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« Thomas McGuane met en scène des hommes d'affaires et de jeunes flambeurs bourrés aux as qui viennent faire le plein de dolce vita dans un havre select du Michigan, au coeur des forêts. Des décors de rêve, où le cauchemar ne tardera pas à s'inviter lorsqu'un trublion débarquera pour transformer les lieux en poudrière, sous l'oeil d'aristos en pleine déroute. » (André Clavel, Lire)
Qu'un piano soit criblé de chevrotine par un enfant embusqué dans un arbre, et c'est l'harmonie du monde qui vole en éclats. Mais que cet enfant, le nez plongé dans les entrailles de l'instrument, l'imagine chargé d'épices et voguant intact sur l'océan, et c'est l'imaginaire qui ordonne le chaos. Sous le double signe d'un désordre échevelé, burlesque et jubilatoire, et du pouvoir de l'imagination - de la littérature-, Thomas McGuane reprend à son compte la tradition picaresque de Don Quichotte en la transposant dans l'espace américain des années 70. Son jeune héros, Nicholas Payne, successivement routard paumé, amoureux transi, cow-boy dérisoire, bâtisseur de chauves-souricières pour le compte d'un inénarrable amputé multiple, nous entraîne dans d'invraisemblables aventures, dont la plus vertigineuse est sans doute celle d'une écriture éblouissante, qui oscille constamment entre ordre et chaos, tradition et parodie, burlesque et poésie.
« J'attends la fin de l'impossible. » C'est ce que faisait dire Romain Gary, sous le nom d'Émile Ajar, au héros de Gros-Câlin. Dans cette nouvelle édition de La Fin de l'impossible, complétée de trois essais, pour la plupart inédits, Paul Audi s'interroge sur l'importance qu'il convient d'accorder à cette « attente », à cette « vive espérance », déjà en elle-même impossible, qui soutient de part en part l'oeuvre de Gary comme elle soutient peut-être aussi l'existence de tout être humain. Pour ce faire, il ne tente pas seulement de dégager, parmi toutes les idées que Gary a cherché à défendre, celles qui lui paraissent urgent d'entendre dans le contexte actuel de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance, mais il plaide aussi la cause d'une véritable « contre-sagesse ».
Reeves C. est retrouvé mort dans un hôtel. Il voulait être écrivain. Il ne fut que le mari d'une romancière célèbre. Il lui disait : « Il ne faut pas aimer son double, car c'est un amour qui naît d'un oubli momentané de la haine qu'on a pour soi. » Le Professeur T. s'est pendu dans la cave de son immeuble. Avant de mourir, le Professeur T. avait écrit dans son journal : « Chacun porte en soi un frère assassiné, il faut vivre en le ménageant. » Dans la nuit du 14 août 1990, Klara W. se jette du haut d'un immeuble de La Défense. Dans son agenda, elle avait noté ce bref dialogue extrait d'un film : « -ne vous en faites pas, je m'en vais. - Où ? - En moi-même. » Vinh L. se prépare à rentrer dans son pays. Auparavant, il écrit dix lettres, dans lesquelles il révèle que, pour survivre, il a mangé de la chair humaine.
« Sept histoires habilement composées, précises, sensuelles, nourries d'adrénaline, traversées par une sensation de violence sans cesse latente. » Helen Simpson, The Guardian « Ces histoires nous prennent toujours au dépourvu, contrariant les attentes dramatiques les plus évidentes... et en deviennent ainsi d'autant plus dramatiques. Cette prose est magnifique. » The Times « Les prouesses de l'écriture de Sarah Hall, déjà justement célébrées par le passé, sont d'autant plus perceptibles au fil de ce recueil. Elle évoque les lieux, les paysages, avec talent et sensualité... Les changements de narration d'une histoire à l'autre sont aussi maîtrisés que saisissants. » Jodie Mullish, The Telegraph « Sarah Hall est une artiste au talent aussi considérable que concis. Chaque histoire est un bijou. Ainsi rassemblées, elles constituent un recueil au pouvoir extraordinairement sensuel. » The Sunday Times
Londres, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lady Sophia Garfield rêve de devenir une belle espionne. Ne pouvant cependant passer son temps à démasquer des ennemis, Sophia exerce son sens patriotique dans les bureaux de l'hôpital Ste Anne... tout en conservant ses loisirs aristocratiques. Elle va ainsi régulièrement prendre le thé au Ritz, échafaude avec malice des plans pour séduire le fringant Rudolph Jocelyn et en éloigner sa rivale, la princesse Olga Gogothsky. Dans la lignée de Charivari, Nancy Mitford déploie un humour décalé et percutant, qu'elle distille savamment tout au long de cette fantaisie loufoque, qui accorde aussi toute sa place aux développements politiques internationaux cruciaux de l'époque.