme la vie démocratique, guide les gouvernants et protège les citoyens, entre tradition et modernité.
La question de l'islamisme est aujourd'hui largement débattue. En revanche, son corolaire la réislamisation, comme essai d'imposition des normes islamiques telles qu'interprétées par différents acteurs, adoptées volontairement ou non entrainant la visibilité des signes qui y correspondent, est nettement moins abordé. C'est l'objet principal de ce livre qui l'aborde en termes d'offre, à travers quelques mouvements qui la préconisent et de demande, à travers les populations touchées. L'analyse montre que dans les pays à majorité musulmane, cette offre interroge le projet de modernité inspiré de l'expérience occidentale et propose des modèles alternatifs présentés comme endogènes et que dans les pays à minorité musulmane, elle interpelle les modes de pensée et d'être qui semblaient faire consensus. Firouzeh Nahavandi est professeur émérite de l'Université libre de Bruxelles où elle a fait toute sa carrière. Elle est co-présidente de l'Institut de Promotion des Formations sur l'Islam et membre de l'Académie Royale des Sciences d'Outre-Mer. Auteur de nombreuses publications sur les questions liées au développement et au Moyen-Orient, elle s'est particulièrement focalisée sur l'Iran, l'Afghanistan et l'islamisme.
Dans cet ouvrage, Irina Scherbakova retrace l'itinéraire de trois générations engagées dans le XXe siècle russe. Ses grands-parents, juifs, sont portés par l'élan révolutionnaire. Ses parents surmontent la guerre et l'antisémitisme. Ils rêvent d'un « socialisme à visage humain ». Sa génération, lucide sur le passé soviétique et portée par un espoir de changements, assiste à la chute du régime. Ancré dans la mémoire vive et intime d'une famille, ce récit éclaire de manière émouvante l'histoire de l'intelligentsia juive en Russie et, plus largement, le destin tragique de l'Union Soviétique. Irina Scherbakova est née à Moscou en 1949. Elle étudie l'histoire et la littérature allemande. Dès les années 1970, elle enregistre secrètement des entretiens avec des victimes des répressions staliniennes. En 1987, elle participe à la création de Memorial qui deviendra la plus grande organisation de défense des droits humains en Russie post soviétique. Depuis lors, elle ne cesse de dénoncer la réécriture nationaliste de l'histoire. En 2022, elle reçoit le Prix de l'Académie royale de Belgique. L'ONG Memorial vient d'être élue co-lauréate du prix Nobel de la paix 2022pour son travail en Russie. Memorial est une organisation non gouvernementale russe de défense des droits de l'homme et de préservation de la mémoire des victimes du pouvoir soviétique, notamment stalinien. Irina Scherbakova autrice de cet ouvrage est l'une des cofondatrices de Memorial.
L'ouvrage considère les rapports qu'entretiennent divers aliments et différentes maladies (AVC, épilepsie, hydropisie, hypocondrie, démence, etc.) dans les prescriptions publiées par des médecins de Padoue à la Renaissance. On prend en compte et on lie aux qualités des aliments tels qu'ils ont été définis par Galien les recommandations concernant le boeuf, le porc, le lièvre, la volaille, les oies et canards, les céréales, les légumes et herbes potagères, les produits laitiers, les oeufs et le vin. Daniel Droixhe a enseigné l'histoire de la langue française, la littérature wallonne et picarde à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Liège Il a créé la Société wallonne d'étude du XVIIIe siècle (https://www.swedhs.org/). Sa bibliographie sur https://orbi.uliege.be compte environ 200 publications.
