Science histoire et société
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Fruit de la science du 19e siècle, canon officiel des savoirs ou idéologie sujette à caution, le structuralisme mathématique, après avoir longtemps imposé ses vues jusque dans les sciences humaines, doit aujourd'hui céder la place. La succession est difficile, mais c'est dans ce nécessaire renouveau de la pensée mathématique que se joue sa légitimité intellectuelle et sociale. SOMMAIREIntroductionI -- Le style en mathématiques II - De Platon à Husserl III -- Les origines des mathématiques modernes IV -- Axomes et intuitions V -- Le courant structuraliste VI -- Structures et catégories VII -- A la rencontre du réel Conclusion -- Index -- Bibliographie
Le développement de la science s'est accompagné d'une interrogation constante et active sur la nature de sa méthode et sur la valeur de ses principes. La plupart des tenants du conventionnalisme ont voulu l'enraciner dans l'histoire (Pierre Duhem, Gaston Milhaud, Edouard Le Roy). L'auteur s'est intéressé aux conflits et discussions qui se sont déroulées en France au tournant des XIXe et XXe siècles. Ces discussions (création d'une chaire Histoire générale des sciences au Collège de France en 1892, puis d'une chaire Histoire de la philosophie dans ses rapports avec les sciences, à la Sorbonne, en 1909 et l'apparition du terme épistémologie dans la langue française) représentent une étape cruciale dans la constitution de la discipline : Philosophie des sciences, telle qu'elle est connue actuellement.
« Je lis Wittgenstein depuis 1965 et les articles réunis dans ce livre sont le résultat de cette lecture. Sept d'entre eux portent explicitement sur Wittgenstein et trois sur le philosophe qui l'a le plus influencé. Les cinq autres ont trait à l'éthique et font en sorte de refléter ce qu'il m'a appris... J'ai découvert en essayant de tirer au clair la façon dont ils sont reliés que je voulais en fait montrer comment l'unité de la pensée de Wittgenstein se réfractait dans mon traitement de tel ou tel sujet. Il me fallait montrer comment cette pensée s'est développée...» Un ouvrage fondamental sur l'évolution de la « pensée » de Wittgenstein dont la lecture est indispensable à tous ceux qui « fréquentent » le philosophe.
Lamarck, inconnu illustre ? Grand naturaliste français né sous les Lumières et mort sous la restauration, Lamarck est considéré comme le « père » de la première théorie générale de l'évolution, mais dans les pays anglophones on minore son importance, un petit « prédécesseur » de Darwin. Avec le recul son influence ne reste présente que dans la permanence d'une tradition intellectuelle baptisée lamarckisme et néo-lamarckisme, mais c'est un champ intellectuel peu connu. Cet ouvrage se veut un guide pour redécouvrir Lamarck, le lamarckisme, son importance dans l'histoire de la biologie et des sciences de l'évolution.
Le projet de cet ouvrage est de réfléchir sur les différences éthiques entre une lecture déterministe de la nature et une lecture finaliste du monde créé. Quatre traits fondamentaux sont retenus dans ce livre : 1) Origines animales et devenir humain. La fascination exercée par les découvertes scientifiques tend encore à reléguer toute finalité au musée de l'histoire. 2) La fabrique biotechnologique du devenir humain. L'essor des biotechnologies permet aujourd'hui non seulement de mieux soigner les humains mais aussi de les améliorer. 3) La vulnérabilité du devenir humain. La vulnérabilité de l'homme est au coeur du devenir de son identité. 4) L'Église catholique et le devenir humain. Aucune religion ne dépend plus que le catholicisme, avec la doctrine de l'Incarnation, de la notion d'une position absolument centrale et singulière de l'homme dans le cosmos.
L'auteur, principalement à partir de sa propre expérience, analyse le parcours à la fois difficile et enrichissant d'une relation complexe à la norme de santé, habituellement étiquetée comme maladie chronique. Il y découvre, au sein des forces contradictoires en oeuvre, des potentialités équilibrantes ou « auto-normatives » qui offrent au malade la possibilité d'une restructuration individuelle positive avec la maladie. Il y voit une opportunité pour une évolution prometteuse vers une dimension intelligemment « autonomisante », et peut-être moins arrogante, de la relation médicale de soin.
