Jean Meyer
Jean Meyer
Jean-Baptiste Colbert, ministre emblématique de Louis XIV, reste une figure aussi fascinante que controversée.
L'affaire La Chalotais demeure le scandale le plus retentissant du règne de Louis XV. Il réunit une intrigue sentimentale, la passion du roi pour une mystérieuse maîtresse qui reçoit des lettres aussi enflammées que compromettantes ; une querelle sociale et mondaine à l'intérieur des salons qui gravitent autour de la cour ; une affaire politique enfin puisque La Chalotais, procureur général auprès du parlement de Rennes, est l'un des leaders de l'opposition à Louis XV. Grâce à de multiples archives, tant privées que publiques, Jean Meyer reconstitue les méandres d'une conspiration qui visait à, rien de moins, qu'à remplacer Louis XV. Étendant ensuite sa réflexion aux règnes des Bourbons, il montre le rôle essentiel joué par les clans formés autour des reines et des maîtresses royales. C'est là que s'élaborent les campagnes d'opinion, que la contestation de la monarchie absolue s'enracine. Jamais le pouvoir des femmes n'a été aussi grand, jamais elles n'ont été autant manipulées, soupçonnées et traînées dans la boue : les intrigues de coeur deviennent des affaires d'État.
État-Providence auquel tout le monde a recours en dernière instance, ou État-Moloch cherchant qui dévorer : la discussion, de nos jours, ne cesse de rebondir. D'élections en débats politiques, de sciences po en futurologies, d'idéologies en contestations, l'État se trouve toujours au centre de l'actualité. Comment en est-on arrivé à cet État infiniment plus puissant que les rois les plus absolus et pourtant, en même temps, si fragile, si contesté ? Nos États sont nés des guerres, de leurs contraintes collectives, humaines et financières. De la guerre de Trente Ans au conflit du Viêt Nam, notre humanité n'a connu qu'une seule longue oasis de paix, de 1815 à 1914. Nos États se sont, durant ce laps de temps, profondément transformés. La Russie d'Anne ou d'Élisabeth consacrait la moitié de ses ressources d'État à la Cour, alors que la France de Colbert la destinait à la guerre. La Prusse du Roi-Sergent dépensait les trois quarts de ses tributs pour ses régiments. Plus de la moitié de nos dépenses vont à l'économique et plus encore au social. Dans la crise de mutation fondamentale à laquelle nous nous trouvons confrontés et où il faudra, pour survivre, augmenter nos investissements et rééquilibrer le reste, il n'est pas inutile de voir comment s'est, dans le passé, opérée une autre adaptation, dont nous sommes issus.
La noblesse française se reconstitue au cours du 16e siècle. Vers le milieu du 18e siècle, elle est divisée entre noblesse de cour et provinciale, noblesse dite de robe contre celle d'épée... Elle arrive cependant à subsister et à modeler en partie le 19e et le début du 20e siècle. « Copyright Electre »
Explicitons donc notre finalité, qui ne semble pas avoir été toujours bien comprise. Il ne s'agissait nullement d'utiliser les méthodes comptables du xxe siècle, ni de calculer « les flux d'argent » d'après les méthodes de nos jours. Sont-elles d'ailleurs toujours aussi pertinentes qu'on le prétend ? L'historien cherche simplement à dégager méthodes et façons de penser des négociants d'antan, donc à se glisser dans la peau de ces marchands avec leurs concepts, leurs méthodes. Il s'agit donc d'abord d'un apport à la connaissance de la mentalité « négociante » du temps et du moment. Au surplus, nos aïeux savaient fort bien ce qu'était le profit, le bénéfice : c'est ce qu'il s'agissait de dégager. J'ai donc suivi pas à pas, manuels imprimés et manuscrits à l'appui, les documents qui m'étaient accessibles. J'ai donc isolé les résultats des expéditions maritimes, ce qui m'était singulièrement simplifié par l'existence des comptes-courants des participants. Rappelons que le droit maritime diffère, sur à peu près tout, du droit commercial habituel et qu'il est, de ce fait, dangereux de vouloir à tout prix ramener les spécificités de ces commerces à celles des transactions terrestres ordinaires qui en sont pourtant les corollaires. C'est dire que le mot d'armateur n'a, au xviie siècle, pas de valeur spécifique. Ce sont des négociants avec tout ce que cela implique de variété de commerce de gros et donc maritime et terrestre enchevêtrés, quoique séparés en étapes chronologiques distinctes. Ces gens-là savaient faire la différence au point de n'avoir point à en faire mention. Les choses allaient de soi, puisque le voyage maritime et ses entours relevaient du droit maritime (donc pas ou peu de sociétés par actions, mais la domination des parts de navire et, éventuellement de prêt à la grosse aventure). Jean Meyer, 1999
Trois révoltes, trois continents, une même quête de justice. Tres levantamientos populares analyse les soulèvements de Pugatchov, Túpac Amaru et Hidalgo, révélant les mécanismes communs des luttes populaires face à l’oppression.