Guerrières, parangons de vertu, philanthropes, poétesses, peintres et calligraphes, praticiennes des arts de guérir... derrière l'apparente uniformité de la « tradition confucéenne » se profile une multiplicité de destins, de stratégies et de personnalités. Cet ouvrage nous incite à rencontrer quelques-unes des femmes remarquables dont l'existence a été consignée dans la littérature officielle comme dans la fiction et à les situer dans leur environnement historique, géographique, social et intellectuel. Détentrice d'un doctorat d'Études de l'Asie orientale de Paris VII/Collège de France, Françoise Lauwaert est sinologue et anthropologue. Elle a enseigné la langue et la culture chinoises à l'Université libre de Bruxelles et est membre du Laboratoire d'Anthropologie des Mondes contemporains et du centre de recherches EASt.
À en juger par les milliers d'ouvrages qui en ont traité, le récit platonicien de l'Atlantide peut être considéré comme un des best-sellers de l'Antiquité. Beaucoup d'auteurs se sont efforcés - avec parfois des arrière-pensées étrangères à la démarche historique - de démontrer que l'Atlantide avait existé. D'autres y ont vu « la » première ébauche de l'utopie, qui a inspiré Thomas More et à sa suite Francis Bacon. D'autres enfin se sont emparés de l'Atlantide pour en faire un espace d'aventures ou un laboratoire de science-fiction. Il ne paraît dès lors pas hors de propos de revisiter le texte fondateur de Platon et d'en dégager les éléments qui ont permis des interprétations et des utilisations aussi diverses. Ce livre s'efforce donc d'éclairer, à défaut de la résoudre totalement, « l'énigme de l'Atlantide ». Monique Mund-Dopchie est docteur en philologie classique et agrégée de l'enseignement supérieur. Aujourd'hui professeur émérite, elle a mené toute sa carrière à l'Université catholique de Louvain où elle a enseigné la littérature grecque et l'histoire de l'humanisme. Ses recherches portent sur la survie des auteurs grecs dans la culture occidentale, particulièrement à la Renaissance. Elle est membre de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique.
Les nouvelles technologies (internet, vidéo, dématérialisation,...) connaissent des développements accélérés qui vont amener les institutions culturelles à repenser en profondeur leurs activités. Le livre prend pour exemple le secteur du spectacle vivant et montre combien ces changements affectent tant la production que la diffusion des créations culturelles. Le succès de la diffusion des représentations du Metropolitan Opera dans un réseau mondial de cinémas en fournit un exemple flagrant. Ces bouleversements pourront parfois induire une redéfinition des critères de soutenabilité des projets culturels et imposeront en tout cas un réexamen de l'utilité des fonds investis, permettant l'émergence de nouvelles formes d'expression ou de nouveaux circuits de distribution. Après des études de droit et d'économie à l'Université libre de Bruxelles, Michel Hambersin mène de front une carrière bancaire internationale et de professeur de finance à l'ULB. Il poursuit en parallèle une activité de critique musical (sous le pseudonyme de Serge Martin), notamment au journal Le Soir. Membre de la Classe Technologie et Société depuis 2009, il consacre désormais ses recherches à l'économie de la culture.
Après avoir, dans un premier temps, reposé le problème préalable et inévitable de l'idéologie célinienne dans un précédent ouvrage (Louis-Ferdinand Céline : mort et vif... !), Jacques Joset aborde désormais l'examen de ce qui fait de Céline un des plus grands écrivains français du XXe siècle : son écriture. à cet effet, l'auteur la compare d'abord au style de Marcel Proust, globalement considéré d'une manière dédaigneuse par l'auteur de Voyage au bout de la nuit, et en rassemblant ensuite les caractéristiques de l'écriture célinienne procurées par le Docteur Destouches à différents moments de sa vie littéraire. L'ouvrage est une tentative originale de comprendre les raisons de l'ébranlement produit dans les lettres françaises par l'écriture célinienne, encore timide dans Voyage au bout de la nuit (1932) et radicale dans les oeuvres de la trilogie allemande D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969). Jacques Joset est philologue hispaniste et Professeur émérite de l'Université de Liège. Ses domaines de recherches sont la littérature espagnole médiévale et des Siècles d'Or, ainsi que la littérature hispano-américaine contemporaine. Il est membre de l'Académie royale de Belgique depuis 2012.
