Témoins
Le hasard conduisit un éducateur chez elle ; un enfant « basané » chez elle ; un repris de justice chez elle... Et voilà que cette mère de famille de neuf enfants voulut engendrer aussi à la vie et à l'amour ce jeune adolescent, marginalisé par la délinquance. Et ce fut la douleur de l'enfantement pour elle, pour lui, pour le mari, pour les « vrais » enfants. Lutte poignante, faite de larmes et de sang, d'obstination, de conflits et de coups de coeur... contre toute espérance. Et depuis, l'aventure n'est pas terminée. Beaucoup d'autres « fils » ont été accueillis au foyer des Merci. Un jour, ils diront que chez Véronique ils ont retrouvé l'essentiel : aimer. Par son témoignage, elle nous donne l'occasion d'accéder et de croire à son secret, à sa foi. A ce titre, ce livre méritait bien d'être le premier ouvrage de notre collection « Témoins ».
1945-1964, vingt ans de luttes sociales et de secrets d’usine révélés par un prêtre-ouvrier. L’alibi offre une plongée rare dans les coulisses de la sidérurgie française, où patrons, cadres et ouvriers s’affrontent au quotidien.
Face à la montée du négationnisme, Les chambres à gaz ont existé apporte des preuves irréfutables, documents et témoignages à l’appui.
1947-1954 : sept années charnières de la IVe République racontées par celui qui en fut le premier président. Mon septennat révèle les coulisses du pouvoir, entre crises ministérielles, guerre d’Indochine et tensions internationales.
Une jeune fille rencontre celui qu'elle appelle l'homme de sa vie. Ils habitent à Ashod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l'épouse et le suit en France, à Paris. Mais Charles, au fil du temps, s'est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d'être plus proche de la religion, va en lui plus profond. Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine.
Un témoignage, mais pas seulement. Une approche critique, une nouvelle mise en perspective du phénomène concentrationnaire nazi. Pour l'auteur, tout n'a pas été dit.
"Témoignage", était-il écrit sur la première page du manuscrit rédigé d'une traite à l'été 1940, puis dissimulé en attente de jours meilleurs, et finalement publié en 1946 aux Éditions Franc-Tireur, émanation du groupe résistant dans lequel Marc Bloch s'est engagé jusqu'à son arrestation au printemps 1944. Le "plus vieux capitaine de l'armée française", comme il aimait se décrire, combattant de 1914 devenu engagé volontaire en 1939, y propose autant un examen de conscience qu'une analyse sans concession de la France battue en quelques semaines. Pour réaliser cette histoire immédiate, il met à profit ses compétences d'historien des sociétés et des mentalités du Moyen Âge, tout en se tournant vers l'avenir : "Un jour viendra, tôt ou tard, j'en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s'épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s'ouvriront ; les brumes [...] se lèveront peu à peu ; et peut-être les chercheurs occupés à les percer trouveront-ils quelque profit à feuilleter, s'ils le savent découvrir, ce procès-verbal de l'an 1940."
"Pour des millions d'Ukrainiens, l'après-24 février 2022 est une rupture totale du temps. Nous avons été recrachés sur la rive d'une nouvelle réalité et nous réapprenons à respirer." La guerre affecte les catégories les plus fondamentales de l'existence : le rapport au temps et à l'espace, à la beauté et à l'amour, au foyer ou à la mort. Elle fait tout autant émerger de nouvelles notions, comme "l'après-vie", cette existence d'une personne qui a déjà tout perdu. Pourquoi cette période de destruction, d'extrême précarité individuelle et collective, remet-elle aussi en lumière la force de la confiance en son prochain ou le besoin de poésie ? À partir de leurs allers-retours dans les zones de combat dévastées, des histoires qu'on s'y raconte, de leurs observations et de leurs rencontres, Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko ont composé ce saisissant témoignage philosophique. Fenêtre sur le réel, ode à la littérature, il s'attache à comprendre et à transmettre les enseignements de la vie à la lisière, "cet endroit où la vie se bat avec acharnement pour se défendre et défendre chaque millimètre lui appartenant".
