Quadrige Manuels
Quels sont les événements historiques qui inaugurent, jalonnent et clôturent le Moyen Âge français ? Comment un ensemble de régions dominées par les Francs devient-il progressivement le royaume de France ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles s’est construite la société médiévale et quelle a été leur évolution ? Parcourant mille ans d’histoire française dans un style clair et précis, Claude Gauvard visite la France médiévale, de la fin de l’Empire romain d’Occident jusqu’au crépuscule du XVe siècle. Évoquant tour à tour les aspects économiques, politiques, mais aussi sociaux et culturels de la France médiévale, l’historienne démontre avec brio à quel point cette période, éloignée des stéréotypes négatifs issus de la Renaissance, a ses valeurs propres fondées sur l’honneur, tout en préfigurant déjà l’État moderne.
Par quels processus intellectuels les institutions de nos démocraties modernes ont-elles été forgées depuis cinq siècles ? Comment se distinguent les trois grandes familles de théories que sont la droite, la démocratie libérale et la gauche, et pourquoi semblent-elles aujourd'hui encore irréconciliables ? Pourquoi la liberté - intellectuelle, politique, économique - joue-t-elle un rôle fondamental dans la gestion des sociétés modernes ? Le présent manuel, le plus complet actuellement disponible, précise le contexte historique où sont nées les idées politiques de la modernité. Il montre la genèse des notions qui nous sont devenues familières : État de droit, souveraineté, contrat social, droits de l'homme, constitutionnalisme, liberté de penser, justice sociale, révolution... Il offre des exposés détaillés des principales doctrines : Machiavel, Bodin, Grotius, Hobbes, Harrington, Locke, Montesquieu, Rousseau, Sieyès, Kant, Bonald, de Maistre, Constant, Tocqueville, Hegel, Marx, Lénine, Maurras, Rawls, Hayek, etc.
Quelles sont les origines de la psychologie ? Comment cette discipline s'est-elle institutionnalisée en Europe et aux États-Unis ? À quelles méthodes et quelles pratiques un psychologue professionnel doit-il se conformer ? Quelle place doit-il accorder à l'observation et à l'expérimentation ? Discipline charnière, la psychologie s'enracine à la fois dans les sciences de la vie et les sciences humaines. Ce manuel en deux parties propose une réflexion sur la démarche de la psychologie moderne en la rattachant à son histoire et son passé philosophique. Il situe la psychologie par rapport aux savoirs scientifiques, aux méthodes d'acquisition des connaissances et à la manière dont elle est en mesure de se soumettre à ces règles.
Cet ouvrage présente l'enquête sociologique sous ses différents aspects avec un souci de couvrir l'ensemble des techniques et des méthodes les plus couramment utilisées en sociologie. Il a été rédigé de façon pédagogique par des sociologues expérimentés et comporte vingt leçons dont la plupart ont été enseignées à l'École des hautes études en sciences sociales dans le cadre de la formation Master et Doctorat de sociologie.
Russie et communisme sont-ils accidentellement liés ? L'histoire de l'Union soviétique doit-elle être traitée indépendamment de l'histoire russe ? Est-elle l'histoire d'un peuple ou celle d'un régime et de ses dirigeants ? Ce manuel, brossant un panorama complet des trois quarts de siècle qu'a duré l'Union soviétique, se propose de restituer, au-delà des clivages idéologiques et des dogmatismes, l'histoire de la Russie au XXe siècle. Profitant des nouvelles connaissances mises au jour par l'ouverture des archives de l'Union aux historiens, il dévoile les rouages de relations de pouvoir plus complexes qu'on ne le croit. Mais, surtout, il montre que faire l'histoire de l'Union soviétique, c'est aussi éclairer la vie d'un peuple partagé entre adhésion et résistance passive. En somme, il révèle un moment essentiel de l'histoire millénaire de la Russie. 2e édition
Comment le droit est-il conçu à l'époque moderne et selon quels critères y pense-t-on la justice ? Quels sont les penseurs et les travaux qui ont jalonné cette discipline, de l'Antiquité jusqu'au rationalisme de Descartes et au positivisme de Hobbes ? Quels ont été les apports respectifs des philosophes antiques et des théologiens du Moyen Âge et de la Renaissance dans la gestation de la pensée juridique moderne ? Ce manuel retrace la formation de la pensée juridique durant plus d'un millénaire. Présentant chacune des influences qu'elle a subies jusqu'à l'époque moderne et analysant les entrelacements qui ont abouti à la conception moderne de la justice, Michel Villey en livre ici un exposé clair et réaliste. Loin de s'affranchir de tous défauts, elle n'a au contraire, nous dit-il, pas su résister « aux charmes de philosophies extrinsèques [...] élaborées dans la méconnaissance du droit ». En ignorer les rouages serait donc une erreur pour tout juriste ou philosophe. Dans sa présentation, Stéphane Rials esquisse une interprétation de l'entreprise de Michel Villey et rend hommage à celui qu'il considère comme le « plus grand penseur des facultés de droit françaises au XXe siècle ».
