Serge Paugam
Serge Paugam
L'image de l'analphabétisme ou de l'inculture est souvent associée à la pauvreté. Il peut sembler aller de soi que les pauvres sont peu disposés à fréquenter les bibliothèques ; il leur manquerait les ressources élémentaires pour se fondre dans un espace destiné au savoir et à la culture. Pourtant, ils sont présents dans les bibliothèques publiques et souvent beaucoup plus qu'on ne l'imagine. Ce constat prend la forme d'une énigme. Comment expliquer qu'ils les fréquentent alors que tout paraît les condamner d'avance à y tenir une place marginale, à y être dévalorisés socialement ? En se fondant sur une enquête qualitative (observations, entretiens approfondis) réalisée à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou à Paris, ce livre permet d'établir une correspondance entre les trois phases de la disqualification sociale (fragilité, dépendance et rupture) et des usages spécifiques de la bibliothèque correspondant à des attentes particulières, des relations contrastées avec les autres usagers et un rapport aux normes de la bibliothèque lui aussi différencié. Fréquenter une bibliothèque est pour les pauvres un moyen de constituer et de renforcer leurs liens sociaux et, par là-même, de conjurer le processus de disqualification sociale.
Septième de la collection "Les baromètres de la performance", cet ouvrage propose aux dirigeants d'entreprise, responsables qualité et consultants une méthode inédite et outillée pour mesurer la performance de la fonction qualité et son évolution dans le temps. Grâce à cet ouvrage, le lecteur sera capable de répondre aux questions suivantes : Qui sont les clients d'une fonction qualité ? La fonction qualité est-elle correctement dimensionnée ? Quelle place doit avoir la fonction qualité dans mon organisation ? Quels sont les rôles et les missions d'une fonction qualité ?
« Porter un regard neuf sur la réalité du monde social en l'interrogeant autrement », telle pourrait être la de-vise du sociologue. Car la sociologie, depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, se propose de chas-ser les mythes de la vie ordinaire, d'aller voir derrière les apparences afin de mieux saisir l'homme en société. Pour cela, cette discipline a forgé des méthodes, des concepts pour penser les liens de l'individu à la société. Au-delà des oppositions d'écoles et de méthodes, vingt et un sociologues se sont réunis afin de choisir et de définir les 100 mots qui font le coeur de leur discipline et de leur métier. De « classes sociales » à « habitus », d'« intégration » à « paradigme », de « lien social » à « type idéal », cet ouvrage nous montre combien le regard sociologique est indispensable aujourd'hui au déve-loppement de la conscience que les sociétés ont d'elles-mêmes.
Il n'est pas rare d'entendre parler de « crise du lien social », de la nécessité de « retisser » ce lien. Le terme désigne alors un désir de vivre ensemble, de relier les individus dispersés, d'une cohésion plus profonde de la société. Pour le sociologue, cette notion est au fondement de sa discipline tant l'homme est, dès sa naissance, lié aux autres et à la société non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son existence en tant qu'homme. Serge Paugam éclaire le sens d'une notion centrale depuis Durkheim, présente une typologie des liens sociaux et de leurs possibles fragilités. Il nous propose de repenser le lien social aujourd'hui, pour mieux relever les défis contemporains de la solidarité.
Cet ouvrage présente l'enquête sociologique sous ses différents aspects avec un souci de couvrir l'ensemble des techniques et des méthodes les plus couramment utilisées en sociologie. Il a été rédigé de façon pédagogique par des sociologues expérimentés et comporte vingt leçons dont la plupart ont été enseignées à l'École des hautes études en sciences sociales dans le cadre de la formation Master et Doctorat de sociologie.
Hier comme aujourd'hui, l'individu ne peut vivre sans liens. Il passe sa vie à s'attacher ou à se rattacher après une rupture à sa famille tout d'abord, aux proches qu'il s'est choisis par nécessité, par amour ou amitié, à sa communauté ethnique ou religieuse, à ses collègues de travail ou à ses pairs, aux personnes qui partagent les mêmes origines géographiques, sociales ou culturelles, et bien entendu aussi aux institutions de son pays. Autrement dit, l'être humain est anthropologiquement solidaire. Ses attaches lui assurent à la fois la protection face aux aléas du quotidien, et la reconnaissance de son identité et de son existence sociale. Dans le sillage de Durkheim, Serge Paugam définit l'attachement social comme le processus d'entrecroisement de ces différents types de liens. En redonnant à cette notion une assise à la fois théorique et empirique, cet ouvrage fondamental, nourri de dix ans de recherche internationale, éclaire les multiples manières qu'ont les individus et les groupes de faire société. Il montre que ces liens libèrent le plus souvent, mais peuvent aussi fragiliser ou oppresser, se rompre ou se compenser. Leurs forces et leurs faiblesses sont inégales selon les classes sociales et elles varient selon les normes que chaque société se donne. Au terme d'une enquête comparative inédite à l'échelle mondiale (dans trente-quatre pays), Serge Paugam renouvelle ainsi la réflexion sur le développement social, les inégalités, les luttes et les formes de résistance à l'oppression. Et il interroge finalement l'ambition universaliste lorsque les frontières de la solidarité humaine s'élargissent à l'échelle de la planète. Serge Paugam est sociologue, directeur du Centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS/INRAE). Il a fondé et dirige la revue Sociologie et la collection « Le Lien social » aux PUF. Il est connu pour ses ouvrages sur la pauvreté, les inégalités et les ruptures sociales, parmi lesquels La Disqualification sociale (PUF, 1991), Les Formes élémentaires de la pauvreté (PUF, 2005) et Ce que les riches pensent des pauvres (Seuil, 2017).
