Trames
Comment se construit, dès la naissance, le sentiment de sécurité chez l’enfant ? Le développement de la sécurité de base chez l’enfant de Bernard This explore les fondements psychologiques et affectifs qui permettent à l’enfant de grandir en.
Dans un petit village de Picardie - une ferme que ses exploitants cultivent depuis sept générations. L'auteur déroule la trame subtile, parfois violente de son enfance pendant les années trente, et des destins tragiques de ses deux frères engagés dans la Résistance. Une émotion surgit. Nous la reconnaissons. C'est celle d'une histoire proche qui hante encore les mémoires, celle qu'éveille la lecture de ce qu'il faut appeler un « roman vrai ».
Avec ces cent mots, pour une profession longtemps restée sans mots, Philippe Gaberan parle de pratiques éducatives, dans un langage simple, mais non simpliste. En analysant ce qui se trame entre Soi et l'Autre, entre l'éducateur et la personne accompagnée, il fait le lien entre les actes posés au quotidien et le sens que ceux-ci prennent au regard des objectifs éducatifs. Au-delà des définitions, ce dictionnaire jette un pont entre l'apparente banalité des gestes quotidiens et leur fondamentale répercussion sur le développement de l'être. Il n'est pas à laisser dans la bibliothèque mais à intégrer dans la trousse à outils que tout professionnel devrait avoir à porter de main, comme tout artisan qui se respecte. Car le métier d'éducateur relève d'un savoir faire dont la complexité n'est pas toujours bien perçue parce que souvent trop mal exprimée. Philippe Gaberan, éducateur spécialisé, formateur et chercheur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse.
Il s'agit-là de la réédition d'un classique publié en 1967 par les Editions du Scarabée. La préface de Pierre Delion et la postface d'Yves Clot mettent en relief toute l'actualité de la réflexion clinique et politique de François Tosquelles. En rompant avec la tradition esclavagiste de l'hôpital psychiatrique, il a fait du travail non seulement une source d'informations cliniques incomparables mais aussi un moyen pour le patient de reprendre contact avec le monde interhumain. La réédition du texte de Tosquelles sur le travail thérapeutique, au-delà de ses quelques rides conjoncturelles inévitables, est une prise de position sur la psychiatrie d'aujourd'hui, en ce qu'elle ne peut faire l'économie d'une réflexion sur l'engagement du malade mental dans son rapport au monde. Pierre Delion François Tosquelles (1912 – 1994), psychiatre catalan, militant engagé, fuit l'Espagne franquiste. Il est l'un des initiateurs de la transformation des hôpitaux psychiatriques à travers l'expérience de Saint-Alban et le promoteur du courant de la psychothérapie institutionnelle.
En quoi consiste une psychothérapie par l'écriture ? Qui écrit, pourquoi et comment ? Emmanuelle Jay nous ouvre les portes de son cabinet où elle reçoit en séance individuelle des personnes qui viennent suivre une thérapie par l'écriture.
Le travail de rue est une constellation du travail social, au caractère particulièrement fédérateur : santé, social, humanitaire, médiation, accompagnement éducatif... se trouvent impliqués. En effet, il s'agit d'aller vers les usagers où ils sont et comme ils sont, et parfois vers des personnes qui n'ont rien demandé, pour leur proposer une attention, une écoute, un service, un accompagnement... Ce travail se fait en public, dans la rue, sous le regard de tous. Cet ouvrage répond à des questions pratiques : comment initier une action de rue ? Avec quels partenaires ? Comment y travailler la santé somatique et la santé mentale ? Quels liens avec la problématique du logement ? Y a-t-il des publics « particuliers » : mineurs, femmes ? Comment faire avec la non-demande ? Quelles places pour les bénévoles et les travailleurs-pairs ? Comment se positionner, avec quelle distance et/ou quelle proximité ? Comment s'y former, comment y former ? Des témoignages d'équipes de rue sont croisés avec les analyses et les propositions des auteurs de l'ouvrage, formateurs et praticiens expérimentés.