Quelles sont les caractéristiques de la France d'Ancien Régime ? Comment les guerres de religion ont-elles bouleversé la société française ? Quel type de relations la France entretient-elle avec les puissances étrangères ? Comment passe-t-on d'un ordre politique fondé sur la monarchie absolue de droit divin à la Révolution française ? De 1498 à 1789, le territoire français s'est agrandi, l'État s'est structuré, la société a évolué. À travers l'histoire de la monarchie, le lecteur est invité à suivre les évolutions majeures de la France moderne : interventions de l'État en matière religieuse, affrontements entre le pouvoir royal et les sujets, construction d'une administration royale, exercice de la justice et place des magistrats dans la société, organisation des finances publiques, initiatives monarchiques dans le domaine économique, défense et aménagement du territoire, encouragements à l'art ou à la recherche scientifique.
Quelle était la nature du pouvoir monarchique en France à l'époque moderne ? Que faut-il entendre par « absolutisme » ? Comment le roi gouvernait-il ? Comment fonctionnait l'administration royale ? Par quels actes le souverain faisait-il connaître ses volontés et imposait-il ses décisions ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles le présent manuel répond en décrivant méthodiquement les institutions centrales et provinciales de l'ancienne France.Une large place a été faite à la structure des départements ministériels, à leurs bureaux et à leur personnel, à leur cadre matériel, de même qu'aux dépôts d'archives dont la constitution est l'un des effets de la croissance de l'État et du développement de la bureaucratie.Ce livre prend en compte l'apport de l'histoire administrative qui a connu ces dernières années un remarquable essor grâce au travail accompli à l'initiative des administrations elles-mêmes. De nombreux renvois, un index détaillé et des orientations bibliographiques en facilitent la consultation et l'utilisation.
L'histoire du droit privé depuis 1804 se doit d'abord d'être une histoire « externe » s'attachant aux sources (au sens large) de ce droit : la législation civile, la jurisprudence, la doctrine et la pratique. Mais il convient également d'envisager une histoire « interne » proposant un essai d'histoire globale du système juridique issu de la codification napoléonienne.Ce manuel sert de préliminaire à cette démarche et invite à une réflexion sur l'autonomie du droit par rapport à la société.
Quelles sont les particularités des littératures francophones ? Dans quelle mesure la philologie nous permet-elle d'ancrer une oeuvre dans un contexte socioculturel ? Quels rapports les auteurs francophones entretiennent-ils avec la langue française ? Quels sont les apports du postcolonialisme à notre compréhension des lettres d'expression française ? C'est à travers quatre perspectives complémentaires - histoire littéraire, analyse de la langue, études culturelle et de poétique que ce texte dessine les grands axes d'une recherche francophone postcoloniale issue de théories et d'analyses méconnues en France. Un ouvrage qui met en lumière et permet de mieux saisir les enjeux actuels d'une étude des littératures francophones, à un moment où « la résistance à l'hégémonie qui oriente le postcolonialisme se complique singulièrement dans la culture globale ».