Sans la technique et son fluide vital, l'énergie, notre vie ne serait plus possible. En trois siècles, des artisans et des savants, presque à leur insu, puis des ingénieurs et des scientifiques, méthodiquement, ont greffé durablement l'énergie dans le quotidien des hommes. Ils ont changé notre vie. Au risque même de la détruire. Pour mieux comprendre comment quelques personnages illustres ont ainsi façonné notre monde, il nous faut plonger dans leur histoire, partager leur questionnement, suivre le cheminement de leur pensée. Aujourd'hui, avec l'avènement de la « technoscience » et l'explosion et les succès de la R&D, les avancées de la science précèdent, déterminent et accompagnent la conception des machines. Le système ne va-t-il pas s'emballer ? Les interrogations et les inquiétudes du public, dépassé par la mutation, ont pris une grande extension. Évoquer les tribulations de la science et de la technique sur le chemin de l'énergie c'est donc aussi ouvrir un âpre débat sur les choix scientifiques et technologiques. Il n'est pas près de s'arrêter... Jean-Pol Poncelet, ingénieur civil physicien, ancien Ministre, est Membre de l'Académie royale de Belgique. Il s'intéresse à l'énergie, à la technologie et aux questions de société. Il est actuellement Directeur général de l'Organisation de l'industrie nucléaire européenne (Foratom) et Secrétaire général de la European Nuclear Society.
En 1939, les Alliés se lancèrent dans une course à la bombe atomique contre les Allemands. Après la guerre ces derniers prétendirent n'avoir pas travaillé à la bombe mais seulement à un réacteur nucléaire « pacifique ». Cette version moralisante fut dénoncée par les lettres secrètes de Niels Bohr à Werner Heisenberg à propos de leur rencontre à Copenhague en 1941. Ce rendez-vous, ainsi que trois autres, entre d'éminents participants à l'aventure atomique sont racontés ici dans une pièce de théâtre dont les actes sont successivement présentés dans une interview fictive de Margrethe Bohr à la BBC. Le physicien Amand Lucas, Professeur émérite des Universités de Liège et de Namur, est membre de l'Académie royale de Belgique (Classe des Sciences) et de l'Academia Europaea. Ses domaines de recherche et d'enseignement sont la physique de la matière condensée, la biologie structurale et l'histoire des sciences contemporaines. Il fut lauréat du Prix Francqui (1985) et du Prix Wernaers (2001).
Peut-on encore, trois quarts de siècle après le quatrième partage de la Pologne et les tragédies qui ont suivi - et que notre colloque rappelle -, accepter le dépeçage d'un État souverain par son voisin puissant désireux d'assouvir ses visées expansionnistes ? Il est vrai que les changements des frontières de l'Europe sont la cause ou la conséquence d'une longue histoire de notre continent. Des trahisons aussi, comme du mensonge et de la lâcheté, dont l'exemple est le Pacte Ribbentrop-Molotov, et ses dramatiques conséquences. La Pologne est le témoin privilégié. On peut être Polonais et avoir vécu, sans quitter sa ville natale, dans quatre pays différents, sans parler des régimes politiques. À un moment, assez récent d'ailleurs, lorsque le Mur de Berlin s'est effondré, on s'imaginait entrer à l'époque de la « fin de l'histoire ». Le monde allait dorénavant avancer à partir d'un consensus démocratique et construire l'avenir sans antagonismes sociaux. Or, il n'en est rien. Et le seul pouvoir que nous avons sur l'avenir, est la maîtrise du passé. Ce colloque était destiné à nous le rappeler, une fois de plus. Avec les contributions de : Stéphane Courtois, Philippe Degouis, Hervé Hasquin, Bernard Joliot, Joël Kotek, Adam Micknik, Andrzej Paczkowski, Yves Santamaria, Timothy Snyder
L'économie de marché est-elle juste ? Le juriste n'entend pas la question de la même façon que l'économiste et le philosophe. C'est peut-être un paradoxe mais il n'y a pas de théorie proprement juridique de la Justice, comme il en existe au sens de la philosophie morale ou de la science économique. Le droit, quant à lui, assure par les moyens qui lui sont propres la réalisation du système, dans la mesure où celle-ci peut en dépendre et où ces moyens présentent, par conséquent, une pertinence. Il corrige d'autre part les excès dont le système est susceptible, la notion d'excès supposant que tous les « habitants » du système, ses acteurs et ceux que sa réalisation est susceptible d'affecter, n'ont pas le même intérêt à cette dernière. En agissant de la sorte, le droit, dans les deux cas, oeuvre à la pérennité du système. Tel est son objectif et son effet, jusqu'à ce que le système soit, le cas échéant renversé, parce que l'objectif recherché aura été manqué. Il s'agit pour le droit de prévenir non seulement cette conséquence extrême, mais aussi l'enclenchement de dynamiques susceptibles d'y aboutir. Xavier Dieux est avocat au Barreau de Bruxelles, professeur à l'Université libre de Bruxelles, ancien Doyen de la Faculté de droit, membre de l'Académie royale de Belgique et membre honoraire de la Commission bancaire et financière.
