Marc Bloch
Marc Bloch
« Ce n'est pas seulement une armée qui fut vaincue en 1940, mais une nation tout entière qui s'effondra. » Écrit à chaud, dans l'été terrible de la débâcle, Marc Bloch, historien et officier de réserve, livre dans ce témoignage exceptionnel une analyse lucide et implacable de la défaite française. Ni journal intime, ni simple récit militaire, ce texte est à la fois procès-verbal d'un désastre et examen de conscience national. Bloch y démonte les erreurs du haut commandement, les illusions politiques, les lenteurs administratives, mais aussi les faiblesses d'une société déboussolée, incapable de faire face à la guerre moderne. À travers une écriture claire, vive et parfois cinglante, il dénonce l'impréparation, l'arrogance et la résignation qui ont conduit la France à la capitulation. Mais il rend aussi hommage au courage des soldats et à la dignité des anonymes pris dans le chaos. Plus qu'un réquisitoire, c'est une méditation sur la responsabilité collective, la faillite des élites et la nécessité de repenser l'avenir. "1940 : Anatomie d'un désastre français" reste, plus de 80 ans après, un texte brûlant d'actualité. Véritable cri d'alerte venu du coeur de la tourmente, il éclaire d'un jour cru la fragilité des démocraties et la valeur de la vigilance. Un livre essentiel pour qui veut comprendre non seulement la défaite de 1940, mais aussi les mécanismes universels des effondrements historiques.
Durant six siècles, du XIIIe au début du XIXe, avait cours, de part et d'autre de la Manche, une croyance qui semble aujourd'hui fort étrange : les rois, d'un simple toucher, auraient guéri les écrouelles, une maladie affectant le cou et le visage. Pour bénéficier du miracle, ceux qui en souffraient affluaient des quatre coins du royaume. La foi en ce pouvoir surnaturel s'évanouit finalement avec l'absolutisme. Mais comment a-t-on pu y croire aussi longtemps ? Selon Marc Bloch, c'est ' le témoignage accumulé des générations ' qui permit la perpétuation de cette ' erreur collective '. Avec érudition et hauteur de vue, le fondateur de l'École des Annales autopsie un rite qui fut propre à asseoir l'autorité des rois, dans une étude fouillée qui fit date et dont Kantorowicz admettait qu'elle l'avait ' fort impressionné '.
Esprit brillant, rénovateur de la science historique, fervent républicain d’origine juive alsacienne, athée et patriote, combattant des deux guerres mondiales, résistant, Marc Bloch est une figure majeure de l’intellectuel engagé, jusqu’au sacrifice de sa vie puisqu’il est brutalement assassiné par les nazis en 1944. Son entrée au Panthéon, le 23 juin 2026, offre l’occasion de montrer l’inextricable alliance savante, politique et morale qu’incarnent son parcours, ses travaux historiques et sa vie posthume. Car l’histoire, en tant que méthode, matière à réflexion personnelle et source d’engagement collectif, fut pour lui, sa vie durant, une forme de résistance. Son héritage qu’analyse la génération actuelle des historiennes et historiens, et auquel elle rend hommage dans cet ouvrage collectif, nous rappelle plus largement que l’exigence de la vérité et le partage du savoir sont des combats essentiels et d’une impérieuse actualité. Florian Mazel est professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié au Seuil L’Évêque et le Territoire (2016) et dirigé la Nouvelle Histoire du Moyen Âge (2021, « Points Histoire », 2024-2025). Yann Potin est conservateur en chef aux Archives nationales et maître de conférences associé en histoire du droit à l’université Paris-Nord. Il a notamment codirigé avec Jean-François Sirinelli, Générations historiennes (XIXe-XXe siècles) (CNRS Éditions 2019).
"Témoignage", était-il écrit sur la première page du manuscrit rédigé d'une traite à l'été 1940, puis dissimulé en attente de jours meilleurs, et finalement publié en 1946 aux Éditions Franc-Tireur, émanation du groupe résistant dans lequel Marc Bloch s'est engagé jusqu'à son arrestation au printemps 1944. Le "plus vieux capitaine de l'armée française", comme il aimait se décrire, combattant de 1914 devenu engagé volontaire en 1939, y propose autant un examen de conscience qu'une analyse sans concession de la France battue en quelques semaines. Pour réaliser cette histoire immédiate, il met à profit ses compétences d'historien des sociétés et des mentalités du Moyen Âge, tout en se tournant vers l'avenir : "Un jour viendra, tôt ou tard, j'en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s'épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s'ouvriront ; les brumes [...] se lèveront peu à peu ; et peut-être les chercheurs occupés à les percer trouveront-ils quelque profit à feuilleter, s'ils le savent découvrir, ce procès-verbal de l'an 1940."
Plongez au cœur du Moyen Âge avec La Société féodale de Marc Bloch, une analyse fondatrice qui décrypte les structures sociales, économiques et politiques de l’Europe médiévale.
