Noces
Un soir, deux hommes se croisent et se reconnaissent : l’un est écrivain, l’autre sculpteur. Ensemble, ils explorent la misère, l’identité et la couleur de nos vies. Un roman noir et poétique, où chaque mot pèse le poids d’une lune offerte à dix ans.
La lettre est un genre qui disparaît, avec ses subtilités, ses raffinements, son rapport très particulier au temps et à l'échange. Nos boîtes ne servent plus qu'à absorber toujours plus de prospectus, factures, hâtives cartes rapidement jetées au panier. Un jour, peut-être, comme le héros de ce livre, nous ne recevrons plus rien. Alors, pour satisfaire notre désir d'écriture, notre goût pour l'excitation de l'attente d'une réponse, nous devrons écrire à ces morts plus vivants que les vivants, hommes éternels faits d'encre et de papier. De la façon la plus simple, le héros de ce livre qui est un homme ordinaire, s'entretient avec les plus grands écrivains ou leurs créatures, infiniment plus riches que les amis réels qui l'ont abandonné. Les ombres de Kafka, Héraclite, Bouvard et Pécuchet, Flaubert, Valéry, Judas ou Brummel.
« Il y a plus loin, des chevaux blancs dont je touche les naseaux. La Camargue un jour de crue, et les bras du Rhône jetés sur les étangs. Toute cette eau, et moi plus loin, vers les quinze ans. Plus grand que mes parents et soulevant ma mère par la taille. Elle se débat, veut retrouver le sol. Je l'embrasse dans le cou au passage. Soupirs et caresses, rien que cela à évoquer, comme une énigme au fond de la poitrine. Tant et tant de souvenirs, ces portraits de nous vivants. Mais la fuite du temps sur le visage de maman. J'éteins la télé. L'enfant disparaît, et la main qui le tenait. Ça va la vie si vite. »
L'Ombre rouge des gazelles s'inspire des faits du drame algérien et l'élargit en méditation universelle sur la foi, l'horreur et la beauté. Construit comme un conte lancinant, ce recueil de textes poétiques est un itinéraire vers l'espoir. Les images les plus simples prennent peu à peu l'épaisseur des voies de force, de sortie. Et si la fragile gazelle, symbole de la liberté dans la pure tradition littéraire arabe, représentait, en fait, le peu de beauté à retrouver au fond de soi, pour éloigner le mauvais oeil du Meurtre ? « Je ne connais chute plus brutale que l'oubli »
Trois femmes, trois générations se succèdent dans une propriété située au coeur du Luberon. La dernière venue découvre l'histoire de celle qui, la première, a habité les lieux. Séquestrée par son mari qui l'a trouvée enceinte à son retour de la guerre de 14-18, elle n'en a plus franchi les limites pendant trente ans. À la mort de son époux, elle s'est acharnée à débroussailler, à planter... Des garrigues sont nées « Les Grandes Terres » qui inspirent une véritable passion à chacune de ces trois femmes et les révèlent à elles-mêmes.
Je me demande si ça va intéresser vos lecteurs, toute cette histoire. Ma fille m'a dit : qu'est-ce que tu vas lui raconter à ce journaliste, il n'y a rien à dire, il ne s'est rien passé. C'est vrai, ça, il ne s'est pas passé grand-chose, sauf qu'un jour Périclès est arrivé là, au milieu de notre résidence, et puis qu'un autre jour, il n'y a plus eu de Périclès. Mais voilà que je vous donne déjà la fin de l'histoire. Comme vous ne me dites rien, je ne sais pas ce que vous voulez savoir pour vos lecteurs. Je peux vous raconter l'histoire à ma façon à moi, la gardienne.
Explorez Le désastre d'éden, un recueil de poésie où chaque vers arrache un instant à l'éternité. Renaud Ego, poète et critique littéraire, y mêle lyrisme et réflexion sur la fragilité du monde.
Le fait noir plonge au cœur de l’île de La Réunion à travers des poèmes où se mêlent mémoire, identité et révolte.
Sur les traces de Roger Vailland, Francis Pornon explore la solitude existentielle et les contradictions d’un écrivain majeur du XXe siècle.