La science économique aime à se présenter comme la plus rigoureuse des sciences humaines. La clarté des prémisses, l'usage intensif des mathématiques, la rigueur déductive des raisonnements, l'ampleur des modélisations semblent la rapprocher des sciences de la nature. Pourtant, certains de ses axiomes de base sont proprement invraisemblables et excluent toute espèce de validation empirique. Comment expliquer, dès lors, sa légitimité et sa diffusion planétaire ? Comment expliquer la force probante du récit qu'elle nous raconte et l'omniprésence du raisonnement économique dans la prise de décision politique ? Le présent ouvrage explore une piste d'interprétation trop souvent négligée : celle de la performativité. Et si l'économie ne cherchait pas tant à se conformer aux réalités du monde qu'à conformer ces réalités à ses propres propositions ? Par quels processus les théories que nous formulons sur le comportement des êtres humains peuvent-elles engendrer des effets conformes à nos théories ? Comment passe-t-on, quelquefois sans même s'en apercevoir, de la description à la prescription ? Membre de l'Académie royale de Belgique, Alain Eraly est ingénieur en gestion, docteur en sciences sociales et docteur en économie appliquée. Il est actuellement professeur à l'Université libre de Bruxelles où il enseigne la sociologie et la gestion.
La nation est une promesse de réalisation et d'unité. Elle réunit, par cet engagement implicite, les citoyens vers un narcissisme collectif qui sert, dans la foulée des cultes et des idéologies, à repeindre de sens un ciel métaphysique que l'homme perçoit de plus en plus vide au-dessus de lui. Mais dans le même temps, la nation se révèle être l'un des périls de la démocratie, car sa nature cachée est de réduire le monde à une expression homogène et à une continuité excluant le mouvement et la contingence ; la nature de la nation est de correspondre à la velléité de l'homme, terrifié devant le chaos du monde, de vouloir se fondre dans la totalité rassurante au risque de ne plus évoluer. Le danger inhérent à la nation consiste à se perdre dans le passé, dans l'identité et de promouvoir une idée de la pureté qui, par essence, peut tout broyer sur son passage, et qui refuse de voir l'utilité instrumentale de la démocratie comme outil de gestion d'une société. Tel est le postulat proposé dans ce petit ouvrage : le nationalisme est un amour illusionnel, forgé par une blessure incurable. François De Smet est docteur en philosophie et collabore au Centre de Théorie politique de l'Université Libre de Bruxelles ainsi qu'au Centre Interdisciplinaire d'Études des Religions et de la Laïcité (CIERL). Ses domaines de prédilection sont la philosophie politique, l'histoire des idées et les enjeux contemporains. Il est l'auteur de Vers une laïcité dynamique, paru aux éditions de l'Académie royale de Belgique.