La première toilette constitue un rite initiatique à l'issue duquel on devient soignant. Si le respect de la pudeur des patients représente un enjeu majeur de l'enseignement du soin, qu'en est-il de la pudeur des soignants ? Cette thématique inédite est au coeur de cet ouvrage où, grâce au travail du récit, chaque fois unique et singulier, des élèves engagent leurs mots et représentations dans la confrontation de leur propre pudeur avec celle de l'autre. Ils et elles participent à l'émergence d'une voix, d'une culture, d'un discours sur le soin qui contribue à la reconnaissance de leur métier et de sa complexité psychique. Ces savoirs expérientiels combinés à des savoirs d'experts reconnus en sciences humaines révèlent les dimensions aussi bien éthiques qu'existentielles présentes dans la pratique du soin de la toilette. Loin d'être une tâche simple aux techniques vite apprises et acquises, celle-ci participe à ce geste éthique majeur : le respect de la dignité humaine. Avec la participation des élèves de l'IFAS.
Les Groupes d'entraide mutuelle (GEM) sont des associations loi 1901 et des lieux autogérés par des personnes souffrant de handicap psychique, ouverts 35 heures par semaine. En France, il en existe plus de 650 qui regroupent quelques 35 000 adhérents. Ils sont répartis de façon à peu près équilibrée sur l'ensemble du territoire à raison de un à dix GEM par département selon leur densité. Introduits par la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en grande vulnérabilité psychique, ils obéissent à un cahier des charges précis. Partant du principe que chaque personne est experte de sa maladie, les GEM reposent sur la philosophie du soutien par les pairs, rencontrant des difficultés similaires, grâce à une écoute, un partage d'expériences autour des troubles et du parcours de chacun. Ils sont ainsi des outils de lutte contre l'isolement, d'insertion dans la cité et de prévention de l'exclusion sociale. Stefan Jaffrin a parcouru plus d'une cinquantaine de départements pour explorer les GEM au jour le jour. Il présente leur fonctionnement, leurs forces et leurs faiblesses mais aussi leur diversité et leur lien avec d'autres dispositifs existant (club thérapeutique, accueil familial, clubhouses).
Travailler en santé mentale, que ce soit dans le champ sanitaire, médico-social ou social, c'est se confronter en permanence à la question de l'aide à une personne qui souffre dans sa vie psychique. L'accompagnement est devenu une modalité essentielle d'intervention, aussi il est nécessaire de bien comprendre ce concept devenu extensif. Dans cet ouvrage clair et synthétique, Clément Bonnet explore cette « nébuleuse » de l'accompagnement et décrit les différentes formes qu'il prend dans les pratiques actuelles des équipes sanitaires et médico-sociales. Ce qui constitue la relation d'accompagnement est une relation interpersonnelle, qui demande de se situer entre guider, conduire et escorter, et où l'essentiel passe par la rencontre. L'accompagnement n'est pas un métier, c'est plutôt une fonction caractérisée par une posture professionnelle spécifique où il faut laisser toute sa place à la personne accompagnée, sans se substituer à elle ni mettre en avant son savoir. L'auteur en fait l'éloge et soutient qu'il est l'axe d'une nouvelle militance en santé mentale qui intègre le rôle des pairs (GEM, clubs thérapeutiques, club-houses, pairs aidants...) et les relations familles-professionnels.