L'énumération des aberrations de la nature, à la naissance d'un petit d'homme, est très vite éprouvante et ces enfants sont aussitôt qualifiés comme "monstre". Mais comment peut-on ainsi qualifier un être humain ? En nous confrontant aux limites de notre tolérance, la grande difformité physique nous révèle nos craintes liées aux corps mutilés, dégradés et non viables, suscite peurs et fantasmes. A partir d'une analyse de la perception courante du corps handicapé, de l'étude des exhibitions de monstres au XIXe siècle, de l'histoire de la tératologie scientifique marquée en France, par Etienne et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Camille Dareste et Etienne Wolff, l'auteur s'efforce de comprendre ce qui se produit en nous face à un corps difforme et pourquoi nous le qualifions de monstre.
Cet ouvrage « prolonge » le précédent essai de l'auteur sur La République raciale. La première partie de l'ouvrage étudie l'élaboration scientifique de la notion de race. Les années 1930 sont pour l'anthropologie raciale, à la fois le temps des doutes, des nouveaux espoirs, des interrogations sur l'altérité, de la montée de l'antisémitisme, de la mobilisation contre les théories nazies. La deuxième partie évoque la question de la transmission des caractères psychologiques au regard des nouvelles perspectives scientifiques, l'étude des sociétés de l'époque et montre que la psychologie raciale trouve un terrain propice au sein du monde colonial. Ce livre est une contribution à l'étude de la culture républicaine en dévoilant certains mythes, tel celui d'une communauté scientifique française qui serait restée à l'écart du racisme ou celui d'un humanisme colonial français.
Ce bref essai s'adresse à ceux qui se demandent comment aujourd'hui on peut bien vouloir entreprendre une cure ou vouloir devenir psychanalyste, berf quel crédit conserve encore la psychanalyse. En 1980 l'American Psychiatric Association fait paraître une version révisée de son Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux qui liquidait dans la pratique de la psychiatrie scientifique la référence aux catégories freudiennes, en premier lieu à celle de névrose. Cet ouvrage est une brillante analyse de la crise majeure actuelle de la psychanalyse dont le prestige scientifique, tant clinique que thérapeutique, a largement diminué depuis 25 ans environ, crise mal perçue dans le mileiu psychanalytique lui-même (une vitalité en vase clos dit l'auteur). Le propos de l'auteur est donc d'analyser frontalement les facteurs de la crise, il fournit ainsi une brllante réponse aux nombreux détracteurs maniant à la fois arguments théoriques et sociologiques sans véritables arguments intellectuels. Un ouvrage passionnant. Une chronologie bibliographique et événementielle de la psychanalyse depuis 1980 enrichit cet ouvrage en rappelant les grands moments : livres, décès, article, controverses et polémiques....
A l'aube du troisième millénaire, l'âme est oubliée. Les poètes l'ont remplacée par son double, le corps ; les philosophes l'évitent, les psychanalystes tentent de le remplacer. Même les théologiens en boudent l'usage. Eclipse de l'âme. Une disparition si singulière appelle à la réflexion. Le mot très ancien se serait-il usé à force de trop signifier ? Faudrait-il le ranger définitivement au grenier des idées désuètes ? Ayant relégué l'âme au rayon des vieilleries, nous sommes aujourd'hui confrontés au fait que les notions de corps, d'animal, de vie, de mort et de personne sont devenues impossibles à cerner, comme le savent les experts en bioéthique et les juristes, parfois désemparés devant les problèmes que posent la science, la médecine moderne et le développement des biotechnologies. L'auteur propose de revenir sur les théories et les « modèles » que les philosophes, les théologiens, les médecins et les hommes de science ont proposés, et parfois soumis à l'expérimentation pour penser l'âme, d'en retracer les origines parfois très anciennes, et d'en suivre les avatars dans l'histoire naturelle de l'Homme. Tout cela afin de retrouver le moyen de penser notre « place » parmi les autres êtres « animés », les relations entre notre « âme vitale » et notre « âme pensante », de penser les problèmes de la vie, la mort, et de la frontière entre les deux.