"Pour des millions d'Ukrainiens, l'après-24 février 2022 est une rupture totale du temps. Nous avons été recrachés sur la rive d'une nouvelle réalité et nous réapprenons à respirer." La guerre affecte les catégories les plus fondamentales de l'existence : le rapport au temps et à l'espace, à la beauté et à l'amour, au foyer ou à la mort. Elle fait tout autant émerger de nouvelles notions, comme "l'après-vie", cette existence d'une personne qui a déjà tout perdu. Pourquoi cette période de destruction, d'extrême précarité individuelle et collective, remet-elle aussi en lumière la force de la confiance en son prochain ou le besoin de poésie ? À partir de leurs allers-retours dans les zones de combat dévastées, des histoires qu'on s'y raconte, de leurs observations et de leurs rencontres, Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko ont composé ce saisissant témoignage philosophique. Fenêtre sur le réel, ode à la littérature, il s'attache à comprendre et à transmettre les enseignements de la vie à la lisière, "cet endroit où la vie se bat avec acharnement pour se défendre et défendre chaque millimètre lui appartenant".
"J'ai besoin d'exprimer ma rage, un besoin violent, et inexorable." C'est d'abord le cri d'un témoin en colère qui traverse ces cahiers rédigés à la fin de l'été 1944. Très vite, cependant, apparaît la capacité d'analyse du jeune historien de vingt-sept ans, assistant depuis l'Auvergne à la reconquête du territoire par les forces alliées : il entreprend de retracer, en même temps qu'un cheminement intérieur, ce qu'il appelle "l'histoire morale" de la France du début des années 1940, une histoire faite d'humiliation, de frustration et de honte, sentiments qui cèdent lentement le pas à une fierté renouvelée. Réquisitoire implacable et exercice d'introspection, ce texte inédit de Jean-Baptiste Duroselle (1917-1994), l'un des fondateurs de l'école française de l'histoire des relations internationales, constitue, huit décennies plus tard, un document précieux et sans concession pour comprendre Vichy et l'Occupation.
"J'ai besoin d'exprimer ma rage, un besoin violent, et inexorable." C'est d'abord le cri d'un témoin en colère qui traverse ces cahiers rédigés à la fin de l'été 1944. Très vite, cependant, apparaît la capacité d'analyse du jeune historien de vingt-sept ans, assistant depuis l'Auvergne à la reconquête du territoire par les forces alliées : il entreprend de retracer, en même temps qu'un cheminement intérieur, ce qu'il appelle "l'histoire morale" de la France du début des années 1940, une histoire faite d'humiliation, de frustration et de honte, sentiments qui cèdent lentement le pas à une fierté renouvelée. Réquisitoire implacable et exercice d'introspection, ce texte inédit de Jean-Baptiste Duroselle (1917-1994), l'un des fondateurs de l'école française de l'histoire des relations internationales, constitue, huit décennies plus tard, un document précieux et sans concession pour comprendre Vichy et l'Occupation.
Querelle de l'art contemporain, neutralité des sciences sociales, mariage homosexuel, féminisme, islamisme, censure, wokisme, gauche radicale : autant de sujets qui, depuis une vingtaine d'années, ont beaucoup agité le monde intellectuel français et, en particulier, la gauche, de plus en plus éclatée, voire bouleversée, par des retournements rompant avec ses valeurs historiques - protection des plus faibles, universalisme, laïcité, rationalité, liberté d'expression. Cet essai propose un retour réflexif sur les prises de position de l'auteur depuis la fin du XXe siècle, controversées par une partie de la gauche et qui, en cela même, témoignent de mutations allant bien au-delà d'opinions personnelles. Ne pas "penser comme nous" : telle est, parfois, la condition pour rester fidèle aux valeurs fondatrices d'une famille politique.