« Que veut dire aider en tant que travailleur social ? Avoir essayé, est-ce déjà aider ou faut-il impérativement offrir entière satisfaction ? Aider, ce verbe si usuel se révèle complexe à définir alors que le coeur de notre métier est en fait d'une simplicité déconcertante : c'est à chaque fois une rencontre entre quelqu'un qui a besoin d'aide et quelqu'un qui a envie de l'aider. Dans un monde idéal, cette situation pourrait se révéler fructueuse pour les deux parties, chacun se trouvant satisfait par l'interaction avec l'autre. La réalité est pourtant plus féroce. Depuis vingt ans, les contraintes budgétaires ont torpillé les services publics avec des moyens constants ou en baisse pour des besoins qui eux deviennent exponentiels. Pour ne pas abandonner, les travailleurs sociaux s'accrochent à l'essence même de leur métier : la rencontre. Certaines sont teintées de violence voire de haine parfois. Elles abîment, déstabilisent et réveillent en nous souvent un sentiment terriblement angoissant de renoncement. Mais nous croisons surtout la route d'individus ordinaires, au sens noble du terme. Ce sont certaines de ces trajectoires de vie bien réelles que j'ai eu envie de partager pour montrer en quoi consiste notre métier d'assistant social. » C. O.
Ce livre contient à la fois la réflexion personnelle de l'auteur et une méthode mettant en oeuvre dans une progression un certain nombre de dispositifs ayant fait la preuve de leur efficacité, et grâce auxquels les personnes venant écrire en ateliers nouent ou renouent une relation plus forte à l'écriture. L'intérêt de cet ouvrage vient de cette présentation très détaillée des dispositifs utilisés (la plupart inventés par l'auteur), de leur articulation entre eux dans une dynamique claire et lisible. Toute personne désireuse d'animer un atelier, de se familiariser avec l'écriture qui y est possible, trouvera là de quoi enrichir sa pratique. Philippe Berthaut, écrivain, poète et chanteur, propose de nombreux ateliers d'écriture en Midi-Pyrénées avec toutes sortes de public.
A partir d'une pratique de deux ans en tant que médecin coordinateur du LAM Olympiades, nouvellement créé, de rencontres avec les résidents, d'entretiens approfondis avec tous les professionnels du LAM, et de participation aux diverses réunions, l'auteur analyse les paradoxes de l'ensemble du dispositif mis en place pour les sans domicile fixe dans le cadre social et médico-social : Les bénéficiaires sont pour l'essentiels des étrangers sans papiers mais qui devraient en avoir et leur précarité est prescrite. L'ensemble du dispositif vient combler les carences de la politique du logement et de la politique de l'immigration. Le système qui veut restaurer l'autonomie construit de fait de la dépendance et aggrave la précarité. Le montage institutionnel passe par des associations devenues entreprises financées par des appels d'offre qui ne peuvent jamais réfléchir sur l'efficience des mesures et se contentent de boucher les trous. Le médico-social qui se voudrait proposer une prise en charge globale est morcelé et ne fait que renforcer la médicalisation dont il veut se soustraire. Enfin, l'avenir habituel des gens de la rue : la mort est totalement occultée dans tout le dispositif.
Les MAS (maisons d'accueil spécialisé) et les FAM (foyers d'accueil médicalisé) accueillent des adultes lourdement handicapés qui nécessitent une aide humaine et technique permanente, proche et individualisée, leurs possibilités physiques, leur fonctionnement mental, leur affectivité ne leur permettant pas d'accéder à une autonomie suffisante pour assumer seuls, même partiellement, leur vie matérielle et relationnelle. Quel accompagnement les professionnels engagés à leur côté assurent-ils au plus près de la vie quotidienne ? Comment prennent-ils en compte les affections somatiques ? Qu'en est-il des souffrances psychiques ? Les « petits riens » de la vie de tous les jours sont autant d'occasions de soins physiques et psychiques, d'apprentissage, d'échanges relationnels, encore faut-il que l'organisation institutionnelle le permette. Les activités qui rompent le quotidien peuvent aussi être importantes. Mais que proposer ? Dans quel but ? Que doit-on privilégier ? Dans cet ouvrage clair et concret, Philippe Chavaroche explore, détaille, analyse tous les aspects de l'accompagnement - souvent difficile, parfois ingrat, mais ô combien indispensable dans sa dimension humanisante - de ces personnes souffrant de grande dépendance.