Ce livre propose une réflexion collective sur le triage en médecine, du XIXe au XXIe siècle. Il se place au plus près de ses pratiques, dans les salles d'attente des généralistes, au sein des bureaucraties sanitaires, sur les théâtres des catastrophes humanitaires. Le triage y constitue à la fois une promesse et une épreuve, un fondement de l'identité de la profession médicale moderne et une intrusion menaçante de contraintes économiques et politiques dans la décision médicale, une pratique volontiers mise en scène et dont l'expérience reste cependant indicible, une routine des services d'urgence ou d'une médecine de ville pourtant marquée du sceau de l'exception. Enquêter sur le triage mène au coeur même de la médecine et des politiques de santé contemporaines, en mettant à jour les opérations de classement, de sélection, de priorisation et de négligence, qui, en traçant la ligne de partage entre ceux qu'il faut soigner d'abord et ceux qui peuvent attendre, constituent à la fois une condition nécessaire et un envers des relations de soin.
Qu'appelle-t-on aujourd'hui « neurospsychiatrie » ou « neurosciences cliniques » ? Que recouvre encore le vocable de « psychiatrie », redessiné par les mutations profondes de ce que l'on nomme la santé mentale, et par la révolution neuroscientifique qui vise à transformer ses méthodologies de recherche aussi bien que ses champs d'application clinique ? L'essor des neurosciences cognitives a rendu particulièrement mouvantes les frontières de la psychiatrie et la neurologie, exigeant de rouvrir la question de leurs points de dialogue, de chevauchement ou d'incompatibilité. Les contributions de cet ouvrage adoptent une méthode pluridisciplinaire, au croisement de la philosophie et de l'histoire des sciences, de la neurologie, de la psychiatrie et des sciences sociales. Replaçant l'accent sur la construction historique de la psychiatrie et de la neurologie, elles proposent de contextualiser et de circonscrire les enjeux actuels de leur mutation, en ses diverses implications : épistémologiques - dans les perspectives de recherche qu'elle rend possible, cliniques - dans ses points d'application ou de butée thérapeutiques - et sociétales - dans le changement de regard induit sur la pathologie mentale, entre maladie de l'esprit et maladie du cerveau.
Le personnage de Faust trouve ses origines dans une Allemagne tourmentée, dans laquelle nombre de libres penseurs sont accusés par l'Église de pactiser avec le diable. Et si Christopher Marlowe s'est inspiré de la figure du nécromant du XVIe siècle, son Faust, l'original, est avant tout un bourgeois inventif, opportuniste, individualiste, désireux d'entreprendre, curieux de découvrir les lois du monde, prêt à se vendre au diable pour savoir, pouvoir et aventures galantes, le tout sous le signe du doute et de la précarité de la condition humaine. Partant, il incarne l'homme européen, assoiffé de connaissances et de sciences, sur fond d'essor de la bourgeoisie, de développement du théâtre élisabéthain, de conflits religieux, d'athéisme déguisé et de diverses activités d'espion et de faussaire. Pour qui sait les voir, le texte de Marlowe comporte des allusions aux savants, principalement Roger Bacon et Pietro d'Abano, liés aux théories d'Averroès, peut-être à Giordano Bruno, c'est-à-dire à une pensée scientifique libérée de la théologie. Raconter les histoires de ces savants permet de relire le Faust d'un point de vue renouvelé et original, et de méditer sur les autres figures faustiennes (chez Goethe, Thomas Mann, Spengler, Boulgakov) qui marquent la décadence de notre société contemporaine - la fin du rêve faustien ?