Héros, traître, meurtrier, hérétique, martyr, fou, noble sauvage, agent de l'impérialisme yankee, défenseur des droits des Métis et des Indiens, père de la province du Manitoba et même l'un des fondateurs de la Confédération canadienne. Louis Riel était un chef du peuple métis - groupe ethnique d'origine autochtone et européenne - qui a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien. Le premier (1869-1870) aboutit à la création de la province du Manitoba dans l'Ouest canadien et le second (1885) mène à un affrontement militaire, seule guerre ayant eu lieu jusqu'à ce jour sur le sol canadien. Ce conflit, encouragé par sir John Macdonald, Premier ministre du Canada, en plus de coûter la vie à Louis Riel, valut aux Indiens leur enfermement - aux conséquences encore aujourd'hui tragiques - dans des réserves pendant plus de soixante ans. Aucun autre personnage de l'histoire canadienne n'a suscité autant d'écrits que Louis Riel. Fruit de cinquante années de recherches, l'ouvrage de Jean Meyer consacre la vie de cet homme que J. M. G. Le Clézio nomme "le visionnaire" dans sa préface, celui qui voulait faire du Canada un espace de communion pour les nations.
Héros, traître, meurtrier, hérétique, martyr, fou, noble sauvage, agent de l'impérialisme yankee, défenseur des droits des Métis et des Indiens, père de la province du Manitoba et même l'un des fondateurs de la Confédération canadienne. Louis Riel était un chef du peuple métis - groupe ethnique d'origine autochtone et européenne - qui a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien. Le premier (1869-1870) aboutit à la création de la province du Manitoba dans l'Ouest canadien et le second (1885) mène à un affrontement militaire, seule guerre ayant eu lieu jusqu'à ce jour sur le sol canadien. Ce conflit, encouragé par sir John Macdonald, Premier ministre du Canada, en plus de coûter la vie à Louis Riel, valut aux Indiens leur enfermement - aux conséquences encore aujourd'hui tragiques - dans des réserves pendant plus de soixante ans. Aucun autre personnage de l'histoire canadienne n'a suscité autant d'écrits que Louis Riel. Fruit de cinquante années de recherches, l'ouvrage de Jean Meyer consacre la vie de cet homme que J. M. G. Le Clézio nomme "le visionnaire" dans sa préface, celui qui voulait faire du Canada un espace de communion pour les nations.