Conçu comme une immersion dans la vie quotidienne d'un Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), cet ouvrage donne la parole aux résidents de ces structures. Ils y racontent la violence et la solidarité entre eux, les liens ambivalents aux travailleurs sociaux, leur besoin de « repos d'abord » et les attachements aux lieux. Dans un contexte de politiques sociales en pleine mutation, qui privilégient l'accès direct au logement et remettent en cause l'hébergement social, Cédric Sadin-Cesbron, avec le concours de quatre résidents, documente la façon dont nombre d'entre eux « font comme chez eux » en CHRS, passant du statut d'hébergés à l'état d'habitants. Ainsi les injonctions à des temporalités de séjours « maîtrisées », en raison de la nature provisoire des places d'hébergement, génèrent des tensions entre tous les acteurs impliqués : pouvoirs publics financeurs, institution gestionnaire, travailleurs sociaux de terrain et, enfin, hébergés eux-mêmes. Au-delà du simple constat, cet ouvrage propose une réflexion sur les politiques d'insertion, basées sur l'injonction à l'autonomie, telles qu'elles sont menées depuis les années 1980, et trace des pistes de travail pour repenser l'hébergement social sous le prisme de l'habitat, afin de le rendre à la fois plus efficient, digne et bientraitant.
La cohésion de l'équipe transdisciplinaire est un élément important dans le soin des enfants autistes de 3 à 10 ans accueillis à l'hôpital de jour. La démarche est à la fois thérapeutique, éducative et pédagogique et reste indissociable d'un partenariat étroit avec la famille et l'école. Bénédicte de Sonis-Rossignol transmet ici son expérience d'orthophoniste dont la place n'est pas acquise d'emblée. La singularité autistique implique de progresser dans un cadre spatio-temporel particulier, dans lequel les espaces interstitiels bouleversent souvent la trajectoire du parcours tsa. La présentation des ateliers logothérapeutiques, étayée d'observations cliniques, ne décrit pas une méthode mais offre un cheminement à tous ceux qui accompagnent les enfants en difficulté de communication. L'auteur l'illustre notamment à travers l'évolution d'un enfant pendant les cinq années qu'il a passées à l'hôpital de jour.
Les sages-femmes sont formées pour être spécialistes de l'accouchement eutocique, soit sans complication obstétricale. Or le fait que 80% des femmes en France ont un accouchement médicalement dirigé a généré de nombreuses mutations dans leur métier. Elles ont dû adapter leurs savoirs en fonction, d'une part, de leur statut (hospitalier ou libéral), d'autre part, de la protocolisation de leur exercice basé sur une conception normalisée du risque obstétrical. Devant les effets de cette standardisation, elles sont nombreuses à revendiquer de meilleures conditions de travail et d'accouchement pour les futures mères. De leur côté, les femmes dénoncent les violences gynécologiques et obstétricales, demandent une humanisation et une diversification de l'offre de soin par la création notamment de maisons de naissance. Pourquoi ces attentes ne sont-elles pas entendues à leur juste valeur ? Catherine Thomas apporte un éclairage anthropologique et historique sur l'évolution du métier de sage-femme pour mieux comprendre les conditions actuelles de la naissance. L'engagement et le savoir-faire de celles qui tentent de préserver leur identité professionnelle de « gardienne de l'eutocie », à qui cet ouvrage donne la parole, sont essentiels à la formation des nouvelles générations de sages-femmes.