Querelle de l'art contemporain, neutralité des sciences sociales, mariage homosexuel, féminisme, islamisme, censure, wokisme, gauche radicale : autant de sujets qui, depuis une vingtaine d'années, ont beaucoup agité le monde intellectuel français et, en particulier, la gauche, de plus en plus éclatée, voire bouleversée, par des retournements rompant avec ses valeurs historiques - protection des plus faibles, universalisme, laïcité, rationalité, liberté d'expression. Cet essai propose un retour réflexif sur les prises de position de l'auteur depuis la fin du XXe siècle, controversées par une partie de la gauche et qui, en cela même, témoignent de mutations allant bien au-delà d'opinions personnelles. Ne pas "penser comme nous" : telle est, parfois, la condition pour rester fidèle aux valeurs fondatrices d'une famille politique.
Rétro-chaos est le récit de vie de Daniel Cordier qui serait demeuré s'il n'avait pas eu le temps de publier Alias Caracalla. Au début des années 2000, il subit une lourde opération. Il profite de sa convalescence pour dresser un bilan. C'est toute son existence qu'il retrace alors, depuis son enfance entre parents divorcés et "séquestration" en pension jusqu'à l'écriture d'Alias Caracalla. Mêlant avec sa spontanéité habituelle anecdotes inédites et réflexions rétrospectives, il raconte la genèse de son engagement à l'extrême droite et la façon dont il s'en déprit sous l'influence de la France libre et de la Résistance. Il évoque non seulement Jean Moulin, son patron vénéré, mais également la très jeune équipe du secrétariat clandestin aux prises avec le dénuement et la peur. Il revient sur ses rapports compliqués avec son autre "grand homme", Jean Dubuffet, au temps où il était un acteur majeur du marché de l'art contemporain. Il explique enfin, de manière détaillée et concrète, comment il se fit historien au fil de sa monumentale biographie de Jean Moulin et comment il reprit possession de son passé en travaillant à Alias Caracalla. Au terme de ce livre, il se demande s'il a vécu "une vie pour rien". Au lecteur de trancher.
Rétro-chaos est le récit de vie de Daniel Cordier qui serait demeuré s'il n'avait pas eu le temps de publier Alias Caracalla. Au début des années 2000, il subit une lourde opération. Il profite de sa convalescence pour dresser un bilan. C'est toute son existence qu'il retrace alors, depuis son enfance entre parents divorcés et "séquestration" en pension jusqu'à l'écriture d'Alias Caracalla. Mêlant avec sa spontanéité habituelle anecdotes inédites et réflexions rétrospectives, il raconte la genèse de son engagement à l'extrême droite et la façon dont il s'en déprit sous l'influence de la France libre et de la Résistance. Il évoque non seulement Jean Moulin, son patron vénéré, mais également la très jeune équipe du secrétariat clandestin aux prises avec le dénuement et la peur. Il revient sur ses rapports compliqués avec son autre "grand homme", Jean Dubuffet, au temps où il était un acteur majeur du marché de l'art contemporain. Il explique enfin, de manière détaillée et concrète, comment il se fit historien au fil de sa monumentale biographie de Jean Moulin et comment il reprit possession de son passé en travaillant à Alias Caracalla. Au terme de ce livre, il se demande s'il a vécu "une vie pour rien". Au lecteur de trancher.
Daniel Cordier a eu plusieurs vies. Alias Caracalla se poursuit donc après la guerre. L'ancien secrétaire de Jean Moulin se tourne vers l'art. Il commence une collection avec des oeuvres de De Staël ou Hartung, puis ouvre des galeries à Paris, New York et Francfort, où il expose Dubuffet, Rauschenberg et la fine fleur des surréalistes. Il voyage aussi et nous fait vivre deux séjours mouvementés dans l'Union soviétique des débuts de la déstalinisation. Sur un dernier coup d'éclat, il ferme sa galerie parisienne et se lance dans deux tours du monde pour écrire une histoire universelle de l'art avec Stéphane Hessel. Mû par un besoin d'engagement et d'action toujours aussi présent, il envisage de reprendre les armes pour défendre la République contre les factieux de l'Algérie française, et mêle expositions provocatrices et militantisme pour l'art contemporain jusqu'à se trouver enrôlé dans la création du Centre Beaubourg. Des pages inédites et illustrées de la vie de Daniel Cordier, fidèle à lui-même : combatif, passionné, sincère et drôle.