Quand Jean-Marc meurt tragiquement dans un accident, ses parents doivent affronter une décision déchirante : accepter ou refuser le prélèvement de ses organes.
Découvrez Quotidienne à son amour, un recueil de poèmes où Maximine célèbre l’amour et le désir avec une intensité rare. Chaque vers, né d’un état de possession chantante, invite à une lecture intime et vibrante de la passion.
Il s'agit d'une action sur la correspondance. Ce mot est beau, correspondance, il comprend l'idée d'accord, d'affinité, et aussi le lien du courrier. Le quartier de Belleroche à Villefranche sur Saône est peuplé d'êtres nés dans la proximité et d'autres nés au-delà d'horizons plus lointains. Tous à leur façon ont accompli un voyage d'enfance en France. Un tel périple n'est pas forcément tracé avec facilité, pas toujours bordé par la gaîté, souvent bercé par la nostalgie. Il mérite respect et attention. Mais à qui raconter ? À ses enfants, aux voisins ? S'il est parfois difficile de dire à l'autre, peut-être suffit-il alors de lui écrire. L'idée de ces messages est venue ainsi. Ils sont douze habitants de Belleroche, huit femmes, quatre hommes, Maghrébins, Français, Turcs, Arméniens, Portugais. Ils ont 22 ans ou 70 ans. Ils ont en commun le désir de dire leur chemin, de transmettre leur histoire pour réduire les distances qui les séparent de leurs enfants ou de leurs voisins. Ils sont tous animés de la même générosité : prendre la parole pour aller vers l'autre. Ils ont confié une part de leur vie à Jean Yves Loude qui a rédigé ces douze lettres, la première envoyée dès le mois d'avril 1998, la dernière un an plus tard, toutes intitulées : « Je t'écris de mon coeur lointain... »
L'intensité bouleversante de certaines pièces de Franz Schubert est à l'origine des premiers poèmes de ce livre, hommage lointain, presque imperceptible, rendu à cette musique, la plus fraternelle qui soit. Personne autant que ce musicien n'a su donner une forme aussi profonde à l'angoisse de notre condition : être voué à l'amour de ce qui s'en va, à la nostalgie de ce qui n'est plus. Si tout poème est, au fond, une élégie, cette oeuvre, foncièrement élégiaque, est l'une des plus proches de la poésie : un chant de vivre qui est mourir, un adieu prolongé à la beauté des choses.
Entre poésie et mémoire familiale, Quel temps fait-il dehors ? raconte l’histoire de Paco, un enfant rêveur qui défie son père en voulant devenir Apollinaire.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Ce carnet, n'est pas un lieu d'affirmation, recueil d'aphorismes, de maximes tranchantes ; mais territoire du doute, de l'émergence éphémère de la lucidité, saisie au vol d'une image, d'une sensation, d'une ébauche d'idée qui demain, peut-être, sera bousculée par son contraire. Il est essentiellement, livre de l'inconfiance, écriture du désastre, cheminement hasardeux dans les interstices poussiéreux d'un monde affirmatif gagné par le clinquant et la minceur mais où, çà et là, se cachent des esprits pas encore séduits que personne ne veut entendre.
L'amour physique peut-il déboucher sur une communion des âmes, ou est-ce seulement deux corps qui se cherchent et se trouvent ? « Copyright Electre »
Maintenant que la passion maternelle n'est plus qu'un souvenir, me reste cela : la passion de l'enfance par où l'enfance à travers chaque enfant particulier qui croise ma route est susceptible de me capter, de me happer vers le fond du labyrinthe, pour y rejoindre non pas la sortie, mais la fracture minuscule et insondable par où tout a commencé.
Descendre dans la nuit afin d'y trouver ou, plutôt, d'en extraire, peut-être moins cette clarté confuse encore, qui serait la lueur hésitante d'un jour, que la souveraine et pourtant équivoque certitude que l'on nomme la lumière, oui, descendre, j'insiste sur ce verbe, dans cette obscurité qui est comme les entrailles du monde et, comment ne pas y songer, son enfer, voilà qui dès l'abord métamorphose tout mineur en un être mythique dont les vertus, celles d'Héphaïstos, celles d'Orphée aussi, font de cet « horrible travailleur » à la fois un titan, une sorte de rhapsode et un éternel damné.