« À chaque fois que l'on me demande quel est mon métier, je réponds avec enthousiasme : soignante dans un atelier d'équithérapie, en pédopsychiatrie. Et j'explique avec beaucoup d'émotion. Émotion de voir les enfants progresser, de les entendre raconter ce qu'ils vivent dans leur rencontre avec les chevaux, le lieu, les autres enfants. J'ai envie de dire combien l'équithérapie peut être efficace, voire extraordinaire par moment. Pour écrire ce livre, comme dans notre pratique professionnelle, il a fallu relier nos observations et notre vécu subjectif auprès des enfants et des chevaux à des éléments théoriques. Collectivement, nous avons alors analysé des situations pour transformer notre vécu et y donner du sens. C'est cela qui fait soin. Ce livre, composé de dessins, de témoignages, de descriptions et d'outils scientifiques, s'étire donc entre ces deux polarités, la théorie et l'émotion, le sens et la poésie, l'écrit et la parole, afin que les chevaux puissent avoir davantage leur place dans les hôpitaux ou les autres lieux d'accueil d'enfants en souffrance. »
Guide pour se faire passeur d'écriture et de lecture, informé des recherches et débordant d'idées pratiques, dans une perspective de démocratie d'apprentissage. La démarche proposée dans cet ouvrage s'appuie sur une réflexion et une pratique de plus de quinze ans auprès d'élèves ordinaires, d'élèves handicapés, de publics en difficulté, d'éducateurs, d'étudiants et d'enseignants. S'adressant à ceux qui veulent construire une aventure d'écriture créative avec les emp êchés d'écrire et les autres, elle renoue le cognitif et l'affectif, le savoir et l'éprouver, qui sont les deux facettes inséparables de tout apprentissage. Ni récit d'atelier, ni recueil de propositions, cet ouvrage propose une réflexion sur les choix et une progression justifiées théoriquement et par une pratique soucieuse de faire évoluer le rapport à l'écrit.
Cet ouvrage donne la parole aux patients psychotiques à partir d'une enquête en sciences sociales réalisée par des praticiens d'une équipe de santé mentale. Il offre un regard inédit sur le monde de la folie : des patients racontent leur maladie et leurs soins, et des psychiatres les découvrent autrement. Comment, et à partir de quoi, se forme l'expérience subjective de la maladie ? Quelles sont les diverses théories étiologiques auxquelles se réfèrent les patients ? Quelles sont les représentations qui interviennent dans l'adhésion aux soins et comment interviennent-elles ? Qu'est-ce qui fait qu'un patient devient moins étranger à un médecin ? Comment évaluer l'écart entre la maladie telle qu'elle est éprouvée par le malade dans son discours profane et la maladie décrite à travers le discours médical ? Les médecins accepteront-ils de s'éloigner de leurs références habituelles pour accéder aux modèles explicatifs de leurs patients ? La relation soignant-soigné peut-elle se conceptualiser comme une transaction entre les modèles de l'un et de l'autre comme cela a été tenté à propos du sida ? Cet ouvrage vivant et original devrait contribuer à modifier certaines représentations sociales des maladies mentales aussi bien chez les soignants que dans le grand public.
Le secteur médico-social est aujourd'hui confronté à la souffrance psychique de très nombreux usagers avec lesquels les équipes sont de plus en plus en difficulté. Le management des établissements est trop souvent coupé des réalités psychopathologiques, un déni de cette souffrance s'installe implacablement. Le soin risque de se réduire à des prestations symptomatiques et cloisonnées destinées à rétablir des fonctions mentales défaillantes alors que la souffrance psychique envahit la personne dans son intégralité : corporelle, affective, relationnelle, sociale... Le secteur médico-social semble s'éloigner de plus en plus d'une mission de soins au plus près de la personne handicapée mentale au profit d'une « novlangue » où l'inclusion s'impose comme la réponse ultime. Comment continuer à penser le soin en médico-social ? L'ouvrage apporte des réponses à ces questions dans plusieurs dimensions : la quotidienneté comme fondement de tout soin psychique, le soutien aux équipes par une véritable fonction clinique institutionnelle, les activités thérapeutiques... Si l'éducatif trouve souvent ses limites face à la souffrance psychique, il n'en reste pas moins pertinent dans l'accompagnement médico-social notamment dans des pratiques groupales aujourd'hui délaissées.