Daniel Cordier a eu plusieurs vies. Alias Caracalla se poursuit donc après la guerre. L'ancien secrétaire de Jean Moulin se tourne vers l'art. Il commence une collection avec des oeuvres de De Staël ou Hartung, puis ouvre des galeries à Paris, New York et Francfort, où il expose Dubuffet, Rauschenberg et la fine fleur des surréalistes. Il voyage aussi et nous fait vivre deux séjours mouvementés dans l'Union soviétique des débuts de la déstalinisation. Sur un dernier coup d'éclat, il ferme sa galerie parisienne et se lance dans deux tours du monde pour écrire une histoire universelle de l'art avec Stéphane Hessel. Mû par un besoin d'engagement et d'action toujours aussi présent, il envisage de reprendre les armes pour défendre la République contre les factieux de l'Algérie française, et mêle expositions provocatrices et militantisme pour l'art contemporain jusqu'à se trouver enrôlé dans la création du Centre Beaubourg. Des pages inédites et illustrées de la vie de Daniel Cordier, fidèle à lui-même : combatif, passionné, sincère et drôle.
Philippe Pons est correspondant du Monde au Japon depuis 1976. C'est à partir de son expérience personnelle qu'il fait revivre le Tôkyô des plaisirs et des jours, de l'érotisme et de l'esthétisme. Nous suivons cette visite au fil de l'évocation des angles morts du Tôkyô prospère, d'incursions dans le "sous-bois social" des trappes de la ville où bivouaque une humanité blessée et de quelques figures noctambules. Vagabondages à travers les cinq dernières décennies, en croisant souvenirs, histoire sociale et réflexions rêveuses, l'auteur esquisse un "Tôkyô de l'envers", facette négligée de cette ville comme l'est la doublure d'un vêtement. "Envers" qui n'est pas plus vrai que l'"endroit" mais permet d'entrevoir une société polymorphe avec ses fissures, ses malaises, ses détresses comme son imaginaire et ses petits bonheurs. Une entrée par une porte dérobée dans l'histoire d'un Tôkyô qui échappe au discours sur une "âme japonaise" supposée aussi impénétrable qu'ineffable, sorte d'allégorie de l'altérité saisie dans ce journal de bord non daté, scandé de touches affectives pour les êtres et les lieux auxquels l'auteur est lié depuis un demi-siècle. Journaliste au Monde, dont il est depuis de longues années le correspondant à Tôkyô, Philippe Pons est l'auteur aux Éditions Gallimard de D'Edo à Tôkyô (1988), Misère et crime au Japon du XVIIe siècle à nos jours (1999), Macao : Un éclat d'éternité (1999), Corée du Nord : un État-guérilla en mutation (2016) et Le corps tatoué au Japon (2018).
Philippe Pons est correspondant du Monde au Japon depuis 1976. C'est à partir de son expérience personnelle qu'il fait revivre le Tôkyô des plaisirs et des jours, de l'érotisme et de l'esthétisme. Nous suivons cette visite au fil de l'évocation des angles morts du Tôkyô prospère, d'incursions dans le "sous-bois social" des trappes de la ville où bivouaque une humanité blessée et de quelques figures noctambules. Vagabondages à travers les cinq dernières décennies, en croisant souvenirs, histoire sociale et réflexions rêveuses, l'auteur esquisse un "Tôkyô de l'envers", facette négligée de cette ville comme l'est la doublure d'un vêtement. "Envers" qui n'est pas plus vrai que l'"endroit" mais permet d'entrevoir une société polymorphe avec ses fissures, ses malaises, ses détresses comme son imaginaire et ses petits bonheurs. Une entrée par une porte dérobée dans l'histoire d'un Tôkyô qui échappe au discours sur une "âme japonaise" supposée aussi impénétrable qu'ineffable, sorte d'allégorie de l'altérité saisie dans ce journal de bord non daté, scandé de touches affectives pour les êtres et les lieux auxquels l'auteur est lié depuis un demi-siècle. Journaliste au Monde, dont il est depuis de longues années le correspondant à Tôkyô, Philippe Pons est l'auteur aux Éditions Gallimard de D'Edo à Tôkyô (1988), Misère et crime au Japon du XVIIe siècle à nos jours (1999), Macao : Un éclat d'éternité (1999), Corée du Nord : un État-guérilla en mutation (2016) et Le corps tatoué au Japon (2018).