SOMMAIRE Introduction Première partie : La naissance d'un mouvement de lutte contre le sida, 1981-1986 Chap 1 - Naissance : Les remaniements dans le champ homosexuel, scissions et polarisations -- Le Groupe de travail français sur le Sida, de la nécessité de lier la recherche et la mobilisation -- La création de « Vaincre le Sida » -- AIDES : un deuil fondateur Chap 2 - Scission : La formation, une épreuve initiatique -- Le processus d'institutionnalisation -- La scission de 1987 Deuxième partie : Une phase de transition, 1986 - 1989 Chap 3 - Politique publique I : Le temps de la non-intervention, 1982 - 1985 -- La politique de Michelle Barzach, 1986 - 1988 Chap 4 - Divisions : Les transformations d'AIDES -- La mutation d'ARCAT-SIDA -- La rupture AIDES / APARTS -- Une scission douce -- « Populations spécifiques » et nouveaux enjeux associatifs -- L'aide à la recherche, une question problématique Troisième partie : Un mouvement à son apogée, 1989 - 1996 Chap 5 - Politique publique II : Préludes -- L'Agence française de lutte contre le Sida, premières ébauches d'une politique -- Une politique d'institutionnalisation de la lutte contre le Sida -- La dissolution de l'Agence et le retour de l'administration Chap 6 - Avant-garde : L'émergence des associations de séropositifs -- La naissance d'Act-up -- La construction d'une avant-garde -- L'affrontement Act-up / AFLS et la restructuration de l'espace Sida -- Le scandale du sang contaminé Chap 7 - L'apogée : L'institutionnalisation d'AIDES -- Tensions identitaires et enjeux institutionnels -- La crise d'ARCAT-Sida -- Une nébuleuse associative -- La recomposition du centre de l'espace Chap 8 - Transformations : Sida et toxicomanie -- La politique de réduction des risques -- L'institutionnalisation de l'homosexualité Bibliographie -- Annexes : statuts d'associations, textes variés
Cet ouvrage présente les exposés des journées annuelles de l'École doctorale "Savoirs scientifiques - Épistémologie, histoire des sciences et didactique" de 2003 à 2007, dont les travaux sont dirigés par Dominique Lecourt, qui rassemblent des chercheurs de plusieurs disciplines sur des thèmes suscitant analyses et discussions. Une réflexion s'y fait jour sur les efforts de promotion de la culture scientifique comme sur l'actuelle spécification des zones disciplinaires repérables dans l'enseignement. D'où l'intérêt de ne pas négliger les va-et-vient entre didactique, philosophie et histoire des sciences. Cet ouvrage se veut une incitation à poursuivre cette réflexion.
Dans un siècle marqué par deux guerres mondiales qui ont laissé la France exsangue et par des découvertes décisives en recherche biologique, le monde médical, confortablement installé dans ses croyances et pratiques ancestrales, a connu une véritable révolution, à partir des années 1950, entamée notamment par quelques grands cliniciens « éclairés ». C'est à cette aventure que nous convient les auteurs de cet ouvrage, résultat d'un travail exhaustif d'analyse d'archives, éclairé par les témoignages de grandes personnalités, médecins praticiens et chercheurs. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a été au coeur des grands événements qui ont marqué cette métamorphose.
Issu d'une journée d'études du Centre Canguilhem (Université Paris VII), cet ouvrage décrit la manière dont le principe de précaution a été intégré dans le domaine de la santé (santé publique, médecine clinique et recherche médicale). Réunissant des spécialistes issus du droit, de la santé publique, de la médecine et de la philosophie, il montre en quoi ce principe a transformé les pratiques de prévention et de gestion des risques ; quels problèmes nouveaux, tant éthiques que juridiques, il pose ; les avancées qu'il a permises mais aussi les inquiétudes qu'il suscite chez les praticiens. Confrontant des points de vue parfois tranchés, il souligne les difficultés qui existent pour trouver un équilibre entre une demande de protection toujours plus grande des citoyens et les impératifs de la pratique médicale, de la recherche, ou encore les contraintes économiques et sociales. Il permet ainsi de dresser un panorama du dispositif de précaution qui s'est mis en place au niveau international et national pour la gestion des crises et la détection des menaces sanitaires, dans un monde présenté comme « incertain », soumis aux aléas des innovations technologiques et à la mondialisation.
À elle seule, la conception traditionnelle du néo-darwinisme centré autour des mécanismes évolutifs n'épuise pas toutes les sources possibles d'informations pertinentes pour la compréhension de l'évolution ni ne rend compte du pluralisme de ce mouvement. Il existe en effet, parmi les fondateurs du néo-darwinisme, un véritable conflit « fondationnel » portant sur l'objet de l'étude auquel s'intéresse la théorie synthétique de l'évolution. La thèse principale que l'auteur développe dans cette étude se résume ainsi : le néo-darwinisme ne semble pas constituer un mouvement à partir duquel tous les néo-darwiniens émergeraient, mais représente plutôt un lieu de rencontre où tous y puiseraient des mécanismes évolutifs à inscrire dans des cadres précis. Cinq auteurs sont ici étudiés pour ce qu'ils apportent à la constitution du néo-darwinisme à la lumière de cette hypothèse.