Comment redonner un élan vital à des personnes en déshérence ? Comment rentrer chez soi quand on n'en a pas ? Martine Colignon montre que la médiation artistique, pratiquée dans un cadre sécurisant, peut être un réel soutien pour les personnes en exclusion et participer à leur mieux-être. Collages, peintures, écritures... qu'importe la médiation pourvu qu'elle crée du lien durable ! En amont des dispositifs classiques d'accompagnement, cette action médiatisée agit comme un souffle sur la braise presque éteinte pour ranimer le désir. À travers des vignettes cliniques qui évitent les pièges habituels - généralisation, caricatures, stigmatisation et autres travers -, l'auteure témoigne d'une approche originale et nouvelle de l'exclusion, de ses conséquences, et ouvre de nouvelles pistes pour travailler sur la refonte du lien social et sur la souffrance des sujets en errance.
La lutte contre l'illettrisme est connue en France depuis les années 1980 : priorités ministérielles, campagnes de sensibilisation, publication d'ouvrages de chercheurs et pédagogues. En revanche, rare, voire inexistante est la connaissance des publics dits « illettrés et/ou faibles lecteurs » dans leur relation aux bibliothèques publiques, aux écrivains, aux livres vivants. L'auteur donne corps et humanité à ces personnes qui découvrent qu'elles peuvent « devenir sujets de leurs destins » en levant l'interdit fatal « les livres c'est pas pour moi ». Comme autant de nouvelles, elle brosse des portraits attachants de « déclassés du lire-écrire » qui illustrent une démarche encourageante, revigorante du « faire ensemble » entre professionnels du champ éducatif, social et culturel pour lutter contre l'illettrisme. Cet ouvrage constitue un bel hommage aux ré-apprenants et aux bibliothèques publiques ainsi qu'un encouragement pour l'avenir.
Depuis plus de quinze ans, Alex Lainé s'est spécialisé dans l'accompagnement et l'évaluation en VAE (Validation des acquis de l'expérience). Il a développé une longue pratique de recherche sur ce que ce dispositif exige des candidats, des accompagnateurs et des membres des jurys. Il en a acquis la certitude que celui-ci requiert, de la part de ces trois acteurs qui n'y sont pas toujours préparés, de travailler sur la question du métier, de sa mise en mots et de sa mise en dialogue. Avec ce nouvel ouvrage, il se situe au plus près du travail réel et des problèmes concrets rencontrés par les candidats, les membres des jurys et les accompagnateurs. Il fournit à la fois des outils au service de ces trois acteurs de la VAE, et les éclairages théoriques qui leur permettront d'en construire de nouveaux. À travers l'analyse de nombreuses pratiques des jurys et d'accompagnement en VAE, il définit les conditions d'une évaluation rigoureuse et celles d'un accompagnement méthodique.
L'art de la marionnette, souvent perçu selon les sociétés dans une perspective récréative, rituelle ou magique, peut aussi avoir des vertus thérapeutiques. Les enfants, très réceptifs à l'imaginaire porté par les petites figurines qu'ils façonnent eux-mêmes, peuvent à cette occasion verbaliser de façon indirecte mais souvent très limpide leur difficulté d'être. Pouvoir jouer de sa marionnette, pouvoir être ou faire semblant d'être un autre, jouer de ces identifications multiples, les éprouver en soi procurent de multiples ressentis émotionnels passés ou présents. Avec ses caractéristiques d'objet créé-perdu-retrouvé, la marionnette permet au sujet d'être à la fois lui-même et un autre. Cette ambiguïté des rôles et des fonctions permet au « je » de se décliner sous divers masques, de se cacher ou de se dévoiler, autorisant le sujet à se reconnaître multiple, partagé, animé des désirs contradictoires qui sont ceux de la nature humaine. Adeline Monjardet propose un guide complet pour comprendre et pratiquer cette médiation thérapeutique à la fois efficace et ludique. A l'aide d'exemples concrets, puisés dans son expérience d'une vingtaine d'années dans divers lieux soignants et en maison de quartier, elle livre les modalités de création d'ateliers thérapeutiques avec des marionnettes et rend compte des possibilités qu'ils offrent.