"Otto Freundlich, peintre célèbre, interné comme Allemand par la Troisième République, caché sous Vichy en zone sud, rattrapé, déporté en 1943 à Sobibor. Mon grand-oncle Pierre Ignace, "notable" raflé le 12 décembre 1941, interné à Compiègne, déporté à Auschwitz-Birkenau par le convoi n°1 du 27 mars 1942. Cinquante-quatre Juifs étrangers victimes de la dernière rafle en France, à Reillanne en mai 1944. Un livre triptyque pour dire les dernières années et les derniers jours de ces êtres dans la chasse à mort dont ils ont été les victimes. Histoires et géographies éclatées, vies si différentes, même fin, à l'issue d'arrachements multiples. Vies réapparues en mots d'amour, mots de supplications, derniers mots avant la séparation et la mort, objets intimes. Donner le plus de détails et de traces possible sur le parcours des bourreaux, des complices, des sauveteurs, tel Varian Fry, des amis de toujours, des écrivains comme René Char, des peintres comme Picasso, tant d'autres. Avec ma voix d'historienne des souffrances et des cultures du désastre et un "je" d'héritière de la Catastrophe qui a atteint ma famille."
"Otto Freundlich, peintre célèbre, interné comme Allemand par la Troisième République, caché sous Vichy en zone sud, rattrapé, déporté en 1943 à Sobibor. Mon grand-oncle Pierre Ignace, "notable" raflé le 12 décembre 1941, interné à Compiègne, déporté à Auschwitz-Birkenau par le convoi n°1 du 27 mars 1942. Cinquante-quatre Juifs étrangers victimes de la dernière rafle en France, à Reillanne en mai 1944. Un livre triptyque pour dire les dernières années et les derniers jours de ces êtres dans la chasse à mort dont ils ont été les victimes. Histoires et géographies éclatées, vies si différentes, même fin, à l'issue d'arrachements multiples. Vies réapparues en mots d'amour, mots de supplications, derniers mots avant la séparation et la mort, objets intimes. Donner le plus de détails et de traces possible sur le parcours des bourreaux, des complices, des sauveteurs, tel Varian Fry, des amis de toujours, des écrivains comme René Char, des peintres comme Picasso, tant d'autres. Avec ma voix d'historienne des souffrances et des cultures du désastre et un "je" d'héritière de la Catastrophe qui a atteint ma famille."
Héros, traître, meurtrier, hérétique, martyr, fou, noble sauvage, agent de l'impérialisme yankee, défenseur des droits des Métis et des Indiens, père de la province du Manitoba et même l'un des fondateurs de la Confédération canadienne. Louis Riel était un chef du peuple métis - groupe ethnique d'origine autochtone et européenne - qui a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien. Le premier (1869-1870) aboutit à la création de la province du Manitoba dans l'Ouest canadien et le second (1885) mène à un affrontement militaire, seule guerre ayant eu lieu jusqu'à ce jour sur le sol canadien. Ce conflit, encouragé par sir John Macdonald, Premier ministre du Canada, en plus de coûter la vie à Louis Riel, valut aux Indiens leur enfermement - aux conséquences encore aujourd'hui tragiques - dans des réserves pendant plus de soixante ans. Aucun autre personnage de l'histoire canadienne n'a suscité autant d'écrits que Louis Riel. Fruit de cinquante années de recherches, l'ouvrage de Jean Meyer consacre la vie de cet homme que J. M. G. Le Clézio nomme "le visionnaire" dans sa préface, celui qui voulait faire du Canada un espace de communion pour les nations.