« Pourquoi demandons-nous avec tant d'empressement au cerveau d'expliquer ce qui nous arrive et ce que nous devons faire ? Nos questions de vie sont-elles résolues une fois que nous les avons reportées dans le système nerveux ? Avons-nous éclairci notre monde et nos facultés en les enracinant dans nos cerveaux ? A-t-on rendu la conscience moins mystérieuse ? »Le livre s'interroge avec une douce ironie sur les espoirs et les fragilités qui s'expriment dans notre quête de fondement cérébral. Des chapitres brefs exposent sans jargon mais avec précision les problèmes philosophiques qui surgissent dès lors qu'on interpose l'idée de cerveau entre nous et le monde. L'objectif incessant est de gagner des libertés à l'égard de l'organe dont on a parfois le sentiment qu'il pourrait devenir une prison pour la pensée. Le questionnement montre le cerveau comme une occasion inédite de penser.
À partir des années 1850, une véritable « internationale raciologique » voit le jour au sein des sociétés occidentales : des sociétés savantes apparaissent, des cours sont dispensés, des revues et des ouvrages sont publiés, des musées exposent des collections de crânes, des cerveaux momifiés aux côtés d'objets ethnologiques. Cette science s'installe au moment où les identités collectives prennent comme référence centrale la nation, au moment où s'affirment et s'exacerbent les identités nationales des États occidentaux. La science des races apporte ainsi sa contribution à la construction des identités nationales au sein des nations occidentales, contribuant à une véritable racialisation des identités dans des États très différents : les anciens États-nations (France et Grande-Bretagne), les vieux Empires multiculturels (Autriche-Hongrie, Russie tsariste puis soviétique), les États-nations en formation tels que l'Allemagne ou encore la Turquie kémaliste.
Cet ouvrage montre que la théorie du big bang à laquelle aboutit la cosmologie moderne n'est pas simplement une révolution scientifique au sens premier de ce terme mais qu'elle est aussi une véritable révolution philosophique dont il faut mesurer l'ampleur et les incontournables conséquences. Les réticences ont été nombreuses avant d'admettre que le cosmos est le sujet par excellence qui relie science et philosophie, connaissance et pensée. Lever les yeux vers le ciel redevient alors un geste qui oblige l'homme à s'interroger sur le tout de la nature et sur sa place dans cet ensemble. Science et philosophie se conjuguent alors pour contribuer à la connaissance. Un ouvrage "lisible" et accessible construit à partir de quelques articles parus dans la revue Ciel et espace.
Ce livre est l'histoire du premier psychotrope de synthèse découvert "par hasard", l'une des plus puissantes parmi les substances stimulantes de l'activité cérébrale actuellement connues, qui a profondément marqué notre civilisation occidentale en moins d'un siècle. Décrivant les trois phases de cette évolution : découverte, déclin, renouveau, l'auteur s'interroge sur la façon dont la connaissance du vivant et de son fonctionnement peut déboucher sur un pouvoir sur les corps et leurs comportements. A travers l'histoire des amphétamines, c'est donc la notion de bio-politique (Michel Foucault, Naissance de la bio-politique) qui est discutée ici : c'est aussi la question de l'usage par chacun de son propre corps, du droit dont chacun dispose pour cet usage et des limites éventuelles qu'il convient de tracer à ce droit ; enfin, des raisons à ces limitations et de la façon dont le corps individuel s'articule au corps social.
Pour Auguste Comte, la philosophie n' aucune vocation à "fonder" les sciences qui existent très bien en dehors d'elle et c'est en cela que Comte est profondément hostile au cartésianisme. L'interaction complexe entre philosophie et sciences se noue autour de cette nouvelle discipline, inventée par Comte, qui est l'histoire des sciences. Ses disciples seront à l'origine de l'institutionnalisation en France de la discipline dans le contexte de la IIIe République. Il s'agit d'un certain type d'histoire des sciences "philosophique et critique", que Georges Canguilhem qualifiera de "style français" et qui survit aujourd'hui dans ce que l'on nomme l' "épistémologie historique". Bachelard, Canguilhem et Foucault sont redevables à Comte de cette approche, tout en récusant le "continuisme" de Comte, sa vision de l'histoire comme développement d'un germe ou encore ses projets politiques conservateurs. Ce qui fait de Comte un auteur typique du XIXe siècle, c'est un mélange de science et de religion, de positivité et de sentimentalité, qui finit par basculer dans l'occultisme.