Le sucre, devenu au fil du temps un symbole de luxe, de richesse et de bien-être a joué au cours des siècles un rôle prépondérant. Pour ce simple produit d'agrément on a tissé des alliances internationales, déclaré des guerres, engagé des capitaux considérables, déplacé des populations... Il s'est donc comporté comme un véritable " acteur " de l'Histoire.Le goût du sucré, dès la plus lointaine antiquité, était satisfait par le miel ; la véritable entrée du sucre date de l'exploitation intense de la canne à partir du XVIe siècle dans les Antilles. Les besoins de main-d'oeuvre donnent alors naissance à un trafic triangulaire ou quadrangulaire au cours duquel des milliers de " bois d'ébène " sont transférés aux Antilles, puis au Brésil, à Saint-Domingue ou à Cuba. Le sucre, c'est également une compétition franco-anglaise féroce, une explication sans doute partielle mais importante de la politique étrangère des XVIIIe et XIXe siècles.Le déclin des empires coloniaux, les soucis d'indépendance économique et les besoins d'autarcie ont favorisé le développement de la betterave sucrière aux XIXe et XXe siècles et le sucre de betterave cohabite désormais avec le sucre de canne. Mais on a vu apparaître il y a quelques décennies des succédanés qui ont commencé à influer sur la structure du marché du sucre. Peut-être vivons-nous actuellement une nouvelle distribution des pouvoirs dans le monde sucrier ?
Please note: This is a companion version & not the original book. Sample Book Insights: #1 The sixties were a time of radicalism in just about every way. The Hangmen were known for their cool, state of the art Choppers. The fashion of the bikes was crucial, and they took it very seriously. #2 The original choppers were built to be fast. They were stripped down from the original Harleys or Indians with all of the junk on them. The more challenging the bike was to ride, the tougher the man riding it. #3 The bikes that I bought from the Harley dealer were a delight. They were well-tuned and smooth, and I could turn on the key switch and push down the kick-starter with my hand like a downward punch. It would fire right up.
Cuando mis investigaciones sobre La Cristiada me llevaron a viajar por el occidente de la República en busca de eventuales raíces de inconformidad o de protesta populares, me encontre casualmente con el personaje de Manuel Lozada. Digo casualmente porque mi ignorancia era grande. Y fue entonces cuando leí, a fines de 1967, si mal no recuerdo, que: Hay allá, muy en el intenor de la Republica Mexicana, al extremo occidental del estado de Jalisco, una extensa comarca, sobre cuya faz y cuya historia han impreso un profundo sello de originalidad las lozanías y excrecencias de una naturaleza agreste y volcánica, y las terribles resistencias indígenas operadas primero contra la civilización española y después contra el progreso liberal. Esa región se llama Nayarit y también Alica, nombres que toma de las montañas que erizan su seno, y de la mesa que le forma, con sus bosques de árboles frutales, una corona de etemo follaje y verdura. Al pie de la sierra corre el río tan bronco éste que el nadador audaz, como ruda aquélla para la planta del viajero... Se diría un castillo de rocas bordeado por un puente de siempre alzado rastrillo. Se necesita todo el arte práctico de los indios de aquel rumbo para pasar el rio a caballo, obligando el animal, por medio de palmadas en la boca y en el cuello [operación que se llama cacheteo], a avanzar en línea oblicua, sin dejarse arrastrar por la corriente impetuosa, según palabras escritas por Salvador Quevedo y Zubieta en 1883. En 1968 Jean-Marie Le Clézio me llevó a la sierra. Entramos por Valparaíso, Huejuquilla y Tenzompan, cruzamos el río a caballo y pasamos la Semana Santa en Santa Catarina. Regresé deslumbrado por el paisaje y por la gente que se identifica con ese paisaje. "El Alica era, pues, una especie de Vendée indiana, tanto más terrible que la de los chouanes, cuanto más áspero es aquel riñón de la sierra que las colinas y espesuras de la Bretaña", escribía don Salvador y, llegando a Manuel Lozada, no dudaba en apuntar: Pero no bien había concluido la primera mitad del presente siglo (xix), cuando las tierras del Nayarit empezaron a experimentar un sacudimiento más