Héros, traître, meurtrier, hérétique, martyr, fou, noble sauvage, agent de l'impérialisme yankee, défenseur des droits des Métis et des Indiens, père de la province du Manitoba et même l'un des fondateurs de la Confédération canadienne. Louis Riel était un chef du peuple métis - groupe ethnique d'origine autochtone et européenne - qui a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien. Le premier (1869-1870) aboutit à la création de la province du Manitoba dans l'Ouest canadien et le second (1885) mène à un affrontement militaire, seule guerre ayant eu lieu jusqu'à ce jour sur le sol canadien. Ce conflit, encouragé par sir John Macdonald, Premier ministre du Canada, en plus de coûter la vie à Louis Riel, valut aux Indiens leur enfermement - aux conséquences encore aujourd'hui tragiques - dans des réserves pendant plus de soixante ans. Aucun autre personnage de l'histoire canadienne n'a suscité autant d'écrits que Louis Riel. Fruit de cinquante années de recherches, l'ouvrage de Jean Meyer consacre la vie de cet homme que J. M. G. Le Clézio nomme "le visionnaire" dans sa préface, celui qui voulait faire du Canada un espace de communion pour les nations.
Sonya Orfalian, réfugiée d'Arménie en Libye puis à Rome, s'est donné pour mission de recueillir, tout au long du siècle, les souvenirs des rescapés des massacres de masse des années 1915-1922, qu'ils ont vécus eux-mêmes quand ils étaient enfants.Ces « voix brisées », dit-elle, aucun micro, aucune caméra ne les a jamais données à entendre ou à voir. Des voix d'une autre époque, fragmentées, qui relatent chacune à leur manière des violences inouïes, des fuites rocambolesques, des survies miraculeuses. Un livre poignant et nécessaire.Ces témoignages sont encadrés par la présentation de Gérard Chaliand, la mise en contexte historique d'Yves Ternon et le parallèle avec la Shoah de Joël Kotek
Sonya Orfalian, réfugiée d'Arménie en Libye puis à Rome, s'est donné pour mission de recueillir, tout au long du siècle, les souvenirs des rescapés des massacres de masse des années 1915-1922, qu'ils ont vécus eux-mêmes quand ils étaient enfants.Ces « voix brisées », dit-elle, aucun micro, aucune caméra ne les a jamais données à entendre ou à voir. Des voix d'une autre époque, fragmentées, qui relatent chacune à leur manière des violences inouïes, des fuites rocambolesques, des survies miraculeuses. Un livre poignant et nécessaire.Ces témoignages sont encadrés par la présentation de Gérard Chaliand, la mise en contexte historique d'Yves Ternon et le parallèle avec la Shoah de Joël Kotek
"L'écriture d'Alias Caracalla a correspondu à l'automne de ma vie. La chance a permis que je publie ces Mémoires de mon vivant. Raconter son existence, c'est la juger. Du point de vue des hommes, il est bien des manières de réussir ou de rater sa vie. Du point de vue de Dieu, comment le savoir avant la fin ? Je demeure persuadé d'une chose : mon engagement dans la France Libre et, quarante ans plus tard, les trente années que j'ai consacrées à l'écriture de cette histoire sont les deux périodes de mon passé que je recommencerais à l'identique si j'en avais la possibilité. Entre ces deux périodes, j'ai dédié l'essentiel de mon temps à la passion de l'art contemporain. Aujourd'hui, je crois qu'en dehors des joies qu'il procure l'art n'est pas autre chose qu'un plaisir égoïste, incapable de répondre aux cris de millions d'esclaves et des peuples opprimés. Une vie n'est que ce qu'elle fut. Lorsqu'on dé