La médecine est sans nul doute la partie la plus controversée du corpus cartésien autant par sa position dans l'oeuvre de Descartes que par la réception de ses thèses. Ce qui est ici en jeu c'est l'écart que le philosophe a lui-même reconnu entre les résultats de ses recherches et son projet initial tel qu'il est exposé dans la conclusion du Discours de la méthode. C'est pourquoi ce travail est original et important pour comprendre la médecine cartésienne. C'est une tentative de « reconstruction » de l'ensemble de la médecine cartésienne pour en dresser un bilan exhaustif à la fois par rapport à la médecine de l'époque et dans son projet de cohérence de « l'arbre des sciences ». La médecine, longtemps considérée comme la part obscure de l'oeuvre de Descartes, est ici révélée comme une partie essentielle et déterminante de sa philosophie.
Les querelles sur les OGM se termineront-elles un jour ? Comment expliquer que la technologie progresse et que les oppositions s'expriment de manière plus radicale ? Après s'être interrogé sur l'origine de la « querelle des OGM », analysé les controverses sur les risques sanitaires et environnementaux et sur les avantages socio-économiques de la technologie, l'auteur démontre la nécessité de renouer un vrai dialogue en renonçant au contenu idéologique contenu dans ces polémiques, en démontrant dans quelles conditions une « agriculture responsable » peut se développer. Cet ouvrage est aussi l'occasion d'une interrogation sur le « principe de précaution » et le devoir de recherche et développement indispensable. Cette enquête pluridisciplinaire, d'un niveau de lecture abordable, permet de prendre du recul dans ce débat toujours d'actualité.
A la fin du XIXe siècle, des hommes de science, rassemblés autour de la Société et de l'Ecole d'anthropologie, ont élaboré une représentation de la différence humaine en termes raciaux et ont produit une vision différencialiste et inégalitaire du genre humain. Cette anthropologie raciale s'est inscrite dans l'idéologie républicaine. Elle s'est développée au sein des réseaux républicains de la Troisième République qui lui ont manifesté intérêt et soutien. Le monde colonial, les sciences humaines et sociales ont intégré cette vision raciale du monde. Des années 1860 aux années 1920, savants, hommes politiques et fonctionnaires ont partagé à des degrés divers, cette culture raciale présentant une vision hiérarchisée du genre humain. Une recherche inédite et peu courante, ces liens sont encore peu étudiés.
La notion de fonction est omniprésente dans les sciences de la vie. Il s'agit pour le biologiste d'un outil intellectuel spontané, en dépit de son allure finaliste. Ce livre est le premier en langue française à s'engager dans les débats philosophiques qui, depuis une trentaine d'années, ont totalement renouvelé la question du statut d'une notion épistémologiquement scandaleuse, qui semble violer l'usage standard de la catégorie de causalité, en expliquant un trait biologique par ses effets.Le volume présente les deux principales théories modernes de la fonction - théorie évolutionniste et théorie systémique - et discute les problèmes conceptuels qu'elles soulèvent. Il examine les origines historiques lointaines du terme et du concept de fonction dans les sciences de la vie et de la médecine. Il les confronte aux principaux champs de recherche biologique contemporains. Il examine enfin les problèmes particuliers qu'il soulève en médecine (où le pathologique est souvent pensé aujourd'hui en termes de « dysfonction »), et dans le domaine de la technologie, où le discours fonctionnel est aussi ancien qu'en biologie.
L'univers n'est-il qu'une illusion ? Le voyage dans le temps est-il possible ? L'homme est-il un accident cosmique ? Ce sont quelques unes des questions les plus actuelles auxquelles cet ouvrage répond de manière claire et précise. Car, depuis l'Antiquité, le visage du ciel a profondément évolué. Des mythes à la science, en passant par la religion, la voûte étoilée a subi des métamorphoses en passant par des épisodes dramatiques comme la condamnation de Giordano Bruno au bûcher en 1600 jusqu'aux découvertes enthousiasmantes de la cosmologie actuelle. La contribution de l'abbé Georges Lemaître, inventeur de la théorie du Big Bang, est particulièrement analysée car elle renouvelle en profondeur la question de la vérité en astronomie. Loin d'être dépassée, l'histoire de notre rapport au ciel est le guide indispensable de nos interrogations actuelles.