Loin des espaces médiatiques, des professionnels s'engagent dans l'accompagnement de personnes vulnérables (du fait de leur âge, de leur santé, de leurs conditions de vie), fragiles, souvent postées aux marges de notre société. Ces professionnels sont désignés sous le vocable de travailleurs sociaux, même s'ils ne forment pas une catégorie homogène et s'ils sont en passe de devenir des « intervenants sociaux ». Ce sont justement ces travailleurs de l'ombre, souvent discrets, occupés à tisser des liens avec des enfants ou des adultes défaillants, malades, vieillissants, exclus, en situation de handicap ou en danger, qu'Arlette Durual a souhaité mettre en lumière. De manière sensible, sous la forme de « petites histoires », elle révèle ce qui se joue au quotidien dans ces situations de face à face où il s'agit d'accueillir, de soulager, de prendre soin, d'aider mais aussi de garder espoir, de croire qu'une autre situation est possible, de renforcer le pouvoir d'agir, et/ou de décider, des personnes qui pourraient en être privées.
Dans le cabinet de l'orthophoniste, Léa entre, inquiète, parce qu'elle n'arrive pas à lire en fin de CP, monsieur R. consulte car il ne trouve plus les mots ni ses clefs, Thomas a 3 ans mais il ne parle pas, madame V. vient de quitter l'hôpital et elle ne parle plus, Simon bégaie au collège et à table, Nathan ne veut pas articuler le « je »... Où est le lien entre toutes ces histoires, ces symptômes différents ? Qu'ont-ils en commun pour pousser la porte de l'orthophoniste ? Que peut proposer l'orthophoniste ? Des orthophonistes présentent leur métier, sa formation initiale, ses modes d'exercice, sa pratique mais aussi leur propre conception de leur fonction, leurs choix professionnels et les références qui les sous-tendent, les théories du langage auxquelles ils souscrivent et les pratiques qui en découlent. Si l'orthophoniste connaît le langage et ses sciences, il ne sait rien du patient qui s'adresse à lui avec son symptôme. Chaque rencontre est originale, l'orthophoniste est à l'écoute de tout ce qui parle sans forcément se dire. Il se laisse surprendre par un coup d'oeil, une mimique, un geste, une réflexion qui pourrait sembler anodine ou décalée. C'est donc du patient, de sa manière d'aborder son symptôme et des possibilités de s'en défaire dont il va être question tout au long de cet ouvrage.
Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance. On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.
Le théâtre s'offre à l'enfant pour jouer de sa présence, explorer des sentiments et se transporter dans le groupe, pour créer des liens en soi, à soi et aux autres accompagnés par la relation de soin et ses entourages. L'ouvrage suit l'édification d'un atelier théâtre à objectif thérapeutique et éducatif dans le cadre d'un centre médico-psychologique. Il propose une radiographie longitudinale explorant chaque composante fonctionnelle - la médiation théâtrale, le groupe, le cadre, la relation thérapeutique - en lien avec les missions de l'institution et la demande des parents. À chaque étape, l'auteur propose des récits cliniques relatifs à un enfant ou un groupe et des approfondissements techniques et théoriques.
Les auteurs mettent en valeur la dimension quotidienne de l'accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité, la relation essentielle qui se tisse au jour le jour, en dépit de la technicisation croissante des interventions imposée par les référentiels professionnels. Les temps et les actes a priori banals du quotidien sont en réalité les supports à toute action d'accompagnementéducatif, social ou soignant des personnes en situation de vulnérabilité. Les auteurs ont souhaité dans cet ouvrage revaloriser ces moments dits «ordinaires» en les incluant dans une réflexion sur l'éthique de l'accompagnement, à l'heure où les référentiels professionnels tendent à une technicisation des interventions. Ils s'appuient sur des situations rencontrées, sur des écrits de professionnels en formation et revisitent certains auteurs et concepts. Arlette Durual, assistante sociale de formation initiale, sociologue, est actuellement coordinatrice pédagogique du pôle des formations en travail social à l'ADEA à Bourg-en-Bresse. Patrick Perrard, moniteur-éducateur puis éducateur spécialisé, doctorant en sciences de l'éducation, est actuellement responsable du pôle des formations en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Il a publié avec Philippe Gaberan, Moniteur-éducateur (érès, 2004, réédité de nombreuses fois) et avec Arlette DurualAMP : aide médico-psychologique (érès, 2008). Il a également collaboré à la revue Reliance.