"L'écriture d'Alias Caracalla a correspondu à l'automne de ma vie. La chance a permis que je publie ces Mémoires de mon vivant. Raconter son existence, c'est la juger. Du point de vue des hommes, il est bien des manières de réussir ou de rater sa vie. Du point de vue de Dieu, comment le savoir avant la fin ? Je demeure persuadé d'une chose : mon engagement dans la France Libre et, quarante ans plus tard, les trente années que j'ai consacrées à l'écriture de cette histoire sont les deux périodes de mon passé que je recommencerais à l'identique si j'en avais la possibilité. Entre ces deux périodes, j'ai dédié l'essentiel de mon temps à la passion de l'art contemporain. Aujourd'hui, je crois qu'en dehors des joies qu'il procure l'art n'est pas autre chose qu'un plaisir égoïste, incapable de répondre aux cris de millions d'esclaves et des peuples opprimés. Une vie n'est que ce qu'elle fut. Lorsqu'on dé
Jean-Louis Crémieux-Brilhac a été principalement l'auteur de deux grands livres : Les Français de l'an 40 (1990) dont le sujet est celui de Marc Bloch dans L'étrange défaite et La France Libre (1996 et 2014), qui constituent l'improbable sortie par le haut du désastre national. De ces deux épisodes, Crémieux-Brilhac a été, avant de s'en faire l'historien, l'acteur et le témoin. D'où le titre que l'on a cru pouvoir donner au récit qu'il s'était décidé à en faire, de l'intérieur, à quatre-vingt-seize ans, quand la mort est venue le prendre au printemps 2015. De famille très républicaine, et précocement engagé dans la lutte contre le fascisme, J.-L. Crémieux-Brilhac a vécu comme un choc personnel l'effondrement de la France. Prisonnier en Allemagne, il s'en évade pour rejoindre, dans des conditions épiques, l'Union soviétique encore alliée d'Hitler et s'y voit incarcéré jusqu'en juin 1941. Il rejoint alors de Gaulle pour devenir secrétaire à la propagande et, à ce titre, acteur central de la France Libre. Au récit posthume de cette aventure, qui est autant celle d'une génération que celle de la France, on a joint deux séries d'annexes qui lui donnent tout son sens. D'une part trois articles de l'auteur sur les sujets qui lui tenaient le plus à coeur : La France Libre et les Juifs, Vichy et les Juifs, de Gaulle et Mendès France, les deux fidélités politiques de son existence. D'autre part les trois hommages prononcés lors de ses funérailles : l'hommage familial de son fils Michel, l'hommage historien de Jean-Pierre Azéma, l'hommage national enfin prononcé dans la cour des Invalides par François Hollande, président de la République.
Jean-Louis Crémieux-Brilhac a été principalement l'auteur de deux grands livres : Les Français de l'an 40 (1990) dont le sujet est celui de Marc Bloch dans L'étrange défaite et La France Libre (1996 et 2014), qui constituent l'improbable sortie par le haut du désastre national. De ces deux épisodes, Crémieux-Brilhac a été, avant de s'en faire l'historien, l'acteur et le témoin. D'où le titre que l'on a cru pouvoir donner au récit qu'il s'était décidé à en faire, de l'intérieur, à quatre-vingt-seize ans, quand la mort est venue le prendre au printemps 2015. De famille très républicaine, et précocement engagé dans la lutte contre le fascisme, J.-L. Crémieux-Brilhac a vécu comme un choc personnel l'effondrement de la France. Prisonnier en Allemagne, il s'en évade pour rejoindre, dans des conditions épiques, l'Union soviétique encore alliée d'Hitler et s'y voit incarcéré jusqu'en juin 1941. Il rejoint alors de Gaulle pour devenir secrétaire à la propagande et, à ce titre, acteur central de la France Libre. Au récit posthume de cette aventure, qui est autant celle d'une génération que celle de la France, on a joint deux séries d'annexes qui lui donnent tout son sens. D'une part trois articles de l'auteur sur les sujets qui lui tenaient le plus à coeur : La France Libre et les Juifs, Vichy et les Juifs, de Gaulle et Mendès France, les deux fidélités politiques de son existence. D'autre part les trois hommages prononcés lors de ses funérailles : l'hommage familial de son fils Michel, l'hommage historien de Jean-Pierre Azéma, l'hommage national enfin prononcé dans la cour des Invalides par François Hollande, président de la République.