Une série de défis pressants, crise économique, réchauffement climatique, renchérissement des prix céréaliers et terrorisme pour en citer quelques-uns, a éclipsé les questions de population de l'agenda international. Depuis une vingtaine d'années, les enjeux démographiques ne retiennent guère l'attention des décideurs politiques, des médias et du grand public. En outre, le sentiment prévaut qu'il est très difficile de modifier les évolutions démographiques ou qu'on ne peut le faire que de manière autoritaire. Cette idée est pourtant démentie par l'expérience des 60 dernières années dans de nombreux pays qui se sont attelés à résoudre leurs problèmes démographiques, malgré certains abus dans les premiers programmes de planification familiale. En fait, il est possible d'agir sur les évolutions démographiques au moyen de politiques basées sur les faits et ce, de manière efficace et respectueuse des droits de l'Homme. Il est même indispensable de le faire si l'on veut assurer un développement durable pour la planète. Cet ouvrage décrit le paysage démographique contemporain, définit les politiques de population et examine les premières interventions en la matière. Il démontre ensuite pourquoi les questions démographiques sont devenues un enjeu mondial, avant de mesurer l'efficacité des politiques et d'examiner les nouveaux défis démographiques. John F. May, démographe belge, est spécialiste des politiques de population.Il a travaillé pour la plupart des agences internationales actives dans le domaine de la population et de la planification familiale et a été pendant 15 ans démographe principal à la Banque mondiale. Il est l'auteur de World Population Policies: Their Origin, Evolution, and Impact (Springer, 2012). Il est Membre associé de l'Académie royale de Belgique, Classe Technologie et Société.
L'armistice n'a pas apporté la paix... des esprits. Le Soldat inconnu enterré sous la Colonne du Congrès à Bruxelles, le monument national qui devait être élevé dans la capitale et les monuments aux morts érigés partout en Belgique ont suscité moult débats au lendemain de la Première Guerre mondiale. Afin de scruter les mémoires de la Grande Guerre en Belgique, des sources très diverses (centres d'archives, presse, réglementations, cartes postales, listes de souscriptions, etc.) ont été sondées et différentes approches (institutionnelle, culturelle, anthropologique, sociale, économique et politique) ont été combinées. La première partie de l'ouvrage revient sur la fin de la guerre, vécue de différentes manières et à des moments distincts par la population belge. Entre exaltation, haine et (dés)espoirs, le « retour à la normale » prendra du temps. Les monuments éphémères dressés pour la Joyeuse entrée du 22 novembre 1918 préfigurent ceux, plus durables, qui seront inaugurés par la suite. On fête les vivants, on glorifie les morts. L'histoire du Jass inconnu fait découvrir les aspirations de la population et des associations, ainsi que les tergiversations du gouvernement. La seconde partie s'attèle à raconter la façon dont des milliers de monuments ont été imaginés, pensés, réalisés (ou non), financés et perçus par tous les niveaux de pouvoir mais aussi par les artistes et la population. L'appel à la sobriété commémorative lancé par l'État sera délibérément ignoré par les acteurs locaux. Pour les associations, les comités et les familles endeuillées, ériger des monuments à « ses » morts constitue un réel besoin, une raison de (sur)vivre. C'est pourquoi, malgré les difficultés - notamment pour trouver un financement ou choisir un emplacement - des monuments ont été dressés partout en Belgique. Ces monuments commémoratifs - aujourd'hui parfois délaissés - demeurent les témoins fascinants d'une époque pleine d'attentes et de (res)sentiments.