desastroso que el que les produce la explosion de sus volcanes: el drama sangriento se hizo allí donde sólo reinaba la bucólica de un pueblo sencillo dado a las faenas del campo, se vio al indio laborioso trocar la esteva de su arado por el arma de la rapiña y de la matanza, y se vio al indómito montanés de los tiempos de la conquista convertir aquellos sus antiguos baluartes de la Sierra Madre en sacrificaderos inmensos, donde sirviendo a la invasion y al poder reaccionario, hicieron morir a más de 50 000 mexicanos, soldados todos ellos de la libertad y de la independencia de su patria [...] leyenda muy nueva, pero de colores antiguos, con algo de la guerra de Yughurta y de los movimientos asoladores de Gengis Khan, en la cual el fogozazo de la fusilería, la luminaria del campamento al borde de la cañada y el resplandor de las cabañas y los trigales incendiados proyectan su luz sobre una figura de terror reclamada mucho tiempo y ganada al fin por el patíbulo, y en que los gritos del soldado republicano, los alaridos del indio rebelde y los ayes de un pueblo consumido por una guerra de veinte años, resuenan a porfía como para formar las sílabas de un hombre temido: lozada. Desde aquel enfonces la figura de Manuel Lozada no ha dejado de acompañarme. En 1969 publiqué un artículo en Historia Mexicana. Luego le dediqué un capítulo de mi antología Problemas agrarios y movimientos campesinos 1821-1910 (México, Sep Setentas, 1974). En 1984 recopilé varios artículos con textos inéditos que aparecieron en Esperando a Lozada (Colegio de Michoacán, 1984, reeditado en 1989 en Guadalajara por Hexágono).
Le mot « Régence » évoque l'attrait ambigu d'une fête - au sens le plus précis du terme - officialisée, sublimée aussi par la peinture de Watteau, mais tout autant crapuleuse ou « libératrice », juste revanche de la fin tartufienne du grand règne. L'image n'est pas inexacte. Encore faut-il la situer : la « fête » avait commencé bien avant, et le Régent ne fait qu'affirmer publiquement ce que l'aristocratie parisienne pratique de longue date. Face à l'incroyance des milieux dirigeants, qui participent à la « crise de la conscience européenne » consécutive à l'impact des grandes nouveautés scientifiques, le peuple demeure enfermé dans les réseaux tissés un siècle durant par la Contre-Réforme. Si les ports commencent à profiter de la grande mutation commerciale transatlantique qui se prépare, la plupart des villes françaises sont stabilisées. La campagne se remet, parfois difficilement, de la grande crise climatique des trois dernières décennies du règne de Louis XIV. La Régence amorce le renouveau économique qui va s'étendre sur la première partie du XVIIIe siècle. Après 1720, le paysan français connaît l'une de ses périodes « fastes » et, grâce à Law, la crise financière de l'État s'est considérablement atténuée, au prix d'un relatif bouleversement de bien des fortunes. Époque de contradictions, la Régence n'a pas fini de susciter controverses et discussions...
L'État moderne, du XVIe au XVIIIe siècle, n'a cessé d'accroître, de l'ouest à l'est de l'Europe, sa puissance. L'un des problèmes majeurs de « l'Ancien Régime » réside dans la résistance variable qu'opposent les noblesses à cette implacable évolution. Il en résulte une série de compromis, plus ou moins ouvertement avoués, qui marquent profondément les structures des états. Face aux deux modèles étatiques, français et anglais, l'est, le centre et le sud du continent adoptent des solutions diverses, les unes franchement conservatrices, comme en Pologne ou en Hongrie, mettant la puissance royale en échec ; les autres, apparemment plus favorables à l'action du prince, comme en Prusse, en Russie ou dans les états habsbourgeois. Ces compromis politiques sont provisoires, et sont souvent compensés par l'intrusion des noblesses dans les rouages administratifs ainsi que par des concessions sociales majeures. En même temps s'élaborent des idéologies à prédominance nobiliaire, qui ont profondément marqué les conservateurs européens des XIXe et XXe siècles. Il en résulte l'éclatante réussite d'une civilisation à la fois aristocratique et cosmopolite, dont Paris, Vienne et Saint-Pétersbourg comptent parmi les principaux centres.
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