Une question de sociologie s'intéresse, par définition, à ce qui constitue la dimension sociale de l'existence humaine, mais relève d'un travail d'objectivation ne pouvant se concevoir sans un regard distancié et critique par rapport au sens commun. Pour répondre à cinquante de ces questions, cet ouvrage, dans un souci pédagogique permanent, mobilise le savoir accumulé à partir des recherches menées. Conçu à l'occasion du dixième anniversaire de la revue Sociologie, il traduit le dynamisme et la richesse de la discipline, et une volonté collective de définir et d'éclairer les questions majeures qui traversent notre société.
Ce livre a été publié en 2000 dans la collection Le lien social et son actualité est toujours identique. Il s'appuie sur une enquête réalisée auprès de 1000 salariés pour comprendre de façon approfondie les contraintes auxquelles ils sont confrontés dans les entreprises. Il tente d'en évaluer les effets économiques, sociaux et politiques. Il est un outil de travail indispensable pour tous ceux qui entendent relever le défi des mutations en cours. L'importance de ce travail a été largement souligné par la presse et plébiscité par les professionnels, outil de travail et outil de référence.
Cet ouvrage est paru pour sa 1e éd en 1993 dans la collection Recherches politiques. Ce fut une des premières études complètes sur le revenu minimum d'insertion, instauré en France en décembre 1988 par le gouvernement Rocard. Le double objectif du RMI était de procurer des moyens convenables d'existence aux plus démunis et de les encourager à entreprendre eux-mêmes les actions nécessaires pour cesser d'être assistés. L'auteur étudie les attitudes de la société française envers ses pauvres durant les Trente Glorieuses et les années 80 en se fondant sur les débats parlementaires et des enquêtes sur les bénéficiaires du RMI. Il analyse la mise en place des actions dites d'insertion et leurs effets.
Les pauvres suscitent-ils aujourd'hui, chez les riches, une répulsion similaire à celle que le peuple inspirait aux bourgeois au xixe siècle ? Autrement dit, les démunis sont-ils encore considérés comme une classe dangereuse, immorale et répugnante ? En interrogeant le refus de la mixité résidentielle manifesté par les catégories supérieures, telle est la question frontale que pose cet ouvrage, issu d'une grande enquête comparative sur les perceptions de la pauvreté et des inégalités dans les beaux quartiers de trois métropoles : Paris, São Paulo et Delhi. À partir d'entretiens approfondis, il montre que la quête d'entre-soi des habitants des ghettos dorés n'est pas seulement motivée par une recherche de prestige et de qualité de vie, mais également par des représentations des pauvres qui les incitent à s'en protéger. Comment parviennent-ils à justifier leurs stratégies d'évitement et de relégation des catégories défavorisées, ainsi qu'à légitimer l'ordre local qu'ils s'efforcent de perpétuer ? Au-delà de la peur de la criminalité et de l'insalubrité apparaît la crainte des élites d'être en quelque sorte contaminées par des modes de vie jugés culturellement indésirables ou moralement nuisibles. À travers les mécanismes du séparatisme social, ce sont les conditions de possibilité de la solidarité que cet essai explore. Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, Bruno Cousin, professeur assistant à Sciences Po, Camila Giorgetti, chercheure associée du Centre Maurice Halbwachs, et Jules Naudet, chargé de recherche au CNRS, sont sociologues.
Pour Serge Paugam, les différents types de liens qui rattachent les individus à la société sont aujourd'hui fragilisés, et à l'origine de profondes inégalités. Pour essayer de remédier à cette situation, il faut revenir aux fondements de ces liens : la protection et la reconnaissance. Les politiques publiques peuvent ici jouer un grand rôle en cherchant à apaiser les angoisses liées à l'insécurité - dans toutes les sphères de la vie sociale -, et en s'efforçant de valoriser les individus dans leur quête de reconnaissance. Elles ne peuvent toutefois être menées durablement que si elles émanent d'une volonté partagée de vivre ensemble dans une société démocratique, apaisée et ouverte. Un essai stimulant.Serge Paugam est sociologue, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS. Il est également responsable de l'Équipe de recherche sur les inégalités sociales (ERIS) du centre Maurice-Halbwachs.
SOMMAIRE Préface de Serge Paugam Avant-propos de Marcel Mauss Introduction Chap 1 : Les méthodes appliquées pour le relevé des suicides dans les pays européens Chap 2 : Un moyen de recoupement. L'étude des modes de suicide Chap 3 : Les tentatives de suicide Chap 4 : La répartition des suicides en Europe Chap 5 : La répartition des suicides en France Chap 6 : La répartition des suicides en Allemagne, Italie, Angleterre Chap 7 : La répartition des suicides dans les villes et à la campagne Chap 8 : Le suicide et la famille Chap 9 : Le suicide et la religion Chap 10 : Le suicide et l'homicide Chap 11 : L'influence des guerres et des crises politiques, le mouvement des suicides en France Chap 12 : L'influence des crises économiques, le mouvement des suicides en Prusse et en Allemagne Chap 13 : Le suicide, les maladies mentales et l'alcoolisme. Les données statistiques Chap 14 : Examen de la thèse psychiatrique. L'aspect pathologique et l'aspect social du suicide Chap 15 : Conclusion 1 - La définition du suicide, suicide et sacrifice 2 - Les causes du suicide