Mauthausen, créé comme camp de concentration pour 'irrécupérables' dès l'annexion de l'Autriche par Hitler, servit d'abord à exterminer des Tsiganes, des Juifs, des antifascistes autrichiens. Les nazis y envoyèrent fin 1939 des milliers d'officiers polonais ; après la défaite de la France, autant de républicains espagnols, encore plus de prisonniers soviétiques, des résistants tchécoslovaques, enfin de grands convois de Français en 1943 et surtout 1944. À partir de 1943, Mauthausen travaillant pour l'industrie de guerre, ses kommandos s'étendirent sur toute l'Autriche jusqu'en Croatie. En six ans, on y dénombra plus de 150 000 morts. Arrivé en mars 1944, Pierre Daix connut d'abord la célèbre carrière du camp, puis, parlant allemand, entra dans l'administration et l'organisation de résistance dont il retrace ici le développement et rend hommage à ses créateurs, les Espagnols, dont il avait rassemblé les témoignages dans Triangle bleu en 1969. Il la montre aux prises avec les drames de la fin du camp : l'arrivée des évacués d'Auschwitz, l'évasion collective des Soviétiques du sinistre "block 20", pour en venir au chaos d'une libération impréparée par les Alliés qui coûta des centaines de morts en trop. Il confie à l'Europe le soin d'en tirer les leçons.
Pendant les douze années qu'a duré le IIIe Reich, rares furent ceux qui osèrent se dresser contre la tyrannie, et plus rares encore ceux qui le firent au nom du caractère sacré de la loi et de la foi. Ce livre traite de deux de ces hommes qui, dès le début, firent tout pour s'opposer à Hitler, puis montèrent une conspiration pour le renverser. L'un, Dohnanyi, avocat, est presque inconnu ; l'autre, son beau-frère, Bonhoeffer, pasteur et théologien, jouit d'une grande célébrité. Le 5 avril 1943, la Gestapo les arrêta tous les deux. Après deux ans passés en prison dans les pires conditions, ils furent exécutés en avril 1945, quelques semaines seulement avant le suicide de Hitler et la capitulation de l'Allemagne. Bonhoeffer fait partie des dix martyrs immortalisés sur le portail de l'abbaye de Westminster. Dohnanyi est enregistré à Yad Vashem comme "juste parmi les nations". Pour eux, comme pour beaucoup de ceux qui se sont dressés contre Hitler, l'indignation devant les atrocités à l'égard des Juifs fut la motivation principale. Résister durant l'époque la plus sombre qu'ait connue l'Allemagne fut un drame plus grand, plus profond et plus complexe que ce qui est généralement admis. Elisabeth Sifton et Fritz Stern s'efforcent ici au moins d'en approcher la réalité.
Pendant les douze années qu'a duré le IIIe Reich, rares furent ceux qui osèrent se dresser contre la tyrannie, et plus rares encore ceux qui le firent au nom du caractère sacré de la loi et de la foi. Ce livre traite de deux de ces hommes qui, dès le début, firent tout pour s'opposer à Hitler, puis montèrent une conspiration pour le renverser. L'un, Dohnanyi, avocat, est presque inconnu ; l'autre, son beau-frère, Bonhoeffer, pasteur et théologien, jouit d'une grande célébrité. Le 5 avril 1943, la Gestapo les arrêta tous les deux. Après deux ans passés en prison dans les pires conditions, ils furent exécutés en avril 1945, quelques semaines seulement avant le suicide de Hitler et la capitulation de l'Allemagne. Bonhoeffer fait partie des dix martyrs immortalisés sur le portail de l'abbaye de Westminster. Dohnanyi est enregistré à Yad Vashem comme "juste parmi les nations". Pour eux, comme pour beaucoup de ceux qui se sont dressés contre Hitler, l'indignation devant les atrocités à l'égard des Juifs fut la motivation principale. Résister durant l'époque la plus sombre qu'ait connue l'Allemagne fut un drame plus grand, plus profond et plus complexe que ce qui est généralement admis. Elisabeth Sifton et Fritz Stern s'efforcent ici au moins d'en approcher la réalité.