Cet ouvrage est une invitation à la lecture et une introduction à ce livre réputé difficile de Michel Foucault. Il propose notamment un commentaire suivi de la seconde partie en mettant en évidence la double dimension, à la fois historique et critique, de la démarche « archéologique » ainsi que l'importance prise par la question du langage au sein d'une réflexion portant sur les conditions de constitution et de contestation des « sciences humaines ».
Avançant par bifurcations et ruptures, la pensée de Foucault renouvelle sans arrêt ses méthodes (archéologie, généalogie) et ses concepts (épistémès, dispositifs, problématisations). Sous cette ligne brisée se laisse lire l'unité, non d'un système, mais d'un souci : articuler l'analyse positive des normes historiques au repérage de leurs crises ; se défaire de toute référence au sujet constituant mais rouvrir l'interstice d'un soi , où penser autrement deviendrait possible. Ce livre propose l'étude de deux moments précis de l'oeuvre : la description, dans l'Histoire de la folie, de la naissance de l'asile; l'examen de la subjectivation grecque, dans L'Usage des plaisirs. S'y laisse voir l'invention d'une nouvelle figure de la critique : critique sans surplomb qui, au lieu d'en appeler à la raison et aux principes, s'autorise des failles singulières ouvertes dans le jeu du savoir et du pouvoir. De cette position exposée et précaire, chaque livre tire sa puissance d'intervention : morale de l'inconfort, la pensée de Foucault est aussi une politique de l'incertitude.
L'histoire des universités permet de mieux comprendre une partie de notre héritage intellectuel et du fonctionnement de nos sociétés, ainsi que la circulation des modèles culturels et des savoirs. Chaque époque a dû résoudre le dilemme renaissant entre préservation du savoir passé et intégration de l'innovation. Aux origines mêmes de l'institution, dès le Moyen Âge, c'est le défi de nouveaux savoirs en même temps que le souci de leur légitimation et de leur utilisation sociale qui ont donné naissance à l'université. À l'époque moderne, elle a dû faire face aux ruptures religieuses, politiques et intellectuels nés.À partir du XIXe siècle enfin, la multiplicité des modèles nationaux, locaux et internationaux attestent de manière persistante que le projet d'un enseignement supérieur distinct de la stricte transmission d'un savoir figé devait évoluer en rythme avec la société.La comparaison des temps et des lieux permettra au lecteur d'amorcer des réflexions sur le présent incertain des enseignements supérieurs grâce au recul critique fourni par le regard historique.
Cet ouvrage est le fruit d'une expérience de l'enseignement universitaire de l'anthropologie des religions, éclairée par la fréquentation des grands auteurs autant que par la connaissance du terrain des religions, notamment africaines. Ce parcours personnel n'est ni une simple introduction à l'anthropologie des religions, ni une étude spécialisée des grandes figures de l'anthropologie et de leurs théories de la religion. Les choix retenus privilégient l'association étroite d'un anthropologue, d'une oeuvre et d'un objet : par exemple, Claude Lévi-Strauss, Le totémisme aujourd'hui, et la fonction symbolique. Sont donc étudiés ici des auteurs aussi importants que R. Bastide, M. Augé, J. Favret-Saada, Cl. Geertz ou encore R. Hertz. Chemin faisant, les filiations et les reprises du questionnement sont soulignées autant que les ruptures. Le fil conducteur est la question qu'Evans-Pritchard fut l'un des premiers à poser : le rapport des anthropologues aux choses religieuses dans la construction même de leurs objets.