Ce livre rassemble les réflexions d'un médecin réanimateur expérimenté sur l'avenir de la médecine à l'heure des drones et des robots, de la télémédecine et de l'intelligence artificielle. La vision se veut simple, pragmatique et facile à lire. Le développement des technologies de l'information faciliteront l'établissement des diagnostics et des traitements, le suivi des patients et l'identification précoce des complications. Pour une amélioration de la qualité des soins, sans affecter le caractère humain. Au vu de ces progrès impressionnants, le livre sera dépassé dans quelques années. Il prendra alors une connotation historique. Spécialiste en médecine interne, le Professeur Jean-Louis Vincent est professeur de soins intensifs à l'Université libre de Bruxelles. Il a notamment été Président de la World Federation of Societies of Intensive and Critical Care Medicine (WFSICCM), de la European Society of Intensive Care Medicine (ESICM), de la European Shock Society (ESS), de l'International Sepsis Forum (ISF) et de la Société Belge de Médecine Intensive (SIZ). Il est membre titulaire de l'Académie Royale de Médecine de Belgique.
Ce livre se penche sur les discours et les pratiques des hommes à l'égard des animaux en milieu urbain dans les Pays-Bas méridionaux et la principauté de Liège aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le monde animal, qui cohabite avec celui des humains dans une grande proximité au sein du milieu urbain de l'Ancien Régime - par le biais notamment des transports, du divertissement ou encore de la compagnie -, fournit de précieux renseignements sur l'être humain, ses sensibilités et son rapport à la nature en même temps qu'il constitue un excellent indicateur pour éclairer la gestion publique de l'espace urbain. William Riguelle est docteur en histoire. Ces travaux se focalisent sur l'histoire urbaine et environnementale, avec un intérêt particulier concernant les questions liées à l'hygiène publique, la police et les relations homme-animal aux Temps Modernes. L'homme et la ville par le prisme de la bête a reçu le prix Robert Beaujean 2020 ainsi que le prix Claude Backvis.
Face aux crises alimentaires qui affectent les Pays-Bas méridionaux au XVe siècle, les gouvernements des villes déploient des politiques d'intervention d'une grande complexité. Une analyse approfondie des cas de Lille et Mons permet de questionner les logiques qui sous-tendent ces politiques. Quels groupes sociaux bénéficient véritablement des mesures publiques ? Quelles sont les contraintes techniques, administratives et diplomatiques qui pèsent sur le choix des décideurs ? Quelles priorités politiques guident les décisions des gouvernements urbains ? Docteur en Histoire à l'Université Libre de Bruxelles, Nicolas Barla est l'auteur d'une thèse sur l'histoire de la gestion des crises alimentaires dans les Pays-Bas méridionaux aux XIe-XVe siècles. Il travaille aujourd'hui sur les enjeux mondiaux de la transition agricole pour le compte de SOS Faim.
Pendant trois ans, lors de nombreuses rencontres, François Englert a raconté sa vie, une vie qui est un exemple de résilience : de l'ancien «enfant caché» devenu un ado rebelle, au Prix Nobel de Physique resté rebelle, amoureux de poésie, de musique, profondément fraternel et attentif au « bruit et à la fureur » du monde. Dans ce contexte, le livre présente de manière simple et intuitive la compréhension actuelle de la vision scientifique de l'univers et se termine par une belle échappée vers son possible devenir. Danielle Losman, traductrice littéraire et titulaire d'un doctorat en sciences, est une ancienne étudiante de François Englert. Lorsque l'idée d'écrire une biographie de François Englert fut suggérée par des amis, il leur a semblé naturel de s'embarquer ensemble dans cette aventure.
Précurseur du global warming, Mann avança dès les années 1770 que la terre se réchauffait et évalua la part des causes anthropiques et physiques. Il s'illustra dans la « saga du Passage du Nord-Ouest » en menant des expériences sur la congélation de l'eau de mer. Il dénonça les pratiques de pêche destructrices de la chaîne alimentaire maritime et de la biodiversité. Auteur d'une oeuvre considérable, il développa des thèses démographiques annonçant Malthus. Collaboratrice scientifique de l'Université libre de Bruxelles, Muriel Collart mène des recherches dans les domaines de la climatologie et de l'agriculture. Elle a cofondé la Société wallonne d'étude du XVIIIe siècle et fait partie du comité scientifique de la collection « Météos » des éditions Hermann.