A l'occasion de la pantéhonisation de Marc Bloch, Armand Colin publie trois textes de l'historien de annales dans une nouvelle édition. Apologie pour l'histoire, qui compte parmi cette sélection, constitue un texte de référence de l'oeuvre de l'historien. L'édition proposée est nouvelle, augmentée et mise en perspective par Massimo Mastrogregori qui en fait l'édition de référence.
Cofondateur, en 1929, de la revue Annales, le grand historien Marc Bloch fut une des victimes de Klaus Barbie. Fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain), près de Lyon, il laissait inachevé un ouvrage de méthodologie, Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien - sous-titré dans son plan le plus ancien ou Comment et pourquoi travaille un historien -, qui fut publié en 1949 par Lucien Febvre. L'édition ici présentée de l'ouvrage posthume de Marc Bloch est livrée par son fils aîné, Étienne Bloch. Le texte y apparaît dans son intégralité et sans modification aucune. On découvre dans ces pages l'oeuvre dans sa forme intégrale et cette oeuvre prenant forme, le travail d'un homme la construisant et d'un historien affirmant l'intérêt de l'histoire, légitimant une science historique, définissant des pratiques, des objectifs, une éthique, son "métier". On y redécouvrira aussi la modernité de cette réflexion, du regard porté sur l'histoire, cette "science en marche", cette "science des hommes dans le temps", grâce auquel se fonde l'espoir que "les sociétés consentiront enfin à organiser rationnellement, avec leur mémoire, leur connaissance d'elles-mêmes". « Ce livre inachevé est un acte complet d'histoire ». Jacques Le Goff
"Les fausses nouvelles, dans toute la multiplicité de leurs formes - simples racontars, impostures, légendes - ont rempli la vie de l'humanité. Comment naissent-elles ? De quels éléments tirent-elles leur substance ? Comment se propagent-elles, gagnant en ampleur à mesure qu'elles passent de bouche en bouche ou d'écrit en écrit ? Nulle question plus que celles-là ne mérite de passionner quiconque aime à réfléchir sur l'histoire." Marc Bloch a été un combattant de la Grande guerre. Mais, au milieu des combats, il n'a jamais oublié de s'interroger sur la source des informations qui parcouraient les tranchées : d'où venaient-elles et pourquoi de fausses nouvelles avaient-elles tant de succès ? En 1921, il interpelle ses contemporains avec un article court et éclairant dont la réflexion est toujours d'actualité.
A renowned historian and Resistance fighter - later executed by the Nazis - analyzes at first hand why France fell in 1940. Marc Bloch wrote Strange Defeat during the three months following the fall of France, after he returned home from military service. In the midst of his anguish, he nevertheless "brought to his study of the crisis all the critical faculty and all the penetrating analysis of a first-rate historian" (Christian Science Monitor). Bloch takes a close look at the military failures he witnessed, examining why France was unable to respond to attack quickly and effectively. He gives a personal account of the battle of France, followed by a biting analysis of the generation between the wars. His harsh conclusion is that the immediate cause of the disaster was the utter incompetence of the High Command, but his analysis ranges broadly, appraising all the factors, social as well as military, which since 1870 had undermined French national solidarity. "Much has been, and will be, written in explanation of the defeat of France in 1940, but it seems unlikely that the truth of the matter will ever be more accurately and more vividly presented than in this statement of evidence." - New York Times Book Review. "The most wisdom-packed commentary on the problem set [before] all intelligent and patriotic Frenchmen by the events of 1940." - Spectator.
Arrêté par la Gestapo, questionné et torturé puis exécuté en juin 44, Marc BLOCH est un universitaire historien qui a analysé l'apprentissage et la diffusion à de jeunes esprits des connaissances théoriques. Pour lui, pas d'études sans liberté, halte au bachotage et à la production d'esprits formatés.
Propriétaire depuis trois ans de son propre restaurant, après avoir fait ses classes chez son ex-mari, grand ponte de la cuisine moléculaire, Graciane vient de décrocher sa première étoile et compte bien continuer dans cette veine. Mais, dans cet univers d'hommes, pour accéder aux mêmes distinctions, une femme se doit d'être encore meilleure. Et Graciane s'est juré d'y arriver. La vue, l'odorat, le goût, le toucher, et parfois même l'ouïe, Graciane s'attache à ce que sa cuisine mette tous les sens en émoi. Jusqu'à ce petit matin, aux halles de Rungis, où une rencontre au parfum iodé lui fera changer de trajectoire et, accessoirement, de menu... Quand la comédie et la cuisine se mélangent, cela donne Le Chef est une femme, un cocktail explosif d'amour, d'humour et de gastronomie, suivi d'un carnet de recettes concoctées par Graciane, notre héroïne étoilée. Illustrations de Clémence Monot © Flammarion