Des menaces venues du management et des marchés pèsent sur l'autonomie dans le travail de professions revendiquant un haut niveau de compétence (médecins, juristes, etc.). Or, la sociologie des professions est fortement interpellée par ces évolutions. Jusqu'aux années 1960, elle s'était particulièrement intéressée à ces activités, reprenant souvent sans distance le discours des professionnels sur leurs pratiques. Mais une sociologie plus critique a ensuite mis l'accent sur les similitudes avec des métiers moins prestigieux (plombier, infirmière). Ayant accordé peu d'attention aux spécificités de certains types de métiers, cette deuxième approche, aujourd'hui dominante, est peu armée pour penser les enjeux des évolutions actuelles.Un premier objectif de cet ouvrage consiste à présenter systématiquement les auteurs, les théories, les démarches et les thèmes (carrières, travail, genre, statuts, etc.) constitutifs de ces deux approches successives des professions. Puis l'auteur met en évidence l'émergence d'un troisième regard, qui vise à résoudre les difficultés rencontrées par l'approche critique. S'aidant des réflexions d'Aristote sur les formes d'action dans des situations de forte incertitude, il montre à partir de plusieurs exemples comment les pressions productivistes et les tendances à la standardisation et à la bureaucratisation du travail professionnel menacent la place des « pratiques prudentielles » dans nos sociétés.
Les différentes connaissances issues du champ des sciences humaines permettent d'interroger les transformations de la discipline et plus particulièrement sa culture historique. Cette analyse souhaite ainsi redonner une certaine complexité aux hypothèses historiques souvent chosifiées dans la culture des enseignants d'EPS, construction sociale conjoncturelle selon les contextes et les acteurs. En effet, l'EPS entretient des rapports singuliers avec différents milieux : sportif, scolaire, social ou politique, et cela engendre des enjeux pour les acteurs qui défendent des positions théoriques et statutaires. L'histoire de l'EPS est complexe et en partie arbitraire : en rendre compte est nécessaire pour en comprendre l'état actuel et les enjeux autour desquels se construit actuellement la discipline.
Ce travail est l'aboutissement collectif de quatre universitaires comparatistes qui, par ce manuel, répondent aux besoins créés par le développement des études théâtrales à l'université, en s'appuyant sur leur expérience d'enseignants et leur connaissance de la littérature dramatique et des arts du spectacle. Il s'agit à la fois de faire partager le goût du théâtre et de répondre aux exigences académiques pour des étudiants confrontés à l'étude des textes : Comment situer un auteur dans l'histoire du théâtre -- Comment lire le texte en l'intégrant dans une réflexion esthétique -- Disposer d'indications méthodologiques -- Rappeler le sens exact de quelques termes fondamentaux
Ce manuel analyse les principaux problèmes économiques auxquels est confrontée la protection sociale en France : démographie-vieillissement, emploi, redistribution, financement, régulation, évaluation. Rassemblant des éléments de connaissance souvent dispersés, il fournit sur chacun de ces points une synthèse mobilisant les enseignements de l'analyse économique, les comparaisons européennes et, pour la France, l'ensemble des données récentes.Destiné aux étudiants des deuxièmes cycles universitaires ou préparant des concours administratifs, il s'adresse aussi à un public plus large. Donnant de l'intelligibilité aux débats et aux réformes intervenus dans notre pays depuis vingt ans, il présente avec clarté les contraintes qui pèsent sur notre système de protection sociale, mais aussi les choix collectifs dont dépendront à l'avenir nos objectifs de cohésion sociale.
Le monde est urbain et les sujets sociaux sont les premières préoccupations des habitants. Les sciences humaines permettent d'appréhender de concert les questions sociales et les questions urbaines. Cet ouvrage, avec une vocation de manuel, repose sur des contributions portant sur trois thèmes : les sans-abri, les transferts sociaux, les dynamiques urbaines. Il permet un point et un panorama, à destination de l'étudiant comme de l'expert, sur les liens entre villes et pauvreté. État de l'art des connaissances, il balaye également différentes options possibles ou prospectives pour les politiques.
Ce manuel est également une initiation, une introduction généreuse, intelligente et critique à une discipline dont l'enjeu est de « montrer qu'il ne s'agit pas de comprendre les conduites des hommes de manière intuitive et sympathique, mais de les rendre intelligibles dans un projet de connaissance intellectuelle et rationnelle ». Il contribue ainsi à expliciter les malentendus, à encourager la rigueur et maintenir « la voie étroite entre le scientisme et l'essayisme » en sociologie.