L'idée selon laquelle la diversité du réel serait sous-tendue par une unité plus profonde est aussi ancienne que la pensée elle-même. Les grandes mythologies le racontent, les premiers philosophes l'affirment, la science moderne en a repris le programme en unifiant d'abord les conceptions du mouvement, de la matière et de l'espace. C'est que le désir d'intelligibilité ne peut sans doute se passer de l'idée du Un. Toutefois, il ne suffit pas d'inscrire pareille tendance dans la nature humaine pour en valider les réalisations. L'unité qu'on proclame peut très bien se révéler fausse, procéder de la simple incantation, du décret ou du fantasme et exercer une fascination toute dogmatique. Reste que si la pensée parvenait à découvrir, dans les miroirs changeants des phénomènes, des relations éternelles qui puissent les résumer, on pourrait certainement parler d'un bonheur de l'esprit. A défaut d'être une trame nécessaire de la pensée, le désir d'unté correspond à une nostalgie, à un appétit d'absolu, à une impatience ontologique. Mais aussitôt exprimé, il s'oppose à l'irréductible dispersion des choses. De là semble naître un divorce entre l'esprit qui désire et le monde qui déçoit. En cette fin de siècle, la puissance de plus en plus affirmée des théories physiques, leur caractère englobant comme leur visée unitaire, incitent à interroger les fondements de la quête de l'unité que poursuivent les physiciens à cerner ses limites et à envisager ses perspectivess actuelles. Texte de couvertureIntroductionI -- Les figures antiques de l'unII -- L'harmonie revendiquée du monde ou la poésie de l'ordreIII -- Prélices et naissance de la physique moderneIV -- L'histoire de la physique comme succession d'unificationsV -- Particules et interactionsVI -- L'unité de la physique en question VII -- Le réductionnissme, conquêtes et obstaclesVIII -- La question de l'unité du tempsIX -- L'idée de matière dans la physique contemporaine X -- La pluralité du vide de la physique contemporaine XI -- Perspectives unitaires dans la physique contemporaineConclusion -- Bibliographie -- Index
Le thème philosophique de cet ouvrage est la réalisation du possible en biologie. Les biotechnologies montrent à quel point le possible est proche du réel, mais aussi à quel point l'imaginable et le réalisable restent éloignés l'un de l'autre et que dans certains cas, la réalisation est plus rapide qu'on ne le prévoyait. Suspendre l'action comme cela a été fait dans l'histoire des biotechnologies, ne doit pas être confondu avec une attitude inhibitrice et la philosophie doit, par son travail de réflexion désintéressée, aider à maîtriser l'évolution.Trois thèmes principaux sont traités dans cet ouvrage :-- le possible entre objectivité et subjectivité (modalité du jugement), ses rapports avec le réel et sa « réalisabilité » -- le possible comme vision de l'évolution biologique-- les biotechnologies entre évolution et néo-évolution. A travers ces thèmes l'auteur montre que la connaissance du réel accroît la perception du possible, ensuite que le possible dépend du réel, que le plus souvent il est inutile de suspendre la réalisation du possible puisqu'on ne peut prévoir les conséquences en l'absence de réalisation, enfin que la réalisation d'un possible à titre expérimental n'entraîne pas forcément une généralisation. Ce livre rejoint les interrogations et analyses de Dominique Lecourt dans son récent ouvrage : « Humain, post-humain »
La réémergence en France de discours s'inspirant de la biologie pour expliquer les comportements ou certains phénomènes sociaux est prégnante depuis une quarantaine d'années. Elle s'inscrit dans le sillage des progrès enregistrés par les sciences de la vie, mais ne se résume pas qu'à eux. Depuis les années 1970, livres et articles abondent pour annoncer la révision partielle ou totale de nos idées sur l'homme et la société. Le phénomène tient certes à l'apparition de nouvelles vedettes intellectuelles (J. Monod, F. Jacob, H. Laborit, J.-P. Changeux, B. Cyrulnik...), mais aussi à l'engagement de certains intermédiaires culturels (éditeurs, journalistes) pour la promotion de visions biologisantes de l'homme et de la société.Derrière les enjeux « locaux », liés à l'évolution des sphères intellectuelle, éditoriale et journalistique, la promotion des discours biologisants s'explique aussi par les évolutions idéologiques contemporains, notamment le reflux des pensées critiques à partir de la deuxième moitié des années 1970 et le retour au « sujet » dans les années 1980.