Le métier de psychomotricien est une profession de santé réglementée, reconnue par un diplôme d'état depuis 1974. Dans cet ouvrage très complet, Catherine Potel s'est attachée à la définir sous ses diverses formes, ses différents moyens d'action, sa diversité d'application et d'adaptation selon le contexte dans lequel elle s'exerce (du nourrisson prématuré aux personnes âgées, en passant par les secteurs médicaux les plus divers), ses évolutions aussi. L'auteur expose avec une grande clarté les bases d'une psychomotricité en mouvement, devenue un partenaire important dans l'arsenal des réponses thérapeutiques et préventives. Catherine POTEL est psychomotricienne et thérapeute en relaxation analytique (méthode Sapir). Elle est membre de l'AREFFS. Elle travaille actuellement au CMPP de l'OSE à Paris et en privé, à Sceaux. Elle est fondatrice et responsable de l'association Vivre l'eau. Elle enseigne à l'Institut supérieur de rééducation psychomotrice et à l'Institut de formation en psychomotricité Pitié-Salpétrière, université Pierre et Marie Curie. Elle a reçu le prix Sapir 2003. Dans cet ouvrage, elle a sollicité quelques confrères pour traiter certains aspects : ils sont tous engagés en tant que directeurs et enseignants dans des instituts de formation en psychomotricité (Bordeaux, Toulouse, Paris, Lille). Mise en vente le 16 septembre 2010
Préface de Lin Grimaud Postface de Laurent Vigliéno Cet ouvrage donne quelques clés utiles pour que parents et professionnels puissent contribuer à soutenir et promouvoir une maîtrise du quotidien, garante d'une confiance en soi et facilitant le vivre-ensemble. Ce livre témoigne de l'expérience professionnelle auprès d'enfants aveugles de naissance, aveugles tardifs, malvoyants et adultes handicapés visuels. Pour cette population, les difficultés liées au quotidien sont sous-estimées car souvent méconnues et nécessitent une éducation ou une rééducation spécifiques. Les professionnels des techniques palliatives (avéjistes, rééducateurs en locomotion, orthoptistes, enseignants en Braille et informatique spécialisée...) doivent transmettre des automatismes libérateurs, destinés à faciliter leur intégration dans les divers contextes de la vie. Ce patrimoine de ressources personnelles rend le sujet plus confiant, libre d'effectuer des choix et capable de trouver sa place dans la vie sociale en tant que citoyen à part entière, en toute dignité.
« En dix années d'enseignement en IUFM, les jeunes professeurs n'ont cessé de m'interroger sur la manière de conduire la classe, sur l'autorité, la contrainte, la discipline, les sanctions... Au fil des années, j'ai eu le sentiment que leurs questions devenaient de plus en plus pressantes. Cet ouvrage n'est pas une réponse aux mille et une questions qui m'ont été adressées, c'est une suggestion, mieux, une proposition de travail. Et comme la discipline est non seulement affaire de techniques et d'organisation mais aussi de posture et de place, on peut dire de ce petit livre qu'il s'adresse à tout éducateur soucieux de réfléchir sur le sens du travail éducatif. » Dans cet ouvrage clair et concis, Eirick Prairat s'attache à décrire, à expli quer et à analyser les phénomènes d'indiscipline qui menacent l'ordre scolaire. Il incite le lecteur - enseignant, éducateur, animateur...- à penser et à organiser la vie du groupe en liant la nécessaire dimension instrumentale de la discipline à l'horizon de responsabilité que poursuit toute action éducative. Pas de remèdes miracles ou de techniques magiques mais des dispositifs que les enseignants et les équipes peuvent s'approprier et aménager selon leurs expériences et les ressources du lieu où ils exercent. Mise en vente le 07 mars 2013